On venait ton vait point les cou
: de son crédit, loux, exagéraiey On empoisonnai Son zèle pourk ocurer l'utilité & risait l'estime du L 3 c'était téméris de ses prédécs.
it mal interprét ’anéantir, si cel y donnait orne, 1e celui qui semi que ?, ela, par un or me. Lestévéque, irtisans, particndamnèrent ler re lui par le roi un plaideur nor.
ai réclama, ent disait-il, comne », il avait été dé.
ents qu'il avait
n le dit à l'arche. à 1 r'Oi, il serait tué re assez préparé qui lui conseil de saint Étienne, rent le trouver, lâchement de &
fr
E Le
à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 229
soumettre en tout à la volonté du roi, disant que, sans cela, on l’accuserait de parjure dans cette Cour, comme ayant violé le serment de fidélité qu'il avait fait au roi, en refusant d'observer les coutumes qu'il avait même jurées par un serment particulier. Il leur répondit : Mes frères, le monde, vous le voyez, frémit contre moi; mais ce qui m'est le plus sensible, c’est que vous m'êtes vous-mêmes contraires.
Quand je me tairais, les siècles futurs raconteront comment vous
n'avez abandonné dans le combat. Vous m'avez déjà jugé pendant deux jours de suite, moi qui suis votre archevêque et votre père ; et econjerture encore, par vos discours, que vous êtes prêts à me juger dans le for séculier, non-seulement au civil, mais au criminel. Or,
e vous défends à tous, en vertu de l’obéissance et sous peine de perdre votre ordre, d'assister au jugement où on prétend me juger, t, de peur que vous ne le fassiez, j'en appelle à l’Église romaine. Que si les séculiers mettent les mains sur moi, je vous ordonne de éme d'employer pour ma défense les censures ecclésiastiques. Saplez, au reste, que, encore que le monde frémisse , que l'ennemi élève, qu'il brûle mon corps, toutefois, avec l’aide de Dieu, je ne éderai point mon troupeau.
À ces paroles d’un courage vraiment apostolique, l'évêque de Londres se hâta de répondre par une lâcheté. Il appela aussitôt de lie sentence de l’archevêque, et ils le quittèrent tous pour se rendre k cour. Seulement il y en eut deux qui demeurèrent encore quele temps avec lui pour le consoler et l'encourager secrètement j noir : Henri, évêque de Winchester, et Joscelin de Salisburi. Aussitôt que les évêques se furent retirés, saint Thomas entra dans église et célébra la messe de saint Étienne, portant même le palum, quoiqu'il ne fût pas fête; puis, l'ayant ôté ainsi que la mitre, gardant le reste de ses ornements, avec la chape pontificale paresus, il alla à la cour. Mais, sachant le péril où il était, il prit sur li secrètement l’eucharistie, A la porte de la chambre où le roi kttendait, il prit la croix de la main de celui qui la portait devant, Lentra ainsi, suivi des évêques. Robert, évêque d’Hereford, s’offrit lui servir de porte-croix. Mais il répondit :: IL faut que je la porte loi-même ; c'est ma sauvegarde, et elle me fait voir sous quel prince combats. L'évêque de Londres lui dit au contraire : Si le roi vous it entrer armé, il tirera contre vous son épée, et vous verrez alors à quoi vous servent vos armes. Je m'en remets à Dieu ! dit l’archeque. L'évêque courtisan ajouta : Je vois bien que vous ne quitterez às votre entêtement.
roi, sachant que l'archevêque venait avec sa croix, se retira ns une autre chambre ; et l'archevêque s’assit seul d’un côté, et
230 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De jy 1181 de l'è
les évêques devant lui. Un héraut appela tous les prélats et: les so; BRreur des ass gneurs, et on proposa, de la part du roi, une grandé plairite'conts Mpour juger l'archevêque, de ce qu’il était ainsi entré dans la cour du prince py arrété, s'il tant sa croix, pour lui faire affront. Tous prirent le parti du roi, 4l En effet traitèrent le saint pontife de traître, d'ingrat et de parjure, ris MRétant sorti hautement contre lui. Les assistants furent saisis d'horreur. Roger Bi chevêque archevêque d'York, sortit-en disant à deux dé ses clercs qu’il trou Mchefs dont là : Retirons-nous de céans, il ne nous convient: pas de voir ce qu'u Bjugement ! : va faire à l'archevêque de Cantorhéri, - ils, écoutez Alors des huissiers, avec leurs baguettes, dote à gran MRCantorbéri, bruit de la chambre où était le roi, et se tournèrent vers le saint an Dieu le sait chevêque, en étendant les mainset le regardant d’un aië renaçay BN'anour de Tous ceux qui étaient présents firent le signe de la croix. Barthélem procédait à évêque d’Excestér, sé jetant aux pieds'du saint , lui dit : Mon pr ua roi, on d ayez pitié de vous et de nous! Nous allons tous périr aujourd'hui} it quitte de cause de vous! En effet, il y avait ordre du roi, que, quicorique de épondre si meurerait ayec l'archevêque, serait: jugé ennemi’ public et puni «MN évéque de mort. On disait aussi que les évêques de Salisburi et dé Norvic, ire, mon f étaient demeurés, allaient être menés au supplice pour être muie-vous plu et ils priaiant aussi l'archevêque de les sauver. Mais lé saint répond i la’ loi ni à l'évêque d’Exeteri: Retirez-vous dde vos pouséés ne sont h es pourqu de Dieu. ; : : n: Dieu seul, p:
‘Les évêques, si des dla par la ebmissibn du: roi, dés frésence de bésèreut entre eux: Leur embarras était extrême. Il fallut encommorbéri, ma l’indignation ‘du roi, ou :condamner letr archevêque: poür crime vêques, qui conjointement avéc les seigneurs, ce qui leur paraissait manifseMRussi au jug ment contraire aux canons. Enfin, après avoir bien chérché commalWir l'autorit ils se tireraient de cette fâcheusé nécessité, ils :résolurent d'appdM leva sa cr l'archevêque devant le Pape, comme: coupable de parjure, etdes«l Les courti gager:envers le roi à faire tout leur: possible pour procurer sa dép FRAME Me sition, à condition que le roi les déchargerait dé la condamnatagpttvoir sa b dont l’archevêque était menacé. Ayant pris cette résolution, ils vi étaient prit réñt trouver le saint pontife, et l'un d'eux lui dit au nom de turilivré de ce Jusqu'ici vous avez été notre archevêque, et nous avons été ten On le cond de vous obéir; meïs, parce que vous avez juré fidélité au roi et prit"e de Saint mis deconserver:sa dignité, ce qui comprend l'observation des ce!" leur donn tumes que vous voulez aujourd’hui détruire ; nous soutenons qeii'ent pleine vous êtes coupable de parjure;, et comme tel nous ne devons pl vous obéir. Nous nous mettons'sous la protection du Pape, et vois appelons en sa présence. Et il lui marqua le'jour. Après quoi k
lement, savo sûreté des so AR retenait d serait à tout |
rèrent longteinps dans un profond silence : cé qui augmenta lt
iv. LXIX. — De it
prélats et les soi, \dé plairite conty ur” du prince px le parti du roi, a le parjure , cris l'horreur. Roge clercs qu’il troux
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s ‘avons été tend lité au roi et pr ervation des co us soutenons qui 5 ne devons pl du Pape, et voi r. Après quoi k de lui, et demi | augmenta la
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 231
reur des assistants ; car, comme le roi était enfermé avec les seigneurs pour juger le saint prélat, on tenait comme certain qu'il allait être arrêté, s'il : à lui arrivait pis. ?
En effet, il fut jugé parjure et. traître ; et plusieurs seigneurs étant sortis d'avec le roi, Robert, comte de Leicester, dit au saint rchevêque : Le roi vous mande de venir lui rendre compte sur les hefs dont vous êtes chargé; sinon, écoutez. votre jugement. Mon jugement ! reprit le pontife en se levant avec la croix. Comte, mon ils, écoutez vous-même auparavant. Le roi m'a fait archevêque de Cantorbéri, parce que je l'avais bien servi. Il l’a fait malgré moi, Dieu le sait, et jy ai consenti pour l'amour de lui, plus que pour Danour de Dieu, qui m'en punit en ce jour. Toutefois, lorsqu'on procédait à mon-élection, en présence du prince Henri ét par ordre du roi, on déclara que l’on me rendait à l'église de Cantorbéri, libre it quitte de tout engagement de la cour. Je ne suis done pas tenu de épondre sur ce sujet. Le comte dit : Ceci est différent de ce que ‘évêque de Londres avait dit au roi. Le saint ajouta : Écoutez enore, mon fils. Autant l’âme est plus digne que le corps, autant dee-vous plus obéir à Dieu et à moi qu’à un roi terrestre : d’ailleurs, ji la loi ni la raison ne permettent que des enfants jugent leur père, est pourquoi je décline sa juridiction et la vôtre, pour être jugé de Jieu seul, par le ministère du Pontife romain, à qui j'en appelle en présence de vous tous ; et je mets sous sa protection l'église de Canorbéri, ma dignité et tout ce qui en dépend. Et vous, mes frères les ques, qui obéissez à un homme plutôt qu'à Dieu, je vous appelle ussi au jugement du seigneur Pape ; et ainsi je me retire, garanti par l'autorité de l'Église catholiqueet du Siége-apostolique. Cela dit, l'éleva sa croix et sortit de l’assemblée, e Les courtisans lui dirent beaucoup d’injures, l'appelant parjure traître. Mais quand il fut dehors, la presse était si grande pour voir sa bénédiction, qu’à peine pouvait-il conduire son cheval. ‘étaient principalement les pauvres qui bénissaient Dieu de l'avoir lélivré de ce péril ; car on le croyait déjà mort.
É On le conduisit ainsi en triomphe à son logis, qui était le monas- Rire de Saint-André. Il ordonna de faire entrer tous les pauvres et
de leur donner à manger : toutes les salles et toutes les cours en rent pleines. Comme il dinait, les évêques"de Londres et de Chikester vinrent lui dire qu’ils avaient trouvéun moyen d’accommo-
lement, savoir : de donner au roi deux terres de l’archevéché, pour
sireté des sommes qu'il demandait. Le saint archevêque dit que le roi retenait déjà une terre de l’église de Cantorbéri, et qu’il s'expo-
Derait à tout plutôt que d’y renoncer. Les deux évêques, indignés de
232 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — he liÿ
ce qu'il repoussait ainsi leur proposition mercantile, r'Apportèren au roi cette réponse, qui l'échauffa encore plus. Au même diner, k lecture de table était de la persécution du pape Libère dans l'Hs toire tripartite. Et sur ce passage de l'Évangile : Quand on vou persécutera dans cette ville, fuyez à une autre, le saint Prélat re. garda le docteur Hébert, qui comprit de suite que sa fuite était dù lor -ésolue. Au sortir de la table, il envoya au roi trois évêques ji demander sûreté pour sortir du royaume. Ils rapportèrent la n, ponse du roi, qu'il en parlerait le lendemain au concile.
