XIV. — De 151 à 1545 de l’ère chr
es talents et rejetant les idées superstitieuses qui régnaient de son temps,
il a jué ce Pape montré qu'il avait un esprit vigoureux et sain. Sa mémoire était heul'embonpoin reuse ; et, Comme il aimait la lecture au point que souvent il inter pres, tourné MN rompait son repas pour lire, il acquit une grande connaissance de . Sa tête état SN l'histoire. Il était si sobre, que les jours de jeûne et d'abstinence, il ui cependant MN allait au delà de ce que prescrit l'Eglise 1, » rimait le re. DS Voici d'autres détails, recueillis par Audin:
s ét très-sai. D « C'est à Léon X que nous devons en partie l’institution de ces
à l'aide d'un MN belles cérémonies relig'zuses qui, chaque année, pendant la Sele ce füt, lon. D maine-Sainte, attirent un si prodigieux concours d'étrangers à Rome. ment. Il avai On ne saurait dire la majesté avec laquelle offciait le Pontife, le L se plaisait} DR recueillement qu'il gardait pendant le saint sacrifice. On le voyait, lité de sa voix MSN les mains jointes, l'œil fixé à terre ou sur l’autel, prier constamment. discours une M Iln'accompagnait et ne portait jamais le Saint-Sacrement que la tête ie, selon qu: MN découverte, Il assistait tous les dimanches au sermon, mais il voulait avec plus de JR que le prêtre ne parlât pas plus d’une demi-heure, conformément à 8 sa plus te. D la décision du concile de Latran, Musicien habile, il faisait chercher us les cœurs, MN dans toute l'Europe les maîtres de chant les plus célèbres, les instrutre pas moin Me mentistes les plus renommés, pour célébrer le service divin. I] appela avait rien né. D de Florence Alexandre Mellini, poëte et musicien, pour accoutumer > posséder dis M ses chapelains à garder la tonique dans la psalmodie des Psaumes, orsqu'il arrix MN et la mesure syllabique dans les chants des hymnes ou des proses : a naturel heu. MN car son oreille souffrait quand on brisait le rhythme ou qu'on offendre le partide sait la prosodie, qui que ce pi «Léon X se levait de bonne heure et faisait sa prière à genoux ; é collége, Ré quand la maladie dont il était attaqué l'avait fait soutfrir la nuit, il gens, il re prenait un luth suspendu à la muraille de sa chambre à coucher, et ai lui faisaient Es mettait à jouer. Il estimait que la musique est un présent du ciel, ; il leur pre qu'elle adoucit le caractère, et qu'elle élève l'âme à Dieu. Il la regarmn que le pre: Bdait, après les lettres, comme la plus eflicace consolation de l’homme ssaient étaient dans l'exil. Il aimait à converser sur les principes de l’art musical, et n estime et Mdémontrait ses théories en s'accompagnant sur le luth. r les marqué « Cette passion pourla musique suivait le Pape jusqu’à table : à la libéralité qui de ses repas, on appelait des musiciens qui exécutaient diverses e ce n'ait étiBnélodies en s’accompagnant sur la guitare ou sur un autre instrusuprême à h-Wnent. Ce repas ressemblait assez à ceux que Vida donnait aux étransers dans son évêché d’Albe. Les légumes y figuraient en abondance : dait plus que mercredi, pas un plat de viande ne paraissait sur la table ; le venoir été doué tefdredi, on n’y servait que des racines ; le samedi, il était de règle nie, du mois fau on ne mit pas le couvert, le Pape jeünant ce jour-là. Léon X manérité a été rie jué l'éloge. El 4 Roscoë, Vie et pontificat de Léon FE.
geait peu et ne buvait que de l'eau. Paul Jove, qui plus d'une fois eut l'honneur de s’asseoir à latable du Pontife, nous dit que l'amour de lettres et des arts était si vif en lui, qu’il ne voulait pas que le temps repas füt perdu pour l'instruction des convives ; il indiquait un sujet, souvent religieux, auquel tout le monde prenait part. Quelquetoi l'entretien roulait sur un livre récemment paru, et dont sa Sainteti indiquait les défauts ou les mérites.
