‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 11 sur 63 · XIX. — De 1150181 del'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

XIX. — De 1150181 del'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE

autres, se fa MS mase, l'interprète de la loi, le prince des commentateurs. Non e leurs cathé-Æntent d’avoir entendu les hommes les plus instruits que la France uienseignaienMipssédait alors, il voulut profiter des lumières des étrangers, et, aient un talenMans ce dessein, il voyagea en Italie, en Grèce, en Palestine, en nt célèbres all gypte, en Perse, en Allemagne ; il visita toutes les villes où il \ angers qui ve-Mait des académies hébraïques et où florissaient les études. Il eut mmées étaienMipur maître, en Espagne, Aben-Ezra. On a de Raschi des comrs, de Liége ‘MSentaires sur le Pentateuque, le Cantique, l’Ecclésiaste, Ruth, es et plus fl @Sther, Daniel, Esdras, Néhémie, et sur le Talmud. Il ne s’y borne ‘était commu-Bs à recueillir les historiettes des anciens rabbins et les allégories e ne fut peut gs talmudistes, il s'attache principalement aux explications littéiples et par kSies des autears les plus accrédités, dont il rapporte les expressions "ope on venalliémes. Son stylé est concis, obscur, énigmatique. Le mélange iis le Jeune aBntinuel des termés empruntés à différentes langues, à l’hébreu, au Anglais et laaldaique, au rabbinique, au français de ces temps reculés, augconservé pliente l’obscurité et la difficulté de l'entendre. “Nicolas de Lyra, es ou des mrSméon de Muids et plusieurs autres Chrétiens l'ont souvent mis à qui venaient @ntribution dans leurs écrits. | comme la nm Trois rabbins du nom de Kimchi, originaires de Narbontie : Joseph ancelier d'Art ses deux fils Moïse et David. L'acharnement contre le chris- S, et d'autrlBnismé était héréditaire. Joseph et Moïse ont écrit sur la langue amaient mèrSbraïque, ainsi que dés commentaires sur certaines parties de la si nombreux"Sbié, David surpassa de beaucoup en science son père’et son frère. les lois son à de lui : 4° Une grammaire hébraïque, intitulée Miclol, ou perfec-

pr: Elle a servi de modèle à toutes celles qui ont paru depuis, tant qua aux JufScause de la méthode qui y règne que pour la netteté du style. Elle quième siècle té traduite à l'usage des Chrétiens et même des Juifs: 9° Un lexique èbres à Na Sbraique, intitulé Séper sorasain, ou Livre ‘des racines, qui n’est au diocèse ds moins estimé que la grammaire, et qui a servi également de modocteurs soie aux dictionnaires subséquents. 14v u sous le non% Aben-Ezra, fameux rabbin éspagnol, surnommé, à cause de la s, 11 naqui ultitude de ses connaissances, le Sage, le Grand, l'Admirable, na- Là Troyes ait, suivant l'opinion commune, à Tolède; en 1149. H fut à la fois e, il apprit lai ronome, philosophe, médecin, philologue et grammairien, posséstronomie : Ent à fond toutes les langues savantes, etitrès-versé dans la littéraurisprudentk e arabe. Les autres Juifs le vantent, en outre; comme habile caigence des MSliste et l'un des plus fameux interprètes de l'Écriture sainte. e regardèrenben-Ezra embrassa effectivément toutes les connaissances, et les : et par antr=Brfectionna par de: longs voyages en Angleterre; en Italie et en

ds 1 èce. Son commentaire complet sur les livres saints a été publié à " ë 9; t. anse, en 1526. Aben-Ezra s’y attache plns au sens grammatical 7 es mots qu'aux allégories cabalistiques des rabbins.