Vers la nuit, deux des plus grands seigneurs vinvent trouver k saint, tout en pleurs et se frappant la poitrine, l’assurant que du hommes considérables et accoutumés au crime s'étaient engagh ensemble, par serment, à le tuer. Cet avis détermina l’héroi pontife à s'enfuir, pour ne pas faire périr la cause de l'Église, qu n’était pas encore bien éclaircie. 11 se fit donc préparer un lit din l'église de Saint-André , entre deux autels; il s’y prosterna ae quelques-uns des siens, et commença à chanter des psaumes péri. tentiaux avec les litanies, faisant une génuflexion au nom de Chaque saint ; puis, étant fatigué, il se coucha, feignant de vouloir prendr du repos; mais il se déroba secrètement, et sortit un peu avant k chant du coq.
‘ Marchant toujours de nuit, avec: deux religieux et le docteur il. M
bert, un de'ses biographes, il vint jusqu'à la mer, s’embsrqua k jour des Morts, 2 de novembre, dans une barque, et arriva à Bu logne en France, lui quatrième. Il allait à pied, portant un habit
blanc de moine et se faisant nommer frère Chrétien. Mais comme il à
était fatigué de la mer, et peu accoutumé à marcher ainsi par k pluie et par la boue, après avoir fait un peu de chemin, il se couch par terre et dit à ses compagnons : Il faut que vous me portiez w que vous me cherchiez une voiture. Ils lui trouvèrent un cheval qu n’avait ni selle ni bride, mais seulement un licou ; ils mirent un mr teau dessus, et l'y firent monter. Un peu après, ils trouvèrent de gens armés qui demandèrent s'il était l'archevêque de Cantorbér, || leur répondit : Est-ce là l'équipage de cet archevêque ? Et ils neb reconnurént point.
Il'arriva le soir à Gravelines, et se mit à table avec ses trois compagnons, qui lui donnèrent la dernière place, et affectaient en tou de le faire paraitre comme le moindre d’entre eux. Toutefois, l'hôte remarqua qu'il se distinguait dés av':es par sa bonne mine et par ss manières nobles. Il était de belle taille, avait le front large, le regarl sévère, le visage long, les mains belles et grandes ; et il donnait au
enfants et aux gens üe la maison du peu qu'il y avait sur ja table à
a 1181 de l'é
Comme le ayant fait ç
qu'à terre à Dieu de ce uis-je don
vrit, et l'em Or, saint sace, comte
baiser, et les
LXIX, — De y
à 1181 de l'ère chr.]
de ses peines évêques. Cela fut d'autant plus étrange, que le comte d'Arundel, dit que, de sy parlant ensuite au nom des seigneurs , s'exprima avec une modestie élat, et ce qui etune discrétion qui furent louées de tout le monde. Comme les aussi duremey évêques avaient purlé en latin : « Nous ne savons, dit le comte, €. Souvenir (y nous ne SAVONS, Nous autres geris sans lettres, ce qu'ont dit les évét 4, À quoi l'y
ques. C'est pourquoi il faut que nous disions aussi, comme nous pouvons, pourquoi nous sommes envoyés, Ce n’est ni pour disputer, ni pour injurier personne, principalement en présence de celui à qui, de droit, tout le monde est soumis, Nous sommes venus vous offrir la dévotion «et l’affection de notre roi pour vous : il a choisi pour cet effet:tout ce qu'il y a de plus grand dans son royaume ; et vous avez déjà, saint Père, éprouvé la fidélité du roi, au commen- «ment de votre promotion. Nous ne croyons pas qu'il y ait dans la chrétienté un prince plus religieux et plus propre à conserver la paix, en ce qui le regarde. L'archevêque de Cantorbéri est aussi , de son côté, sage et discret; mais quelques-uns le trouvent trop subtil, et, sans la division qui est survenue entre le roi et lui, nous «rions heureux sous un si bon prince et un si bon pasteur. C'est pourquoi nous vous supplions de vous appliquer à y rétablir la paix, Le Pape déjà instruit d'ailleurs de la cause du différend, déclara aux envoyés du roi qu’il ne pouvait rien ordonner sur cette affaire en l'absence de l'archevêque de Cantorbéri ; mais les envoyés refu sient- de l'attendre, disant qu'ils n’osaient demeurer à la cour du Pape au delà du terme prescrit par le roi; et ils pressaient le Pape de nommer un légat pour juger l'affaire en Angleterre. Le Pape était fort embarrassé. Il voyait un roi jeune et puissant, et craignait, s'il était refusé, qu’il n'embrassât le schisme : de quoi déjà les envoyés le menaçaient,. particulièrement les laïques. D'un autre côté, il ne pouvait se résoudre à renvoyer l'archevêque dans un pays où il était regardé comme un ennemi public, et d’où il n’était sorti que comme par miracle ; il lui semblait que c'était l'envoyer en prison combattre contre son geôlier. Les cardinaux augmentaient son embarras ; car k plupart, accoutumés à la complaisance pour les princes, voulaient
> Souvenu, j/| et le roi souri, vec ceux qui torbéri la pa oyés, il ajouts; que les exilé, lansleroyaune
itents; et, sui.
'ape à Sens, ol r précédent, aux, tant pu e la colère du s disaient que > SA Cause était t un brouilly fut telle, qu çus seulement ée, ils eurent t et fut touché ces de l'arche ivant la gloire sa bénédictin
rdinaux, qu és de part 4 « du roi d’Ar-
n saint arche que l'on accordât au roi ce qu'il demandait. Enfin le Pape tint ferme ursuive. Toù à ne rien ordonner au préjudice de l'archevêque en son absence ; et Pa-VOUS QUE les envoyés du roi, ne. voulant pas l’attendre, s’en retournèrent en ar gniez, mai Angleterre sans avoir reçu la bénédiction du Pape. Ils se pressèrent York et l'ét E nême de sortir de France, où ils ne se trouvaient pas en sûreté, tant celui de Loi harce que Pon croyait qu'ils portaient beaucoup d'argent, que parce us que dignes
que tout le monde était favorable à l'archevêque. Le Pape, de son
tôié, cassa ia. sentence donnée à Northampton contre lui par les [évêques et les barons d'Angleterre.
236 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. EXIX, — Deits
Cependant saint Thomas partit de Saint-Bertin, accompagné (, l'abbé du monastère et de Milon, évêque de Thérouanne, qui le con. duisirent à Soissons. Le roi Louis y arriva le lendemain ; et, appr. nant que l'archevêque était dans la ville, il alla descendre de cheyy à son logis, et le visita le premier. Il lui témoigna la joie qu'il sentai de le recevoir en son royaume, lui promit sûreté, et l’obligea à reve voir de sa libéralité tout ce qui lui serait nécessaire.
Thomas partit quelques jours après, accompagné des officiers ÿ roi, pour aller trouver le Pape à Sens. Il fut reçu froidement par ls cardinaux ; mais il ne Jaissa pas d’avoir audience du Pape, qui t. moigna compatir beaucoup à ses peines, et lui ordonna d'expliquer. le lendemain, en présence des cardinaux, les causes de son exil ( jour-là donc, étant assis le premier après le Pape, il voulut se léver Mais le Pape voulut qu'il parlât assis. Il parla donc en ces termes: Quoique je ne sois pas fort habile, je n’ai pas toutefois assez peu de sens pour quitter sans sujet le roi d'Angleterre; car si j'avais vou lui être complaisant en tout, il n’y aurait personne en ses États qui ne m'obéît absolument ; et si je voulais, à présent encore, change de conduite, je n'aurais pas besoin de médiateur pour rentrer eng bonnes grâces. Mais parce qu'on a obscurci en nos jours la dignité de l’église de Cantorbéri, j'aimerais mieux mourir mille fois que de dissimuler les maux que nous souffrons. Voyez vous-mêmes de y Yeux ce qui en est. Alors il tira l'écrit des coutumes dont il était ques tion, et ajouta en pleurant : Voilà ce que le roi d'Angleterre a o. donné contre la liberté de l'Église ; c’est à vous de juger si on peutk dissimuler en conscience.
L’écrit ayant été lu, tous en furent touchés jusqu'aux larmes: d ceux même qui étaient auparavant de différents avis convinrent al qu'il fallait secourir l'Église universelle en la personne de l’archert. que. Mais le Pape, ayant lu et relu attentivement chaque article de Coutumes, entra en grande colère, et reprit vivement le prélat d'y
avoir consenti avec les autres évêques. Puis il ajouta : Quoiqu'il n;
ait rien de bon dans ces articles, il y en a toutefois que l’Église peut tolérer en quelque mani, ; Mais la plupart sont condamnés par les anciens conciles et contraires aux saints canons. Puis, se tournant vers l'archevêque, il ajouta : Il faut vous traiter plus doucement, parce que vous vous êtes relevé aussitôt après votre chute, et que Vous avez obtenu notre absolution. C’est pourquoi nous vous la don. nons encore, en considération de vos pertes et de vos Souffrances, Le lendemain, le Pape étant assis avec les cardinaux dans une chambre plus secrète, Thomas se présenta et dit : Je confesse que | c'est par ma faute que j'ai excité ces ovübles dans l’église d'Angl-
atistde terre. Je x
[Liv. EXIX, — Detis
in, aCCOMpagné de Duäanne, qui le cop.
demain ; et, appn.
lescendre de Cheyy Ja joie qu'il sent , et l'obligea à reg re.
né des officiers froidement par la > du Pape, qui tt lonna d'expliquer.
ses de son exil, (; , il voulut se léver nc en ces term:
lefois assez peu d ar si j'avais vouh e en ses États qui t encore, change our rentrer en S jours la dignit mille fois que de us-mêmes de vo dont il était ques Angleterre a or.
juger si on peutk
ju’aux larmes: « > Convinrent alor ane de l’archert.
haque article de ent le prélat dy ta : Quoiqu'il n'; que l’Église peut ndamnés par le ’uis, se tournant plus doucement, re chute, et que ous vous la donvos $ouffrances linaux dans une Je confesse que f l’église d’Angle-
à 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 237
terre. Je ne suis point entré dans la bergerie par la Porte, mais à la
faveur de la puissance séculière, quoique j'y sois entré malgré moi.
