LIVRE SOIXANTIÈME
DE LA CONVERSION DES NORMANDS, 922, AU COMMENCEMENT . DE L'EMPEREUR OTHON er, 962.
Quarante ans du dixième siècle, TE
Entre tous les siècles chrétiens, .le. dixième siècle passe pour le siècle de fer ; nous allons continuer d'étudier la période de quarante
jans qui passe pour en former la plus triste partie. + 2.
Nous commençons à savoir ce qu'iken est. Nous avons vu le p 4 lean X, à la demande des peuples. et. des rois, employer et la puissance de son génie et la puissance de .son: autorité pour rétablir l'ordre et la ‘paix entre les rois et les rois, entre les peuples .et les D peuples, d'Italie, de France, d'Allemagne, d'Orient. C’est dans cette Diouvre de pacification que le pape Jean X terminera sa carrière.
En France, la race de. Charlemagne dégénérait de plus én plus; en Espagne ,en Angleterre, en Allemagne » On voyait au contraire monter sur le trône des hommes de tête et de cœur. Aussi la France était-elle en travail d'une nouvelle dynastie. Ce travail pénible durera tout un siècle, depuis le couronnement du roi Eudes, comte de Pa- Miris, en 888, jusqu'au couronnement du roi Hugues Capet, duc de Wa l'rance, en 987. Durant cet enfantement séculaire, il y aura des
crises plus ou moins violentes ; il y aura des intrigues, des luttes, des
; mais, prodige inouï jusqu’à lors dans l'histoire hu-
Muaine, durant cette alternative séculaire entre la dynastie qui s'en va XUI, 1
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2 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv.LX. — De 02 M og do l'ér et la dynastie qui se met à sa place, il n'y a pas un meurtre, il n'ya Le roi Rol pas une mutilation politique : ce qui suffit pour élever les Français Grand et H du dixième siècle au-dessus des Francs du quatrième et du cin- 0 Charles et : quième, au-dessus des Français du dix-huitième et du dix-neuvième
110 Après la
peut-être même au-dessus de tous les peuples de la terre. 4 fit après la
Nous avons vu qu'à.leur entrée, dans les Gaules, les Francs chas- 0 avait succés sèrent du trône leur roi Childéric, parce qu'il s’y conduisait mal, et 0 concile où
qu'ils élurent à sa place un homme qui n'était pas même de leur na- M Laon, Étier
tion, le comte Égidius, commandant des troupes romaines; nous 0 ordonné évi ayons vu que Childéric s'étant corrigé, les Francs le rappelèrent après province de huit années d’exil et partagèrent la royauté entre lui et Égidius, de À trouvés à li manière qu'ils régnèrent ensemble. Nous avons vu, dans une charte 10 pénitence p ou capitulaire de Charlemagne, que, si parmi les fils d’un roi défunt (0 carème, dit le peuple en voyait un capable de régner, il pouvait le choisir pour %Æ conciliés le roi. Dans la charte constitutionnelle de 817, sous Louis le Débon- y, pain et à naire, nous avons vu des articles semblables,
chèteront. Il
En vertu de cette loi primitive, l'an 888, pendant le bas âge de ean, et qui Charles le Simple, les Français élurent pour roi le vaillant comte de ils ne le rac Paris, Eudes, fils de Robert le Fort. Il régna dix ans, concurrem- 4 solenne ment avec Charles, à peu près comme Égidius et Childéric avaient re 1, Vo régné ensemble. À sa mort, en 898, il laissait un frère digne et ca- rude pér pable de lui succéder, Robert, duc de France. Mais au lieu de lui Français faire passer la couronne, il pria tous les seigneurs de se soumettre à trêve. E . Charles. En conséquence, depuis l'an 898 jusqu’en 922, Charles le près la b Simple régna seul, ou plutôt, au lieu de régner, il se laissait gou- donné d verner par son favori nommé Haganon : ce qui fut cause que, bert de 1 l’an 920, presque tous les grands du royaume l’abandonnèrent à ds du ro Soissons; le seul Hervée, archevêque de Reims, lui demeura fidèle, nt, et ap] l’accompagna pendant près de sept mois, et fit tant qu'il le rétablit oi Robe sur le trône ?. Mais la discorde se ralluma plus vive que jamais. Et, 1 vint a dans les derniers jours du mois de juin 922, presque tous les sei- du aux N gneurs et les évêques du royaume, assemblés à Reims, proclament hée de ] roi le .due Robert de France ; il est sacré par l’archevêque Hervée, les, qui s qui meurt trois jours après. L'année suivante 923, pendant un ar- t pour r mistice, Charles le Simple, avec une armée de Lorrains, vint sur- ier, arch prendre Robert, qui se trouvait à la tête de peu de monde. La ba- D'archevéc taille s’engagea aussitôt, le dimanche 45 juin, près de Soissons, 2, Dans au moment que les Français s’y attendaient le moins et que la plu- ement le part étaient à diner. Il périt beaucoup de monde de part et d’autre. nne, com çais pend
‘ Sigebert, an 988.—3 Flodoard, Hist., 1. 14. D. Bouquet, t. 8, P. 163. Idem.