en er RU ECO Sn QUE orne ame

56 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De 110 1181 de l'ère «

Mais le plus célèbre rabbin qu’aient eu les Juifs, c'est Maïmonide brûler tous les ou Moïse, fils de Maïmon, souvent désigné sous le nom de Rambamabbins de Na composé de ses initiales. Il naquit à Cordoue, l’an 1139, suivant j comput le plus probable. Il étudia la philosophie et la médecinh sous le fameux Averroès, qui le prit en amitié, à cause de sa pénéh synagogues de tration et de ses heureuses dispositions. Lorsque celui-ci eut encounh après, par Pi la disgrâce du souverain de Cordoue, et se tint caché pour mettreub@Kimchi. En 15 vie en sûreté, Maïmonide, qui seul connaissait le lieu de sa retra ne version la s'enfuit en Égypte, de peur de succomber à la tentation de le révél Dans le mo: et il en reçut le surnom d'Égyptien. Après avoir fait pendant quelq | arrive une livr. temps le commerce des pierreries, il exerça la médecine avec tant dfiistances curieus réputation, qu’il fut appelé à la cour du sultan Saladin pour être sabMun peu ce qui: premier médecin ; charge qu’il remplit également sous les deux su Mes, qui s’emp cesseurs de ce prince. La profession de la médecine ne l’empéchbllen Espagne, l' pas de cultiver les autres sciences. Il excella dans la philosophie ; É'embrasser le approfondit la théologie et la jurisprudence des Juifs. Il connaissent ni l’un ni | les mathématiques, entendait plusieurs langues, et écrivait très-bial battues. Presq l'arabe et l’hébreu. 11 mourut en 1209, et fut enterré à Tibériadek pagne, très-per conformément à ses dernières volontés. Il fut pleuré de tous s#plupart d’entre compatriotes, el même des Musulmans, qui avaient souvent recoudi à ses lumières et qui le consultaient dans leurs maladies. La synab gogue ordonna un deuil et un jeûne de trois jours, et l’année des mort fut nommée, dans les annales hébraïques, une année de } : mentations. 4

Les principaux ouvrages qu’on a de Maïmonide sont : 4° Pérusbans de même Ha-Mischna, ou commentaire sur la Mischna. Il est écrit en arabe mais à été traduit en hébreu par d’autres rabbins. 2 ad chazakall ou la main-forte. C'est un bon abrégé du Talmuld, divisé en quatn parties, écrit en hébreu, d’un style très-pur, très-clair, et débarrasuirais leurs en de toutes les rêveries rabbiniques. Tout ce qu'il y avait de plus Bprofit des Musul bile parmi les Juifs l’accueillit avec transport ; mais les superstitiente le regardèrent comme la ruine des traditions les plus saintes, et a@let d’autres indic cusèrent l'auteur de témérité et d’irréligion. 3° Morék Névokim, oikypte, et non po le Docteur des Perplexes. Maimonide composa cet ouvrage en faveleu plutôt pour c d’un de ses disciples, pour lui apprendre comment il faut entend Averroëès est ] les locutions de l’Écriture sainte qui s’éloignent de l’usage ordinair Ruxquels on pet et qui ne sont pas susceptibles du sens littéral. Il l'écrivit « ommée, le der: arabe, et le divisa en trois livres ; on y trouve des choses très-bellÆon ne sait quelle mais un peu obscurcies par les idées des pythagoriciens, des platicélèbre comme niciens et des cabalistes. Le Docteur des Perplexes, traduit en hé breu, sous les yeux et avec l’approbation de Maïmonide, fut apport en France. Les rabbins de Montpellier le condamnèrent, et en fire

e prononcère 'anatnème. E

ui-même. Mah ‘Alcoran, ils cc Un souverain

M ‘Voir ies différent lique de Paris, 3e 8

Eur

IX, — De 1148 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

t MaïmonideMrôler tous les exemplaires qu'ils purent se procurer. Cependant les de RambamMabbins de Narbonne et de Béziers, qui avaient approuvé l'ouvrage, 39, suivant Me prononcèrent hautement contre les adversaires , et les frappèrent la médecinMflanatnème. En peu de temps le feu de la discorde s’alluma entre les e de sa pénéMiynagogues de France ; et le schisme ne fut éteint que quarante ans i eut encounk près, par l'intervention des synagogues d'Espagne et de David our mettres@Kimchi. En 1520, Justiniani, évêque de Nebbio, fit imprimer à Paris le sa retraithlhne version latine du Morék Névokim 1.