Plus tard, si j'avais renoncé à l'épiscopat sur les menaces du roi,
comme mes confrères voulaient me le percuader, j'aurais laissé dans l'Église un pernicieux exemple. Mais, à présent, je le fais en votre présence ; et, craignant de plus fâcheuses suites de mon entrée irréeulière et de mon incapacité, je remets entre vos mains, saint Père, l'archevêché de Cantorbéri. Aussitôt il tira l’anneau de son doigt, priant le Pape avec larmes de pourvoir cette église d’un plus digne pasteur : ce qui attendrit tous les assistants jusqu'aux larmes,
Saint Thomas se retira ensuite, et le Pape délibéra sur ce sujet
avec les cardinaux. Les. uns étaient d'avis de profiter de l'occasion our apaiser la colère du roi, me
# pourvoyant d’ailleurs Thomas d
Ils voulaient que l'on donnât un xemple aux autres évêques de résister en pareil cas; autrement
jersonne n'oserait plus s'opposer à la volonté des princes, et l’état e l'Église et l'autorité du Pape seraient en péril. Ils concluaient ‘l fallait rétablir Thomas malgré tout le monde, et le soutenir en outes manières. Cet avis l'emporta ; et le Pape ayant fait rappeler à saint archevêque lui ordonna de reprendre de-sa main les foncons de pasteur dans lesquelles il le rétablissait, lui promettant de +l'abandonner de sa vie ; mais, ajouta-t-il, afin que vous appreniez mener une vie pauvre et convenable à votre état présent, je-vous bets entre les mains de cet abbé, chez qui vous demeurerez jusqu’à ntemps plus favorable, C'était Guichard » abbé de Pontigni, depuis hevêque de Lyon, que le Pape avait fait venir exprès. Saint Tholas se rendit donc à Pontigni avec quelques-uns des siens ; Mais il ique, pour être digne archevêque de Cantorbéri, il fallait aussi rendre l'habit monastique, ayant lu dans les histoires qu’il n’était ais arrivé de division dans le royaume d’Anglete:re, sinon quand > siége avait été occupé par des personnes d’une autre profession. envoya donc au Pape, dont il reçut un habit monastique bénit de main, de grosse étoffe et de laine crue. Ainsi l'archevêque, se
ouvant à Pontigni, commença à y goûter du repos et à regarder lle retraite comme une école de vertu,
Mais la douceur de cette retraite fut troublée ir les exilés qui venaient trouver l'archevêque me, irrité de la bonne réception que ie roi de aient faite, et de la protection qu'ils lui don
quelque temps après :-Car le roi d’Angle- France et le Pape lui naient, fit confisquer
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238 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXIX. … Des
41181 de tous les biens de l'archevêque et des siens, et bannit tous ses Parent,
ses domestiques et ceux qui ayaient quelque liaison avec lui; et ce , ka sans épargner ni les vieillards décrépits, ni les enfants au berceau, durite c les femmes en couche. Il fit jurer à tous ceux qui étaient en dged LS + nouru le faire, d'aller trouver l'archevêque en quelque lieu qu’il fût, pou MR auquel l'É
l’affliger par leur présence ; enfin il défendit de prier pour lui dans l’église, Il venait donc tous les jours au saint prélat un grand nom: bre de ces exilés, desquels toutefois plusieurs demeurèrenten Flan dre, ayant été absous par le Pape de leur serment, en considératiy de leur sexe, de leur âge et de la rigueur de la saison. Les:autry venaient à Pontigni fatiguer le saint archevêque par leurs cris etlèm
Saint T à cause de tente. Out qu'il se fai
çüt, avec |
plaintes des maux qu'ils souffraient pour sa cause. Ne pouvant Santé, ay: garder tous auprès de lui, il les envoyait en divers pays avec ds quelques j lettres de recommandation ; etils trouvaient partout du secours, la on l'obs par la compassion que l’on avait d'eux, que par l’indignation qu'a: différent citait la cruauté du roi d'Angleterre. IL y eut même de. ces bank Usa UNE | qui se trouvèrent mieux au lieu de leur exil que dans leur patrie, lus conve: Entre ceux qui furent persécutés. à cause du saint archévèqu Cependa on remarque la fermeté de saint Gilbert de Simpringham: On np Angleterr porta au roi que lui et les siens avaient envoyé à Thomas, en Franc oi dit: qu'i depuis ‘son exil, de grandes sommes d'argent. Or, quoique ce tp ont : qu'a port füt faux, toutefois, parce qu’on le croyait, on.obligea Gill sontraire, 1 tous les supérieurs et tous les proeureurs de son ordre, à.se pré vec le roi. ter devant. les juges du roi, pour être tous bannis, s'ils étaient on je vous sur. vaincus du fait. Les juges ayant pitié de. Gilbert, dont ils conni rrses senti saient la sainteté, lui offrirent de se purger par serment de oui que 1 accusation, promettant de le renvoyér absous, lui.et les siens. Mi hu gré d’un Gilbert déclara qu'il aimait mieux aller en exil que de prêter ce will : AU CON ment ; Car, encore qu’il sût bien qu’un serment contenant la véril més, même |
ne peut nuire à qui le fait, mais tout au plus ‘à qui l'exige, touteti Furieux de il crut de mauvais exemple de se justifier d’une telle accusatin donnancés a comme si c'eût été un crime de secourir, dans un cas pareil, un péittres d'inte: lat souffrant pour l'Église. Comme donc il refusait le sermentet :8i ces les jugés n’osaient le condamner, il demeura quelque temps à Lon ales ; un lai dres avéc les siens. Ceux-ci, se voyant à la veille d'abandonner lens seire artic maisons pour un serment qu'ils étaient prêts à faire, étaient: dans hi il défend crainte et l’affliction, pendant que Gilbert affectait de témoigner Sèque ; le pay joie en toutes manières. Le.dernier jour du terme, comme ils sisqué au pre tendaient tous à être bannis, arrivèrent des messagers du roi, Gomme traîtr était deçà la mer, avec ordre de remettre l'affaire de Gilbert jusqu ce qu'il en prit par lui-même une plus ample connaissant
. 2 Acta SS, 4 Aussitôt Gilbert fut renvoyé avec les siens: et alors, se voyant libr :
(Liv. EXIX. — Dei
it tous ses parent, n avec lui; et celà ants au berceau ai étaient en-âgeÿ
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
il déclara aux juges, mais sans aucune forme de
jqu'on lui avait reproché était entièrement faux. Cette fermeté fut admirée de tout le monde. Saint Gilbert vécut encore vingt:trois ans, etnourut âgé de cent six ans, l'année 1189, 4me
serment, que ce
de février, jour lieu qu'il fût, poy MR auquel l'Église honore sa mémoire 4, fu) go) prier pour lui dy Saint Thomas, de son côté, touché de ce que les siens souffraient lat un grand nom. à cause de lui, commença, à Pontigni, de mener une vie plus pénimeurèrent en Fin
tente. Outre le cilice qu’il portait continuellement qu'il se faisait souvent donner en secret, il servait à table de lui donner:tous les jours, sans que l'on s’en aperçit, avec les mets délicats qu’on lui servait, la portion de la commuse. Ne pouvantk nauté, ayant résolu d’en faire sa seule nourriture, Ainsi, pendant vers pays avec du quelques jours, il ne vécut que de légumes secs et insipides, suivant ut du secours, ty qu'on l'observait alors dans l’ordre de Citeaux. Mais cette nourriture, “indignation quel; différente de celle à laquelle il était accoutumé de jeunesse, lui
ême de: ces ban ausa une griève maladie, et il fut obligé de revenir à des aliments ans leur patrie, plus convenables.
saint archévèu RS Cependant on portait des ringham: Onry d'Angleterre, homas, en France ', quoique cé rip n.obligea. Gilbe ordre; à: se prés s, s'ils étaient co dont ils connis serment de cetb jet les siens. Mn e de prêter ce wi
et les disciplines
t, en considératin ordonna au moine qui le
saison. Les'auty ar leurs cris'etlèm
paroles de paix entre le-Pape: et.le roi pour tenir une conférence où l'on traitât de la paix. Le oi dit qu'il s’y trouverait, mais à condition qüe Thomas n’y serait pont; qu'autrement il ne verrait pas le Pape même. Thomas, au ontraire, manda au Pape de ne Päs entrer sans lui en conférence hrec le roi. Je connais, disait-il, ses: manières : il lui sera plus facile le vous surprendre, s’il n’y a un interprète exact qui puisse pénétrerses sentiments. Sur cette réponse, le Pape manda au roi: Il est oui que l'Église romaine ait éloigné quelqu'un de sa compagnie pu gré d’un prince, particulièrement un homme exilé, pour la jusice ; au contraire, le Saint-Siége est en droit de protéger les opprinés, même contre les princes. Ainsi la conférence fut rompue 2, Farieux de n'avoir pu tromper le Pape, le roi Henri publia des or-
> telle accus ionnancés atroces Contre ceux qui apporteraient en Angleterre des cas pareil, un pBettres d'interdit pontifical. Si c’est un religieux, on lui coupera les t le serment etqieds ; si c’est un clerc, on lui arrachera les yeux et les parties-génique temps à Louies ; un laïque, on le pendra ; un lépreux, on le brûlera 3, Outre l'abandonner les seize articles de Clarendon, il en publia dix autres en Normandie,
re, étaiént dans Shi il défend expressément tout appel, soit au Pape, soit à l’archet de témoigner éque ; le payement au Pape du denier de Saint-Pierre, qui était cone, comme is Säiqué au profit du trésor. Il y ordonnait de punir sur-le-champ,
sagers du roi, komme traître, quiconque porterait en Angleterre des lettres d'inde Gilbert jusqu
le connaissan4 B''AcaSS, 4 febr, — Pita quadrip., 1. ?, ©. 15. — 3 Baron., an, 1164, s, se voyantlibrhs à,
240 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Deity
terdiction de la part du Pape ou de l'archevêque; il prononçai k bannissement et la confiscation contre tous ceux qui observeraie l’interdit ou favoriseraient le parti soit de l'archevêque, soit d Pape t.
