‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 12 sur 63 · LXIX. — Dei · texte numérisé non relu

LXIX. — Dei

Arnold, arch , nouvelleme

L 181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 65

Cependant les Romains ayant appris l’arrivée du roi, lui envoyènt des députés, gens habiles et lettrés, qui, ayant reçu sauf-conduit,

Jui des cond ésentèrent devant lui entre Rome et Sutri, ct lui firent une ha- & point domg ngué, où ils disaient en substance : Nous venons, grand roi, de la Issent reven

rt du sénat et du peuple romains vous offrir la couronne impé-

use, en US je, dans l'espérance que vous nous délivrerez du joug injuste des

usqu'au re res, et que vous rendrez à Rome l'empire du monde et son ancienne à Citta di Cuÿ lendeur ;'en rétablissant le sénat et l’ordre des chevaliers. Nous PEMVOYS Bus avons fait notre citoyen et notre prince, d’étranger que vous rd, ils allère

ez. Vous devez, de votre côté, nous promettre la confirmation de s anciennes coutumes et des lois accordées par vos prédécesseurs ; pnner à nos officiers , qui vous recevront dans le Capitole, jusqu’à somme de cinq mille livres d’argent, et nous défendre de toute’inlte jusqu’à effusion de sang. Nous vous demandons sur tout cela s lettres et votre serment.

Ils en auraient dit davantage ; mais le roi, surpris et indigné, leur pondit : Rome n’est plus ce qu’elle a été; sa puissance a pssé emièrement aux Grecs, puis aux Francs. Il n’est pas vrai que vous ayez appelé, ni fait votre citoyen et votre prince ; nos rois Charles Otton ont conquis, par leur valeur, Rome et l'Italie sur les Grecs et s Lombards, sans en avoir obligation à personne, et ils les ont jointes cure SS'empire des Francs. {l est vrai que vous avez imploré notre secours squ'à la tee; des ennemis dont vous ne pouviez vous délivrer, ni par vouslais, COM mes, ni par le secours des Grecs trop amollis. Enfin je suis votre aux, indigne par uné possession légitime, et le Sicilien en qui vous avez conssé de cet ile ne vous affranchira pas de mon pouvoir. Quant au serment que sseoir dan. demandez, ce n'est pas aux sujets à faire la loi au prince. Je consterner der Aus que je vous dois la justice et la protection , sans qu’il soit besoin . UE ECO En faire le serment ; et, pour l'argent, je ne suis pas votre prisonnier rait point JS, narchander avec moi : je fais mes libéralités comme il mie plaît, PEUR OS Quelques -uns des assistants demandèrent aux députés s'ils avaient

vint de donne!

our les sil re quelque chose à dire. Après avoir un peu délibéré, ils répon- É JOUE SUN rent qu'ils voulaient auparavant rapporter à leurs concitoyens ce ol, AYANT 15 avaient entendu, et que, suivant leur conseil, ils reviendraient empereur 0: le roi. Ils s’en retournèrent ainsi. Le roi, se doutant de:leur arné soigne consulta le Pape, qui lui dit : Mon fils, vous connaîtrez encore r les aNieux, par expérience, les artifices des Romains, et qu'ils ne sont d'écuyer es et retournés que pour vous tromper. Mais il faut les 5révenir. vue de tous voyez promptement de vos meilleures troupes se saisir de la cité M sé d'a onine et de l’église de. Saint-Pierre, que je vous ferai remettre. La 1x 1. ‘1

ma0sc fut ainsi exécutée, et le roi envoya pour cet effet mille chevas dès la nuit même.

66 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Dei

Le lendemain matin, le pape Adrien partit le premier avec Jah cardinaux et le. clergé, pour aller attendre le roi à Saint-Pierrà Le roi suivit avant l'heure de tierce, accompagné d'une grand multitude de gens armés marchant en bon ordre. Étant arrivé, il quitta ses habits ordinaires pour en prendre d’autres de cérémo nie, et vint à l’église de Sainte-Marie-de-la-Tour, où le Pape l'a tendait devant l'autel. Là, il fit le serment ordinaire pour la sûre du Pape, porté par le cérémonial. Le Pape l’y laissa et monta à l’au tel de Saint-Pierre ; le roi le suivit avec la procession, et, quandil fit dans l’église, lepremier des évêques-cardinaux dit sur lui la premièni oraison, deux évêques dirent la seconde, et un troisième dit la der Ë nière et lui fit l’onction devant la confession de saint Pierre. On di la messe de la sainte Vierge, parce que c'était un samedi. Le gradud® étant chanté, le roi s'approcha du Pape, et reçut de sa main l'épée le sceptre et enfin la couronne impériale ; à ce moment, les Alle mands poussèrent de tels cris de joie, qu’il semblait que ce füt tonnerre. Ainsi fut couronné l'empereur Frédéric ler, le. samed 18me de juin 1155, la quatrième année de son règne, La cérémo fut achevée paisiblement avant l'heure de none, et l’empereur se tira dans son camp sous les murs de la ville, le Pape demeurant a! palais, près de Saint-Pierre. :

