PONTIFICATS D'ANASTASE IV ET D'ADRIEN IV
Depuis deux ou trois siècles, bien des savants reprochent aux “cles du moyen âge, notamment au douzième, une faute, énorme,
éWqui, suivant eux, a été la source funeste de maux incalculables : A@Bst la scolastique. Depuis deux ou trois siècles, ce mot seul appa- Mit comme un hideux fantôme ; certains savants, en particulier, lui + veulent beaucoup. Pour plusieurs, méthode scolastique, philoso- Mie scolastique, est Synonyme de méthode absurde, philosophie icule. Si, pendant bien des siècles, on n’a point fait de progrès Mlns les sciences, c’est la scolastique qui en est coupable. Voyons si chose est aussi criminelle qu'on le suppose.
Des vocabulaires nous apprennent que scolastique vient du latin
ola, en français école, et que méthode scolastique veut dire mé- XVI, 1
thode ordinaire dans les écoles, méthode pour enseigner ce que l' sait à des écoliers qui l’ignorent.
Or, quels sont les caractères essentiels d’une bonne méthode d'a, M
seignement ?
Avoir et donner une idée nette et précise de ce que l’on enseigne : 1
pour cela, poser des principes certains, en déduire les conséquence
par des raisonnements justes, n’employer que des expressions clair 1 ou nettement définies ; éviter les digressions inutiles, les idées vagua À les termes équivoques ; mettre dans tout l’ensemble un ordre q #
éclaircisse les questions les unes par les autres.
Telle est la méthode géométrique. La méthode scolastique nu À
pas autre chose.
La méthode scolastique est opposée à la méthode oratoire. Six ‘dk géomètre délayait ses théorèmes en des harangues cicéroniennes, # serait ridicule. Un avocat qui réduirait son plaidoyer en formules à gébriques ne le serait pas moins. Chaque méthode est bonne, x
pliquéé où et comme elle doit l'être.
Exemple : la religion catholique embrasse tous les siècles, ta les peuples, toutes les vérités. Les Pères de l'Église, qui en traité les différentes parties d’une manière oratoire, forment pa” être plus de cent volumes in-folio ; les auteurs plus récents forme des bibliothèques : par la méthode scolastique, Thomas d’Aq a réduit le tout en un volume ; et, plus tard, on a résumé ce vols en une petite brochure nommée le catéchisme, qui lui-même
trouve résumé, depuis dix-neuf siècles, dans une assez courte ri k
qu’on appelle le Credo.
Un résumé pareil des autres connaissances humaines est à dés he:
et à faire. Aristote l’a fait pour les connaissances de son temps. 1 | fois conquérant et législateur des régions de l'intelligence, il le # distribuées par provinces, par cantons, par communes, assignai 4
chaque science, souvent à chaque mot, ses limites naturelles.
Dans les siècles du moyen âge, lorsque les Goths, les Francs, 1 Lombards, les Saxons, devenus Chrétiens, commencèrent à prend 4 goût aux sciences, le plus simple et le plus pressé fut d'appre à d’abord ce que l’on savait avant eux. L'Encyclopédie d’ Aristotei un bienfait immense, surtout en Occident, où trois philosophes t 4 tholiques l'avaient encore résumée en Jatin, savoir : Boëce et Cas dore, tous deux consuls romains, et saint Isidore, évêque de Séil R
Mais, depuis ce temps, les sciences d'observation en particuli if ont fait des progrès considérables. Il faudrait donc Re he
nouvel Aristote pour résumer, avec la clarté et la précision du pl&
mier, dans un langage intelligible au commun des hommes, tou # He
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1v. LXIX.— Dex € k , 181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 3 igner ce que l'y 4 , s sciences actuelles, et les coordonner entre elles de manière à préne méthode d'u nter au lecteur un ensemble exact de ce que l'on sait aujourd’hui, ne gloire immortelle attend cet homme ; une gloire d’autant plus 1e l'on enseigne À rande, qu'il aura une difliculté plus grande à vaincre, Dans les les conséquenc ècles du moyen âge, les savants avaient tous la même langue et «pressions clan Mu! toutes les sciences, la langue de Cicéron, de Pline, de Boëce, les idées vague Cassiodore, Aujourd'hui, chaque savant, et dans chaque science, ble un ordre a À forme une langue à part, qui n’est proprement d'aucune langue, Mais un mélange informe, une confusion barbare de mots ou de déjs Fi mots grecs, latins, arabes, italiens, anglais, français, alleands. ; le oratoire. Si, Mais, dit-on, la méthode scolastique n’a rien inventé, Ce reprocicéroniennes, À B suppose des idées peu nettes de ce que l'on dit, La méthode scor en formules ; tique est une méthode d'enseignement, et non Pas une méthode est bonne, à M mvention. Pour enseigner bien, il faut donner des idées nettes et cises de ce que l’on enseigne ; pour les donner, il faut les avoir. les siècles, ta L jant d'enseigner aux autres, il faut savoir soi-même. Enseigner ce dise, qui en «li on ne sait pas, enseigner ce qu’on sait mal, est un secret qu'on
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scolastique n« L
orait dansles siècles d’ignorance. Peut-être qu'on l’a découvert derécents forme PS: pe PE IE peut-être est-ce R le secret de tant de D à A! 204 18 P ls ie qu'on imprime, où des idées vagues, confuses, sumé. ce vol 4 contradictoires, sont délayées dans un style d'orateur et de ui Quiéméme D Fe ; peut-être est-ce Là le secret de cette confusion d'idées et de dé toto ue, dont on se plaint jusque dans les tribunes législatives, et st plus d’une fois on y donne même l'exemple ? lais, dit-on encore, la méthode scolastique tue l'éloquence et Ja Ésie. Autre idée peu nette ; car elle suppose que c'est à la méjde scolastique ou géométrique à former les orateurs et les poëtes. méthode géométrique est bonne pour former des géomètres, des Mrits exacts, qui raisonnent juste sur ce qu'ils savent. Mais vouloir qelle leur apprenne en même temps à revêtir tout cela des orneènts de l’éloquence ou de la poésie, c’est vouloir que l’anatomie Bs enseigne à nous vêtir avec goût et à nous présenter avec grâce. L es scolastiques l'ont prétendu, le tort en est à eux, non pas à méthode ; si un géomètre a dit, après avoir entendu une belle
ines est à désir à son temps. À!
ligence, il le à nes, assignan à aturelles. À s, les Francs, cèrent à pren .
fut d’apprent & die d’Aristotei 4
philosophes « 42e . roue co
us # Cas édie de Racine : Qu est-ce que cela prouve ? c’est le fait du
vêque de Sévilé nètre, et non de la géométrie.
ue particuill Le spacn lorsque régnait la méthode scolastique, il n’éent d'huit Pas permis de faire de nouvelles découvertes. — Vraiment ? —
de “Mpourtant c'est dans les siè 4 , ; précision du PAR ane ee nn ècles du moyen âge, c'est dans les siècles Daniies 2 pays où régnait la scolastique qu’on a inventé la gamme mu- ? le, l'usage de la boussole, la poudre à Canon, les moulins à vent #