(Liv, LXXXIV, — De 151
« Le soir, la conversation se renouait, vive, animée, pleine de
saillies, de mots heureux, de traits d'esprit que le Pape échangeai avec ses hôtes. De ses vastes lectures chrétiennes et profanes, | avait retenu une foule de sentences qu’il amenait avec un à-propos exquis. Tous ceux qui avaient le bonheur de l’approcher s’en allaient émerveillés de ses connaissances variées, de son érudition, de sn beau langage. Le peuple l’aimait avec passion, et s’inclinait quant il passait, comme devant un saint, parce qu'il admirait en lui du mœurs d’une pureté si éclatante, que la calomnie n’essaya pas même de les ternir : enfant, adolescent, homme fait, il vécut chaste et déf jusqu'au soupçon î. » ,
Voilà ce que dit le catholique Audin, d’après les autorités cor temporaines. Le protestant Roscoë s'y accorde, notamment sur k dernier article. Voici ses paroles :
«Léon X n’a pas entièrement échappé à cette imputation qui À
produit la tache la plus facile à faire et la plus difficile à effacer. Pal Jove lui en a fait le premier le reproche, au sujet de la familiarité qui paraissait exister entre ce Pape et quelques-uns de ceux qui con: posaient sa maison; mais cet historien, qui ne semble considére une telle offense que comme une bagatelle dans un grand prince, n s'est pas donné la peine de rechercher si l'accusation était fondée La morale de Paul Jove était trop dépravée pour ne pas rendre su témoignage très-suspert; et ce n’a pas été sans raison que Rabelais lui a assigné une placs dans sa salle des oui-dire. Mais, quoique l'a cusation qu’il a portée contre Léon X ait été renouvelée fréquenment, dans le dessein de faire rejaillir sur le Saint-Siége la hort du souverain Pontife, on peut assurer que c’est une de ces calonnies qui sont transmises d'âge en d'âge, sans autre autorité que Û plume d’un écrivain dépourvu de pudeur. Il nous reste les témor gnages les plus satisfaisants sur la pureté de mœurs qui distingua tt
à 1545 de l’ère
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Pape, tant dans sa première jeunesse que lorsqu'il parvint au S* kit absolument verain pontificat; et l'exemple de chasteté et de décence qu lBcontre quiconqi donné fut d'autant plus remarquable, qu'il était plus rare dans ‘E
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siècle où il a vécu. là comme s exprime le protestant Roscoë ; et pour preuve de ce qu'il dit, il cite en note un auteur contempour la chasteté du souverain Pontife, comme sur la principal ses vertus, comme sur celle qui était le plus universellerent reconnue, et au sujet de laquelle il ne s'était élevé E aucun soup Con À,
Un fait littéraire a donné lieu encor 2 Léon X. Le voici. En 1515, * Arioste, que ce Pape À connaissait et aimait depuis longtemps, venait de terminer son épo- D pée romanesque de Roland furieux. Ce poëme ne ressemblait point jalors à ce qu'il est devenu depuis : en 1515, il n'avait que qua- | rante chants, tandis qu en 1532, il reparut en quarante-six, avec 2 des changements nombreux et notables. Or, en 1515, l'Arioste n’a- } vait pas de quoi faire imprimer son poëme; de plus, les imprimeurs Let les libraires ne respectaient pas plus que les pirates les droits à des auteurs. L’Arioste s'adressa donc à Léon X. qui lui donna de | l'argent pour les frais d'impression de plus, une bulle du mois }de mars 1515, où il défend, sous peine d’excommunication et de + deux cents florins d'amende, d'imprimer ou de vendre /e poëme bur- Liesque de Louis Arioste sans La permission de l’auteur. Ce n’était ni }plus ni moins qu’un privilége pour imprimer et vendre un livre 2,
Or, un fait aussi simple a été prodigieusement travesti par des Lécrivains protestants. C'est le protestant Roscoë qui en fait la repnarque, et qui les réfute. Voici ses paroles :
«Un écrivain protestant (David Blondel) nous dit de Léon X : {Presque en même temps qu'il fulmina ses anathèmes contre Martin Luther, il n'eut point de honte de publier une bulle en faveur des poésies profanes de Louis Arioste, menaçant d’excommunication œux qui blâmeraient le poëme ou em pècheraient le profit de l’imprimeur. — Une foule d'auteurs, et le judicieux Bayle lui-même, Jcitent ce trait comme une nouvelle preuve de l’impiété de Léon X, jet de l'indécence avec laquelle ce Pape, disent-ils, abusait du pounoir spirituel. Mais, pour répondre à cette imputation, il suflira de rappeler que ce fut longtemps avant que Luther füt en opposition avec la cour de Rome que la bulle dont il s’agit fut accordée à Arioste, et que le souverain Pontife ne fit en cela que suivre l’usage qui veut qu'on assure aux auteurs les produits de leurs travaux. Il {st absolument faux que dans ce privilége il soit décerné des peines tontre quiconque critiquerait le Æoland furieux, l'excommunication
à des accusations contre
s rare dans
E ! Roscoë, t. 4, ce. 24, P. 389, traduct. de Henri, 2° édit, Paris, 1813. — ® Audin DHist, de Léon X, c. 14,t.1.