‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 4)Chapitre 32 sur 63 · XVI · texte numérisé non relu

XVI

258 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXIX. — De11is

ils a’avancèrent rien. Le roi voulait toujours que Thomas! promt l'observatica des coutumés, sans restriction de l'honneur de Diey ni de son: ordre; et saint Thomas refusait constamment de lui faire

un serment que ses prédécesseurs n'avaient point fait, et d'approuver |

des coutumes que le Pape avait condamnées,

Saint Thomas s'était plaint amèrement de ce qu’à'la sollicitation du roi d'Angleterre le Pape avait suspendu son autorité ; mais Pape ayant levé cette suspense, en cas que le roi ne satisfit pas avant le carême, Thomas avança ce terme’de quinze jours, et mandai tout le clergé de la province de Cant, que, si le roi ne satisfaisai dans la Chandeleur, ils eussent à cesser dès lors entièrement l'office divin, excepté le baptême des enfants, la pénitence et le viatique, pour lequel on disait la messe à huis clos, sans son de cloches, et les excommuniés mis dehors. Il leur ordonne encore de dénoncer excommuniés plusieurs individus, particulièrement ceux qui retien. nent le bien des églises ou reçoivent des bénéfices de la main dx laïques. Il écrivit de même au couvent de la cäthédrale de Cantor. béri, au chapitre de Douvres et aux monastères de la province, à l'archevêque de Rouen, à son clergé et à son peuple. H écrivit à lé. vêque de Winchester; et, après avoir marqué qu'il a déjà passé cinq ans en exil et que la négociation des nonces Gratien et Vivien a été inutile, il ordonne à ce vénérable évêque, son suffragant, de faire cesser l'office divin dans tout son diocèse, si le roi ne satisfi à l'Église dans la Purification. Il écrivit de même aux autres évêques, ses suffragants, et joignit à cette leître les noms dés excommunié, au nombre de vingt-huit, dont le premier, Gilbert, évêque de Londres!

Saint Thomas, écrivant au Pape et aux cardinaux, s'était plaint, entre autres choses, que le roi d'Angleterre tournait à son profit ls revenus des abbayes et des évêchés vacants, et ne souffrait pas que l'on y ordonnât des pasteurs. Le Pape en écrivit à ce prince une lettre du 9 oetobre 1469, où il dit : Nous avons appris que vous tenez en vos mains le: “vêchés vacants de Lincoln, Bath et Herford, et que vous empèchez que l’on n'y fasse d'élection libre, vous attri. buant non-seulement ce qui est à César, mais encore ce qui està Dieu. C'est pourquoi nous vous prions et vous enjoignons, pour k rémission de vos péchés, d’avertir le clergé de ces églises d'y faire des élections canoniques, et de leur donner la protection nécessaire pour cet effet, sans leur nommer les personnes qu'ils doivent élire: autrement nous serons obligé d’exercer contre vous l'autorité de saint Pierre 2.

*L, 4, epist. 14, 15,16; L, 3, epist. 33, 84, 38, 35, 96, 89, — 2 L. 3, epist. Il

à 1181 de | Après € Alexandre d'Anglete:

conférenc. d'exécuter Pour cet e sion à Roti vers, par

dans un m l'archevêqn de lui rend tournér à s

tà ses suffra

tes d'Anglet

e mêler de c d exil, Le P;

NO L 5, epist,

IV, LXIX. — De115s

Thomas! promi honneur de Diey ment de lui faire

it, et d'approuver

l'à'la sollicitation autorité ; mais le

satisfit pas avant R

ours, et mandaà oi ne Satisfaisai tièrement l'office ce et le viatique, on de cloches, « ore de dénoncer | ceuX qui retien.

s de la main ds drale de Cantorle’ la province, à >, I écrivit à l'é.

u'il a déjà pasé sratien et Vivien on suffragant, de le roi ne satisfa «autres évêques, :S excommunié, que de Londrest, ax, s’était plaint, t à son profit ls souffrait pas que à ce prince une appris que vous Bath et Herford, libre, vous attri:

ore ce qui està oignons, pour k églises d'y faire ction nécessaire Is doivent élire; jus l'autorité de

21, 3, epist, (I.

d exil, Le Pape écrivit aussi

à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. Après que le nonce Vivien fut retourné en cour de Rome, Alexandre, pleinement inform d'Angleterre et l'archevêque œuférnce de Montmartre, comprit d'exécuter ses promesses, par la craint Pour cet effet, il envoya, le 19 janvie sion à Rotrou, archevêque de Rouen vers, par laquelle il‘leur enjoint d’ dans un mois après la lettre reçue, l'archevêque la paix et la sûreté entière, et de le recevois au baiser; de lui rendre, à lui et aux siens, tous leurs biens, et de le faire retournér à son église, Le Pape ajoute : Sile roi, dans quarante jours après l'admonition, n’accomplit pas ce qu’il nous a promis, vous nelirez en interdit tous ses États de decà la m | s'y fasse aucune fonction ecclésiastique, et la pénitence des mourants. Quelque ous éxhorterez encore le roi à abolir les ipalement celles qu’il a’ introduites de n ous nous en donnerez avis.

