‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 94 sur 122 · HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De · texte numérisé non relu

HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXIV, — De

m'est si chère, disait-il, que si mon père plaidait contre le diable we et qu'il eût tort, je le condamnerais sans hésiter. En moins de deux æ années, il fit expédier toutes les causes arriérées, dont quelques-unes br l'étaient depuis vingt ans; et tout se trouvait au courant quand il mal donna sa démission !, Li Fisher et Morus étaient tout ensemble et zélés catholiques et sa- pu | vants littérateurs; l’un et l’autre ont laissé des ouvrages qui témoi. je gnent de leur foi, de leur doctrine et de leur esprit; tous deux justifièrent l'écrit de Henri VIII contre les outrages de Luther ?, ai Henri lui-même écrivit aux princes de Saxe pour se plaindre de ss l'insolence de Luther dans son libelle, insolence qui retombait sur pr tous les princes, et plus encore pour leur signaler le péril qui me. pu naçait l'Allemagne et même tout l’ordre social. « Jamais il n'y eut, 7 dit-il, faction si séditieuse, si pestilentielle, si scélérate, qui se soit be efforcée d'abolir toute religion, de ruiner toutes les lois, de corrom- lett pre toutes les bonnes mœurs, de corrompre toutes les républiques, mis | comme le fait maintenant la conjuration luthérienne, qui profane tout à is ce qu’il y a de sacré, et salit tout ce qu’il y a de profane. Elle prêche ne 4 le Christ de manière à fouler aux pieds ses sacrements, prône la 4 grâce de Dieu de manière à détruire le libre arbitre, élève la foi de be manière à calomnier les bonnes œuvres et à introduire la licence de psg pécher, exalte la miséricorde de manière à déprimer la justice et à rejeter la cause inévitable de tous les maux, non sur quelque dieu | ae mauvais, ce que du moins les manichéens ont imaginé, mais sur ce ni à : Dieu unique vraiment bon. Ayant traité avec tant d'impiété les sd choses divines, comme un serpent précipité du ciel, il épand son PUIS venin sur la terre, émeut la dissension dans l'Église, abroge toutes “aus : les lois, énerve tous les magistrats, excite les laïques contre les du prêtres, les uns et les autres contre le Pontife, les peuples contrels =. de princes. Son seul but (Dieu veuille que cela n'arrive pas !), c'est d'a- ste bord que le peuple de Germanie, sous couleur de liberté, déclare la ren guerre aux princes; ensuite que, à propos de la foi et de la religion Le je chrétienne, les Chrétiens combattent contre les Chrétiens, à la vue pas et à la risée des ennemis du Christ. Que si quelqu'un ne croit pas kite he que jamais un si grand péril puisse naître d’un homme de néant, PR, e le prie de se rappeler la rage des Turcs, qui, envahissait de nos jours le . tant de terres et de mers, et occupant la plus grande et la plus bell as, de ,

partie du monde, a commencé autrefois par deux coquins: pour ne rien dire, quant à présent, de la faction bohémienne ; car qui ignore de quel chétif vermisseau elle devint, et combien vite, quel énorme

v. LXXNXIV, — De 1541

t contre le diable, En moins de deux lont quelques-unes u courant quand il

catholiques et saivrages qui témoirit; tous deux jusde Luther ?, our se plaindre de qui retombait sur r le péril qui me- Jamais il n’y eut, lérate, qui se soit es lois, de corromes les républiques, 1e, qui profane tout rofane. Elle prêche rements, prône la tre, élève la foi de duire la licence de imer la justice et à 1 sur quelque dieu naginé, mais sur ce tant d’impiété les ciel, il épand son lise, abroge toutes laïques contre les peuples contre les ve pas !), c'est d'aliberté, déclare a foi et de la religion Chrétiens, à la vue qu'un ne croit pas omme de néant, je 1hissait de nos jours nde et la plus belle { coquins: pour ne nne ; Car qui ignore à vite, quel énorme

an, 1528, p 69-63

Principes anarchi

dans la terre, comme un volcan en fermentation, mirer les paroles prophétiques de cet autre Bal pas en profiter mieux Pour soi que le premier.

Il disait encore aux mêmes princes :

« Sur le point de cacheter ma lettre, je me rappelle que Luther, dans ses Complaintes contre moi,

ce qu'il en est empêché par la devoir vous exhorter à mettre

sexcuse de répondre davantage, sur traduction de la Bible. Je crois donc

‘on ne lui Permette pas de le fi

hngue; mais lorsque la mauvaise fo le 1

prleslants sur le sens de l'Écritur

combien ces réflexions étaient sag écoutées,

Le premier septembre 1525, Luther écrivit au roi d’ lire suivante : « Sérénissime roi » illustrissime prince! je devrais craindre, en vérité, de m'adresser à j

pelle combien j'ai dû l'offenser dans

n à mes instincts j'ai publié c sensé et en étourdi:; mais

chaque jour dans $ Correspondances. De plus, mortel vous-

pas une haine immortelle, Ajoutez que je blié sous le nom de ainsi que le voulaient du titre de votre mant à eux-mêmes dans

‘pd Gochi., p, 64 et 65. — « Ibid:, p. 50.