Non content de ces mesures tyranniques envers ses sujets, il vou. lut tyranniser le Pape même, qui retournait à Rome. Il lui envoy de nouveaux députés pour le menacer d'embrasser le parti de l'a. tipape, s’il ne consentait à déposer l'archevêque de Cantorbéri à casser tout ce qu'il avait fait, à jurer même et à faire jurer tous la cardinaux que les coutumes royales d’Añgleterre seraient conservéx inviolablement par l'autorité apostolique. Le principal de ces dépue tés était Jean d'Oxford. Ils eurent ordre d'éviter la France: et passer par l'Allemagne. C'était en 1165. Rainold, archevêque élude
Cologne, grand fauteur du schisme, les conduisit au conciliabukk
que l'empereur Frédéric tenait en ce moment à Wurtzbourg. La
ne, ils en D Saint Th
deux députés anglais, qui étaient clercs l’un et l’autre, eurenth à
hardiesse d'y jurer obéissance à l’antipape Pascal, au nom de le
maître. Ils passèrent ensuite en Italie, et présentèrent les lettres (1
leur roi au pape Alexandre, auquel ils cachèrent soigneusement qu’ils avaient fait à Wurtzhbourg. Le Pape, sans s’émouvoir des me naces de ce prince, lui écrivit avec tant de vigueur, qu'il protesta à nouveau de son obéissance, et désavoua publiquement ce ques députés avaient fait en Allemagne. ‘
Le Pape fit plus encore : arrivé à Rome, il déclara le saint arche vêque de Cantorbéri son légat dans toute l'Angleterre, . excepté k diocèse d'York. La lettre est du 7w< de décembre 4165. Thoma l'ayant reçue, chargea les évêques d’Hereford et de Worchesterde notifier sa légation à tous les autres. L’évêque de Londres en rent la signification le jour de la conversion de Saint-Paul, patron des cathédrale, c'est-à-dire le 25me de janvier 1166. Il en fut extrême ment alarmé, et en écrivit-au roi en ces termes : Quand le Pape con mande, il n'y a ni appellation ni autreremède, il faut obéir. Lejon de Saint-Paul, comme j'étais à l’autel dans Londres, je reçus del main d’un homme qui m'était entièrement inconnu une lettre à Pape, par laquelle il accorde et confirme au seigneur archevéquet: Cantorbéri la légation par toute l'Angleterre, excepté le diocèse d’York. Il nous est ordonné de lui obéir en cette qualité, et d'ob ger ceux qui, par votre ordre, ontreçu, en son absence, les fruitsda bénéfices de ses clerc. à les restituer dans deux mois, sous pein d’excommunication. Il m'est aussi ordonné d'exiger de mes confrèra
à Baron., an, 1164, n. 42.
jjures aux 1 Toutefois, ouraine, av
1L, 1, epist, 1 XVI,
LV, LXIX. — De ii D 1181 de L'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE,
3 il prononçait 4, jenier de Saint-Pierre, ct de. leur faire tenir les lettres de l’arche- € qui observeraiey éque, sous peine de déposition. Nous nous jetons donc à vos pieds, chevêque, soit à Mbour vous supplier d'empêcher que nous ne soyons honteusement éduits au néant, et de nous permettre d’obéir aux ordres du Pape ; ses sujets, il vou. M faire rendre le denier à Saint-Pierre et les revenus aux clercs, ome. Îl lui envon 4 de demander à tous les évêques que; s'ils trouvent dans les er le parti de l'in Mitres de l'archevêque quelque grief contre l’usage du royaue de Cantorbér ie, ils en appellent au Pape ou aux légats qu’on nous envoie 1, faire jurer tousla RS Saint Thomas était cependant à Pontigni, où, profitant de la soliseraient conservés MR de, il s'appliquait entièrement aux exercices spirituels, en sorte cipal de ces dép Me, après l'office divin, à peine l’Écriture sainte sortait-elle de ses 7 la France:etéuins. 11 ne laissait pas de sortir avec les moines pour le travail, de archevêque élud MSoissonner et d’amasser le foin comme les autres,tout faible qu'ilétait. it au conciliabue M: pendant, pour ne pasabandonner l'intérêt del’Église, la seconde an- Wurtzbourg. Las de son exil, c’est-à-direen 1466, il envoya au roi d'Angleterre, par t l'autre, eurenth 5 abbé de l’ordre de Citeaux, une lettre remplie de douceur, pour 1, au nom de lire de premier monitoire. Il y représente que son devoir ne lui rent les lettres &rmet pas de garder le silence, et exhorte le roi à rendre la liberté soigneusement 4 église d'Angleterre, Quoique cette lettre n’eût fait qu'aigrir le roi, mouvoir des me saint archevêque lui en écrivit une autre plus forte, où, sans entrer * qu’il protesta ds le fond de la question, il relève la dignité sacerdotale et menace lement ce que 4 roi de la colère de Dieu. Mais cette seconde lettre n’attira que des jures aux religieux qui en furent porteurs.
ara le saint ace Toutefois, le roi d'Angleterre eut une conférence, terre, . excepté lorraine, avec les seigneurs'et ses conseillers les plus intimes, pour "e 1165. Thom Eoir ce qu’il devait faire en cetteoccasion. Là, il se plaignit amède Worchesterd ment de l'archevêque, disant, avec larmes et soupirs, qu’il lui en- Londres en reniBBait le corps et l’âme, et qu'ils étaient tous des traîtres qui ne vou- Paul, patron desfBient pas s'appliquer à le délivrer de la persécution d’un seul [l'en fut extréne Somme. L'archevéque de Rouen, qui était présent, s’échauffa un and le Pape conu contre le roi, et le reprit de cet emportement, mais avec douaut obéir. Le jour, selon son naturel. Ce qui aigrissait le roi, c'étaient les lettres que es, je reçus del homas lui avait écrites, à lui et à l'impératrice, sa mère, et il crainu une lettre dBBnit qu'il ne prononcât incessamment l’interdit sur son royaume et ur archevéquedexcommunication contre sa Personne, par son autorité de légat. cepté le diocBour le tirer d’embarräs, Arnoul, évêque de Lisieux, dit quel’unique qualité, et d'oblBmède était de prévenir la sentence par une appellation. Ainsi le nce, les fruits da hi, qui prétendait que les appellations au Pape étaient contraires à
mois, sous peltusage de son royaume, et qui venait de les défendre sévèrement, * de mes confrérie trouvait réduit à ÿ avoir recours lui-même.
à Chinon en
(L, 1, epist, 131, XVI,
242 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. De 115; DR à 1181 del
Les évêques de Lisieux et de Sées partirent donc pour aller trouve MR . éd l'archevêque de Cantorbéri; et lui signifier ‘un appel qui suspendiy + rx étai sentence jusqu’à l’octave de Pâques de l'année suivante. L'archey, BR ° “ di] que de Rouen se joignit à eux pour servir de médiateur à la pui, pe Eu | Mais quand ils: furent arrivés à Pontigni, ils n'y trouvèrent poil Sp saint Thomas ; il était allé à Soissons, pour implorerles suffrages la sainte Vierge, de saint Drausin et de saint Grégoire. 1 Voulai ainsi se fortifier pour le combat qu'il allait livrer au roi d’Angletens en portant sa sentence contre lui. Car saint Drausin était. invoqué par les champions à la veille d’un combat. Ayant passé trois ny Après l’ en prières aux églises de ces saints, il partit le lendemain del Lire cension pour aller à Vézelai et y prononcer, le jour de la Pentectie l'excommunication contre le roi.et les siens. Mais le vendredi d'ayy la fête, il apprit avec certitude que le roi d'Angleterre était grièr. p ment malade, au point qu’il avait envoyé s’excuser d’une conférer qu'il avait demandée au roi de France. Cette nouvelle obligea Thoms à différer l’excommunication du roi d'Angleterre, comme on kh avait déjà conseillé.
Cependant, le jour de la Pentecôte, dans la grande église de We zelai, devant un grand concours de diverses nations, il excommui Jean d'Oxford, pour avoir participé au schisme dans l’assemhléed Wurtzbourg, et pour quelques autres griefs. Quant au roi, apk avoir déclaré comme il l'avait averti de satisfaire à l'Église, ill vita de nouveau à faire pénitence, menaçant de le frapper dans pu de l’excommunication. Enfin, il condamna publiquement l'écrit c tenant les prétendues coutumes d’Angleterre; déclara excommui ceux qui, à l'avenir, emploieraient l'autorité de cet écrit, et, déchu gea les évêques de la promesse qu'ils avaient faite de l’observer.] écrivit ensuite à tous les évêques de la province de Cantorbéri, po les instruire de ce qu'il venait de faire, enjoignant à l'évêquede ln dres de notifier sa lettre aux autres. Il.en écrivit à l’archevéque Rouen, et il en donna avis au Pape, auquel il en demanda la cm firmation. Cependant le roi envoyaen Angleterre porter une lei de la conférence de Chinon, pour avertir les Anglais de l’appelhin proposée, faire garder les ports et défendre au clergé d’obéir àl'u chevèquet,
Peu de temps après, les évêques, par ordre du roi, s'assembl rent à Londres avec quelques abbés, et résolurent d’interjeter app au Pape contre l'archevêque. L’évêque d’Exeter s’y refusa ; «ll hation, le ro de Rochester s’excusa sur une maladie, que l'on crut feinto. Level, Vo ,
Det l’archeve
1 L. j,epist. 96, 143, 138. É Baron. an.
an.
Liv. LXIX. Del
C pour aller trouve el qui suspendit y ivante. L’archevs, édiateur à la pa, trouvèrent poy rer les suffrages régoire. Il vouhÿ à roi d'Angletens asin était. invoqu nt passé trois ni endemain de l'4 ar de la Peters e vendredi d'ayy terre était grière. m r d’une conférer lle obligea Thonx ,) COMME on el
2 à 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. évêque de Winchester, qi occupait ce siége depuis trente-sept ans, et qui était frère du roi tienne, ‘écrivit en ces termes : Je suis appelé par le souverain Pontife, et je ne veux point en appeler, On rut qu'il voulait dire que le Pape l'avait mandé ; Mais il entendait qu'il allait omparaître dévantle tribunal deJésus-Christ, à cause de son grand âge. Les autres évêques notifièrent. leur appel au Pape et à l'archevêque par deux lettres assez longues, où ils s'efforcent d'exuser le roi et de faire retomber la cause du mal sur l'archevêque, qui réfuta leurs allégations par une lettre non moins longue 1,
Après l'appel interjeté à Chinon et à Londres, le roi de son côté jet l'archevêque du sien envoyèrent au Pape, de qui le roi obtint enfin, par ses députés, qu’il envérrait deux légats à latere, pour négocier la paix entre lui et l'archevêque. En méme temps il envoya Hdes lettres menaçantes au chapitre général de Citeaux, se plaignant qu'ils avaient reçu Thomas, son ennemi, dans une de leurs Maisons, leur défendant de le garder davantage, s’ils ne voulaient perdre tout e qu'ils possédaient de leurs terres, tant deçà que delà la mer, Après donc que le chapitre fut fini, l'abbé de Citeaux lui-même vint à Ponande église de Ve ni, accompagné de l'évêque de Parme, autrefois moine de l’ordre, rt dequelques abbés. Ts déclarèrent au saint archevêque, de la part ans l'assemblée lu chapitre, l’ordre qu'ils avaient reçu du roi, et ajoutèrent : Seiant au roi, ap pueur, le chapitre ne vous chasse à l'Église, ill sidérer, frapper dans pa 1ement l'écrit co lara excommuni
ns, il excommunÿ
quelque part que t écrit, et. déchu ons. Mais j'espère le de l’observer.l ux du ciel aura soin de moi et des > Cantorbéri, pou à l'évêque de Lor
roi de France, Louis, à l'archevéqueéle ; né, et la communiqua à ceux qui se trouvèrent demanda la co uprès de lui ; puis, il s’écria : O religion! religion ! où es-tu ? Voilà porter une el rs gens que nous croyions morts au monde, qui craignent les meis de l'appelle à monde ! et qui, pour des biens temporels qu'ils prétendent rgé d’obéir alu; méprisés pour Dieu, abandonnent l'œuvre de Dieu, en chassant eux qui sont bannis pour sa cause ! Ces réflexions du boñ roi sont en justes, et l’ordre de Citeaux, par sa lâche conduite, s’est imd'interjeter né une tache éternelle. Après avoir ainsi exprimé sa juste indis'y refusa; «il ation, le roi, se tournant vers l'envoyé du saint prélat, lui dit : ut feinto. Le, pre maître de ma part; et dites-lui hardiment que, quand il
roi, s'assembl
!Baron., an. 1168.