, Vous exhortere lu baiser du prince son fils. Le Papen pour :l’

IX, e ne pas donner sujet au roi l'Angleterre de se plaindre qu’il n’eût donné cette commission qu’à

évêque de Nevers d'y Rouen ne püût ou ne ape écrivit au roi d'Angleterre, ion. Il en écrivit aussi , le 18me de ant, à l'archevêque d’York

que le roi d'Angleterre voulait faire Ô » Par l'archevêque d'York, au préjuice dé celui de Cantorbéri, auquel le sacre des rois d'Angleterre aparfenait, suivant l’ancienne coutume. C’est pourquoi le Pape écrivit, 20" de février, à Roger, archevêque d'York, et aux autres évé ls d'Angleterre, pour leur défendre, sous peine de déposition, de e mêler de cette cérémonie, tant que l'archevêque Thomas serait

à saint Thomas, Pout iui défendre de

buronner Henri, son fils aîné

DL: 5, epist. 8, 6,1, 1,8.

le pape é de ce qui s'était pa‘sé entre le roi de Cantorbéri, particulièrement à la

260 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXIX. — Deiiy

sacrer le prince ou de permettre à un autre de le sacrer, s’il ne prt. tait auparavant le serment que les rois avaient coutume de prêter; l'église de Cantorbéri, et s’il ne déchargeait tout le monde de l'o. servation de «es coutumes et du serment qu'il avait exigé en derniy lieu. &i: thomas avait lui-même fait solliciter ces lettres en cour de Rome ; et, les ayant reçues, il les adressa à Robert, évêque de Wwn chester, son suffragant, lui enjoignant de les montrer à l'archevêque d'York, aux autres évêques, et de leur défendre, de la part Pape, de sacrer le prince. Saint Thomas en écrivit aussi directement à tous les évêques d'Angleterre et de Galles, et en particulier à l'é. vêque de Winchesier ,

Vers le même temps, le saint archevêque envoya secrètement Angleterre consulter le saint ermite Godric; que déjà nous avons ap. pris à connaître, et qui avait le don de prophétie. Il lui fit demanda quelle serait la fin de ses maux. L'envoyé fut près de huit jours sans pouvoir parler au saint ermite, qui enfin lui fit ouvrir sa porte, à lui dit: Dites à votre maitre qu’il ne se trouble point : il rentren bientôt dans les bonnes grâces du roi, il seva rétabli avec honner dans son église, et les Anglais en auront plus de joie qu'ils n’ont ét affligés de son exil. Il est vrai que cette sérénité feinte sera trouble par une injustice et une cruauté inouïes ; mais Godric ne sera plu en ce monde. Mites-lui encore et répétez-lui que, dans neuf mo, « qui le régarde sera entièrement fini. Godric fit plusieurs autres pré. dictions que l'événement vérifia, et découvrit souvent les pensées s

crètes; il guérit des malades et fit plusieurs autres miracles. Enfin, À

accablé de vieillesse et d’infirmités, il mourut le 21"° de mai 411 jour auquel l'Église honore sa mémoire ?.

Les précautions que le pape-Alexandrs avait prises touchant l couronnement du jeune roi d'Angleterre n’eurent pas leur effet, ete prince ne laissa pas d'être sacré par l'archevêque d’York. Les lettre du Pape arrivèrent en Angleterre, mais elles n’y furent montrési personne. Cependant le roi Henri passa en ce royaume dès le 3m jour de mars, et, quelque temps après, il ordonna que tous les évèqué et les seigneurs se rendissent à Londres le 44"° de juin. L’archevêque de Rouen et l'évêque de Nevers, prenant le chemin d’Angkterre, écrivirent au roi l'ordre qu'ils avaient reçu du Pape; et leni leur manda de ne point s’exposer à la mer, leur promettant der: passer bientôt et. d'accorder le projet de paix avec l'archevêque de Cantorbéri. Le dimanche, 14"° de juin 1170, tous se trouvèreili Londres, les évêques et les abbés de toute l'Angleterre, les contes,

1 L, 4,epiet, 42-45. — ? Acta SS., 21 maii.

jet qu

à 1181 de ]

les vicom!

crainte, n vant, 21" venir de N roi à Wes les mains, chester, «qi aucuxs pré du couron plus roi. E pour conse béri. Enst qu'il deva leine.