à sauter en l'air ou à s’abîmer on ne peut qu’'ad- 8aM, qui ne devait

aire, Je ne nie ture sainte dans toute espèce de Î d'un homme fait foi, qu'il sion ce qui a été bien écrit,

Dr AR

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à 154 l’ignominie royale ; principalement ce monstre, ennemi public de solic Dieu et des hommes, le cardinal d'York, cette peste de votre dont royaume. Je rougis donc aujourd’hui, au point que je crains de lever | dit d mes yeux devant votre majesté, moi qui, grâce à ces ouvriers d'ini. Quer ° quité, me suis laissé aller si légèrement à l'émotion contre uns notre grand monarque, moi qui ne suis que de la lie ct un ver de terre, soi : qu’il suffit de mépriser et de négliger pour le vaincre. En outre, ce injure qui m’a sérieusement décidé à écrire, si abject que je sois, c'est que les pl votre majesté a commencé de favoriser l'Évangile, et qu'elle s'est pas aus peu dégoûtée de ces méchants hommes. Cette nouvelle a été pour one mon cœur vraiment un évangile, c’est-à-dire une bonne nouvelle, eillén «C’est pourquoi, prosterné aux pieds de votre majesté ,jela prie et tn la supplie, avec toute l’humilité possible, par la croix et la gloire du roro Christ, de daigner me pardonner mes offenses, ainsi que Christ lui- H'ahe même a prié et commandé de nous pardonner réciproquement, En- hais suite, s’il n'est pas désagréable à votre majesté que, dans un écrit est: h public, je chante la palinodie et rende honneur au nom de votre ma et jesté, qu’elle daigne me le témoigner par quelque signe, je le ferai Dan sans “élai et de grand cœur. Car, encore qu’auprès de votre majesté rappelle | je ne sois qu’un néant, toutefois ce ne serait pas un médiocre avan- Fos tage pour l'Évangile et la gloire de Dieu s’il m'était donné d'écrire homEncs au roi d'Angleterre sur les intérêts de l'Évangile. isièèbe «Fassele Seigneur que votre majesté profite et croisse dans cequ'elk dites a commencé, qu’elle soit docile à l'Évangile dans la plénitude de l'es. publique ï prit, qu’elle ne se laisse ni remplir les oreilles, ni surprendre le cœur par la co i par les langues vénéneuses des doucereux hypocrites, qui ne savent roluptés : que décrier Luther comme un hérétique ! Au contraire, que votre étée d | majesté considère ainsi à part soi : Quel mal peut donc enseigner à: Rome Luther, puisqu'il enseigne uniquement que nous devons être sauvé p, toutefs par la foi en Jésus-Christ, le Fils de Dieu, qui a souffert, est mort d hiait glo a été ressuscité pour nous, comme le témoignent clairement les sain kttre d évangiles et les écrits des apôtres? Car voilà le fond et la base de mi roles de doctrine, sur quoi je bâtis ensuite et enseigne la charité envers k tomplir se prochain, l’obéissance envers l’autorité temporelle, et le crucifiemer Yons di du corps de péché, ainsi que le montre notre doctrine chrétienne chain, l'ot Dans ces points capitaux de la doctrine, qu'y a-t-il donc de faux D ont du “ de mauvais? Qu'on attende donc et qu’on écoute, et qu'on juge SU raies que) lement après. Pourquoi donc me condamner sans m’entendre ni n@Biife, Ja el convaincre 1 ? » uit pour À cette lettre artificieuse, Henri VIIT répondit par une réfutali Wire écrit c: “crilége et

1 jochl., 126, — Wa'ch, t. 19, Te 469: = on par la 5

1v. LXXXIV. — De 1517

» ennemi public de tte peste de votre ue je czains de lever | ces ouvriers d'inimotion contre un si et un ver de terre, incre. En outre, ue je sois, L’est que et qu’elle rest pas iouvelle a été pour | e bonne nouvelle,

majesté, je la prie et roix et la gloire du insi que Christ luiciproquement, Enque, dans un écrit 1 nom de votre ma- 1e signe, je le ferai ès de votre majesté un médiocre avan-| tait donné d'écrire

à 1545 de l’ère chr.]

et s’applauçue, notamment du Saint-Siége,

re en Dieu, le cardinal York, notre principal conseiller et chancelier 4 j

» tous les Saints,

eu même, puisq teur de tous les péchés : exécrable blasphèm

Mais encore dans ]

S à cause de ses ve

chaque jour davan ilest haï de vous et de vos pareils.