de le révéla! ®@ Dans le moment que nous écrivons ces dernières paroles, nous

dant quelq Mrrive une livraison du Journal asiatique, où se trouvent des circonavec tant distances curieuses sur Maïmonide et son époque, et qui modifieraient pour être sobun peu ce qui vient d’être dit. La dynastie musulmane des Almoha-

les deux sufes, qui s’empara du Magreb ou du Maroc, en 1146, et de Cordoue 1e l’empéchiln Espagne, l'an 1148, força aussitôt les Juifs et les Chrétiens ou ilosophie ; P'embrasser le mahométisme ou de quitter le pays. Cex qui ne fi- L connaissibirent ni l'un ni l’autre furent massacrés, les synagogues et les églises ait très-bisMbbattues. Presque tous les Chrétiens de Magreb se retirèrent en Esà Tibériadpagne, très-peu apostasièrent. Il n’en fut pas de même des Juifs : la de tous &

plupart d’entre eux embrassèrent extérieurement la religion de Mavent recouBhomet. De ce nombre fut la famille de Maïimonide, et Maïimonide ies. La synui-même. Mahométans en public, fréquentant les mosquées, y lisant ‘année de 'Alcoran, ils continuèrent à être Juifs en secret. année de h£S Un souverain almohade, se défiant de ces Juifs apostats, leur fit porter une mise particulière, savoir : des vêtements jaunes et des tur- Dans de même couleur. Si j'étais sûr, disait-il, qu’ils sont de vrais it en arabe BMusulmans, je leur permettrais de se co:fondre avec les Musulmans 1d chazakak È par les mariages et sous tous les autres rapports ; si, au contraire, sé en quai étais sûr que ce sont des infidèles, je ferais tuer les hommes, je rét débarras@Muirais leurs enfants en servitude, et je confisquerais leurs biens au de plus hBiprofit des Musulmans. Mais je ba’ance à leur égard. Cet état de chosuperstitieuffes durait encore en 1224. Voilà ce qui, d’après les historiens arabes intes, et aÿiet d’autres indices, porta Maïmonide à quitter l'Occident pour l'É- Névokim, ikypte, et non point son dévouement pour Averroès, qu’il paraît avoir ge en faveeu plutôt pour condisciple que pour maître 1. ut entend Averroès est le premier et le dernier des cinq ou six Mahométans ge ordinaï@lauxquels on peut donner le nom de philosophes ; le premier en rel’écrivit nommée, le dernier en date. Il naquit à Cordoue, au douzième siècle, très-bellson ne sait quelle année » et mourut à Maroc l’an 1198. Il se rendit célèbre comme philosophe et comme médecin. Sa grande réputa-

M: Voir les différents articles dans la Biographie universelle, — ? Journal asia- , et en fire Nique de Paris, 3e série, n, 16. Juillet, 1842,

i8t de l'ère chr,] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 59

on tour de toutes les parties de l'humanité chrétienne. C’est ce e voyait le douzième siècle dans la personne d'Adrien IV, ce jeune ndiant d'autrefois, qui, pour sa science et sa vertu, se voit établi animement le père des rois et des peuples, le chef et le docteur l'univers chrétien. En général, dans l’Église catholique, la science la vertu ont le premier rang, et même la vertu l'emporte sur la ence; car l’Église honore d’un culte public bien des hommes tueux qui n'étaient pas savants, tandis qu'elle n’honore pas un ant qui n'ait été vertueux à un degré héroïque, Dans le monde, st différent; pour lui, le principal, c'est la force et l'adresse , mais tout le succès, 5 5!