Quand s fut sensible {ous ses an ment, en ci nication l’é lhcomimiss même, sou

il fasse tontraire, ©’ présents au plus fatiguer üént triompi n'eùt pas fait

v, LXIX. — Dei

acrer, S'il ne pri.

tume de prêter j le monde de l'ob.

exigé en dernie lettres en cour de , évêque de Won rer à l'archeyèque , de la part dy aussi directement particulier à l'é.

a secrètement en à nous avons ap- | lui fit demander de huit jours sans uvrir sa porte, e joint : il rentren bli avec honer ie qu'ils n'ont été inte sera troublés Jdric ne sera plus ans neuf mois, 0e sieurs autres pré.

nt les pensées se

s miracles. Enfin, R

[” de mai 417

rises touchant le as leur effet, etæ "York. Les lettres urent montréesà me dès le 3me jour tous les évèqus le juin. L’archechemin d’Angklu Pape; et leni romettant de ré:

c l'archevêque de s se trouvèrenti terre, les comtes,

Be ne sais comment il arrive toujours à la cour de R«

mit iiomphant de ja justice.

à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 261

les vicomtes, les barons, les prévôts et les aidermans, tous en grande crainte, ne sachant quel était le Lessein du roi. Le dimanche suivant, 21°° de juin, le roi fit chevalier, Henri, son fils, qu'il avait fait venir de Normandie la même semaine, et il le fit sacrer et couronner roi à Westminster, Ce fut Roger, archevêque d'York, qui lui imposa les mains, assisté des évêques de Londres, de Salisburi et de Rochester, qui, toutefois, protestèrent que cette fonction ne porterait aveux préjudice à l’église de Cantorbéri, leur métropole. Au festin du couronnement, le roi servif à table son fils, déclarant qu'il n’était plus roi. Le jeune roi n'avait que quinze ans, et son père lui donna pour conseils les plus grands ennemis de l'archevêque de Cantorbéri. Ensuite il passa la mer, pour se trouver à la conférence qu'il devait avoir avec le roi de France, à la fête de Sainte-Madeleine.

Quand saint Thomas apprit la nouvelle de ce couronnement, il en fut sensiblement aflligé, et en fit des plaintes amères au Pape et à tous ses amis de Rome. Il avait déjà un grand sujet de mécontentement, en ce que l’archevêque de Rouen avait absous de l'excommutication l’évêque de Londres, prétendant le devoir faire en vertu de hcommission du Pape. Saint Thomas s’en était plaint à l'archevêque même, soutenant qu'il avait excédé son pouvoir, en ce qu’il n'avait

point observé les conditions prescrites : et, joignant ces deux sujets de plainte, il écrivit ainsi au cardinal Albert :

Plût à Dieu, mon cher ami, que vous pussiez entendre ce que l’on dit en ce pays-ci à la honte de l'Église romaine ! Nos derniers envoyés semblaient avoir rapporté quelque consolation dans les lettres du Pape; mais elles ont été anéanties par d’autres lettres , en vertu desquelles l’évêque de Londres ét celui de Salisbur: ont été absous,

1e que Barabbas est délivré et Jésus-Christ mis à mort. C’est par l'autorité de cette tour que notre proscription a été prolongée jusqu’à la fin de la sxième année. On condamne chez vous de pauvres exilés, et on ne ks condamne qu. parce qu'ils sont pauvres et faibles : au contraire, on absout des sacriléges, des homicides. des voleurs, que saint Pierre même ne pourrait absoudre, je le dis hardiment, puisque Jésus- Christ n’ordonne d’absoudre le pécheur qu'en cas qu'il se convertisse

[et qu’il fasse pénitence. Ici on les absout, même sans restitution : au

contraire, c'est de nos dépouilles que les envoyés du roi font des présents aux cardinaux et aux cCourtisans. Et ensuite : Je ne veux Plus fatiguer la cour de Rome : que ceux-là y aillent, qui en revien- Plût à Dieu que le voyage de Rome l'eût pas fait périr inutilement tant d’innoc 1ts malheureux! Saint

262 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXIX, … De 115

Thomas écrit sur le même ton à Gratien, qui était venu en Frang l'année précédente en qualité de nonce 1.

Les compagnons de son exil écrivirent de même au cardinal Albert et à Gratien, insistant sur le trop d'indulgence dont le Pa avait usé envers le roi d'Angleterre. Saint Thomas, écrivant au p même, lui représente le caractère de ce prince, qu'il était plus facile de vaincre par la sévérité que par la douceur. Enfin, Guillaume, ar. chevêque de Sens, écrivit au Pape que le roi de France et tou l’église gallicane étaient scandalisés de cette conduite du Saint. Siége, où Satan était délié et Jésus-Christ crucifié de nouveau, || # plaint que le sacre du jeune Henri était une insulte au roi Louis, dont la fille, fiancée à ce prince, n’avait pas été couronnée avec li, et finit en exhortant le Pape à punir les évêques qui ont commis «y attentat. Le Pape, dans sa réponse à l'archevêque de Sens, lui er. joint de presser l’archevêque de Rouen et l'évêque de Nevers d'exi. cuter leur commission ?,