Le roi lit assidûment l'Évangile, mais il l'entend comme les saints Pères. Luther les méprise,

mppelle alors ce mot de l'K

| connaîtrez. Personne ne

par la colère et la mauvais wluptés de la chair, Sur

quel, chez les païens fustigé jusqu’à la mort.

pénitence, mais il s’en Il lui rappelle à ce propos OMpue par un diacre, les ment sur l'obligation d’ac-

complir ses vœux.

Vous dites que, sur la foi, ers le proain, l'obéissance envers les

et le crucifie- | { ment du corps de péché. Plût à Dieu que ces Paroles fussent aussi

| vous dire que vous |

vante, et lui non-seulement il n’en faisait pas

» jusqu’à y exciter les autres.

kisait gloire

lairement les saints nd et la base dem la charité envers ke e, et le crucifiemen loctrine chrétienne t-il donc de faux d

ous édifiez la charité env

ne proférez-vous Pas ces paroles : « C'est un é de vouloir plaire à Dieu par les œ

£u par i6s Œuvres, et Ces paroles ne sont Pas inoins claires que ces

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autres que vous avez écrites précédemment dans la captivité de Ba. bylone : « Ainsi vous voyez combien est riche l’homme chrétien oy baptisé, qui, le voulût-il, ne peut manquer son salut, quelques grands péchés que jamais il commette, à moins qu'il ne veuille pas croire. Car nul péché ne peut le damner, si ce n’est l'infidélité : tant que a foi subsiste ou revient, tous les autres péchés lui sont remis aussitét . par elle, en vertu des promesses divines faites à qui reçoit le bap-

tême. » Vos paroles que voilà sont ciaires, elles n’ont pas besoin de &

glose. Contrairement aux paroles du Christ : La voie du royaume des cieux est étroite, vous ouvrez la voie large et spacieuse par la liberté évangélique, pour vous affectionner le peuple frivole, en lui enseignant que, pour se sauver, il suffit de croire aux promesses de Dieu, sans se donner la peine de faire de bonnes œuvres. Saint Paul pensait bien différémment lorsqu'il loue la foi qui opère par la cha.

rité !, et quand il dit : Si vous êtes dans la foi ou non, éprouvez-l MR

vous-même ?, Or, comment faire cette épreuve, si ce n'est par de bonnes œuvres? Car celui qui opère la justice, c’est celui-là qui est agréable à Dieu 3. Saint Jean va même jusqu’à dire : Mes chers en. fants! que personne ne vous séduise ; celui qui fait la justice, c'est celui-là qui est juste #. En vérité, Luther, croire suivant votre doc. trine qu’on peut vivre sans aucuns fruits de bonnes œuvres, se vay-

trer sans aucune crainte dans la fange du crime, dans l’orgueilleuse |

présomption que la foi seule vous en puritiera, c’est là une foi pire que la foi des démons. Car, comme dit saint Jacques : Vous croyez que Dieu existe; les démons aussi le croient, et ils en tremblent .

en quoi ils ne sont pas si mauvais que vous, puisque vous êtes san @

aucune crainte. Ne vous semble-t-il pas, Luther, que ce soit à vows

que l’Apôtre adresse ces paroles, vous qui, par cette hérésie, détrui.l

sez toute crainte de Dieu $?

Après avoir montré par l'Ancien et le Nouveau Testament l'utiltél

et la nécessité de la crainte religieuse, le roi continue : Ce que vou écrivez maintenant, que la foi doit être vivante, je le confesse; mai elle ne peut être vivante sans la charité. Or, comme dit l'Évangile} celui-là n’aime pas, qui ne garde pas les commandements de Dieu’: et aucun adulte ne les garde s’il ne s'exerce à de bonnes œuvres. De là suit que ta foi, qui méprise les bonnes œuvres, ne saurait étrev vante, mais qu’elle ressemble à celle dont parle saint Jacques : L foi sans les œuvres est morte 8.

De plus, si ce que vous affirmez dans votre sermon sur le déca

4 Galat., 5— 2 2 Cor., 13. — 3 Act, 10, 35. — + { Joan., 3, 7, — 5 Jacob, 6 Walch, t. 19, p. 482 et seqq. — 7 Juan., 14. — 8 Jacob, 2.

logue neuvié quelqu Dieu s

ja foi s pres pi vivante Le r homme néglige ment; pousse qui, s’ét iurdep Quan

à les sou comme ! obstinati humaine cuteurs,

| loin dans hérétique

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*Ephes., 4,

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