‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 3)Chapitre 36 sur 72 · XI. — De · texte numérisé non relu

XI. — De

ge. L'abbé, entre autres les sciences.

ria d'emmeles sciences tement des à l'évêque ez lequel le matiques.

rt, le moine e et; publiée l'Outre-mer, t y eut pour : lui-même, deux choses t le disciple yains postéétiennes en z les Musul-

qu'ailleurs, cursions des tait à portée t alors procultiva avec liaison qu'il 1 de Cusan, piété, et qui

Jins intéres-

n de faire le mme qu'on , Hs se préqui remarapprendre.

ignorées en qu’il lui était xes et trèsssitôt de le

à.991 de ‘'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 231

retenire. de ne pas lui permettre de retourner en Espagne. Jean XIII it entendre au duc et à l'évêque, avec beaucoup de bienveillance, . que le roi souhaitait garder quelque temps le jeune homme, qu'il le renverrait ensuite avec honneur et leur témoignerait à eux-mêmes sareconnaissance. Gerbert demeura donc auprès du Pape, qui l’en- ‘oya au roi. Interrogé sur ce qu’il savait, il répondit qu'il était passablement versé dans les mathématiques, mais qu'il désirait beaucoup y ajouter la science de la logique.

Or, vers ce temps-là même le roi Lothaire de France envoya, comme ambassadeur, au roi Othon de Germanie et d'Italie, l'archidiacre de Reims, nommé Gérard, céièbre par son habileté dans la: bgique. Enchanté de son arrivée, Gerbert obtint du roi la permission de se faire son disciple et de le suivre à Reims. Là il fit en peu de temps de merveilleux progrès en logique; mais l’archidiacre, qui voulait en échange apprendre de lui les mathématiques, lut rebuté par les difficultés de l’art musical.

Cependant Gerbert, par la noblesse de ses études, gagna les. bonnes grâces de l'archevêque Adalbéron, qui le pria d'instruire dans les arts libéraux une foule de disciples. Voici le plan que suivit betbert dans cette université rémoise, d'après le témoignage de son disciple et biographe Richer.

Îlcommença par la dialectique d’Aristote, ou l'art de discuter stientifiquement, la parcourant suivant l’ordre des livres, éclaircissunt les diverses propositions. Il expliqua surtout l’Introduction de lorphyre, d'après la traduction du rhéteur Victorin et celle de Manlus ; puis les catégories d’Aristote. Il montra l'utilité du livre de l'interprétation du même philosophe; et développa ses Topiques ou Sources des arguments, traduits de grec en latin par Cicéron, ‘et tommentés en six livres par le co sul Manlius. Il expliqua de même à sesauditeurs les quatre vres di:s Différences topiques, deux des Syllogismes catégoriques, un livre les Définitions et un des Divisions.

Après ce travail, comme il voulait initier ses disciples à la rhétotique, il partit de ce principe que, sans la connaissance des manières de parler qu'il faut apprendre des poëtes, il est impossible de parvefi a l'art oratoire. Il prit donc en main les poëtes avec lesquels il cut devoir familiariser ses élèves. En conséquence, il lut et enseigna Virgile, Stace-et Térence ; puis les satiriques Juvénal, Perse et Hoace, et, enfin l’historiographe Lucain. Les élèves ainsi familiarisés ivec les poëtes, et approvisionnés de leurs locutions, il.les introduisait en rhétorique. Quand ils y étaient instruits suflisamment, il ls mettait aux prises avec le sophiste pour les exercer à la contoverse, et leur apprendre à procéder avec un tel art, que l’art

232 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — De 962

même n’y parût point : ce qui passe pour être la perfection de l'orateur. Voilà pour ce qui est de la logique ou de l'art de raisonner scientifiquement.