Mais avant que le Pape eût fait cette réponse ou même reçu lettres précédentes, la paix était conclue entre le roi d'Angleterre à le saint archevêque de Cantorbéri. Ce prélat en avait marqué là conditions essentielles dans une ample instruction qu'il envoy l'évêque de Nevers, et qui commence par les avis nécessaires por se. précautionner contre les artifices du roi. Le roi, de son côté, manda à l'archevêque de Rouen qu’il voulait faire la paix suivant k projet que le Pape en avait donné, C’est qu'il voyait qu'il ne pouni plus reculer, et que les deux prélats de Rouen et de Nevers avaien ordre de mettre en interdit ses États, s’il ne s’accordait dans les qu rante jours prescrits.

Les deux prélats donc, ayant appris les intentions du roi d’Angleterre, allèrent à Sens trouver saint Thomas, le 16 de juillet 4170, pour les lui expliquer et lui marquer le jour de la réconciliatin. Les deux rois avaient fixé celui de leur conférence au 20 du méme mois, sur la frontière de leurs États, en Touraine. L’archevéque de Sens avait conseillé à saint Thomas de venir, avec lui et avec les deux prélats de Rouen et de Nevers, à la conférence des rois, disant qu'l ne pourrait jamais faire sa paix de loin. Thomas avait répugnant d'aller à cette conférence sans y être mandé ; toutefois il céda, et les quatre prélats y allèrent ensemble, les trois archevêques de Cantorbéri, de Sens et de Rouen, et l’évêque de Nevers. Les deux rois tinren leur conférence le lundi 20 de juillet et le mardi suivant, sans faire aucune mention de Thomas , ce qui alarma beaucoup les cleres de

î L, à, episi. 20 et 21. —? ibid., epist. 22, 23, 24, 26.

à 1181 de

vers il av ajoutant « ment ado En effe terre vint breuse, S:

de Sens el avec leur 1 sa troupe, s'être don:

à part, le mier se pl église, usa Ensuite l’a

jusqu’à leu si longue, « L'archev

Qui dit: Je n

Liv, LXIX, — De 15 it venu en Fran

1ème au cardin nce dont le Py , écrivant au P likétait plus facile in, Guillaume, .

le France et tout nduite du Saint.

de nouveau. || # alte au roi Loui, uronnée avec lui, ui ont commis ct » de Sens, lui er.

> de Nevers d'ext.

Ju même reçu l oi d'Angleterre ot avait marqué l n qu'il envoya} nécessaires pour roi, de son côli, la paix suivant k it qu’il ne pouni de Nevers avaient dait dans les qu

18 du roi d'Angk.

de juillet 417 la réconciliation, > au 20 du méme L’archevéque de i et avec les deux rois, disant qu'l avait répugnance fois il céda, et le êques de Cantordeux rois tinrent uivant, sans faire oup les clercs de

à 1181 de l'ère ehr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 263

a suite, qui avaient assisté à cette conférence et qui craignaient qu'il n’eût la confusion d'y être venu inutilement. Toutefois, l’archevque de Sens vint lui dire qu'avec les prélats de Rouen et de Nevers il avait obtenu du roi d'Angleterre qu'il le verrait le lendemain, ajoutant qu'il lui avait paru, à son visage et à ses paroles, entièrement adouci et résolu à se réconcilier de bonne foi, il

En effet, le lendemain , jour de Sainte-Madeleine, le roi d'Angleterre vint dès le grand matin au rendez-vous avec une suite nombreuse, Saint Thomas y vint plus tard, accompagné de l'archevêque de Sens et de plusieurs Français, qui étaient venus à la conférence avec leur roi. Dès que le roi Henri aperçut Thomas, il se détacha de a troupe, alla au-devant et le salua le premier, la tête nue. Après s'être donné la main et s'être embrassés tout à cheval, ils se tirèrent à part, le voi, l'archevêque de Cantorbéri et celui de Sens. Le premier se plaignit au roi des torts qu'on lui avait faits, à lui et à son ‘lise, usant de paroles touchantes et convenables à la circonstance. Ensuite l'archevêque de Sens se retira, et le roi s’entretint seul avec Thomas, mais si familièrement, qu’il ne paraissait pas qu'ils eussent jumais été mal ensemble, ce qui surprit agréablement les assistants, jusqu'à leur faire verser des larmes de joie ; mais la conversation fut si longue, que quelques-uns s'ennuyaient,

L'archevêque représenta au roi modestement la mauvaise conduite qu'il avait tenue et les périls où il s’était exposé, et l’exhorta paternellement à rentrer en lui-même, à satisfaire l'Église, à décharger sa conscience et à rétablir sa réputation, attribuant ses fautes aux mau- Mais conseils plutôt qu’à sa mauvaise volonté, Le roi l’écoutait nonsulement avec patience, mais avec bonté, promettant de se corriger.

