XXI, 22 Ÿ
338 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — Deisit
ment, disait-il, punir les crimes où je suis plongé moi-même ? Lors. que je m’expose à la guerre pour la cause de l'Évangile, je pense que j'irais au diable si j'y étais tué par quelque coup d'épée ou de mousquet. Je vois qu'avec la femme que j’ai, NI JE NE PUIS, Ni JE VEUX changer de vie, dont je PRENDS DIEU A TÉMOIN ; de sorte que je
41545 qu'ils perm lanch dessei
ne trouve aucun moyen d'en sortir que par les remèdes que Dieu Es a permis à l’ancien peuple, » c’est-à-dire la polygamie. reur a
Là il rapporte les raisons qui lui persuadent qu’elle n’est pas dé. me sou fendue sous l'Évangile; et ce qu’il y a de plus mémorable, c’est qu'il A pas mé dit «savoir que Luther et Mélanchton ont conseillé au roi d'Angk. croyais terre de ne point rompre son mariage avec la reine, sa femme, mais, À souhait avec elle, d'en épouser encore une autret. » C’est là encore un secret Se ni d que nous ignorions. Mais un prince si bien instruit dit qu'il le sait, D Jumanc et il ajoute qu’on lui doit d'autant plus tôt accorder ce remède, qui à d'en ob ne le demande que pour le salut de son âme. « Je ne veux pas, pour. d'argen suit-il, demeurer plus longtemps dans les lacets du démon ; 5e Ne puis M monde ] NI NE VEUX m'en tirer que par cette voie : c’est pourquoi je demande BR dans qu à Luther, à Mélanchton et à Bucer même qu’ils me donnent un té. à tnt que moignage que je la puis embrasser. Que s’ils craignent que ce témoi. pas utile gnage ne tourne à scandale en ce temps, et ne nuise aux affaires del'É. qu'ils me vangile, s’il était imprimé, je souhaite tout au moins qu’ils me dome chercher une déclaration par écrit que, si je me mariais secrètement, Dieu n'y mieux m serait point offensé, et qu'ils cherchent les moyens de rendre avec kB tres pe temps ce mariage public, en sorte que la femme que j’épouserai re sntiment passe pas pour une femme maïlhonnèête; autrement, dans la suite ne corrig des temps, l’église en serait scandalisée. » à Melsing
Après, il les assure « qu’il ne faut pas craindre que ce second na riage l’oblige à maltraiter sa première femme ou même de se retira de sa compagnie, puisqu'au contraire il veut, en cette occasion, por. ter sa croix et laisser ses États à leurs communs enfants. Qu'ils m'a cordent donc, continue ce prince, au nom de Dieu, ce que je lei demande, afin que je puisse plus gaiement vivre et mourir pour 4 cause de l'Évangile et en entreprendre plus volontiers la défense; 4 je ferai de mon côté tout ce qu’ils m'ordonneront selon la raison, soi
qu'ils me demandent LES BIENS DES MONASTÈRES ou d’autres chos semblables ?.
HER On voit comme il insinue adroitement les raisons dont il savait,l Fée qui les connaissait si intimement, qu'ils pouvaient être touchés; 4 comme il prévoyait que ce qu’ils craindraient le plus serait le scan dale, il ajoute que «les ecclésiastiques les haïssaient déjà tellemen
D LADGRAV L'instru
Ce.
indgrave, s
“istr,, n. i u livre 6,
LInstr., n. 10. — 2? Ibid., n, 11,12 et 13.