Qu? -t aux mathématiques, continue l'historien Richer, il ne £e. rait as hors de propos de dire combien il y a travaillé. Car l'arith. métique, qui en est la base, il la rendit facile et élémentaire. Ensuite la musique, longtemps inconnue dans les Gaules, il l'y rendit trèsconnue. Il en disposa les genres dans un monocorde, distinguant leurs consonnances ou symphonies en tons, demi-tons, ditons et dièses, et distribuant rationnellement les tons en sons, et il donna ainsi une connaissance complète des genres divers.

Gerbert ne travailla pas moins pour l'astronomie. Cette science, presque entièrement intellectuelle, il sut.la rendre sensible par quelques merveilleux instruments. Ayant fabriqué une sphère du monde, d’un bois solide et rond, il représenta le grand univers par la similitude du petit. Plaçant cette sphère obiiquement sur l'horizon avec les deux pôles, il donna les signes ou constellations septentrionales au pôle supérieur, et les australes à l'inférieur. 11 régla la position de cette sphère par le cercle que les Grecs appellent horizon, les Latins limitant ou déterminant, parce qu’il distingue les signes qu'on voit de ceux qu'on ne voit pas. La sphère ainsi posée sur l'horizon pour indiquer le lever et le coucher des signes, il insinuait la nature des choses par cette disposition, et l'établissait par la compréhension des signes. Car le temps de la nuit, ille donnait aux étoiles scintillantes, et avait soin qu'on les marquât à leur lever et à leur coucher avec leur position obliqué dans les diverses parties du monde.

Les cercles qui sont appelés parallèles par les Grecs, équidistants par les Latins, et qui sans aucun doute sontincorporels, il les fitcomprendre par ce moyen. Il fit un demi-cercle exactement divisé par un diamètre en forme de tube (fistula), aux extrémités duquel il marqua les deux pôles, celui du nord et celui du sud. Il divisa le demi-cercle d'un pôle à l’autre en trente parties ou degrés. En ayant distingué six à partir du pôle, il posa un tube pour indiquer le cercle du pôle arctique ; de là, après cinq degrés, un second tube pour indiquer le cercle ou tropique d'été. Enfin, après quatre autres degrés, un troisième tube pour indiquer le cercle équinoxial ou l’équateur. Le reste de l’espace jusqu’au pôle austral, ille divisa par les mêmes dimensions. Le mérite de cet instrument était tel que, quand on dirigeait son diamètre vers le pôle et qu'on tournait le demi-cercle sur lui-même, il rendait intelligibles à ia science et fixait dans la mémoire les cercles invisibles à l'œil.

ot de l'è Les cer monde et :

Il fit d’abo seuls, Il y et les Lati il fixa les ] cinq autre l'hémisphi ni confusé cinq, du pi pareilleme cinquième posa obliq vital, parc d'êtres viv.

tistement 1 aux siens | Mais, ajou cela nous € I fit, en.

ne plaça p« des signes d’axe, il 1 qu'en le co que les éto dans chaqt leux, que 1 signe, poux sphère. C’ Voilà pour Quant à mérale, à les nombre divisions. 1 dessus au ; Avec l'a en jour. L Gaules, m:

les Alpes e temps, Otri de notre pl servait d'u

LXI, — De 962

ion de l'orade raisonner

er, il ne se- . Car l'arith.

aire. Ensuite rendit trèsdistinguant s, ditons et et il donna

tte science, le par quel.

e du monde, par la simi- 10rizon avec tentrionales à la position horizon, les > les signes | posée sur il insinuait par la comonnait aux eur lever et rses parties

quidistants les fitcomt divisé par s duquelil

Il divisa le s. En ayant er le cercle pour indires degrés, l'équateur.