244 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX.— Dei a 1181 de |
serait abandonné de tout le monde, même de ceux qui paraissey Peu de morts au monde, je ne l'abandonnerai point, et, quoi que fasse conts Jui le roi d’Angleterre, mon vassal, je le protégerai toujours, pary qu’il souffre pour la justice. Qu'il me fasse donc savoir en quel ly de mes États il aime mieux se retirer, et il le trouvera prêt,
Le saint prélat choisit la ville de Sens, tant pour sa situation con. mode que pour la douceur de ses habitants et leur honnêteté envey les étrangers, et le roi envoya au-devant de lui un seigneur qualifié avec trois cents hommes, pour l’amener de Pontigni. Il en sortit vey la Saint-Martin, l'an 1166, après y avoir demeuré deux ans, E l'on nomn comme il prenait congé de la communauté, qui était touchée ju œet'or, et « qu'aux larmes, il commença tout d’un coup à en répandre lui-méw SR fusèrent ‘abondamment. Sur quoi l’abbé qui l'accompagnait lui dit : J’admi MR}, voit par cette faiblesse dans un homme si ferme. Vous manque-t-il quel dinaux, Je. chose pour votre dépense ? Nous y suppléerons suivant notre por le pape Ale voir. Ce n’est pas cela, répondit-il ; mais Dieu m'a fait connaître lle, Wartzbo nuit la fin de ma vie : je mourrai par l'épée. Quoi ! répondit l'alblSe, + les c vous serez martyr, vous nourrissant délicatement comme vous faits! ll Et il le pressa de lui raconter sa révélation. Je ne vous la dirai point Bhtint du S dit le saint prélat, si vous ne me promettez de ne point en parler dCuillaume « mon vivant. L'abbé l'ayant promis, le saint continua : Il m'a sembk e premier cette nuit que j'étais dans une église, où je soutenais la cause del, éiait le t religion contre le roi d'Angleterre, devant le Pape et les cardinau: Depuis le le Pape m'était favorable, et les cardinaux contraires, quand, toutills. nglais trio: coup, sont venus quatre chevaliers, qui, m’ayant tiré de l’auditon publiait que sans sortir de l’église, m'ont écorché le haut de la tête, à l’endroité lamner, et < ‘ma couronne ; ce qui m'a fait une telle douleur, que j'ai cru tonblslats et pl en défaillance. Ce n’est pas toutefois une telle mort qui m’aflige ul ape apprit contraire, j'en rends grâces à Dieu : c’est ce qu’auront à souffrir eu hevêque, n qui m’auront suivi. Il raconta cette même vision, sous le même sie st pourqn cret, à l'abbé de Vauluisant, et les deux abbés la racontèrent #xsent de te même après sa mort. soupçon et à
Arrivé à Sens, saint Thomas y fut reçu avec honneur et joie p e que cette Hugues, qui en était archevêque, ainsi que par le clergé et le peupk important Il logea au monastère de Sainte-Colombe, et y demeura quatre aSvoyaume, qu défrayé libéralement par le roi Louis. Chaque fois que ce bon prions expose: venait à Sens, et il y venait souvent, après avoir été faire sa pritreit du 7me de l'église, il allait voir le saint archevêque, avait avec lui de long Le Pape é conversations, et prenait son conseil sur les matières les plus impor env tantes, comme d’un homme exercé dans les affaires d’État !, la réconciliati
putés revi draient in roi d'Ang
1 Vita quadrip., 1. 2, c. 18. E ! L. 9, epist,
(Liv. LXIX. — Dei
ceux qui paraissen uoi que fasse contx rai toujours, pary savoir en quel liy avera prêt, ir sa situation con.
Ir honnêteté envers n seigneur qualifié gni. Il en sortit vex euré deux ans, E i était touchée jy répandre lui-mér it lui dit : J’admin anque-t-il quelqu suivant notre por:
fait connaître cafe
1181 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 245
Peu de jours après que saint Thomas fut arrivé à Sens, ses dé: putés revinrent de Rome et lui apprirent que deux cardinau draient incessamment. pour négocier sa paix.
roi d'Angletérre y avait envoyé, revint aussi, publiant fièrement que les légats venaient pour la gloire du roi et la confusion de l’archevéque. Ce qui est vrai, c'est que Jean d'Oxford, étant arrivé à Rome,
employa l'or dont le roi d'Angleterre l'avait chargé à gagner les
ardinaux, et réussit auprès de plusieurs, comme s’en plaignaient
depuis saint Thomas et Jean, évêque de Poitiers. Ce dernier dit que l'on nommait chez le roi les cardinaux qui n'avaient point reçu de œet'or, et ceux qui en avaient reçu plus ou moins. Entre ceux qui le rfusèrent, furent les cardinaux Humbald et Hyacinthe, comme on le voit par les lettres que saint Thomas leur écrivit. Après les cardinaux, Jean d'Oxford s’appliqua par tous les moyens à surprendre lk pape Alexandre, jusqu'à lui jure: qu’il n'avait rien fait contre lui à Wurtzbourg, et que le roi d'Angleterre était prêt à souscrire à 1! répondit l'aliéS, 4s les conditions que sa Sainteté prescrirait pour sa paix avec comme Vous faite! l'archevêque. C'est par ces protestations et autres artifices, qu'il vous la dirai po Eitint du Saint-Père l'envoi de deux légats, qui furent les cardinaux i tillaume de Pavie et Otton de Saint-N icolas. Ils partirent de Rome
e premier jour de janvier 1167, mais n’arrivèrent en Normandie, où était le roi, que vers la fin de l'été.
» et les cardinau Depuis leur départ, le pape Alexandre apprit que le négociateur res, quand, toutiBnplais triomphait du bon succès de sa négociation à Rome, et qu'il ; tiré de l’auditon@ubliait que ses légats venaient pour juger l'archevêque et le contête, à l'endroit kmner, et que le Paye avait déjà exempté de sa juridiction plusieurs que j'ai cru tombe rélats et plusieurs autres personnes considérables d'Angleterre. Le rt qui m'afilige; 1BPane apprit de plus que-ces bruits troublaient non-seulement l’arront à soufirirendkievéque, mais le roi de France et les seigneurs de son royaume. sous le même st pourquoi il écrivit aux deux cardinaux-Jégats , qu'ils travailla racontèrent dent de tout leur pouvoir à consoler l'archevêque, à lui ôter tout
Büpçon et à le réconcilier avec le roi d'Angleterre ; et que, jusqu’à due cette réconciliation fût entièrement faite, ils n° fissent: rien
lergé et le peupk dimportant dans les terres du roi et n’entrassent point dans son
Jaume, quand même il le voudrait ; autrement, ajoute-t-il, vous que ce bon prions éxposeriez, vous aussi, à plusieurs mauvais discours. La lettre té faire sa prière Et du 7me de mai 1.
vec lui de long Le Pape écrivit en mêm res les plus inpo@Spart de l'envoi des lég es d'État, kréconciliation de 1’
x vien- Jean d'Oxford, que le
e temps au roi de France pour lui donner ats et le prier d'employer ses bons offices pour archevêque avec le roi d’Angletèrre. Et en cas,
Bin, epist, 23.
240 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Detity
ajcate-t-il, qu’elle ne puisse se faire, nous voudrions bien, si vowg l'aviez agréable, et s’il se pouvait sans choquer les personnes cons. dérables de votre royaume, que l’archevêque y exerçât nos Pouvoir en qualité de légat. C'était pour consoler Thomas de la suspension deson pouvoir de légat en Angleterre que le Pape voulait lui donner cette légation en France.
On voit les plaintes de saint Thomas sur l’ènvoi ‘des légats Gui. laume et Olton, par les lettres qu'il écrivit lui-même dès qu'il en eut la première nouvelle ; par une lettre du sous-diacre Pierre Lomba au Pape, où il marque l’indignation du roi de France, qui menaçi de défendre aux légats l'entrée de son royaume ; enfin par une Jette de Jean de Salisburi, où il dit que le roi d'Angleterre se vantait du voir le Pape et tous les cardinaux dans sa bourse, et de jouir du mêmes priviléges que son aïeul, qui était, dans ses États, roi, légat, patriarche, empereur, et tout ce qu’il lui plaisait. Puis il ajoute: Qu’auraient pu lui donner de plus les antipapes Octavien et Guite Crème ? On écrira ceci dans les annales de l’Église romaine : Quek Pape, touché des prières et des menaces du roi d'Angleterre, dont il a souffert si longtemps les excès intolérables, a dépouillé de sx pouvoirs, sans forme juridique, un prélat exilé depuis près de quatr eus, avec une infinit{ 'iinocents, pour la cause de Dieu et la défense de la liberté, non parce qu'il l’a mérité, mais parce qu’il apliu tyran. C'est au Pape à pourvoir à sa conscience, à sa réputation « au salnt de l’Église, Les deux légats étaient suspects au saint arche vêque, mais particulièrement Guillaume de Pavie, qu'il regard comme son ennemi déclaré et entièrement livré au roi. Il lui écrirt à lui-même qu’il ne le recevait point pour juge 1.