Av. LXXXIV. — De js:
é moi-même ? Lors.
rangile, je pense que coup d'épée ou de ] JE NE PUIS, NI JE NE ON; de sorte que je remèdes que Diw gamie.
qu’elle n’est pas dé.
smorable, c'est qui illé au roi d’Angk.
ne, sa femme, mais, là encore un secret ruit dit qu'il le sait der ce remède, qu'i ne veux pas, pourà démon ; JE NE purs ourquoi je demande me donnent un té.
nent que ce témoi.
e aux affaires del'É.
as qu’ils me donnent crètement, Dieu n'y ns de rendre avec le e que j'épouserai ne ment, dans la suite
à1545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
qu'ils ne les haïraient ni plus ni moins Pour cet article permettrait la polygamie. Que, si, contre sa pensée, il
lnchton et Luther inexorables, il lui roulait dans l'es desseins, entre autres celui
nouveau qui trouvait Mé- Pl prit plusieurs ji
ps utile à cette cause et à ce pa
qu'ils me donnent Je secours que j'attends, de Peur que je ne l’aille hihi chercher EN QUELQUE AUTRE LIEU moins agréable, Puisque j’aime
mon repos à leur Permission qu’à toutes les
res permissions humaines. Enfin je souhaite d’avoir Par écrit le
sntiment de Luther, de Mélanchton et de Bucer, afin que je puisse
ne corriger et approcher du sacrement en bonne Conscience, Donné à Nelsingue, le dimanche a
près la Sainte-Catherine 1539, Paire, | BLANDGRAVE DE HESSE, »
C, conclut-il,
e que ce second ma- | même de se retire cette occasion, por.
enfants. Qu'ils m'ac ieu, ce que je lei e et mourir pour 4 tiers la défense; 4 selon la raison, soi ou d’autres chos
On voit les ressorts » quelque mépris qu'il | €$ nouveaux docteurs } en cette accasion. Un prince si habile { sans dessein, et d'ailleurs C'était assez | blait vouloir |
Prendre avec l'empereur, QU faire trembler tout le parti Ï valaient beaucoup mieux rer de l'Écriture, A de si négociateur, Ainsi Bucer dont l'original fut écrit en anchton 2, On Permet au t sous ce nom dans la ré-
ns dont il savait uit de Luther?une consultation en forme, ent être touchés; Slemand de la main et du Style de Mél
plus serait le sat idgrave, se/on l'Évangile (car tout se fai aient déjà tellemen
“str,, n, 14 et 15. — ? Waich,
t. 10, p. 886-892, — p u livre 6,
vssuel, Variat., à la fin
T RS a Se fe SE
340 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXIV.— De 51:
fo:me), d'épouser uné autre femme avec la sienne. Il est vrai qu'on déplore l’état où il est, de ne pouvoir s'abstenir de ces adultères tant qu’il n'aura qu'une femme, et on lui représente cet état con, me très. mauvais devant Dieu et comme contraire à [à sûreté de sa conscience, Mais én même temps et dans la période suivante on le lui permet, e on lui déclare qu'il peut épouser une seconde femme, s'il y est entière. ment résolu, pourvu seulement qu'il tienne le cas secret. Aïnsi une même bouche prononce le bien etle mal. Ainsi le crime devient per. mis en le cachant.
On rougit d'écrire ces choses, et les docteurs qui les écrivirent en avaient honte. C'est ce qu'on voit dans tout leur discours tortueux e embarrassé; mais enfin il fallut trancher le mot, et permettre a landgrave, en termes formels, cette bigamie si désirée. I fut dit pour la première fois depuis la naissance du christianisme, par des gens qui se prétendaient docteurs dans l'Église, que Jésus-Christ n'avait pas défendu dé tels mariages. Cette parole de la Genèse : Z/s seront tous deux dans une chair 1, fut éludée, quoique Jésus-Christ l’eût ré. duite à son premier sens et à son institution primitive, qui ne souffe que deux personnes dans le lien conjugal?. L'avis en allemand es signé par Luther, Bucer et Mélanchton.