Mais les Romains, irrités de ce qu’il n'avait pas attendu leur co sentement pour couronner Frédéric, sortirent du château Sai Ange; dont ils étaient maîtres, se. jetèrent-en furie sur quelque uns des écuyers de l'empereur qui étaient demeurés à Saint-Pierre et les tuèrent dans l'église même. L'empereur vint avec ses troupes à on combattit depuis environ quatre heures du soir jusqu’à la nuit les Romains furent battus. Il y en eut près de mille de tués et deu. cents de pris ; mais le Pape fit tant par ses prières, qu’il obtint leu liberté 1, | : 1

“Après quoi le Pape et l'empereur s'éloignèrent de Rome, et s rétèrent à Ponte-Lucano, près de Tibur, pour y célébrer la Sain Pierre. Pendant la mésse, le Pape donna l’absolution à tous ceux qu avaient répandu le sang dans le combat contre les Romains, comm l’ayant fait en guerre juste 2.

Alors les Tiburtins apportèrent à l’empereur les clefs de leur vill déclarant qu’ils se donnaient à lui ; mais le Pape et le clergé Rome qui l’accompagnait le trouvèrent fort mauvais, et représe tèrent à l'empereur que cette ville appartenait à l'Église romain et que les Tiburtins avaient fait serment au pape Adrien. L’emp

Acta. Baron.,

1 Acta Baron., 1155. — ? Otton, 1. 2, c. 28.

1181 de l’ère

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1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

ur en ayant délibéré avec les seigneurs de sa cour, reconnut la érité du fait et rendit aussitôt la ville. Il considéra de plus, qu'ayant éjà les Romains contre lui il ne devait pas s'indisposer encore le ape, qui pouvait lui rendre ennemis le prince de Capoue, le duc Apulie, et même traiter à son désavantage avec le roi de Sicile. Il ndit donc Tibur au Pape et lui en donna seslettres, où toutefois on it la clause : sauf le droit impérial 1, Comme empereur d'Occident, rédéric était le défenseur titulaire et armé de l'Église romaine, et ait, en cette qualité, certains droits et prérogatives. Cependant les chaleurs de l’été et les maladies qui se mirent dans armée de l'empereur l'obligèrent à quitter l'Italie. En chemin, il rit et ruina par les flammes la ville de Spolète, pour avoir usé de aude dans le payement des tributs, mais surtout pour avoir arrêté refusé deremettre en liberté un de ses ambassadeurs, qui venait le joindre, Étant à. Ancône, il reçut deux ambassadeurs de Manuel omnène, empereur de Constantinople, qui voulurent lui persuader e passer en Apulie pour faire. la guerre à Guillaume, roi de Sicile, ur ennemi commun, lui promettant, pour cet effet, dé grandes

grmes d'argent ; et. le Pape l'y excitait de son côté. Mais l’état de

armée de Frédérie ne le lui permit pas. ]1 se contenta d'envoyerfà onstantinople Guibald, abbé de Corbie et de Stavelo, et. retourna

Allemagne ?. 09 : dirftl js L:

À Vérone, son armée courut un grand danger. C'était l'usage des ronais de ne point accorder aux, armées impériales un passageau. avers. de leur: ville, Pour s’en dispenser et se mettre à l'abri du llage des Allemands, ils leur: bâtissaient .un:pont. sur l’Adige, .en hors des murs. Mais Frédéric et son armée, depuis Asti jusqu’à polète, avaient marqué leur route par l'incendie et le massacre. Les éronais voulurent venger la cause des Lombards. Le pont sur