archevêque ajouta : Il est nécessaire Pour votre salut, pour le bien de vos enfants et la sûreté de votre puissance, que vous répariez le ont que vous venez de faire à l’église de Cantorbéri en faisant couonner votre fils par l'archevêque d’York. Le roi résista un peu à lle proposition ; et, protestant qu'il ne dirait rien par esprit de dispute, il ajouta : Qui a couronné Guillaume le Conquérant et les rois suivants ? N'est-ce pas l'archevêque d'York ou tel autre évêque qu'il à plu au roi qui devait être couronné ? L'archevêque répondit per lnemment à cette objection par la déduction historique de ce qui s'était passé en Angleterre depuis la conquête des Normands, et hontra que, hors certains cas extraordinaires, les archevêques de Cantorbéri avaient toujours sacré les rois, sans que ce droit leur it été disputé par les archevêques d’York.

Après que saint Thomas ent longtemps parlé sur ce sujet, le roi

jui dit: Je ne doute point que l’église de Cantorbéri ne soit la plus

‘264 HISTOIRE UNIVERSELLE noble de toutes celles d'Occident; et, loin de vouloir la priver de sn

droit, je suivrai votre conseil et ferai en sorte que, sur ce point ets

tout autre, elle recouvre son ancienne dignité ; mais pour ceux qui jusqu’à présent vous ont trahi, vous et moi, je les traiterai, Dieu ai. dant, comme ils méritent. A ces mots, Thomas descendit de che

pour se jeter aux pieds du roi ; mais le roi, prenant l'étrier, l’chlige M de remonter. il parut même répandre des larmes, et lui dit : #: fn, À

seigneur archevêque, rendons-nous de part et d'autre notre ancien amitié, faisons-nous tout le bien que nous pourrons, et oublions y. tièrement le passé ; mais, je vous prie, faites-moi honneur devant

ceux qui nous regardent de loin. Et comme il voyait entre ces spes B

tateurs quelques-uns de ceux qui fomentaient la division, il S’appn. cha d’eux et dit, pour leur fermer la bouche : Comme je trouve l'. chevêque parfaitement bien disposé, si de mon côté je n’en use px bien avec lui. je serai le plus méchant de tous les hommes et montrerai la vérité de tout le mal qu’on dit de moi. Mais je ne voi point de parti plus honnête ni plus utile que de m'étudier à le sur. passer en amitié et en bons oftices. Tous les assistants donnèrent de grands applaudissements à ce discours du roi.

Alors il envoya au saint archevêque des évêques de sa suite, li dire de proposer publiquement sa demande, Quelques-uns lui con.

seillèrent de remettre le tout à la discrétion du roi; mais le saint ne à

juges pas à propos de compromettre la cause de l'Église. Ayant don tenu conseil avec l’archevêque de Sens et les compagnons de son exil, il résolut de ne point remettre à la discrétion du roi la quest des coutumes, les dommages que son église avait soufferts, ni h plainte touchant le sacre du jeune prince. Ainsi, se rapprochant d roi, il le pria humblement, par la bouche de l'archevêque de Sens, de lui rendre ses bonnes grâces, de lui donner paix et sûreté, à li et aux siens, de lui restituer l’église de Cantorbéri et les terres deu dépendance, et de réparer l’entreprise du sacre de son fils. Le ni accepta Ja proposition, et reçut à ses bonnes grâces Thomas et cer de sa suite, qui étaient présents. Mais la restitution des biens fut dit. férée, parce que le Pape ne l'avait pas ordonnée expressément, Le roi s'entretint encore longtemps avec l'archevêque, suivant leur acienne familiarité, en sorte que leur conférence dura presque jusqu’au soir. Le}roi voulait l'emmener avec lui, disant qu'il lui étai avantageux que leur paix fût connue de tout le monde ; mais le sait prélat répondit qu'it passerait pour un ingrat s’il ne prenait congt

du roi de France et de ses autres bienfaiteurs, et le roi d'Angleterre

en convint.

Comme saint Thomas était prêt à se retirer, Arnoul, évêque de

[Liv. LXIX. -— De 115

à 1181 del Lisieux, le seigneurs, en grâce t grâce tous Il fut né parlez, les excommur par nous « peuvent êt avons de LL E du roi, no:

que, si que même. Un le roi, crai l'archevêqu gens. Ainsi donné sa b Ce récit € à lui faire pa depuis, que l'évêque de excommuni vous leur ax il sera néce:

l'Église que Siége. Il av de ceux que nes, n'étant pied de terr s'il agit sine sa parole, s’ conscience r le roi était bi qu'il envoya En écriva naux de ses mais surtout sa nonciatur.

respirent si à mis sa sûre

IL, 5, epist.

v. LXIX. — De 115

ir la priver de sm sur Ce point et sw ais pour ceux qu traiterai, Dieu a!

scendit de cheyy

tl’étrier, l’chlige et lui dit: #.fn à

re notre ancien s, et oublions m.

| honneur devant it entre ces sper. Ê jision, il s’appro.

ne je trouve l'y.