Deux autres docteurs, dont Melander, ministre du landgrave, était l’un, le signèrent'aussi en latin, à Wittemberg, au mois de décembre “4539: Cétte permission fut accordée par forme de dispense, et réduite au vas de nécessité; car on eut honte dé faire passer cette pratique en générale. On trouva des nécessités contre l'Évangile, et, après avoi ant blâmé les dispenses de Rome, on osa en donner une de cetts importance. Tout ce que la réforme avait de plus renommé en Alk magne consentit à cette iniquité : Dieu les livrait visiblement au sen réprouvé, et eux qui criaient contre les abus, pour rendre l'Égli odieuse, en commettent de plus étranges et en plus grand nombn dès les premiers temps de leur réforme qu'ils n’en ont pu ramase ou inventer.dans la suite de tant de siècles, où ils reprochent à l'L glise sa corruption.
Le landgrave avait bien prévu qu’il ferait trembler ces docteu en leur parlant seulement de la pensée qu'il avait de traiter de ct affaire avec l’empereur. On lui répond que ce prince n’a ni fo
religion; que . ‘est un trompeur qui n'a rien des mœurs germanique avec qui il est dangereux de prendre des liaisons $. Écrire ainsi à prince de l'empire, qu'est-ce autre chose que de mettre toute l'AIR magne en feu? Mais qu'y a-t-il de plus bas que ce qu’on voit à laté
1 Gen., 2, 24. — ? Matth, 19, 5, b et 6, — 3 Consult., n. 23 et 24.
de cet donnée tendre dont .o lient ç repos t blir des crifier F le vrai sanctua Une & teurs qu publique mahomét Aussi le.
au landg
qu'un trè gés au s l consul Un aimai qu'aurait sicontrai
La con
Philippe,
Buent de ( déclarer e:
tune légère et de cons doctes, pr conseillé di sl'ument di bn, dans ] jrince Erne bliques en d Les crime autjon qu lissa pas d’ reproché an lies : mais :
‘Consult., n
Àv. LXXXIV,— De 151: à 1515 de l'ère, cur.]
de cet avis ? Notre pauvre église, disent-ils, pocire, Misérable et nbandonée, a besoin de princes régents vertueux 1, Voilà, si on sait l’en- 1 tendre, la raison des nouveaux docteurs, Ces princes vertueux fi |
le. Îl est vrai qu'on e ces adultères tant t état con, ne très.
oté de sa conscience, on le lui permet, et re, S'il y est entière.
s secret. Aïnsi une
crime devient per.
dont on avait besoin dans la réforme étaient des princes qui vou- 143 à kient qu'on fit servir l'Évangile à leurs passions. L'Église, Pour.son repos temporel, peut avoir besoin du secours des princes ; Mais établir des dogmes pernicieux et inouïs pour leur complaire, et leur sacrifier par ce moyen l'Évangile qu’on se vante de venir rétablir, c'est e le vrai mystère d'iniquité et l'abomination de la désolation dans le sanctuaire, | Une si infâme consultation teurs qui la souscrivirent n’a publiques, qui les auraient r mahométans où parmi Les a Aussi le prévirent-ils dans 1 a landgraye de découvrir
qui les écrivirent en liscours tortueux et ot, et permettre au irée. [ fut dit pour isme, par des gens Jésus-Christ n'avait Genèse : /{s seront sus-Christ l'eût ré.