isa par les que, quand demi-cercle ait dans la

à 901 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 233

Les cercles des étoiles errantes, qui se décrivent dans l'orbite du monde et s'efforcent d’en sortir, il trouva l'art de les rendre visibles. IL fit d’abord une sphère circulaire, c'est-t-aire composée de cercles seuls. Il y compliqua les deux cercles que les Grecs nomment colures et les Latins incidents, à cause de leur incidence l’un dans l’autre ; il fixa les pôles à leurs extrémités. A travers les colures, il posa les cinq autres cercles que l’on nomme parallèles, de manière à diviser l'hémisphère d’un pôle à l'autre en trente degrés, non pas à l'aventure ni confusément. Car il en établit sx du pôle au premier cercle ; cinq, du premier au second ; quatre, du second au troisième: quatre pareillement, du troisième au quatrième ; cinq, du quatrième au cinquième ; six, du cinquième à l’autre pôle. A travers ces cercles il posa obliquement celui que les Grecs appellent zodiaque et les Latins vital, parce qu'il contient dans ses étoiles des figures d'animaux ou d'êtres vivants. Au-dedans de ce cercle oblique, il suspendit très-artistement les cercles des étoiles errantes. Il en démontrait clairement aux siens les apsides, les hauteurs et leurs distances réciproques. Mais, ajoute l'historien Richer, de vouloir expliquer ici comment, cela nous éloignerait trop de notre sujet.

Il fit, en outre, une autre sphère circulaire, au dedans de laquelle il ne plaça point de cercles ; mais au dehors, il coordonna les figures des signes ou constellations avec des fils de fer et d’airain. En guise d'axe, il la traversa d’une tige pour marquer le pôle céleste, afin qu'en le considérant on pût adapter la machine au ciel. D’où ilarriva que les étoiles de chaque signe ou constellation étaient renfermées dans chaque signe de cette sphère. Il y avait encore ceci de merveilleux, que le plus ignorant en astronomie, si on lui montrait un seul signe, pouvait, sans aucun maître, connaître ‘ous les autres par cette sphère. C’est ainsi que Gerbert instruisait libéralement les siens. Voilà pour l'astronomie.

Quant à la géométrie, l'historien Richer parle d’une table numérale, à vingt-sept cas:s, où les neuf chiffres représentaient tous les nombres, et produisaient à l'infini toutes les multiplications et les divisions. Il renvois le lecteur au livre même que Gerbert écrivit làdessus au grammairien Constantin.

Avec l’ardeur des études, le nombre des disciples croissait de jour en jour. Le nom du maître se répandait non-seulement dans les Gaules, mais parmi les peuples de la Germanie. Il passa par-dessus les Alpes en Italie, en Toscane, et jusqu’à la mer Adriatique. En ce temps, Otricus était célèbre en Saxe. Ayant donc entendu larenommée de notre philosophe, et remarquant que dans toute discussion il se servait d’une division exacte des choses, il désira beaucoup avoir un

ER Er ee de

ton nd

à nn De 2

234 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv, LXI, — De 962

tableau de sa division des sciences, surtout quant à la philosophie, afin de voir s’il était vraiment philosophe, puisqu'il professait savoir les choses divines et humaines. Un Saxon, qui en parut capable, fut donc envoyé à Reims, assista aux leçons de Gerbert, recueillit sa division des sciences, mais s'écarta du vrai, quant à la philosophie, Gerbert regardait les mathématiques et la physique comme deux sciences égales et contemporaines. Le Saxon, à dessein ou par erreur, lui fit subordonner la physique aux mathématiques, comme l'espèce au genre. Sur ce faux exposé, Otricus conclut que Gerbert se trompait dans sa division et qu'il ne comprenait rien à la philosophie, 1| en parla dans ce sens à la cour de l'empereur Othon, en présence duquel il expliqua le tableau de Gerbert aux savants. L'empereur, qui passait pour aimer lui-même beaucoup ces études, s’étonnait si Gerbert s'était trompé. Car il l'avait vu et entendu disputer plus d'une fois. 11 souhaitait donc extrêmement avoir la solution du susdit tableau, L'occasion ne se fit pas attendre.

