HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX;:— De
et la posa sur l’autel 1. Il trouva néanmoins que la garde des évéchà vacants donnait trop de profit pour l’abandonner. On voit, d'apry les comptes de l'échiquier, que, dans sa seizième année, il avait dans les mains,un archevêché, cinq évêchés et trois abbayes ; dans mn dix-neuvième année, un archevêché, cinqévêchés et six abbayes ;
dans sa trente-unième année, un archevêché, six évêchés et sept ab
1181 de l'è
lus de dé exemplaire et leroi pr Saint Thon Pendant sa suite : le
bayes ?. Ainsi donc, quand le roi présente cet article comme unew M, lacircor cienne coutume, c’est,un mensonge contraire à la charte qu'il ayÿ de ceque | signée lui-même; ce n’était au fond qu'une ruse normande pou M omme. Un confisquer la liberté, les élections et les revenus des églises. jus d’arde
oublait to Les priaces
L'article trois portait : « Les clercs cités et accusés de quélque que ce soit, étant avertis par le justicier du roi, viendront à sa cour
pour y répondre sur ce qu’elle jugera à propos. En su.ie que le jy Mes : Que d ticier du roi enverra à la cour de l'Église, pour voir de quelle ma: Be chef est : nière l'affaire s’y traitera ; et si le clerc est convaincu, l’Église ne do Mance ? — plus le protéger. » Ces points, dit Lingard, ne devaient pas être sp. 'archevéqu pelés une ancienne coutume ; c'était, à coup sûr, une innovatis vez, aujou Elle renversait la loi qui suhsistait invariablement depuis le règne & Ent un exe: conquérant, sans rétablir la jurisprudence de la dynastie ange RE ins sacré saxonne. Mubles. Les
Æn un mot, les principaux articles tendaient à confisquer ia libeni brofondéme et la juridiction de l'Église au profit du roi. Le premier, par exem indigne des ple : «S’'ils’'émeut un différend touchant le patronage et la présents M: hchemen: tion des églises, soit entre laïques, soit entre clercs et laïques, ils, jusqu’ traité et terminé dans la cour du roi. » Le quatrième défendait an e,, il se sus archevêques, évêques et autres ecclésiastiques constitués en dignité. jeûnes « de traverser la mer sans la permission du roi. On voulait les emp oya au Pap cher de porter des plaintes au Pape sur l’asservissement des égal Ce fut ain: par les dominateurs normands. Le huitième article tendait au méme; sa chute n
but : « Les appellations doivent aller de l'archidiacre à l'évêque; dB; ft pleure
l’évêque à l'archevêque ; et si l’archevêque manque à faire justice ssuet pen: on doit venir enfin au roi, pour terminer l'affaire par son ordre du; d'Anglete la cour de l’archevêque, en sorte qu’on n’aille point plus avant san spirituel e le consentement du roi. » int des hon
À la lecture de ces articles et d’autres semblables, l’archevéqu ain dans sc Thomas fut pénétré de douleur. Le roi lui demandait, ainsi qu'aut honneur de évêques, d'y mettre leurs sceaux pour plus grande sûreté, L'arche prime leu: vêque, dissimulant sa douleur pour ne pas affliger le roi, répondit éraire et m
au nom de tous, que, encore qu'ils fussent résolus à le faire, la cho
ents étrang était assez importante pour prendre un petit délai et la faire ave
ité ecclésias 1 Epist. S, Thom., apud Hoveden. — ? Madox., 209-212, ! Vita, apud | XVIe
iv, LXIX,:— De try D 1181 de l'ère cbr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 295
garde des évéchy D ins de dévence, après y avoir un peu pensé. Il prit toutefois un . On voit, d'apré exemplaire de la constitution, l'archevêque d’York en prit un:autre, anée, il avait day D; Jeroi prit letroisième pour le mettre dansles archives du royaume, ibbayes ; dans d sont Thomas se retira ainsi pour aller à Winchester.