itive, qui ne souffre vis en allemand est
et les docuraient pas pu se sauver des clameurs
‘du landgrave, était 1 mois de décembre dispense, et réduile cette pratique enloi gile, et, après avoir lonner une de celt s renommé en Alk visiblement au sex pour rendre l'Eglisi plus grand nombx en ont pu ramast Is reprochent à l'L
éni curiosité, mais par « d'inévitable n altesse av doctes, prudents, chrétiens et dévots
oyen 5. » L'invec la consultaélecteur palatin. Le pièces ; ainsi elles sont pu-
s'ument de ce m ln, dans le livre prince Ernest a encor bliques en deux manières #,
Les crimes échappent toujours Par quelque endroit. Quelque pré- {1 tion qu’on eût prise pour cacher ce mariage scandaleux, on ne |! hissa pas d'en SoUpçonner quelque chose, et il est certain qu'on l'a ‘1 fproché an landgrave aussi bien qu’à Luther dans des écrits pu- | !à ics ; mais ils s’en tirèrent par des équiyoques. Après tout, Luther 14
mbler ces docteu it de traiter de celt prince n'a nt foi mœurs germanique 8, Écrire ainsi à mettre toute l'AÏk e qu’on voit à lat
‘Consult,, n, 3, — 2 Ibid, n. 21, — 3 Voir cette pièce tout entière à la fin du livre des Variations
| n. 23 et 4. » par Bossuet, — : Bossuet, Variations, 1, 6,
349 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De 1517
ne faisait que suivre les principes qu’il avait posés ailleurs. Nous l'a. vons entendu parler plus d’une fois de ces inévitables nécessités dans l’union des deux sexes. Dans un sermon qu'il fit à Wittemberg pour la réformation du mariage, il ne rougit pas de prononcer ces infâmes etscandaleuses paroles: « Si elles sont opiniâtres (il parle des femmes), il est à propos que leurs maris leur disent : Si vous ne voulez pas,
obser luth à pres Mélan On cr jamais
une autre le voudra : si la maitresse ne veut pas venir, que Ja ser. L'év vante approche 1. » Si on entendait un tel discours dans une farce et quelqu sur le théâtre, on en aurait honte. Le chef des réformateurs le prêche MR du luth sérieusement dans l’église, et comme il tournait en dogmes tous ses M infidèle excès, il ajoute : « Il faut pourtant auparavant que le mari amène sy prédica femme devant l’église, et qu’il l’'admoneste deux ou trois fois : après, MN riens se répudiez-la, et prenez Esther au lieu de Vasthi?, » C'était une nou. M sx égli velle cause de divorce ajoutée à celle de l'adultère. Voilà comme M sous le: Luther a traité le chapitre de la réformation du mariage. Il ne lui M de Minc faut pas demander dans quel Évangile il a trouvé cet article, c'est lempore assez qu’il soit renfermé dans les nécessités qu’il a voulu croire au. MA h décisi dessus de toutes les lois et de toutes les précautions. Faut-il s'étonne M Dès 1 après celd de ce qu'il permit au landgrave ? Il est vrai que dans ce MRux-mèr sermon il oblige à répudier la première femme avant que d'en pren. MW ile ave
dre une autre, et dans la consultation il permet au landgrave d'en avoir deux ; mais aussi le sermon fut prononcé en 1522, et la consul. tation est écrite en 1539. IL était juste que Luther apprit quelque
chose en dix-sept ou dix-huit ans de réformation 3, Les paysans et les anabaptistes, naturellement plus francs, allaient plus droit au but, Ils se disaient : En vertu de la liberté chrétienne : prêchée par Luther, chacun de nous est souverain de son esprit « de son cœur, de sa religion et de sa morale, de sa conscience et de sa conduite : qu’avons-nous donc besoin de prêtres et de docteur, de magistrats et de princes ? Chacur .e nous est à soi-même son docteur et son roi pour établir sur la terre le royaume de Dieu m les moyens les plus efficaces. Chacun de nous, en vertu de la liberté prêchée par Luther, prendra autant de femmes qu’il lui plaira, por mieux ressembler à David et aux autres patriarches. Les princes lu thériens voulaient bien de ces principes pour eux contre les autres mais non pour les autres contre eux. Les paysans et les anabap tistes de Thomas Muncer furent donc mitraillés par les princes! Franckouse, pendus, brûlés, décapités. Les anciennes lois de l'em pire contre les hérétiques, renouvelées dans presque toutes les dièté depuis 1525, époque de leur défaite, furent exécutées contre eux
drédicants |
1 Serm, de Matrim. — ? }bid, — 5 Bossuet, Variations, 1. G. 'Menzel, t,
Àv. LAXXIV, — De 1517
8 ailleurs. Nous l'a.