L'année suivante, 970, l'archevêque Adalbéron de Reims, faisant le voyage de Rome avec Gerbert, rencontra l’empereur avec Otricus, à Pavie. Le prince le reçut magnifiquement et le conduisit par eau à Ravenne. Là, par son ordre et dans son palais, se réunirent tous les savants du pays, curieux d'assister à la lutte entre le premier savant de France et le premier savant d'Allemagne. L'empereur présidait la conférence. Son désir était qu'on prit Gerbert à l’improviste et qu'Otricus multipliât les questions sans en résoudre aucune, afin que la discussion fût plus animée. Iouvrit la séance par une petite allocution, et rappela que la difficulté principale roulait sur la division de la philosophie. Otricus exposa cette division de vive voix, ensuite la rédigea par écrit, et la fit passer à Gerbert, Celui-ci en approuva une partie comme sienne, et rejeta l’autre comme n'étant pas de lui. La dispute s’engagea sur les corrections à y faire. Gerbert s’appuyait de Platon, de Porphyre et de Boëce ; Otricus multipliait les objections. La conférence dura la journée presque tout entière. Gerbert parlait encore lorsque l’empereur donna le signal de finir, les auditeurs commençant à être fatigués. Il fit de magnifiques présents à Gerbert, qui s’en retourna illustre dans les Gaules 1,

‘Un savant français dit à ce sujet : « Ce sont là des révélations inouies sur les travaux littéraires de cette époque : n’a-t-il pas dûen périr un grand nombre de semblables ? Remarquons d’ailleurs que, dans le dixième siècle, il n’est rien de plus difficile que de trouver un point du monde chrétien où l’on ait pu jouir d’un certain degré de

1 Richeri Historie, L. 3, Monumenta Germanie,t. 5, alits 3.

à 991 de l'ère

sécurité, Te des grands sions des N les discorde geaient l’en calamités p éloigné de mer, gouve instants de tablir des é Gerbert e mèrent d'a premier et qui, à l’écol la vertu, qt sa religion :

Léotheric, a abbé de Fle de ses leçor endroits les Mici et aille pandre les € bibliothèque ouvrages de Gerbert, l’éc abbé de Miti s'y former à son monasté sivement ab l'on venait é Outre un sur l'arithme struire un a:

compter des vori était le Cassiodore, siècle, toute construire d évêque de.M

! Lenormant Waille, 1845.

1. — De 962 rilosophie, sait savoir apable, fut cueillit sa ilosophie, ime deux ar erreur, 1e l'espèce t se tromsophie, II | présence :mpereur, tonnait si uter plus lution du

ns, faisant C Otricus, t par eau rent tous emier $aeur présiroviste et afin que etite alloà division , ensuite approuva as de lui.

appuyait liait les

entière.

de finir, ques prévélations as dû en urs que, ouver ut legré de

à 091 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 235

sécurité. Toutes les villes situées auprès de la mer ou sur le cours des grands fleuves avaient été détruites ou ravagées par les incursions des Normands ; et, partout oùles pirates n'avaient pas pénétré, les discordes civiles, la lutte de tous les petits tyrans qui se partageaient l’empire de Charlemagne, entretenaient une inquiétude et des calamités perpétuelles. Un seul diocèse peut-être, celui de Reims, éloigné de tous les grands fleuves, à une distance respectable de la mer, gouverné par des hommes habiles, a pu conquérir quelques instants de paix, et immédiatement vous voyez dans cette oasis: s'établier des écoles, et l'esprit chrétien porter ses fruits naturels 1, » Gerbert eut un grand nombre de disciples dont plusieurs en formèrent d'autres. Les plus illustres sont les deux empereurs Othon, premier et deux ; le prince Robert de France, depuis le roi Robert, qui, à l'école de Reims, fit tant de progrès dans la science et dans la vertu, qu'il fut surnommé clerc pour son savoir, et pieux pour sa religion sincère. Parmi les autres élèves de Gerbert, on distingue Léotheric, archevêque de Sens ; Fulbert, évêque de Chartres ; Abbon, abbé de Fleury. Non content d'instruire ceux qui venaient prendre de ses leçons, Gerbert communiquait ses découvertes littéraires aux endroits les plus éloignés, à Aurillac, à. Tours, à Sens, à Fleury, à Mici et ailleurs. Il n’avait pas moins d’ardeur à multiplier et à répandre les exemplaires des bons livres, dont il avait formé une riche bibliothèque. Il n’épargnait ni soins ni dépenses pour amasser des ouvrages de toute sorte, modernes et anciens. Sous la direction’ de Gerbert, l’école de Reims acquit une telle renommée, que Rotvic, abbé de Mitlac, au diocèse de Trèves, y: envoya de ses moines pour s'y former à la piété et aux lettres, qu'il voulait faire revivre dans son monastère. Les deux principaux furent Nithard et Remi, successivement abbés de Mitlac, qui devint dès lors une école florissante où l'on venait étudier de plusieurs provinces de France et d'Allemagne. Outre un très-grand nombre de lettres, Gerbert écrivit des traités sur l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie ; sur la manière de construire un astrolabe, un cadran ou quart de cercle, une sphère; sans compter des traités de rhétorique et de dialectique. Son auteur favori était le célèbre Boëce, que nous avons vu, avec son illustre ami Cassiodore, transplanter en latin et en Occident, pendant le sixième siècle, toutes les sciences de la Grèce. Gerbert était surtout habile à construire des instruments d'astronomie et de musique. Ditmar, évêque de Mersebourg, le plus judicieux et le plus fidèle historien de