Cette année 1167 , la guerre se ralluma entre les deux roïsd France et d'Angleterre , pour la ville de Toulouse et pour d'auta causes, entre lesquelles on comptait, comme la principale, l'air de saint Thomas de Cantorhéri. Le Pape, ;’ayant appris, écrivit deux légats Guillaume et Otton d'employer tous les moyens pos bles pour rétablir la paix entre ces deux princes, dont l'union ét si importante à l’Église. Il leur défend expressément d'entrer en Ar gleterre et de se mêler des affaires de ce royaume, principalement des consécratiuns des évêques, avant la pleine réconciliation del chevêque Thomas vec le roi. La lettre est du 22e d'août 1467. Por cet effet, les légats vinrent à Sens conférer avec l'archevêque de Catorbéri, afin de négocier sa paix. De là, ils allèrent vers le roi d'Argleterre ; et, le trouvant trop opiniâtre dans son sentiment, ils prirel
1 Fiia,i.2,c. 22. — LL. i, epist. 163.— L. 2, episi. 10, 19, 20, 25.
utres l’évêc ui savait tqu'il ferai
ILécrivit «
nt ni droits Trois jours
D © L.2, epist.
Av. LXIX, — Det Aa 1194 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. ions bien, si VOUS personnes cons.
rçât nos pouvois de la suspensin voulait lui donner
\ des légats Guil.
ne dès qu'il eurent e Pierre Lombæ nce, qui menaçai fin par une Jette rre se vantait d'a , et de jouir dy
États, roi, léga, . Puis il ajoute:
ctavien et Guide romaine : Quels Angleterre, don dépouillé de 54 ais près de quatre Dieu et la défeng ce qu’il a plu , sa réputation ts au saint arche e, qu’il regardii | roi. Il lui écrivit
les deux roisde et pour d’auta incipale, l'affaire ppris, écrivit au ès MOYENS posé ont l'union état , d'entrer en An:
» principalemeit jciliation dela "août 4167, Pour hevêque de Cavers le roi d'Al:
iment, ils prireil
n Normandie, et ce qu’il a ouï dire d’An parler de l’église de Cantorbéri et de celle de Tours, que le roi traite
à! L. 2, epist. 30.
jour pour une conférence entre lui et l'archevêque, à l’octave de la Saint-Martin.
Elle se tint, au jour marqué, à Gisors, sur les frontières de France et de Normandie. Après bien des explications, des allées et des vees, elle n’eut d'autre résultat final qu’une nouvelle appellation au Pape, faite au nom du royaume et du clergé d'Angleterre, par les
Bévéques que le roi avait jugé à propos d'appeler à la conférence, Ces
évêques demandaient qu’il fût défendu à l'archevêque de rien innover ni contre le clergé ni contre le royaume, et les mettaient sous la protion du Pape jusqu’au terme de l’appel, qui était la Saint-Martin del'année suivante 1168. Après quoi les légats envoyèrent à l'archevéque une lettre du 44me décembre, par laquelle ils lui ordonnaient de déférer à cet appel, et lui défendaient » de la part du Pape, de jeter en Angleterre aucun interdit ou excommunication, jusqu'à ce qu'on allât en la présence du Pape et que l’on connût sa volonté, Les ééques envoyèrent également deux députés à l'archevêque pour ui dénoncer leur appel ; mais il ne voulut pas leur parler, parce qu'ils avaient communiqué avec ceux qu'il avait excommuniés, entre
autres l’évêque de Londres. Quant aux légats, Thomas leur écrivit
qu'ilsavait bien, et eux aussi, jusqu’à quel point il devait leur obéir, iqu'il ferait. ce qui serait expédient à l'Église,
} ILécrivit cependant au Pape une grande lettre, où, après avoir aconté ce qui s'était passé à Gisors, il se plaint que le roi n’eût ppelé des évêques d'Angleterre que ceux qui lui étaient les plus opposés, et déclare qu'il ne lui est ni sûr ni possible de subir aucun gement qu'en présence de sa Sainteté. Il ajoute ensuite : Et parce
que vous êtes chargé du soin de toutes les églises, tournez, s’il vous ait, vos yeux vers l'Occident, et voyez comment l'Église y est
allée. Que le cardinal Otton. vous dise ce qu'il a vu en Touraine et gleterre ; car, pour ne point
omme vous savez, il tient en sa main, depuis longtemps, sept évéhés vacants dans notre province et dans celle de Rouen, et ne per-
net point qu’on y ordonne d'évêques. Le clergé du royaume est lonné en proie à ses satellites. Si nous que répondrons-nous à Jésus-Christ au sistera à l'Antechrist, si on souffre si pa ‘est par ces tolérances que les rois. dégénèrent en tyrans et ne laisent ni droits ni priviléges à l'Église qu’autant qu’il leur plaît 1,
dissimulons .ces désordres.
jour du jugement ? et qui tiemment ses précurseurs ?
Trois jours après, ayant reçu le mandement des légats qui suspen-
248 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv,LXIX, De 11
dait ses pouvoirs, il écrivit au Pape une autre lettre, où il dit : Now sommes devenus la risée de nos voisins par l'autorité de vos] qui n’ont gardé aucune mesure avec nous. Pourquoi, Seigneur avez-vous donné la légation à un homme dont l'entrée vous devai faire juger de l'issue de sa commission ; qui, dès le commenceme n'a songé qu’à faire sa cour aux princes, aux dépens de la dignit de l'Église et de la vôtre 1 ? C'est Guillaume de Pavie dont il park, En même temps saint Thomas écrivit à tous les cardinaux encor plus fortement, leur disant entre autres choses : En quelle conscience pouvez-vous dissimuler l'injure faite à Jésus-Christ en ma personne, ou plutôt à vous qui devez tenir en terre la place de Jésus-Christ) Feignez-vous d'ignorer que le roi d'Angleterre usurpe tous les jour les biens de l'Église et détruit sa liberté ? 11 étend les mains sur tout le clergé sans distinction, emprisonnant les uns, mutilant les autre, leur arrachant les yeux, les contraignant au duel ou à l'épreuve feu ou de l’eau. 11 empêche les évêques d’obéir à leur métropolitan, les moindres clercs à leurs prélats, et ceux qui sont excommunis légitimement de se tenir pour tels. Enfin il veut ôter à l'Église tout sa liberté, à l'exemple du grand schismatique, votre persécuten, C'est l'empéreur Frédéric. Si notre roi fait tout cela impunément que feront ses successeurs ? Prenez garde que les maux croissent tous les jours aussi bien que les occasions et les artifices pour le faire. Ne vous fiez ni à la faveur des princes, ni aux richesses péri. sables ; faites-vous un trésor dans le ciel » Pour secourir les opprimés Autrement, que Dieu nous juge, vous et moi, et tous les compte gnons de mon exil ! Qu'il vous demande compte du sang de ceur qui sont morts pour ma cause, et qu'il venge vos dissimulations & vos injustices ! Bon Dieu ! quelle vigueur peut-on désormais espérer dans les membres, si elle manque dans le chef? On dit déjà haute. ment partout, qu'on ne fait point justice à Rome des puissants, Cette dissimulation, si vous n'y prenez garde, infectera tous les rois: le nôtre est déjà venu au point de suivre les Siciliens, ou plutôt de ls précéder. Le clergé d'Angleterre s'empresse de venir à sa cour de toutes parts ; les prêtres deviennent courtisans, et, sous ce prétexte, s’engagent au roi par serment afin d'obtenir plus aisément dans son royaume les droits qu'il y établit à sa volonté... Croyez-moi don, reprenez vos forces, employez le glaive de Saint-Pierre, et vengu l'injure de Jésus-Christ sans épargner personne : c’est Ià le grand chemin qui mène à la vie. L'Église ne doit pas être gouvernée par dissimulation et par l’artifice, mais par la justice et la vérité 2,
1 L. 2, epist, 47, — 2 Ibid.. enist. 46.
a 1t8t de |
Vers la kroide I des ecclés traité, on suivante. | dans le M roi de Fra sents au R
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dont il fit Normandie lion, fut ac lommage ( Cependa le Pape ava chevêque € soumission.
royaumes, décision de c'était le mc
de France, d
différend à v mots, le roi
injures et lui qui, lorsqu'il L'archevèque dération, que terre l’interro vous plait. Te
oeur de Dieu
250 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 115
Mais pour montrer que je ne veux en rien m'opposer à l’honney de Dieu, voici ce que je lui offre. Il y a eu devant moi plusieun rois en Angleterre, plus ou moins puissants que je ne suis : il Yau avant lui plusieurs grands et saints archevêques de Cantorbéri, Qu'j m'accorde ce que le plus grand et le plus saint de ses prédécessens à accordé au moindre des miens, et je suis content. , , . On s’écria de tous côtés : Le roi s’humilie assez ! Et comme Thomas ne disait mot, le roi de France lui dit avec émotion : Seigneyr archevêque, voulez-vous être meilleur ou plussagequeles saints? (ue craignez-vous ? voici la paix à la porte. Le saint archevêque répor. dit : Il est vrai quemesprédécesseurs valaient mieux que moi. Cham d'eux a retranché de son temps quelques abus, mais non pas tous: ils nous en ont laissé à retrancher, pour que nous ayons part à lew gloire. Que si quelqu’un d’entre eux a été trop mou, ce n’est po en cela que nous devons l’imiter. Nos pères ont souffert le martyre Pour ne pas taire lenom de Jésus-Christ, et je supprimerais son jy. reur pour rentrer dans les bonnes grâces d’un homme ! : À ces mots, les grands des deux royaumes s'élevèrent contre lu, disant que, par son arrogance, il mettait obstacle à Ja paix. Ils ajoue tèrent : Puisqu’il résiste à la volonté des deux rois, il mérite d'être abandonné de l’un et de l’autre. La nuit termina la conférence, 4 les deux rois montèrent promptement à cheval, sans saluer l'arche. vêque ni recevoir son salut. Le roi d'Angleterre, en s’en retournant
disait: Je me suis vengé aujourd’hui de mon traître. Les courtisan,
et les médiateurs de la paix reprochaient en face à Thomas qu'i avait toujours été superbe, hautain et attaché à son sens, ajoutant que c'était un grand malheur pour l'Église de l'avoir fait évêque,
Thomas gardait le silence. Toutefois il répondit ces mots à Jem, évêque de Poitiers, Anglais de naissance, son ami particulier, qui hi réprochait de détruire l’Église. : Mon frère, lui dit-il, prenez garde que vous. ne Ja détruisiez vous-même. 11 retourna coucher à Mot: mirail, où le roi Louis, qui y logeait pareillement, n’alla pointk visiter, suivant sa coutume ; ce qui fit juger que ce prince était. froidi à son égard ; et d’autant. plus que, pendant les trois jours & marche jusqu’à Sens, le roi ne lui envoya personne, et ne Jui fourni point sa subsistance à l'ordinaire.