Depuis le règne d’Otton Ier, il y avait deux siècles, l’Italie septenpnale ou la Lombardie n'avait plus senti d’une manière durable ion de la puissance impériale, et même, depuis le règne de ri IV, environ quatre-vingts ans, elle avait été laissée à peu près elle-même. De là était résulté naturellement un nouvel état de oses, Sous la souveraineté ou la suzeraineté réelle ou nominale in empereur éventuel d'Allemagne, presque toujours absent, il ait formé en Lombardie, naturellement et par là même légitimepnt, un grand nombre de villes:plus ou moins indépendantes; qui saient la, guerre et la paix, sans qu’on crût nécessaire, ni de part D d'autre, d’avoir l’assentiment de l'empereur, tout comme les œernands choisissaient leur roi sans consulter les Italiens. La plus Missante de ces villes était Milan. Depuis :quarante-deux ans, elle Maitsoumis à sa domination celle de Lodi, Au mois de mars 4453, Aux citoyens de Lodi se trouvèrent par hasard à.la diète que tenait onstance le roi d'Allemagne Frédéric Ier, autrement Frédéric Mrberousse. Ces deux hommes, sans aucune mission de leurs comtriotes, allèrent à l'église, y prirent deux grandes croix, se présen- Apent en larmes devant Frédéric, se plaignirent des Milanais , et Mpplièrent le roi allemand d’avoir pitié de leur patrie, qui n'était Ms. Aussitôt le roi Frédéric fait expédier un ordre aux Milanais rétablir les Lodesans dans leurs anciens priviléges, et de rénonà la juridiction qu’ils s'étaient arrogée sue eux. Il chargea un cier de sa cour, Zwiker d’Apremont, de porter sans délai cet dre aux consuls et au peuple de Milan.

Ceux de Lodi furent épouvantés de ce qu’avaient fait leurs deux patriotes; car, en attendant le lointain secours du roi allemand, se voyaient exposés à la prochaine vengeance des Milanais. Ils pplièrent l'officier de ne point faire connaître pour le moment les pires de son maître. Malgré leurs prières, il se rendit à Milan, et Mmit aux magistrats la lettre de Frédéric. Mais à peine eut-elle été

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60 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX, — De il lue dans l'assemblée du peuple, qu'on la mit en pièces et qu'on

foula aux pieds ; l'officier n'eut qu’à se sauver par la fuite. Cependudi

les Milanais ne se vengèrent point sur ceux de Lodi; au contrain ils envoyèrent à Frédéric, avec les autres Lombards, le présent q les villes étaient dans l’usage d'offrir à un nouveau souverain. Se lement, ayant appris que ceux de Pavie et de Crémone les avaier desservis à la cour allemande, ils essayèrent, en 1154, de s’en vengé par des incursions sur leur territoire. | Ces nouvelles firent hâter à Frédéric son expédition d'Italie, 0 donnée à la diète de Constance. Vers le mois de novembre 1154, 1 la tête d’une armée formidable, il campa dans les plaines de Ro Caille, près de Plaisance, et y tint l'assemblée générale du royaunk de Lombardie, 11 commença par priver de leurs fiefs ceux des fu dataires qui ne se trouvèrent point à la revue ; puis il se déclara p ù à juger les différends de ses sujets italiens, ainsi qu’à écouter leur plaintes. Guillaume, marquis de Montferrat, fut le premier à

mander justice; il accusa la ville d’Asti et la bourgade du Cain

L'une et l'autre se gouvernaient en république ; et, n'ayant pu forcà le marquis de Montferrat à se mettre sous leur protection, elles fi saient la guerre à ses vassaux. L'évêque d’Asti se joignit au marqul Pour accuser son troupeau. Toutes les nouvelles républiques exc taient la défiance ou la colère de Frédéric ; il promit donc au préles

et au marquis de tirer une vengeance exemplaire des peuples qui li

avaient offensés. Ceux de Côme et de Lodi renouvelèrent leurs plais

tes contre les Milanais ; ceux-ci étaient prêts à répondre, et avaieli

de leur côté ceux de Crème, de Brescia, de Plaisance, d’Asti et di Tortone. Du parti oppo:é étaient Pavie, Crémone et Novare. Frédéri avant de rien décider, demanda aux consuls milanais de le conduits eux-mêmes à travers leur territoire. à