! Lenormant, Questions historiques, seconde partie, p. 69 et seqq. Paris, chez Waille, 1845.

236 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXI, — De 969

ce temps-là, nous dit qu'il était parfaitement versé dans l'astronomie: qu'il surpassa tous ses contemporains en plusieurs autres belles connaissances ; qu'étant à Magdebourg avec l’empereur-Othon VIE, il fit une horloge dont il régla le mouvement sur l'étoile polaire, qu’il considérait à travers un tube. De ces paroles d’un auteur contemporain, des savants ont conclu que Gerbert inventa, dès le dixième siècle, premièrement, une horloge à roues, et, en second lieu, un tube astronomique ou lunette à longue vue, autrement télescope. Un autre ancien auteur parle avec admiration des orgues hydrauliques, où Gerbert introduisait le vent et le mouvement nécessaires, par le moyen de l’eau bouillante; paroles qui nous apprennent, à n’en pouvoir douter, que, dès le dixième siècle, Gerbert inventa des machines à vapeur.

Nous croyons donc qu'il n’est plus permis de taxer d’ignorance et de barbarie un siècle pareil ; car Gerbert y fut recherché, admiré, fètécomme savant par toutle monde. C’est comme savant que l’empereur Othon Ier lui donna l'abbaye de Bobio enltalie, donation qui fut approuvée par le clergé et le peuple, et autorisée par les évêqueset le Pape, dont il reçut la bénédiction abbatiale. C'est comme savant que nous le verrons devenir successivement archevêque de Reims, archevêque de Ravenne et enfin Pape, sous le nom de Silvestre II. On dira peut-être qu'il fut accusé de magie à cause de sa science. Cette accusation refut point portée contre lui par ses contemporains, mais seulement un siècle après par un écrivain schismatique, Bennon, qui, pour décrier le saint et grand pape Grégoire VII, tenta, par les plus grossières calomnies, de décrier ses plus illustres prédécesseurs, notamment Silvestre IL 1.

Pendant que Roswith illustrait l'Allemagne et Gerbert la France, les lettres pénétraient avec le christianisme jusque chez les Russes. La grande-duchesse Olga avait reçu le baptême à Constantinople en 955; mais son fils Venceslas, que nous avons vu faire la guerre en Bulgarie contre les Grecs, vécut et mourut païen. Quand il eut ététué en traversant le pays des Patzinaces ou Petchénègues, les Cosaques d'aujourd'hui, ses trois fils, Oleg, Jaropolk et Vladimir se firent la guerre entre eux. Oleg ayant été mis à mort par Jaropolk, Vladimir se réfugia près des Varègues, peuples septentrionaux connus aussi sous le nom de Norwégiens ou Normands. Ses ancêtres, Rurik, Sinéous et Trouwor, étaient des aventuriers normands. Ayant pris part pendant deux ans aux entreprises de ces peuples guerriers, il en réunit une troupe sous ses drapeaux, marcha contre son frère, s’empara