bles nécessités dans à Wittemberg Pour ononcer ces infâmes il parle des femmes), Jous ne voulez pas, s venir, que Ja ser.
rs dans une farce et ormateurs le prêche en dogmes tous ses de le mari amène sa ou trois fois : après, . » C'était une noultère. Voilà comme u mariage. Il ne lui vé cet article, c'est
a voulu croire auns. Faut-il s'étonner st vrai que dans ce vant que d’en pren:
t au landgrave d'en A 1 45292, et la consul. Munster se divisèrent en deux cam her apprit quelque n 5,
11545 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, observe le protestant Menzel, avec presque luthériens que par les catholiques, Luther lu il à presser les autorités d’exterminer les anabaptistes 1, Même le doux Da Mélanchton conseilla le supplice de trois anabaptistes en Particulier 2,
On croyait leur secte éteinte, lorsqu’elle se révéla plus furieuse que jamais à Munster en Westphalie,
L'évèque de cette ville en quelques difficultés entre l'évêque et les bourgeois ;
du luthéranisme en profitèrent Pour y semer leur doctrine : un prêtre
hfidèle, nommé Rothman, qui se maria depuis, fut leur plus chaud
prédicant. Deux évêques étant ‘morts l'un après l’autre, les luthé-
Pour s'emparer de il y eut une pacification
sous le nouvel évêque de Munster, François de Waldeck, déjà évêque béissance, comme à son seigneur
rent garder les six églises jusqu’à
plus de rigueur par les i-même était infatigable
était aussi prince temporel :
il y eut les émissaires
1oliques, ils eurent la guerre avec Pays-Bas s'étaient glissés dans la Postat Rothman les les protestants de
3, les municipaux tinr atre les deux partis à la Maison de ville,
ax défenseurs du baptême des enfants, prédicateurs sur 1
; plus francs, allaient la liberté chrétienne rain de son esprit et sa conscience et de tres et de docteurs, st à soi-même son
ires accouraient à Munster comme à la nouelle Jérusalem : Ja municipalité et la
ls ne seraient plus maîtres de leur vill wibaptistes le 5
x contre les autres X sectaires gagnaient de jour en jour. L'ésans et les anabap@tqte fit entendre aux municipaux que, Pour y porter efficacement
és par les princes tnède, il fallait revenir à l’ancienne unité. Les municipaux s’y rejennes lois de l'em S encore assez forte, Se croyant plus saque toutes les diète s, ils demandèrent au landgrave, Philippe de Hesse, deux habiles écutées contre eudBrélicants pour vaincre les anabaptistes par la parole, L'un d eux,
LMenzel, t, 2,p.41, — 2 Audin,
Hist, de Luther, t. 9, P. 459. | 04
344 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517
à peine arrivé, désespéra de la besogne, et repartit aussitôt. L'autre essaya de fabriquer une constitution municipale de l'église, et la publia le 28 novembre. Ce fut une explosion d’anathèmes de là part des anabaptistes : leurs prédicants fulminaient dans les maisons Rothman par la presse : vers la mi-décembre, il prêcha même pue bliquement dans un cimetière, et enfin dans une église. Le 45 jan. vier 1534, la municipalité fit éconduire trois prédicants anabaptistes par une des portes de la ville ; leurs adhérents les ramenèrent aussi. tôt par une autre.