Dans la route, il les accusa de le laisser manquer de vivres, leu donna ordre de s'éloigner de son camp et de faire évacuer auparh

vant le château milanais de Rosate, qu'il fit piller par son armée «À

raser de fond en comble. Entré dans les fertiles campagnes du Milk nais, il les abandonna à la discrétion de ses soldats. Ayant travers

deux ponts que les Milanais avaient jetés sur le Tésin, il ÿ mit le fa À

Plus loin, il prit deux de leurs châteaux, et, après les avoir livrésa pillage, il les fit détruire jusque dans les fondements. Il livra au flammes la bourgade du Cairo et la ville d'Asti, que leurs habitants avaient abandonnées à son approche. Ceux de Pavie qui accomp## gnaient Frédéric dans cette cruelle expédition lui représentèrent IM ville de Tortone comme encore plus dangereuse que Milan. S'en étais donc approché, Frédéric lui fit signifier l’ordre de renoncer à l'as

1181 de l'ère c

nce des Milai traits de Tor ndonner leu:

Do de l'empir

Le siége dur ntre toute l’ ait la soif. Il

l'eau, elle é ants se batta e l'eau impot animaux, Cel ix enflammé:

e d'en boire.

mbait le 40 a bn de la fête, oup, le ven les moines,

oix et les enc r envoie des ndirent : Por!

ds de la roya pns et que nou:

int admis en ins de nous] jer par l’humi ier pour une \ bles de lèse-n je ville où, in oindre bruit r à les traits en ’avons-nous | ons porté les :

ntracte des all Eux qui ordon casionnent, di e prier Dieu « ès princes. Dir evons subir le it le crime, ou disposition de nts de cette v on envers ceux

higs de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 61

nce des Milanais, et d'en contracter une avec les Pavesans. Les matrats de Torione répondirent qu'ils n'avaient point coutume d’andonner leurs amis dans le malheur, Aussitôt la ville fut mise au n de l'empire et assiégée. C'était le 13 février 1155.

D Le siége dura deux mois. Les habitants se défendirént en braves ntre toute l'armée de Frédéric. Ce qui les incommodait le plus ait la soif. 11 n'y avait qu'une seule fontaine où ils pussent prendre l'eau, elle était près des remparts. Chaque jour assiégés et assiéants se battaient pour en demeurer maîtres. A la fin, pour en ren-

LXIX, — De 1, es et qu’on lite. Cependudi au contrain le présent q Juverain, Se one les avaie de s’en venga

n d'Italie, of

mbre 1154, Me l'eau impotable, Frédéric y fit jeter les cadavres d'hommes et aines de Ronifanimaux. Cela ne suflisant pas encore, il fit jeter du soufre et de la le du royaunibix enflammés ; ce qui la rendit si amère, qu'il n'était plus possiceux des foie d'en boire. Approchait la fête de Pâques, qui, cette année 1155,

mbait le 40 avril. Il y eut une suspension d’armes pour la célébra- : écouter lewiipn de la fête, depuis le jeudi saint jusqu’au lundi suivant, Tout premier à diicoup, le vendredi saint, les portes de la ville s'ouvrent ; les clercs zade du Cairdi les moines, revêtus des ornements sacrés, s’avancent avec les yant pu force oix et les encensoirs et se dirigent vers la tente du roi. Frédéric tion, elles fr envoie des évêques pour savoir le motif de leur venue. Ils rélit au marq ÉBndirent : Portion infortunée de Tortone, nous désirions venir aux ubliques exMieds de la royale excellence, déplorer les calamités que nous souflonc au prélpns et que nous n'avons pas méritées. Mais puisque nous ne sommes

se déclara pri

euples quil#Bint admis en la présence du prince, qu'il nous soit permis du nt leurs plai@joins de nous prosterner aux pieds de votre charité, et de vous supre, et avaia@ier par l'humanité qui nous est commune. Nous ne venons pas , d’Asti et der pour une ville mise au ban de l’empire, pour des hommes couare. Frédéri@Rbles de lèse-majesté. Plût à Dieu que nous n’eussions jamais vu

ke ville où, innocents, nous souffrons avec les coupables, où le oindre bruit nous épouvante au milieu des exercices de la piété, L les traits ennemis atteignent les serviteurs de Dieu à l'autel !