+ six abbayes; 4 D pendant le chemin, il s'émut une contestation parmi les gens de véchés et septah D suite : les uns disaient que l'archevêque n'avait pu faire autrement
le comme une M; x la circonstance du temps ; les autres témoignaient leur indignation charte qu'il a Me ce que la liberté ecclésiastique périssait par la fantaisie d’un seul > normande pou Biomme. Un de ceux-ci, qui portait la croix du prélat, parlait avec s églises. jus d'ardeur que les autrés, se plaignant que la puissance séculière
és de quelque y Btoublait tout ; que l’on n’estimait plus que ceux qui avaient pour ndront à sa cou Ms priaces une ‘complaisance sans bornes, et il conclut en ces terà sie que le ju nes : Que deviendra l'innocence ? qui combattra pour elle, après que oir de quelle me Be chef est vaincu ? quelle vertu a gardée celui qui a perdu la conu, l'Église ne di Mance ? — À qui en voulez-vous, mon fils? lui demanda tout à coup aient pas être ap. archevêque. — A vous-même , reprit le porte-croix; à vous qui , une innovation avez, aujourd'hui, perdu votre conscience et votre réputation , laislepuis le règned Eant un exemple odieux à la postérité , quand vous avez étendu vos dynastie ange Sins sacrées pour promettre l'observation de ces coutumes détes- Mubles. Le saint archevêque dit en soupirant : Je m'en repens, et
nfisquer ia liber profondément ; j’ai horreur de ma faute » et je me juge désormais mier, per exe Sidime des fonctions du sacerdoce et d'approcher de celui dont j'ai ge et la présents ER; jichement trahi l'Église : je demeurérai dans la tristésse et le siet laïques, ile jusqu’à ce que j'aie reçu l’absolution de Dieu et du Pape. Dès ne défendait au Sur i se suspendit du service de l'autel et s’imposa pour pénitence titués en diguié x jeûnes et: des vêtements rudes ; et, peu de jours après, il en-
roulait les emph ya au Pape en diligence 1, Rod
ment des élu Ce fut ainsi un simple porte-croix qui releva le saint archevêque le sa chute momentanée; c'était comme le chant du coq qui réveilla
ft pleurer saint Pierre. Quant au fond de. la question même, lossuet pensera comme le bon porte-croix. «Cependant Henri II, oid'Angleterre, dit-il, se déclare l'ennemi de l'Église; il l'attaque uspirituel et au temporel, en ce qu’elle tient de Dieu et en ce qu’elle ient des hommes ; il usurpe ouvertement sa puissance ; et il met la ain dans son trésor, qui enferme la substance des pauvres ; il flétrit honneur de ses ministres par l'abrogation de leurs priviléges, et bpprime leur liberté par des lois qui lui sont contraires. Prince tééraire et malavisé, que ne peut-il découvrir de loin les renverseents étranges que fera un jour dans son état le mépris de l’autoié ecclésiastique et les excès inouïs où les peuples seront emportés,
re à l'évêque, de e à faire juslicg w son ordre dan tplus avant sas
les, l’archevéque ait, ainsi qu'ait sûreté. L'arches le roi, répondit le faire, la cho | et la faire ave
} ! Vita, apud Baron., an, 1164.
XVIe 45
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quand ils auront secoué ce joug nécessaire ! Mais rien ne peut arréte ses emportements; les mauvais conseils ont prévalu, et c'est en van qu’on s’y oppose : il a tout fait fléchir à sa volonté, et il n’y a jlu que le saint archevêque de Cantorbéri qu’il n’a pu encore ni corrom. pre par ses caresses, ni abattre par:ses menaces. » ue parle Bo. suet dans le panégyrique qu'il a fait du saint4.
Le pape Alexandre, qui était à Sens; avait déjà appris d’ alles ce qui était arrivé de fâcheux à scint Thomas, lorsqu'il reçut ses ep. voyés et ses lettres. 11 le consola dans sa réponse, lui envoya l'y lution qu'il demandait, mais en lui faisant remarquer qu'il y a y B grande: différence.entre une faute d'ignorance ou de nécessité, td que la sienne, et'un péché complétement volontaire , l’exhortant
à 1184 de l'è
sur tout ce à ministre. fa:
du roi d'Éx traître, :s’ai Iments, enle grand dom paille du p d'après les Le saint aire, AUCUN ent contrai
reste à reprendre ses fonctions et à s'acquitter courageusement jy congé en fu devoirs d'un bon pasteur. Mais le roi d'Angleterre fut outré de cn Evreux, t quand il apprit que l’archevêque voulait revenir contre la conventiy M roi ne vor faite à Clarendon, et quand il vit lui-même qu’il refusait en sa pr Mchevéque en senée d'apposer son sceau à l’acte qui y avait été dressé. Le roi cm Mmais eneffe mença: à le charger de grandes exactions, etil gate qu’il en vouki supérieur et même à sa vie ?. : et refusa, de
On s’étonnera peut-être que dès lé commencement : de cette que relle, tout le:monde eraignait pour:la vie de l'arc hevêque. C'est qu l'on cornaissait le caractèré de Henri 11. En voici quelquestrit, « Ilétait éloquent, affablé, facétieux, joignant à la dignité do prn toutes les! manières d'un gentilhomme ; mais, sous.ce dehors tron. peur, il cachait un eœur capable de descendre aux plus vils artifis et de se jouer: de son propre honneur, de sa propre véracité, M ne pouvait croire à ses assertions, ni se fier:à ses promessés ; il ju tifiait ses habitudes de duplicité par la maxime: « Qu'il vaut mien « se repentir deses paroles que de ses actions, être coupable de fins
Le roi, vo par le conse d'Angleterre homes, Le l'église de C oyé une se refus absolu les effets de.