Parmi les prophètes des Pays-Bas, qui affluaient toujours plus nombreux dans la nouvelle Jérusalem, se trouvaient Jean Bockek, tailleur, puis aubergiste de Leyde, et Jean Mathison, boulanger de Harlem. Tous deux, profondément pénétrés du principe fonda. mental de Luther, croyaient immensément en eux-mêmes. Le 99 janvier 1534, le prince souverain de Munster publia un édit de ban. nissement contre l’apostat Rothman et les siens, avec ordre À chacun de l'arrêter. Les anabaptistes, excités par Jean de Leyde et d'autre prophètes de cette espèce, se mirent à parcourir la ville comme du énergumènes, criant, hurlant, regardant le ciel, comme s'ils en voyaient descendre le nouveau royaume de Dieu. Les femmes surtout, les cheveux épars, le sein découvert, couraient éhontées comme des furies, se roulaient par terre, criaient, pleuraient, riaient, avec des convulsions effroyables ; d’autres battaient des mains, grinçaient des dents et se déchiraient lesein. Au mi!ieu de tout cela, on entendait des cris sauvages, des exhortations à la pénitence, des prières et des malédictions. Cependant les meneurs s’étaient emparés de la maison de ville dès le 9 février 1534, et y trouvèrent beaucoup d'armes, Ce fut dès lors une terreur panique sur les habitants : plusieurs émigrèrent, beaucoup d’autres se laissèrent rebaptiser par crainté. La anabaptistes accouraient en troupes toujours plus nombreuses, Rothman les avait invités par ses lettres circulaires à venir voir dé: rusalem et Sion, à aider au rétablissement du temple de Salomontt du vrai culte, avec promesse de recevoir des biens en abondance, outre les trésors du ciel.
Lorsque la ville fut complétement entre les mains des anabaptistes, ils élurent une nouvelle municipalité, et pour bourgmestre l'anabaptiste Knipperdolling. Un des premiers actes du nouveau gou vernement fut de piller, de saccager les églises et les monastères, sans y épargner aucun sanctuaire, aucun objet d'art, aucun mont ment. d’antiquité. Ensuite, sur la proposition du prophète Mathison il fut résolu, le jour suivant, de chasser de la ville tous les infidèlg c'est-à-dire tous ceux qui ne consentiraient point à recevoir un &
cond fouet des fe archi d'agri phète bien c parlé blée. | comm nayés se van il sorti nouvee Apri horde { œ qui tours, € même F celle de reau, P s toutlec vestit d’ tion des commen de Dieu, cien Tes autres pi phète Ôt:
et jura p et que les lomnes, ation, se chèrent t:
culquer la Rvorables bourgeois celle anar Mais, apré aabaptist dan de son exem}
iv. LXXXIV. — De 1517
tit aussitôt. L'autre de l’église, et la puâthèmes de la part À dans les maisons, | prêcha même pu- 1e église, Le 43 jan.
dicants anabaptistes S rainenèrent aussi.
à 1545 de l’ère chr.]
cond baptême, Plusieurs milliers. furent ainsi expulsés à coups de fouet, un grand nombre tout nus, même des malades, des vieillards, des femmes allaitant leurs enfants. On déchira, on brüla toutes les archives, tous les livres, la Bible exceptée. On abolit tous les arts d'agrément, le jeu, la musique, le chant. Un jour Mathison, le prophète de Harlem, ordonna de transporter en certaines maisons le bien de tous ceux qui avaient émigré. Le bourgmestre Tilbeck ayant parlé contre, Mathison le tua de Sa Main aux yeux de toute l’assemblée. Dès ce moment, il n’y eut plus de résistance, même quand il commanda d'apporter à l'Hôtel] de ville tout l'or
myés ou non, avec tous les bijoux de femmes. Sur
aient toujours plus aient Jean Bockel, 1ison, boulanger de du principe fonda.
eux-mêmes, Le 99 olia un édit de banavec ordre à chacun le Leyde et d'autres la ville comme des el, comme s'ils en u. Les femmes surent éhontées comme ‘aient, riaient, avec >s mains, grinçaient ut cela, on entendait >, des prières et des aparés dela maison iucoup d'armes, (e ts ; plusieurs émier par crainte. Le
plus nombreuses, res à venir voir jé:
mple de Salomontt ens en abondanee,
Après lui, son disciple, le tailleur Jean Bockels, fut le chef de cette horde fanatique. Knipperdolling, considér
œ qui s'élève doit être abaissé burs, et exécuta la chose avec même principe, Jean Bockels ou
celle de bourgmestre, Pour lui donner Ja dernière, celle de bour- i}1 ru, Peu après, le prophète Bockels, sur un ordre du ciel, déposa k 14
Î Promesse, Mais le 11} l nouveau Gédéon y trouva la mort.