é je n’en use px les hommes et ke ï. Mais je ne vi étudier à le sw.

nts donnèrent de

es de sa suite, li jues-uns lui con.

mais le saint ne à lise. Ayant don Apagnons de son Lu roi la question L soufferts, ni k rapprochant di evêque de Sens, x et sûreté, à hi t les terres de

son fils. Le roi Thomas et ceux les biens fut dif xpressément. Le suivant leur ar.

ira presque jus nt qu'il Jui état de ; mais le saint e prenait congt roi d'Angleterre

ioul, évêque de

du roi, nous espérons

à1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 265

Lisieux, le pressa vivement, en présence du roi, des évêques et des æigneurs, d'absoudre les excommuniés, disant : Comme le roi a reçu en grâce tous ceux qui vous ont suivi, vous devez aussi recevoir en grâce tous ceux qui ont été attachés au roi. Saint Thomas répondit : Il fut nécessairement faire distinction. Entre ceux pour qui vous parlez, les uns sont plus coupables que les autres ; les uns sont excommuniés directement, les autres par communication ; les uns par nous ou par leurs évêques, les autres par le Pape, et ceux-ci ne peuvent être absous que par son autorité. Quant à nous, comme nous avons de la charité pour eux tous, quand nous aurons ouï le conseil travailler de telle sorte ‘à leur réconciliation, que, si quelqu'un n’y est pas compris, il ne devra l’imputer qu’à soimême. Un des excommuniés répondit à ce discours avec hauteur; et le roi, craignant que l’on ne s'échauffât de part et d'autre, tira à part l'archevêque, et le pria de ne pas s'arrêter aux discours de telles gens. Ainsi on se sépara pacifiquement, après que saint Thomas eut donné sa bénédiction au roi.

Ce récit est tiré de la lettre que saint Thomas écrivit au Pape, pour

{ lui faire part de sa réconciliation avec le roi. Il y ajoute : J’ai appris

depuis, que l’archevéque de Rouen et l'évêque de Nevers ont chargé l'évêque de Sées, qui passe en Angleterre, d'absoudre ceux que j'ai

Laxcommuniés ; mais je ne sais s'ils lui ont prescrit la formule que

vous leur avez donnée, ou s’il la suivra. S'ils sont absous autrement, il sera nécessaire que vous y portiez remède ; car rien n’affaiblit tant l'Église que l'impunité de pareils attentats par la tolérance du Saint- Siége. Il avait dit auparavant : J'attendrai en France jusqu’au retour de ceux que j'ai envoyés pour recevoir la restitution de nos domaines, n'étant pas d'avis de retourner auprès du roi, tant qu'il aura un pied de terre à l'Église; car c’est par cette restitution que je verrai sil agit sincèrement. Je ne crains pas toutefois qu’il manque à tenir & parole, s’il n’en est empêché par les conseils de ceux à qui leur

j conscience ne permet pas de se tenir en repos. Il paraît en effet que

le roi était bien intentionné pour l'exécution de cette paix, par l’ordre qu'il envoya au jeune roi son fils 1.

En écrivant au Pape, saint Thomas écrivit aussi à quatre cardimaux de ses amis, pour leur faire part de cette heureuse nouvelle ; mais surtout au sous-diacre Gratien, qui s'était si bien conduit dans

| a nonciature. Il lui dit en confidence ces paroles remarquables, qui

rspirent si bien toute la foi des saints : Parce que l’Église romaine amis sa sûreté dans la crainte, elle a égard aux personnes et ne s'op-

IL, 5, epist. 45 et 43.

HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX, — De tir

pose point aux injustices, C’est pour ce sujet que les fléaux de Dieu

les plus rudes et les plus insupportables viennent sur elle :.en sors

qu’elle est errante, qu’elle fuit devant ses persécuteurs et Subsiste À

peine au milieu des maux qui l’accablent. Et ensuite: AYezsoin quelx lettres les plus pressantes et les plus efficaces que le Pape a écrites au roi d'Angleterre pour la cause de l’Église soient insérées dans le registre, afin de servir d'exemple à la postérité 1,

Cependant le Pape, ayant appris le couronnement du jeune Henri, écrivit au saint archevêque Thomas, pour lui déclarer que cette entreprise de l'archevêque d’York, faite contre sa défense, ne por. terait aucun préjudice au droit de l'église de Cantorbéri. Ensuite écrivit à Roger, archevêque d'York, et à Hugues, évêque de Dr. ham ; et, après s'être plaint de la persécution que le roi d'Angleterre faisait souffrir à l'Église, il se plaint en particulier de ce que Roger a sacré le jeune prince dans une autre province, au mépris de l'y. chevêque absent, et de ce qu’en cette cérémonie, loin de faire pro. mettre au nouveau roi de conserver la liberté de l'Église, on lui a fi

confirmer, par serment, les prétendues coutumes du royaume, ||

reproche aux prélats leur faiblesse de lavoir souffert, et, pour puni

tion, les suspend de toute fonction épiscopale. Quant aux évêques À

de Londres et de Salisburi, il déclara qu'ils étaient retombés dans l'excommunication, permettant toutefois à l'archevêque Thomas de les absoudre 2.