Æidige allait être un piége. Les barques qui le composaient étaient

Rome, et s'a brer la Sa tous ceux qui#

nains, commt#

et représen lise romain ien. L’empe

peine assez liées pour résister à la ivrce du courant; et tandis que

rmée allemande le traversait, d'énormes masses de bois, qu’on isait descendre le long du fleuve, devaient le frapper et le rompre ; ais les Allemands le passèrent plus tôt et plus vite qu'on ne s'y tendait. Le pont ne se rompit qu'après leur passage, et plusieurs ronais y périrent en poursuivant les Allemands ?,

Frédéric avait du caractère et de l'énergie. Avec l’intelligènce du ble providentiel d’un empereur d'Occident, avec plus de sagesse ns le choix des moyens, ileût été un autre Charlemagne. Faute de tie intelligence et de cette sagesse, il ne déploiera qu’une énergie

4 l Acta. Baron., 1155, — 2 Otton, I. 2, c. 24. — 3 Ibid., 1, 2, c. 25,

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brute, et souvent brutale. Il croyait, par ses sanglantes rigueurs| avoir dompté les Italiens ; il se trompait. A peine eut-il quitté Pay Mt, trouvant pour aller à Rome, que les Milanais rebâtirent les maisons etles munMlus 8'2nde de Tortone, et ensuite ceux de Lunel, malgré l'opposition des PawA PANNE ES sans. Ils rebâtirent et fortifièrent les ponts que Frédéric ävait bralés Montre l'avis prirent une vingtaine de châteaux qui avaient embrassé le parti M" seu de s l'empereur, forcèrent les Pavesans à une paix humiliante, et batti.# L année ; rent le marquis de Montferrat. A leur exemple, la Lombardie entièn mn D prit un aspect hostile pour les Allemands ; et Frédéric appri elle de Bari:

1181 de l'ère

bientôt que, loin d’avoir affermi sur sa tête la couronne d'Italie, af ie Mais première expédition n’avait servi qu’à le rendre plus odieux et moin MP °S 07 + 4 respecté qu'aucun de ses prédécesseurs 1, . ns pas

Dans l'Italie méridionale, Roger, premier roi de Sicile, était mor! pe jh

dès le 27me de février de l’année précédente 1 154, après avoir régit. | vingt-deux ans. 11 avait fait couronner, deux ans auparavant , soj M! UN C'erC à fils Guillaume, qui lui succéda , et régna encore douze ans ; il ef" que” et que « connu sous le nom de Guillaume le Mauvais, que lui méritèrent gl UE ou une 5 mollesse et sa lâcheté. Il se laissait gouverner par un de ses favori is ie k A la mort de son père, il demanda au pape Adrien la confirmation °° VAN o de son royaume! Ne l'ayant pas obtenue, il attaqua les terres de J'É lé, Par la ] glise romaine, assiégea Bénévent, et prit plusieurs places en Cam-18* er panie. C'est pourquoi le Pape l’excommunia : ce qui, joint aux autr ja h pes causes, le rendit méprisable aux seigneurs d'Apulie, Ils envoyèren ip "0" ie donc des députés eu Pape, comme à leur'seigneur souverain, l'i ob 8 # vitant à venir recevoir leurs hommages. Pour cet effet, il passa isiter les ég Campanie avec une armée, vers la Saint-Michel 1155, et se fit reco sue le : naître dans tout le paÿs jusqu’à Bénévent. Dans le même temps, ip Srvice de | reçut une lettre de l’empereur Manuel, qui lui demandait trois vill 412€ ol maritimes en Apulie, offrant de l'aider de troupes et d'argent, po “ad l'appe faire la guerre à Guillaume et le chasser de !a Sicile. on Pour | Le roi Guillaume, voyant le péril qui le menaçait, envoya au Papi les ait dé l'évêque de Catane, avec pouvoir de traiter la paix. 11 demandai @ 4 Pas quelque

premièrement d'être absous de l'excommunication ; puis il offrait deM ; cs condi faire au Pape foi et hommage, de rendre la liberté à toutes les église À »yaume de Si de ses terres, de donner trois places en propriété à l'Église romaine Mp°U et de tou d'aider au Pape à soumettre les Romains, et enfin de lui donne "me ses pré

énévent au m même date,

évent en sûret roi vint à l'é ux pieds du E

Sigon., De regn. Ital., 1. ;2. Sir Raul, De Gest. Freder. Tristan Calchus = i, 8. 8

autant d’argent que les Grecs lui en offraient. Le Pape, voyant propositions si avantageuses, envoya à Salerne, où étaient les putés du roi, Hurald, cardinal-évêque d’Ostie, pour s’en assurer;

1 Acta Adr. Bar

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