le le conduits

le vivres, lei

acuer aups à ‘avons-nous fait ? de quoi nous punit-on? Est-ce donc nous qui son armée #Mons porté les armes contre Pavie? C'est sans nous consulter qu’on nes du Mispntracte des alliances, qu’on prend les armes, qu'on fait la guerre, yant traveux qui ordonnent ces choses, ce sont les magistrats ; ceux qui les

1 ÿ mit le fuMcasionnent, dit-on, ce sont les grands. Pour nous, nous ne faisons voir livrésahie prier Dieu chaque jour pour la paix et la concorde des rois et I livra aus princes. Direz-vous que, nous trouvant avec des coupables, nous urs habitant vons subir le même châtiment ? Mais est-ce donc la nécessité qui ui accompli it le crime, ou la volonté ? Est-ce par notre libre arbitre et non par ésentèrent 10 disposition de la Providence que nous demeurons avec les habiin. S'en étatnts de cette ville? David ne dit-il point que le Dieu d'Israël est

oncer à l'as envers ceux qui ont le cœur droit; car vous sauverez le peuple

62 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De (MR 1181 de l'ère cl

qui est humble et vous humilierez les yeux des superbes 1! Roj, la terre, imitez le Roi du ciel. Si vous trouvez dans la même villé homme humble avec un superbe, ne punissez pas l’un avec Faut Mais, hélas! voici le sort des mortels. Tortone subit la peine 18 pas de ses crimes, mais des intrigues de Pavie. Pavie accuse Ti tone d’avoir fait mal, et Pavie a fait beaucoup pis. Mais, direz-vo® Tortone, s'étant alliée à une ville méchante’et rebelle, qui opprié ses voisins, doit subir de justes peines sous ‘un prince juste. Soi Tortone s’est alliée. avec Milan. Mais pourquoi? Ce n’est pas n l'amour de Milan, mais par crainte de Pavie; ce n'est pas pour & aminer par la puissance dela première, mais, avec son assistance, échhi per à la violence de la seconde. Tortone a senti ce qui l’attendéi lorsque; dans son voisinage, elle à vu Lonel livré aux flamnié Tu condamnes Milan, parce qu'elle a détruit Côme dans ure ot sion légitime. Mais, Ô Pavie! tu ne fais pas attention à'ce que tu fait toi-même à Lunel, place impériale, occupée: par ünë cavaleé nombreuse, illustrée par le séjour d’un comte palatin ; tu en appel insidieusement les habitants à une conférence, sous prétexte de pail tu les fis frauduleusement prisonniers, et ne craignis pas de re verser leur ville jusque dans les: fondements. Celui qui était le pl noble d’entre les grands d'Italie, celui qui devait être ton seigné est devenu ton vassal. Il te paya tribu’, celui à qui tu avais coutufi de le payer, comme lieutenant du prince. Que le prince consid s’il sied à l'honneur de sa personne et de son empire qu’un tel sig avec lui pour juger les Italiens. Que ton tributaire examine s’il cd vient que la hache qui doit frapper les criminels en Italie sit port devant celui qui milite sous tes éténdards. Qu'on juge donc pi mièrement Pavie, et qu’à son exemple on corrige les excès des at i villes. Mais est-ce à nous de parler de ces choses ? Revenons à no mêmes, pauvre peuple, dévoué à l'unique service de Dieu. Ni : n'avons rien fait, nous sommes punis pour des fautes étrangères. I grâce, que la piété du prince nous énargne, s’il ne veut pas épil gner la malheureuse ville. Qu'il nous permette d’en sortir, nous ne portons point d'armes. lis dirent et se prosternèrent en pleurs devant les évêques. :

Dans des occasions semblables, le plus féroce des Huns, Attila montrait humain et traitable, et épargnait une ville et même à province entière. L'Allemand Frédéric né se laissa toucher ni à l'a nocence des suppliants, ni à la sainteté du jour ; au contraire, soif lantümque reis