Le troisième jour, Thomas étant à Sens avec les siens, commeik étaient en peine où ils se retireraient, il leur dit d’un visage tr quille et gai : On n’en veut qu'à moi; et quand je me serai retiré, on ne vous persécutera plus. Je m’abandonne à la Providence; et puisque l’Angleterre et la France nous sont fermées, il ne nous convie
pas non plus d’avoir recours aux Romains : ce sont des voleurs qi
la paix, qu’il pas l'entreter votre vassal.
Liv. LXIX. — De 115 pposer à l’honnew
ant moi plusieun ene suis : il ya op e Cantorbéri, Qu'j > ses prédécesseun nt.
z ! Et comme Th.
smotion : Seigneyr que les saints? Qw archevêque répon.
x que moi. Chao ais NON. pas tous:
s ayons part à ley ou, ce n’est point souffert le martyr primerais son Am.
mme !
vèrent contre hi à Ja paix. Ilsajon.
IS, il mérite d'étre la conférence, « ns saluer l'arche.
n s’en retournant e. Les courtisu, e à Thomas qui on sens, ajouta!
oir fait évêque, ces mots à Jem, articulier, qui lui il, prenez garde coucher à Mont:
t, n'alla poitk e prince était reles trois jours & > et ne lui fourni
siens, comme ik d’un visage trarle serai retiré, on vidence; et puis:
ne nous convient t des voleurs qu
à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 251
pillent les misérables sans distinction. 11 faut prendre un autre che-
min, J'ai oui dire que vers la Saône et jusqu’en Provence les gens sont plus humains ; j'irai là à pied, avec un compagnon : peut-être auront-ils pitié de nous, et nous donneront-ils de quoi vivre, jusqu’à œ que Dieu y pourvoie autrement.
Comme le saint prélat parlait ainsi, un officier du roi de France accourut, et lui dit que le roi. le demandait. Un des assistants dit : C'est pour nous chasser du royaume. Ne faites pas le prophète, dit l'archevêque. Arrivés chez le roi, ils le trouvèrent assis, le visage triste, et il ne se leva point devant l'archevêque, à son ordinaire ; ce qui parut de mauvais augure. I1 les invita faiblement à s'asseoir, et ls demeurèrent longtemps en silence, le roi ayant la tête baïissée et l'air affligé : ce qui leur faisait croire qu’il le chassait à regret.
Enfin il se leva, fondant en larmes et en sanglotant, et se jeta aux pieds du saint archevêque, au grand étonnement des assistants, Le prélat se pencha pour relever le roi, qui, pouvant à peine parler, lui dit: Mon père, vous êtes le seul qui avez vu clair ; oui, vous êtes le sul: nous avons été des aveugles en vous conseillant dans votre œuse, qui est celle de Dieu, d'abandonner son honneur pour conlenter un homme. Je m'en repens, mon père, et vivement; je vous en demande l’absolution. Je vous offre mon royaume, à Dieu et à ous; et vous promets que, tant qu'il me fera la grâce de vivre, je me vous abandonnerai jamais, ni vous ni les vôtres. Le saint prélat
pions au roi l’absolution qu’il désirait et sa bénédiction, et s’en
‘lourna plein de ‘joie à Sens, où ce bon prince le défraya royalement jusqu’à son retour en Angleterre. La réputation de saint Thomas en augmenta beaucoup : on disait dans tout le pays que Célaitun grand homme, et qu'il n’avait pas son pareil en courage tien prudence.
: Quelques jours après, le roi de France apprit que le roi d’Angleere avait déjà rompu les conventions qu’il venait de faire à Montmirail, par sa médiation avec les Poitevins et les Bretons. Ce qui lui it dire : O:que l'archevêque dé Cantorbéri est prudent de nous avoir résisté à tous, pour ne pas faire sa ‘paix comme on voulait !
Nous devrions lui avoir toujours demandé conseil, puisqu'il connaît
si bien le caractère d'esprit de ce prince. Le roi Henri ; de son côté, manda au roi Louis : J'admire de quel ‘droit vous protégez contre moi cet archevêque, après qu'en votre présence je me suis humilié, comme vous savez, et qu'il n’a pas tenu à moi que je ne lui donnasse la paix, qu'il a refusée arrogamment et injurieusement. Vous ne devez
ns l'entretenir plus longtemps dans votre royaume, à la honte de jotre vassal, Louis répondit aux envoyés de Henri : Dites à votre
252 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — Dei
maître que, s’il ne veut abandonner les coutumes qu'il dit avop reçues de ses ancêtres, quoiqu’on prétende ‘qu’elles ne s'accôrde pas avec la loi de Dieu, je veux encore moins perdre. l’ancien drÿ de ma couronne. Car la France a de tout temps accoutumé de téger les misérables et les affligés, et principalement de recevoir ceux qui sont exilés pour la justice. J'ai reçu l’archevêque de Cartorbér: de la main du Pape, que je reconnais seul pour: seigneur sur k terre : c'est pourquoi je ne l’abandonnerai, ni pour ‘empereur 1j Pour roi, hi pour aucune puissance au monde. | Alors saint Thomas voyant qu'il ne pouvait avoir la paix park douceur, voulut essayer de l'obtenir par la sévérité. Ainsi, par sy autorité d’archevêque et par celle qu'il avait reçue du Pape, comme légat, il envoya des lettres de tous côtés, par lesquelles il Susperdait et excommuniait tous ceux qui agissaient contre l'Église, expri mant les noms des personnes et les causes de la censure. Il excom. munia spécialement ceux qui avaient pillé les biens de l'église de Cantorbéri, ou qui les retenaient, et renouvela l’excommunicatiy contre Gilbert, évêque de Londres, lui enjoignant de l’observer, Ces censures étant répandues partout, à peine le roi trouvait. quelqu'un dans sa chapelle qui pôt lui donner à la messe le baiser de
paix ; car presque tous étaient excommuniés » Ou directement, ou por |
avoir communiqué avec les autres. Le reste des évêques et des si. 8&neurs, craignant de pareilles censures, réitérèrent leurs appellations au Pape contre l’archevéque. Le roi lui-même, ne pouvant souf# la condamnation de ses domestiques, envoya à Rome deux archi diacres, se plaignant de cette injure et demandant de nouveaux lk 8ats, pour absoudre les excommuniés et faire la paix, de peur qui ne füt obligé de pourvoir d'ailleurs à sa sûreté et à son honneur, Saint Thomas envoya aussi à Rome de son côté, et fit écrire an Pape par le roi Louis et par les évêques et les seigneurs de Frane qui avaient assisté à la conférence de Montmirail, afin que le Pay fût informé à quoi il avait tenu que la paix ne se fit.
Le roi Henri ne se contenta pas d'agir directement auprès du Pape; il envoya aux villes d'Italie, et promit aux Milanais trois mille mar d'argent pour la réparation de leurs murailles, afin que, avec ls autres villes qu'il s’efforçaïit de gagner, ils obtinssent du Pape la dé: position ou la translation de Thomas. Car il avait promis, pour même cause, deux mille marcs aux Crémonais, mille aux Parme sans, et autant aux Bolonais. Il offrait au Pape de l'argent pour ke délivrer de l’exaction des Romains, et dix mille marcs de plus, aver liberté de disposer comme il lui plairait des églises vacantes d'An-
gleterre. Maïs l'excès de ses promesses et l'injustice de ses demandes
injustices, il il puisse tra
il, pour me
1 L, 3, epist,
Liv. LXIX. De 11
nes qu'il dit av Îles né s'accorde rdre. l’ancien drÿ
nt de recevoir cm que de Cantort:
ir seigneur sur Jour empereur,
oir la paix park té. Ainsi, par > du Pape, comme quelles il susper.
tre l'Église, expri ensure. Îl éxcom ns de l'église de ‘excommunicatin
le roi trouvait.
messe lé baiser de ectement, ou pou À vêques et des sai leurs appellation | pouvant soufirr ome deux archi de nouveaux lé aix, de peur qu t à son honneur.
, et fit écrire ar gneurs de Franc afin que le Paye
auprès du Pay; trois mille-mars fin que, avecls t du Pape la de-
lille aux Parme.
l'argent pour ke res de plus, avec s vacantes d'Ande ses demandes R
a1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATLOLIQUE. 253
empéchèrent qu'il ne fût écouté. Il fitencore agir au nom du roi de Sialle, dont le crédit était grand à Rome: cefuten vain ; tout ce qu'il put obtenir fut que le Pape enverrait des nonces pour procurer la paix. Cependant saint Thomas, sachant les mouvements que le roi se donnait contre lui, et qu’il sollicitait le Pape de l'appeler en Italie, écrivit ainsi à Humbald, cardinal-évêque d’Ostie, son ami, qui fut depuis le pape Lucius III: Comme il est évident que le roi d’Angleterre ne cherche qu’à opprimer la liberté de l'Église et à bannir de ss États l’autorité du Saint-Siége, tous les hommes sages et craignant Dieuadmirent comment l'Église romaine l’a souffert si longtemps avec tant de patience. Quelle gloire. est-ce devant Dieu et devant les hommes de juger les pauvres et de ne réprimer point les crimes des puissants, que la vraie justice punit plus rigoureusement que les autres ? Qui jamais, au vu et au su du Pape, a tant abusé des biens de l'Église que fait à présent le roi d'Angleterre ? Il y a cinq ans qu'il possède mon évêché ; il a tourné à son usage ceux de Lincoln, de Bath, d'Hereford et d'Ély; il a distribué à ses chevaliers presque toutes les terres de l’église de Landaff, et it ne permet. point d’ordonner d'évêque à Bar or, vacant depuis près de dix ans. Je ne parle point des abbayes, dont je ne sais pas le nombre. Il se vante de faire cela en vertu de ses coutumes, que l’Église romaine devrait avoir publiquement condamnées dès le commencement. C'est donc parce que je ne veux pas abaisser l’Église que le roi demande ma déposition; parce que je ne veux pas abandonner la ause de Dieu, il demande que je sois transféré à une autre église, sns nécessité et utilité ; parce que je ne veux pas prendre part à ses injustices, il demande que vous m'appeliez, afin que, dans le passage, ilpuisse trafiquer de mon sang : car à quel autre dessein sollicite-til, pour me perdre, les Milanais, les Crémonais et. les Parmesans, qu'il a corrompus par argent ? Quel mal ai-je fait à Pavie et aux autres villes d’Italié, pour procurer mon exil? N a-t-on pas attiré les Frangipanes, les Latrons, la famille de Pierre de Léon et les autres Romains les plus puissants, pour soumettre l'Église romaine ? On promet même de lui donner la paix avec l'empereur et les Saxons, et d’obliger par argent tous les Romains à prêter serment de fidélité au Pape, pourvu qu'il satisfasse le roi d'Angleterre par ma déposition. Vous voyez quelle sûreté et quel agrément il me préparait en ce voyage. Et il ne se mettait pas en peine où je prendrais de quoi en faire les frais et de quoi satisfaire à mes créanciers. Enfin on a beau m'appeler, je ne m'exposerai jamais à ce voyage, où ma vie serait en péril 1.