Chronic., ibid., p. 178. abbe, t, 9,
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Égidius, de 4 s une charte M n roi défunt @ hoisir pour M
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bas âge de nt comte de concurremric avaient digne et calieu de lui soumettre à Charles le issait goucause que, lonnèrent à eura fidèle, le rétablit jamais. Et, us les seioroclament ue Hervée, ant un ar- , vint surde. La ba- Soissons, que la pluet d'autre.
3, 163. Idem.
LX. — De rtre, il n’y a 8 les Français # > et du cin-* x-neuvième, M
'rancs chas- # sait mal, et M de leur na-M ines ; nous À
962 de l'ère chr.]
Le roi Robert fut tué à coups de Jance:. mais son fils Hugues le Grand et Héribert, comte de Vermandois, mirent en déroute le roi Charles et son armée.
Après da bataille de Soissons, les Français firent ce qu'ils avaient
4 lait après la bataille de Fontenay. L'archevéque Séuife de Reims, qui
avait succédé à Hérivée ou Hervée, tint, la même année 923, un concile où se trouvèrent Abbon, évêque de Soissons, Adelelme de Laon, Étienne: de Cambrai, Adelelme de Senlis, Airard, qui y fut ordonné évêque de Noyon, et les députés des autres évêques de la province de Reims. En ce concile, on ordonna à ceux qui s'étaient trouvés à la bataille de Soissons, entre Robert et Charles, de faire pénitence pendant trois carêmes, trois années durant. Le premier carème, dit leconcile, ils demeureront hors de l’église, et seront réconciliés le jeudi saint; chacun dé ces trois carêmes, ils jeûneront
@au pain et à l'eau, le lundi, le mércredi et le vendredi, où ils le re-
chèteront. Ils observeront le même jeûne quinze jours avant la Saint. ean, et quinze jours avant Noël, et tous les vendredis de l’année, ils ne le rachètent par des aumônes, ou: s'il n'arrive ce jour-là une » solennelle, s'ils ne sont malades ou occupés au service de re !, Voilà comme les Français du dixième siècle expièrent, par rude pénitence, la victoire qu'ils venaient de remporter sur d’au- Français, qui toutefois les avaient déloyalement surpris pendant
trêve. Et pourtant le dixième siècle: est appelé un siècle de fer! près la bataille de Soissons, le roi Charles le Simple, se voyant donné des Lorrains, envoya députation sur députation au comte bert de Vermandois, à l'archevêque Séulfe de Reims, et autres ds du royaume, pour les conjurer de revenir à lui. Ils s'y refunt, et appelèrent Rodolfe ou Raoul, due de Bourgogne, gendre
oi Robert, et beau-frère de Hugues le Grand, due de France.
l vint aussitôt avec une puissante armée. De son côté, Charles
du aux Normands de venir à son secours. Mais les Français, avec
hée de Raoul, se’ postent sur l'Oise, entre les Normands et les, qui s’enfait an delà de la Meuse. Alors tous les Français
t pour roi Raoul de Bourgogne, qui est sacré, à Soissons, par
ier, archevêque de Sens ; sa femme Emma est sacrée à Reims, M'archevèque Séulfe. Raoul fut également reconnu par les Lor- ?, Dans l'intervalle, le comte Héribert de Vermandois prit déement le roi Charles le Simple et l’enferma dans le château de nne, comme Charles lui-même avait déloyalement surpris les
çais pendant la trêve. |
abbe, t, 9, p. 581. — « Flod., Chron., an 925.
RÉTAASE
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