ë ; x k ‘ .” patu, Est concess:

riant à l'infortune de cette ville, il força les serviteurs de Dieu ik der. 1. 9, 0. 16-°

bntrer, COMM bxécution. ' Le pntrainte par

ndre. Les pr ande peine, ( purraient em} Qur ville, pâles au. Ils se réf artyrs de la 1 ne, leur patr fin la ruina d main au sac

Cependant F hie de Rorr l'historien O!

rois alleman en recevoir l’e gne et d’Angl Après ävoir d », le troisième pme. Le pape

ochaine. Com e par l’incend sembla son co ec des articles juvèrent à Sair les mena dan aient du Pape, dit Arnaud de acre de Saintlevé ; en sorte

Frédéric, céda conduit à Ro:

ue par le juger fit attacher à u dres dans le me d’un mar

Mchiz coronam, O 1 Psalm, 13 A n.,l. 3

LXIX, — De 1181 de l'ère chr.]

rbes 1 ! Roi!

| même villé in'avec Fauti jit la peine 18 vie accuse Th ais, direz-vof é, qui oppri

entrer, comme des criminels dans la geôle, en attendant le jour de exécution. La ville se défendit encore trois semaines. Mais enfin, pntrainte par la soif, la peste et la famine, elle fut obligée de se dre. Les princes et les évêques obtinrent de Frédéric, maïs avec ande peine, que les habitants eussent la vie ‘sauve’ avec ce qu'ils purraient emporter sur léurs épaules 1, On les vit donc sortir de Qur ville, pâles et défaits, comme des morts sortiraient d’un tom-

cé juste. Spa. Ils se réfugièrent à! Milan, où ils furent accueillis comme lés n’est pas partyrs de la liberté et de l'indépendance italiénne. Quant à Tor- * pas pour die, leur patrie, Frédéric la livra au pillage, puis aux flammes, et sistance, échBfin la ruina de fond'en comble. Le Goth Alaric s'était montré plus qui l’attendé main au sac de Rome 2.”

aux flamme Cependant Frédéric avait hâte de recevoir la couronne de la molans ‘urie oiirchie de Rome et du monde 3. Ce sont les paroles significatives '&ce que tue l'historien Otton, évêque de Frisingue, son oncle. On y voit que rune cavala@S rois allemands, en récévant la couronne impériale, prétendaient ; tu en appen recevoir l'empire du monde et réduire les rois de France, d’Esétexte de patiBene et d'Angleterre au rang de simples vassaux. is pas de 1 Après avoir donc porté solennellement la couronne royale à Paqui était le nl, le troisième dimanche après Pâques, il marcha en diligence vers re ton seignéme. Le pape Adrien IV était à Viterbe, lorsqu'il apprit son arrivée avais coutuéiochaine. Comme Frédéric ne s’était encore fait connaître en Italie ince considéiiie par l'incendie et la destruction des villes, le Pape eut peur. Il qu'un tel siembla son conseil et envoya au-devant du prince trois cardinaux

amine s’il cË

ec des articles suivant lesquels ils devaient traiter avec lui. Ils le aliè suit por

uvèrent à Saint-Quirice en Toscane, où il les reçut avec honneur

ige donc ph les mena dans sa tente. Là ils lui exposèrent les ordres qu'ils «cès des autiiRient du Pape, et lui demandèrent, entre autres choses, qu’il leur enons à nodpdit Arnaud de Bresce. Car il avait été pris par Gérard, cardinalle Dieu. NéRcre de Saint-Nicolas » à qui les vicomtes de Campanie l’avaient étrangères. Mevé ; en sorte qu’il était tombé entre les mains du roi. eut pas épii'rédéric, cédant aux désirs du Pape, remit sans délai Arnaüd, qui rtir, nous Conduit à Rome, où déjà précédemment il avait été déclaré héréten pleure par le jugement du clergé. En conséquence, le préfet de la ville fit attacher à un poteau et brûler publiquement ; puis on jeta ses uns, Attila, dhidres dans le Tibre, de peur que la populace n’honorât ses reliques et même wnme d’un martyr; et telle fut la fin de ce séditieux ». cher ni àl'#