Mais quand le souverain Pontife eut appris la réconciliation duro et de l’archevêque, il écrivit à ce prince pour lui en témoigner sa joie et l'exhorter à rendre ses biens à l'église de Cantorbéri, à réparer les torts qu’il lui avait faits, et à faire donner satisfaction à l’archewt. que par le roi son fils. Les cardinaux auxquels saint Thomas avai donné part de cette paix lui en firent aussi leurs compliments, témoignant toutefois qu'ils se défiaient de l'exécution, et l’exhortanti la faciliter par sa douceur. Le Pape lui manda de plus, au mois d'octobre, que, si le roi n’exécutait pas la paix, il lui donnait pouvoir d'exercer les censures ecclésiastiques sur les personnes et les lieux à de sa légation, excepté le roi, la reine, son épouse et ses enfants; et il manda dans le même iemps aux archevêques de Sens et de Roue d'avertir le roi dans vingt jours d'exécuter la paix, et, s’il ne le fai.

sait dans un mois après la monition, de mettre en interdit toutes ss MR

terres de decà la mer #, Saint Thomas vit encore deux fois le roi d'Angleterre : première:

* Ibid., episé. 59, 06, 57, 60, 61, 29, 81.

1 L. 5, epist, 48, 49, 50, 51, 47. Baron., an, 1170, — 2L, 5, epist, 31, 67, 66, z L ! Pita,l, 8,

a 1181 de

ment à Te Blois. Le le regarde une messe l'archevêq conférence par le prélk mais il VOL pour voir

BThomas vi

boise, non ses bonnes témoigna F prendre co terre 1, Cependa Angleterre, Nousnous f

D ke lundi d’a assis le cor

Guillaume «

étaient des ] du nombre

k paix, en :

du roi eurer beton nous fi Dit de la par Dis en poss [véché et des savoir l’état

quoi nous :

15me d’octob lettre ajoute

de Londres € vacantes, d’é ls envoyer :

Les agents c Bpoint revenir frmie, Le sa Edant de nous

Ave LXIX, — De tiy

les fléaux de Dien sur elle :.en sorte

leurs et subsiste ; à

: AYezsoin quelu le Pape a écrits t insérées dans

it du jeune Henri, éclarer que ct défense, ne por.

orbéri. Ensuitej » évêque de Dry.

» roi d’Angletene de ce que Rogx u mépris de l'a.

oin de faire pro.

glise, on lui a fi du royaume, | t, et, pour puni ant aux évêque à & retombés dans êque Thomas de

nciliation du roi émoigner sa joie rbéri, à répare tion à l’archevt nt Thomas avait ompliments, té.

et l’exhortantà s, au mois d'oclonnait pouvoir nes et les lieux à t ses enfants; et ns et de Rouen t, s’il ne le fa:

terdit toutes ses En

rre : première:

, epist. 31, 67, 61,

à 1181 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 267

mer à Tours, où le roi était venu conférer avec Thibaut, comte de Blois. Le “oi vint au-devant de l'archevêque, mais il ne parut pas kregarder de bon œil , et le lendemain il fit dire dans sa chapelle ue messe des morts : ce que l’on crut qu'il avait fait de peur que l'archevêque ne lui offrit le Laiser de paix. Ils allèrent ensuite à la conférence avec le comte Thibaut ; et Je roi, pressé par ce comte et parle prélat, promit positivement la restitution des terres de l'Église f mais il voulait que l'archevêque retournat auparavant en Angleterre, pour voir comment il s’y conduirait. Quelques jours après, saint Thomas vint encore trouver le roi à Chanmont, entre Blois et Ambois, non pour rien lui demander, mais pour essayer de regagner ss bonnes grâces. En effet, le roi lui fit moins d’honneur, mais lui témoigna plus d'amitié, et ils convinrent qu'il irait incessamment prendre congé du roi de France, pour passer au plus tôt en Angle- Berre !.