| tout le conseil munici pal, et à sa
vestit d’un pouvoir illimité, avec ordre de punir de mort toute viola- RE tion des commandements de Dieu. Quelques semaines plus tard, au | 1} tmmencement de juillet 1534, le prophète annon À de Dieu, à Munster, à l'exemple des
cien Testament, devaient prendr,
quelques difficultés. Mais le proe à côté du Nouveau Testament, n sur le mariage était la véritable,
mains des anabap-
deux cents, entreprirent de mettre fin à e prophète avec ses principaux partisans ; Mais, après un commencement de succès, ils furent accablés par les
äabaptistes, qui les firent périr de la manière la plus cruelle. Alors
D dan de Leyde se donna plusieurs femmes, et les autres suivirent son exemple,
et les monastères, l'art, aucun mont prophète Mathison e tous les infidèles t à recevoir un &
à 346 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV. — De 1517
Quelques semaines plus tard, par l'organe d’un autre prophète, en conséquence d’une révélation divine, il se fit déclarer roi, pour régner sur tout l’univers, dominer sur tous les empereurs, rôis, princes, seigneurs et puissants, et occuper le trône de David, son père, jusqu'au jour où Dieu lui redemandera l'empire. Le ci-devant tailleur de Leyde se monta donc, non-seulement une cour Magnifique, mais aussi un harem de dix-sept femmes, parmi lesquelles ly veuve de son prédécesseur Mathison eut le rang de reine, Luxe, plaisir, cruauté furent les idoles de ce nouveau dominateur, qui s'intitulait le roi juste du nouveau Temple, et le serviteur véritable du Très-Haut. Ce royaume bizarre, dans lequel une folie et une tur. pitude surpassaient l’autre, dura encore une année entière, tant les mesures de blocus et de siége étaient mal prises, tant était fort l'en. thousiasme guerrier des fanatiques. Ils avaient, au reste, des intel. ligences avec leurs amis du dehors : la Hollande et la Frise étaient pleines d’anabaptistes. Leur roi de Munster avait envoyé de tous côtés des émissaires, des apôtres, nommé des ducs pour gouverner les pays du Rhin et du Véser. Dans la nuit du 43 mai 1336, durant une fête, lès anabaptistes d'Amsterdam s’emparèrent de l'Hôtel de ville ; mais ils en furent expulsés par les bourgeois.
La mauvaise réussite de ses plans de conquêtes, la misère toujours plus effrayante des habitants, misère qui donnait à leur ville de la ressemblance avec Jérusalem, mais avec Jérusalem assiégée par les Romains, rien n’émut Jean de Leyde : il continua, avec ses concubines et ses courtisans, à donner des festins voluptueux, à trôner sur la place publique, comme un autre Salomon, pour juger les procès, surtout les procès scandaleux de ménage, et exécuter lui. même la sentence avec le glaive du bourreau. Ainsi l’une de ses propres femmes ayant mis en doute la divinité de sa mission, il lui coupa la tête. Rothman était son oratevr, Knipperdolling son bourreau: tous deux marchaient derrière lui lorsqu'il allait par la ville, paré d’une couronne et d’une chaîne d’or, et monté sur un coursier fringant. Sur la place, on prêchait du haut d’une chaire, à côté des trônes du roi et de la reine, et, après la prédication, on dansait quand le maître était de bonne humeur. Le landgrave Philippe de Hesse leur envoya de ses théologues pour les ramener à de meilleurs sentiments, et leur reprocher leurs violences. Les anabaptistes retournèrent ces reproches contre le landgrave, en lui rappelant que lui: même avait marché contre les évêques, envahi le duché le Wurtemberg, pillé monastères et églises 1.
1 Menzel, t. 2, c, 8.