ontraire ‘soil Tantümque reis pro munere summo, ldque vix procerum precibus multoque 44 alu, Est concessa salus, Gunther Ligurinus, 1. 3. — 2 Otton Fris., De Gest. s de Dieu is der, 1. 2, 0, 16-20. — 3 Anhelabat enim a@ âccipiendam orbis et urbis mo-

chiæ coronam, Otton Fris., 1. 2, c. 16, P. 457, — + Otton Fris., 1. 2, c. 20. Lin,,l, 3,

64 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX: — Dei!

De son côté, le roi Frédéric avait envoyé au Pape, Arnold, arch vêque de Cologne, et Anselme, évêque d’Havelberg, nouvellemah nommé archevêque de Ravenne, pour convenir avec lui des condh tions de son couronnement. C’est pourquoi il ne voulut point donnà de réponse aux cardinaux, que les archevêques ne fussent reven Mais le Pape, qui se défiait de Frédéric, et pour cause, en usa même ; il refusa de rendre réponse aux archevêques jusqu’au retok de ses cardinaux. En attendant, il se tenait enfermé à Citta di Ca tello, forteresse estimée imprenable. Les députés ainsi renvoyés (4 part et d'autre se rencontrèrent, et, d’un commun accord, ils allère trouver le roi près de Viterbe, où il était campé. Il convint de donrgh au Pape ses sûretés ; et, par le conseil des seigneurs et des chevaliai de sa suite, assemblés en grand nombre, on apporta, en présence cardinaux, les reliques, la croix et l'Évangile, sur chacun desquel chevalier, choisi d’entre les autres, jura sur son âme et sur celle roi de conserver au pape Adrien et aux cardinaux la vie, les memb la liberté, l'honneur, tous les biens et droits; des’opposerà qui voud leur y nuire, et de réparer le tort qui leur serait fait. Les deux cardin en ayant fait leur rapport au Pape, il promit de donner au roi lac ronne impériale, et ils convinrent du jour et du lieu de leur entrev

Le roi étant campé à Sutri, le Pape y vint de Népi le second jous et fut reçu par beaucoup de princes allemands, avec une grands

multitude de laïques et de clercs. Ils le conduisirent jusqu’à la tel

du roi, avec les évêques et les cardinaux de sa suite. Mais, commel roi ne vint point pour tenir l’étrier au Pape, les cardinaux, indigné® se retirèrent à Citta di Castello. Le Pape, fort embarrassé de cet il cident, ne laissa päs de descendre de cheval et de s'asseoir dansb fauteuil qui lui était préparé. Alors le roi vint se prosterner dev: F4 lui; et, après lui avoir baisé les pieds, il s’approcha pour recevoirh baiser de paix. Mais le Pape lui dit qu'il ne l'y admettrait point |

qu'à ce qu'il lui eût rendu l'honneur que tous les empereurs or

doxes avaient rendu à ses prédécesseurs par respect pour les sait apôtres. Le roi soutint qu’il ne le devait point, et tout le jour suiw i se passa en diverses conférences sur ce sujet. Enfin le roi, ayantils terrogé les vieux seigneurs qui avaient accompagné l’empereur LS thaire à l’entrevue du pape Innocent, et s’étant informé soigneusi ment de la coutume, tant par leur rapport que par les anci#i monuments, il fut résolu que le roi ferait les fonctions d’écu yer près du Pape. Ce qui fut exécuté le lendemain , à la vue de to k l'armée; il lui tint l’étrier de bonne grâce pendant la longueur d'i

jet de pierre, et le Pape ensuite le reçut au baiser de paix 1. EN

1 Acta Adr., apud Earon., 1135.

1181 de l’ère cl

Cependant le nt des député présentèrent ngué, où ils « rt du sénat ale, dans l'es] ercs, et que va lendeur ,'en :

somme de ci lte jusqu’à ef

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