1 Hist, Litt, de France, t, 6. C:ïllier, t. 19.

à 991 de |

de sa ca] persuade leur père ce momie quêtes. ( son père.

des peup de son pe cesse Ros trois autr cents cor d'une ex] triomphe:

gens des dieux ; cai victimes h Jean; son serré entr sanguinail comme le de ces deu:

version pli L'an 98 ride. C'éta des emper le monarq Constantin leur sœur, deux empe Pourrait de lui-même | prétendant qu'avant to se voyant fi elle s'emba et fut reçue Les habitar les protége arrivée, le yeux avec t:

D'après les l vue au m:

l'astronomie:

es belles conhon IE, il fit re, qu’il conntemporain, xième siècle,

un tube as- Je. Un autre ques, où Gerar le moyen en pouvoir machines à

d'ignorance hé, admiré, t que l’emlonation qui s évêqueset mme savant : de Reims, Silvestre II, > sa Science, lemporains, hismatique, e VII, tenta, tres prédé-

Ja France, les Russes.

ntinople en a guerre en eut ététué s Cosaques se firent la , Vladimir mnus aussi Rurik, Sint pris part , il en réu- , S'empara

+ LXI, — De 969

à 991 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 237

de sa capitale, et enfin linvita à venir le trouver. Jaropolk se laissa persuader et se rendit à Kiow. Vladimir l’attendait dans le palaïs de leur père, où il le fit lâchement assassiner. C'était l’an 980. Depuis cæ moment, il ne cessa d'étendre son empire par de nouvelles conquêtes. Quant à la religion, il se montrait païen plus opiniâtre que son père. La déesse Péroune avait le premier rang parmi les divinités des peuples slaves ; il lui fit ériger une riche Statue, qu'il plaça près de son palais. Les mœurs de Vladimir étaient effrénées. Outre la princesse Rognéda, dont il avait tué le père et les deux frères, il avait trois autres femmes qui demeuraient avec lui à Kiow, et de plus huit cents concubines dans trois autres résidences. En 982, au retour d'une expédition en Lithuanie et en Pologne, voulant célébrer ses triomphes par des sacrifices solennels, il fit tirer au sort les jeunes gens des deux sexes dont le sang devait être versé sur l'autel de ses dieux ; car les Russes, encore païens, immolaient à leurs idoles des victimes humaines. Le sort était tombé sur un jeune Varègue appelé Jean; son père, Théodore, qui était Chrétien ainsi que lui, le tenait serré entre ses bras, en exhortant le peuple à abandonner ses dieux sanguinaires ; ‘il fut immolé avec son fils. Tous deux sont honorés comme les derniers qui aient souffert le martyre en Russie, Le sang de ces deux Chrétiens parut attirer sur les Russes la grâce d’une conversion plus générale et plus permanente. :

L'an 988, Vladimir s'empara de la ville de Chérson, dans la Tauride. C'était la capitale d’une petite république qui, sous la protection des empereurs grecs, se régissait par ses lois. Y ayant fait son entrée, le monarque russe envoya déclarer aux empereurs grecs, Basile et Constantin, qu’il voulait avoir pour épouse la jeune princesse Anne, leur sœur, et qu'en cas de refus il marcherait sur Constantinople. Les deux empereurs, effrayés, répondirent que, s’il se faisait Chrétien, il pourrait devenir leur beau-frère, Vladimir répliqua qu'il avait pris de lui-même la résolution d'embrasser le christianisme; mais que, ne prétendant pas en faire une condition de son mariage, il demandait qu'avant tout on lui envoyât la princesse. Anne fut bien effrayée en S8 Voyant forcée de donner sa main à un prince luxurieux et féroce ; elle s'embarqua avec des ecclésiastiques grecs, une suite nombreuse, et fut reçue à Cherson avec les démonstrations de la joie la plus vive. Les habitants la regardèrent comme un ange descendu du ciel pour les protéger, Si l’on en croit les chroniques russes du temps, à son arrivée, le fier Vladimir avait une maladie qui s'était jetée sur ses Yeux avec tant de violence, qu’il ne pouvait plus distinguer les objets. D'après les exhortations de la princesse, il se fit baptiser et recouvra la vue au même instant. Les cérémonies de son baptême furent ache-