refus des cor des restrictio
seté que:de faire échouer ses entreprises favorites 3... » S'il étilhni la personr pour quelques-uns de sés favoris un maître plein de bonté, c'éuiligat, et il ax aussi l’ennemi le plus vindicatif. Son tempérament ne pouvait spMpont rendue porter la contradiction. Quiconque hésitait à servir sa volonté, qiMR'est ce que | conque osait traverser ses désirs, était, dès l'instant, marqué commetatée du: 5me sa victime et poursuivi avectoute l’ardeur d’une vengeanceinexmR Par cette ll ble. Sa colère était la frénésie d'un insensé'; sa furie, celle d’une belenvers le roi, féroce. Au milieu de ses accès de rage, ses yeux 5e remplissaient dSSpour recouvr sang, ses regards paraissaient enflammés, sa langue vomissait dallberté de l'É,
torrents d’injures et d’imprécations, ses mains portaient sa vengemwMeueur contre
T. 16, , P. 586, édit. de Versailles. — ? Apud Baron., an. 1164 — 5 Gil ! Petr. Ples., P. de jo Petr, Ples., epist. 66. d'Angl,,t, 2, —
Liv, LXIX. Dig en rie peut arréty
u, et c'est en vi À
6; et il n’y a plu nCcore ni Corrom.
» Ainsi parle By.
| appris d’aillem qu'il reçut ses en.
ui envoya l'aby.
uer qu'il y a 1m
le nécessité, td e , l’exhortanté rageusement du ut outré de col ntre la conventi
efusait en sa pré
ressé. Le roi com.
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evêque: C'est qu | quelques trait, dignité do prins s ce dehors tronplus vils artifiox
pre véracité, Ml romesses ; il ju- Qu'il vaut mien coupable de fau » S'il 6
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* sa volonté, qu.
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1164 — 3 Gill
a 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
sur tout ce qu’il pouvait atteindre. Dans une occasion, Humet, son ministre favori, se risquait à lui. présenter quelques notes en faveur duroi d'Écosse; Henri s'emporta sur-le-champ..1l appela Humet traître, s’arracha son. bonnet, détacha son épée, déchira:.ses vête: luents, enleva la couverture de son lit; et, ne pouvant faire un plus grand dommage ;; s’assit, par. terre etise mit à ronger les nattes de paille du plancher 1. » Ainsi parle un historien anglais, . Lingard, d'après les aüteurs mêmes qui vécurent, à la cour du roi 2, Le saintarchevêque Thomas, voyant donc qu'il ne pouvait plus ire aucun fruit dans son église, voulut passer en France pour aller suver le Pape; et s'embarqua secrètement ; mais il fut rejeté par le entcontraire, et .le roi ayent appris, qu'il avait: voulu sortir sans ngé en fut encore. plus.irrité contre lui. Cependant Rotrou, évêque d'Évreux, travaillait à réconcilier le roi et l'archevêque. : Et comme Je roi ne voulait rien écouter; sans:la confirmation des coutumes, L'arevêque envoya;au Pape, comme: pour le prier de:les, confitmer, pais en effet:pour l'en faire juge, en décharger sa conscience sur son supérieur et. apaiser ainsi le roi. Le Pape: ne se laissa pas surprendre ktrefusa de confirmer les coutumes. 4 40 'Gl Le roi, voyant donc qu'il n’avançait rien de ce côté-là, entreprit, pa le conseil, de, gens malintentionnés, de faire passer la légation d'Angleterre à Roger, archevêque d'York, de tout temps jaloux de homes, Le Pape le refusa une première fois, ne voulant pas.ôter à l'église de Cantorbéri cet ancien privilége: Mais leiroi lui ayant.en- Noyé une seconde députation,sur.ce sujet, le Pape craignit qu’un res absolu né l'irritât trop et que, Thomas lui-même ne ressentit les effets de son, indignation.. C’est, pourquoi, tenant ferme. pour le refus des coutumes, il accorda à Roger le. titre. de Jégat, mais avec des restrictions qui le rendaient presque inutile ;, car il ne soumettait ni la personne de Thomas ni son diocèse à la personne du nouveau légat, et il avait tiré parole que les lettres de légation ne sergient point rendues à Roger sans un nouyeau consentement de sa part.