1 L, 3, epist, 79.
254 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX. — Dei
Les nonces que le Pape envoya au roi d’Angléterre furent Gr. tien, neveu du Pape Eugène III, sous-diacre et notaire de l'Églie
romaine, avec le docteur Vivien, archidiacre d’Orviète et avocat À
cour de Rome. Le Pape leur donna la formule de la paix qu'ils de. vaient traiter, et leur fit promettre par serment de n’en point exc, der les termes. 11 leur défendit de souffrir que le roi les défray#, jusqu’à ce que la paix füt conclue, et de faire aucuh séjour au del du terme qui leur était prescrit, savoir, la Saint-Michel de la même
année 1169. Les nonces étaient chargés de deux lettres, l’une à l'a. B
chevêque de Cantorbéri, par laquelle le Pape lui conseillait et lui or. donnait de ne porter aucune sentence contre le roi, le royaume y les personnes distinguées, jusqu’au retour de ses nonces, et, si] avait porté quelque sentence, de la suspendre jusqu’à ce terme. Py la lettre au roi, il lui enjoignit, de la part de Dieu et pour la rémis. sion de ses péchés, de rétablir l'archevêque de Cantorbéri dans xy église, et de lui rendre ses bonnes grâces. La lettre est. du A One de mai. Îls avaient aussi des lettres pour le roi de France, qu'ils hi rendirent à Souvigni en Bourgogne, où ils le rencontrèrent, et il re leur conseilla pas d'aller chercher le roi d'Angleterre, qui étaiten Gascogne avec son armée, parce qu'ils ne pouvaient y arriver sa grand péril. Ils allèrent donc à Sens attendre le retour de ce prince.
Quand il fut revenu en Normandie, les deux nonces allèrenth trouver. Il ÿ eut des conférences et à Domfront et à Caen : les deux nonces s’y Conduisirent d’une manière véritablement romaine. Dan un moment que le roi s'emportait et menaçait, le nonce Gratienli dit : Seigneur, ne faites point de menaces, nous ne les craignox
naiisi dei
le 22me d que de P:
gnité de 8 prudent € cesseur at le plus gr à la négo gleterre.
Ce prin Rome, et dant que 1 à de deçà la
point ; nous sommes d’une cour qui a l’habitude de commander our M
empereurs et aux rois. Enfin, après bien des négociations, la pait allait se conclure, les conditions étaient écrites, lorsque le roi voulit qu’on y ajoutêt cette clause : Sauf la dignité de notre royaume, La nonces s’y refusèrent, à moins qu'on ne mit aussi : Sauf la liberté de l'Église. Le roi s’entéta, la conférence fut rompue, sans autre rl tat qu'une lettre du roi au Pape pour se plaindre des nonces. Laissant son collègue Vivien en France, le nonce Gratien sé rendi à Rome avec le nouvel archevêque de Sens. C'était Guillaume aur
Blanches-mains, beau-frère du roi Louis le Jeune, qui, dès l'ann M
1165, avait été élu évêque de Chartres ; mais le pape Alexandre |
l'avait dispensé de se faire sacrer pendant cinq ans, à cause de « ÎR
jeunesse. Durant cet intervalle, l’archevéché de Sens vint à vaquer, È
en 1168, par le décès de Hugues, et Guillaume fut éln pour lui succéder, sans quitter l'évêché de Chartres, que le pape Alexandre li
permit de garder encore deux ans. Il fut sacré archevêque de Seis, &
Nêque. Enfin ulres, que 1 Cependant
Ru moins ga,
356 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX, — Detigs
avec serment qu'il suivrait son conseil et l’ordre du Pape pour renir la paix à l'Église. Sur cette parole, Vivien, croyant la paix déjà faite, écrivit à l’archevêque de Cantorbéri de se rendre à Paris le 46m de novembre, parce que ce jour-là les deux rois devaient avoir une con. férence à Saint-Denis, où le roi d'Angleterre devait se rendre, s0w prétexte d’un pèlerinage de dévotion. Thomas répondit à Vivien que, sa commission étant finie, il n’avait pas dû aller trouver le roi d'An. gleterre qu'avec grande circonspection. Pour moi, ajouta-t-il, je re suis plus obligé de me rendre à vos ordres, et je ne comprends pas sur quelle assurance vous avez été si facile à m'appeler. Je ne lis serai pas, par respect pour le Saint-Siége et par amitié pour VOUS, de me trouver à votre rencontre à Corbeil, pour apprendre de votr bouche ce que nous devons espérer de ce voyage. C’est que Thomx connaissait mieux que Vivien les artifices du roi d'Angleterre. Saint Thomas fut aussi pressé par le roi de France et d’autres person sages de venir à cette conférence 1.
Vivien, s'étant donc rendu à Saint-Denis, pressa le roi Henri de tenir sa parole ; mais le Normand se dédit, en sorte que Vivien hi *cprocha publiquement sa duplicité et l’artifice dont il avait usé pour le surprendre, et depuis, il dit à saint Thomas que jamais il n'avait vu un si grand ménteur. Au retour de Saint-Denis, le roi Henri pas près de Montmartre, où saint Thomas le trouva, et, par l’éntremi de plusieurs évêques, le prià, pour l’amour de Dieu et du Pape, de
lui rendre, à lui et aux siens, sa paix, ses bonnes grâces et les biens
qui leur avaient été êtés, offrant de lui rendre tout ce qu’un arche. vêque doit à son prince. Le roi répondit que, de sa part, il remethi de bon cœur tous les sujets de plainte qu’il pouvait avoir contrel'. chevêque, et, quant à ce que le prélat voudrait proposer contre hi il s’en tiendrait au jugement de la cour du roi de France, de l'églig gallicane ou de l’écuie de Paris.
Saint Thomas répondit qu'il ne récusait pas le jugement de h cour de France ou de l’église gallicane ; mais il ajouta qu'il aimai mieux composer amiablement avec le roi, son maître, que plaider Il présenta un écrit où il avait rédigé ce qu’il demandait au roi:d ajouta de vive voix qu’il désirait être reçu au baiser de paix, et avor la restitution de la moitié des meubles pour payer ses dettes, réparr les bâtiments et les dommages que l’église avait soufferts depuisson absence. On fit la lecture de l'écrit, et tous les assistants le trouvaient raisonnable; mais le roi d'Angleterre répondit à son on naire avec un circuit de paroles si embarrassées, qu’il paraissait at
1 L.8, eris’. 9 et 10.
a 1181 de |
plus simp
Ave LXIX, — Detiss
| Pape pour renir \ la paix déjà faite à Paris le 46m de ent avoir une con.
it se rendre, so ndit à Vivien que ouver le roi d'A.
| ajouta-t-il, je ne ne comprends pas opeler. Je ne lais.
amitié pour vou, pprendre de votre C’est que Thomy Angleterre. Saint ’autres persons
1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.
plus simples accorder tout, et que les plus pénétrants jugeaient qu'il à y mélait des conditions intolérables. Quant au baiser de paix, il dit
qu'il l'aurait donné volontiers ; mais, qu'étant en colère, il avait juré publiquement de ne jamais le donner à l'archevêque, quelque paix qu'il fit avec lui. IL s’opiniâtra à ce refus, quelque prière qu'on lui ft. Etcomme Vivien pressait le roi Louis de l'en prier instamment, Louis répondit qu’il ne voulait pas faire de la peine à un roi pendant qu'il le tenait sur ses terres ; mais il dit à saint Thomas : Je ne voudis, pour mon pesant d'or, vous conseiller de rentrer dans ses États, qu'il ne vous eût donné le baiser de paix. Ainsi le traité fut rompu.
Toutefois, pour le renouer, le roi d'Angleterre envoya offrir à
Vivien vingt marcs d'argent, le priant de s’en entremettre encore ; mais Vivien le refusa,
et lui reprocha d’avoir voulu le déshonorer par cette offre. Ce qui pressait ainsi Je roi Henri de faire la paix, élait l'alarme que lui avait donnée le voyage de l'archevêque de Sens et de Gratien ; et il envoya en cour de Rome pour empêcher que ce prélat n'eût la légation dans ses États. Saint Thomas en envoya de son côté pour instruire le Pape de tout ce qui s'était passé en cette lernière conférence; le roi Louis envoya aussi les siens, ptiant le Pape de ne donner plus de délais au roi Henri ; et l'archevêque de
pen, en personne, le pria de mettre en interdit les États de ce prince, il ne rendait la paix à l'Église,
Après que le Pape Alexandre eut ralien et Vivien, ;l esSsaya encore de ramener le roi d'Angleterre par des personnes d’une vertu distinguée : premièrement saint Antelme, évêque de Bellai, et par le prieur de la grande chartreuse : uis par Simon, prieur de la chartreuse du Mont-Dieu, au diocèse le Reims, et Bernard du Coudrai, moine de Grand-Mont. II manda ces derniers : Nous vous enjoignons d'aller ensemble trouver le roi l'Angleterre, deux mois après la réception de cette lettre, s’il est leçà la mer, et de lui donner les avis nécessaires, en lui présentant ho lettres monitoires. Que s’il ne vous écoute pas, vous lui donherez nos lettres comminatoires, et lui déclarerez que, si avant le vrmencement du carême prochain, il ne se réconcilie pas avec archevêque de Cantorbéri > Nous n'empêcherons plus ce prélat d’emloyer la sévérité des censures ecclésiastiques. La lettre est datée de énévent, le 25% de mai 1169, et le premier jour de carême de année suivante 4170 devait être le 18me de février 1, Simon et Bernard virent deux fois le roi d'Angleterre hière pour lui présenter la lettre monitoire Wec la lettre comminatoir
a le roi Henri & rte que Vivien hi it il avait usé por > jamais il n'avait le roi Henri pasa t, par l’éntremie eu et du Pape, de râces et les biens B t ce qu’un arche part, il remet avoir contrel' >poser contre hi, 'rance, de l'église
envoyé en France les nonces
jugement de lb outa qu'il aimai ître, que plaider andait au roi; " de paix, etavoi es dettes, réparer 1fferts depuis son ssistants le trou ndit à son ordi vil paraissait aux
: la predu Pape, et la seconde e; mais, ni en l’une ni en l’autre occasion.
LL, 4, epist, 1,2, 4,