238 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXI. — De 9»

vées, et son mariage fut célébré dans l’église de Saint-Basile, bâtie sur la grande place de Cherson, entre le palais qu’occupait Vladimir et celui où Anne était descendue. Il prit le nom de Basile où Vassili, La solennité de ce jour s’augmenta encore des cérémonies du baptême que reçurent dans la même église les boyards et les premiers officiers de l’armée. Vladimir, reconnaissant, envoya à Constant. nople des troupes par le moyen desquelles Basile vainquit une rébel. lion et rétablit le calme dans l'empire. Le prince russe fit plus : ayant donné ordre de construire une église à Cherson, et renonçant à ses droits de conquête, il rendit la ville à la protection des. erapereurs Étant revenu à Kiow, accompagné des ‘évêques et des prêtres qu’Anne avait amenés avec elle de Constantinople, il fit briser et briler les idoies. La statue de Péroune, attachée à la queue d’un cheval et battue de verges, fut jetée dans le Dnieper. Le lendemain on publia que tous les habitants, quels que fussent leur âge et leur condition, devaient se faire baptiser. Au jour indiqué, le peuple se porta en foule sur les bords du Dnieper; et tous étant entrés dans le fleuve, ils reçureut le baptême par aspersion. Vladimir, ayant construit une église en bois sur le lieu où était auparavant la statue de Péroune, manda des architectes grecs pour en ériger une autre en pierre, sur l'endroit même où, six ans auparavant, Théodore et son fils avaient -reçu la couronne du martyre. Des prêtrés grecs se répandirent dans “les provinces pour y prêcher l'Évangile. Un grand nombre d'habitants se firent baptiser. D'autres restèrent attachés au paganisme, qui, jusqu’au douzième siècle, a régné dans quelques parties de ( Russie. Ne voulant pas pousser trop loin la violence envers ses sujets, Vladimir prit des mesures pour les éclairer. Les livres saints, qui, dans le neuvième siècle, avaient été traduits en langue slavonne, par saint Cyrille et saint Méthodius, étaient certainement connus des Chrétiens établis à Kiow. Mais ces fidèles étaient en petit nombre, et le peuple païen restait étranger à toute instruction. Vladimir fonda, pour les jeunes gens, des écoles publiques, où l’on devait apprendre la langue sacrée ou liturgique. Ce bienfait parut alors une nouveauté si effrayante, que l’on fut obligé d'employer la force pour conduire les enfants à ces écoles. On vit des mères, même dans les rangs élevés, pleurer sur le malheur de leurs enfants, considérant l'écriture comme un art dangereux, inventé par les sorciers. C'est ainsi que les lettres pénétrèrent en Russie à la suite de la religion. Depuis Vladimir, les Russes ont deux langues : l’une est le russe vulgaire, l’autre est la langue savante, ecclésiastique ou liturgique. C'est dans la première que parurent, ou du temps de Vladimir où

4991 de li

peu après exploits d vante, cré salonique, langue qu livres litur blier un di Moscou, 1 paire où 1 dans la la écrit sa ch vent de R exact de di Russes.

Vers l’ar étant ache:

et les vases phées de sa aujourd’hu domaines ; par sermen dans les arc auquel il in eut à souter comme par qu'il avait f:

l'honneur € dédicace. pa cence, en ob que les conv.

Y furent trai dimir donna époque, les ment servies trouvaient d:

trée du palai ne peuvent F gées de pain ments, et les teurs allaient vres et les m:

de ce prince,

Page 1