Rest ce que l’on voit par ses lettres à Thomas, dont la première est
datée du 5me de, mars, à Sens Ds: b °x$ us
. Par cette lettre et par une autre encore, il l’exhorte à se conduire envers le roi avec grande circonspection, et à faire. tous ses efforts pour recouvrer les bonnes grâces de ce prince, sans préjudice de la iberté de l'Église. Gardez-vous bien, ajoute-t-il, d'user d'aucune risueur contre le roi ni son royaume jusqu’à Pâques prochain. Dieu
1 Petr, Ples., epist. 66. S. Thom., !. 1, eptist, 44 et 45, — * Lingard, Hist. d'Angl.,t, 2, —3 S, Thom., |, 1, epist. 4, 5, 43.
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nous donnera alors un meilleur temps, et nous pourfons , vous « moi, agir plus sûrement en cette affaire. Il semble qu'Alexandre pré. voyait la mort de l'antipape. Il écrivit aussi au roi d'Angleters l’exhortant à abandonner ses coutumes contraires à la liberté d l'Église, par la considération du jugement de Dieu et par les puni. tions que Dieu a exercées contre les rois qui ont entrepris sur le w. cerdoce 1.
Toutefois, le différend s’envenimait de plus en plus. On venait tou M
les jours rapporter au roi que l'archevêque n’observait point les cou. tumes jurées ; d'autres se plaignaient que , appuyé de son crédit, j les avait dépouillés de ?-::« biens ; eties courtisans, jaloux, exagéraiey son ingratitude api … de bienfaits du roi. On empoisonni même ses vertus et le : - 1gement de ses mœurs. Son zèle pourk justice était traité de cruauté ; son application à procurer l'utilité de l'Église était avarice : c'était par orgueil qu'il méprisait l'estime dy monde, pour ne s’attacher qu’à le volonté de Dieu; c'était témérig de vouloir soutenir les droits de son siége au delà de ses prédéo. seurs ; il ne pouvait rien dire ni rien faire qui ne fût mal interpréti Enfin on persuada au roi que sa puissance allait s’anéantir, si cel da l'archevêque continuait de croître; et que, s’il n’y donnait orr, il n'y aurait plus’ à l'avenir de roi en Angletorre que celui qui seni éln par le clergé, et autant qu'il plairait à l'archevêque 2.
Le roi le fit donc citer à Northampton, où il appela, par un or très-exprès, ‘ous les prélats et les seigneurs du royaurne. Lestévéque, à l’exception de deux, s'y montrèrent serviles courtisans, particu. lièrement l'évêque Gilbert Foliot de Londres. Ils condamnèrent ln primat sur plusieurs chefs d'accusation portés contre lui par le roi accusalicns qui ressemblaient plus aux chicanes d’un plaideur nor. mand qu'aux procédés dignes d’un monarque. Ii lui réclama, entr autres, une somme considérable qu'il lui devait, disait-il, comm chancelier. Mais il était notoire que, dans son sacre, il avait été di. claré, de la part du roi, libre de tous les engagements qu’il avait la cour. :
Le lundi 12*° d'octobre, le bruit se répandit, et on le dit à l'arche.
vêque lui-même, que, s’il se présentait à la cour du roi, il serait tué ou mis en prison. Comme il ne se sentait pas encore assez prépa au martyre, il suivit l'avis d’une personne pieuse, qui lui conseil de dire, le lendemain, une messe votive en l'honneur de saint Étienne premier martyr. Le mardi matin , les évêques vinrent le trouver alarmés du bruit qui courait, et ils lui conseillèrent lâchement des