Cependant il reçut une lettre des a angleterre, et qui lui rendaient ainsi compte de leur commission : \ousnous présentâmes au jeune roi dans sa chambre, à Westminster

De lundi d’après la Saint-Miche!, 5me d'octobre 1170. Avec lui étaient assis le comte Renaud, l’archidiacre de Cantorbéri, celui de Poitiers, Guillaume de Saint-Jean et plusieurs autres. (Les deux archidiacres étaient des plus grands ennemis du saint archevêque.) Quelques-uns, du nombre desquels était le comte Renaud, ayant oui la nouvelle, de k paix, en rendirent dévotement grâces à Dieu. Après quelles lettres du roi eurent été lues, ie roi son fils dit qu'il en prendrait conseil,

Retonnous fit retirer. Puis on nous rappela, et votre archidiacre nous

gents qu'il avait envoyés en

Qui de la part du jeune roi : Raoul de Broc et ses serviteurs se sont

mis en possession, par ordre du roi mon père, des terres de l’arche- [réché et des revenus des clercs de l’archevêque : nous ne pouvons [avoir l’état des lieux que par le rapport de ses oficiers ; c'est pourquoi nous vous Marquons le jeudi, lendemain de Saint-Calixte, me d'octobre , pour l'exécution plus entière de ce mandement. La lttre ajoute : Le roi a mandé à l'archevêque d’York, aux évêques de Londres et de Salisburi, et à quatre ou six personnes des églises acantes, d’élire des évêques, suivant le conseil de ces prélats, et de ls envoyer au Pape pour les sacrer au préjudice de votre église. Les agents conclurent, en priant instamment saint Thomas de ne point revenir en Angleterre que sa paix avec le roi ne fût mieux afmie, Le saint envoya an Pape cette lettre de ses agents, lui demandant de nouveaux Pouvoirs pour presser le roi d'Angleterre ?,

E OMa;l, 8,62: L. 5, epist, 63, — 2 ]bid., epist, 53,

HSE

ar He agen tm

268 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXIX. — De 115} Bus de

Il écrivit aussi à ce prince, se plaignant, mais d’une manière très M qu'il n'eù amicale et paternelle, que les effets ne répondaient pas aux promesse M lettres qu ni à l'ordre qu'il avait envoyé au roi son fils. La restitution, dit, , MR ment les été différée au dixième jour, sous prétexte de Raoul (Ranulfe), qu première en attendant, ravage les biens de l’église, et serre publiquement no MR que, san5 provisions de bouche dans le château de Saltwode. Il s’est vanté LA une autre devant plusieurs personnes que je ne jouirai pas longtemps de vote MR racantes s paix, ei que je ne mangerai pas un pain entier en Angleterre, avan MR communa qu'il m'ôte la vie. Vous ie savez, seigneur, c’est se rendre participant MR 116; si Th d’un crime que de ne pas le réprimer quand on peut. Et que peut leg M Cepend: Ranulfe, s’il n’est armé de votre autorité ? Ce qu'il a répondu au ri l'argent et votre fils, votre discrétion, quand elle le voudra, pourra le savoir a partir, il v en juger. Enfin, il est manifeste que la sainte église de Cantorbéri y MB labbaye c mère de toute ia Bretagne, périt par lui en haine de notre tête, px MR ces dernier bien, pour qu’elle ne périsse pas, mais qu’elle échappe , nous pré. de Saint-A senterons notre tête pour elle, Dieu aidant, et à Ranuife et à ÿ, it un bear complices, prêts non-seulement à mourir pour Jesus-Christ, mais à Ms demeure souffrir mille morts, avec tous les tourments, s’il daigne nous en fair Mi dit : Je la grâce. J'avais résolu, seigneur, de retourner vers vous 3 mais a MRpondit qu'i nécessité me presse, malheureux, de me rendre à cette malheureuse MRUMS ses Ét église ; j'y retournerai par votre permission; peut-être, pour qu’elle Mossaire. ne périsse, y périrai-je, à moins que votre piété ne me donne promp. vallance, L tement une autre consolation. Mais soit que je vive ou que je meur, Enfin il v je suis et serai toujours à vous dans le Seigneur; et, quoi qu'il nou MRemme on | arrive, à moi et aux miens, je prie Dieu qu’il répande ses bénédi.. Mer Angleter tions sur vous et sur vos enfants 1. C’est la dernière lettre que nous MR:'ons appri ayons de ce saint prélat au roi Henri II lettre faite pour adoucirk Mettre du ro cœur même d’un Pharaon. angleterre,

Ilenvoya devant, Jean de Salisburi, qui arriva le 13me de novembre, MRTiomas obé Il trouva que, trois jours auparavant, on avait saisi les biens de l'ar. Mis, qui éta chevêque, après en avoir ôté la régie à ses agents, et que l’on avait pr. MRonme lui-1 blié dans les ports une défense de laisser passer aucun des siens pour MRievêque d” sortir d'Angleterre. D'un autre côté, les officiers du roi avaient donné Mot leur p ordre que l'archevêque et les siens ne ‘‘ouvassent à leur retonr que Bail où Re les maisons vides et en décadence, et les granges ruinées ; de plus, pde lui coupe ils avaient pris, au nom du roi, tous les revenus jusqu’à la Saint Mstint Thoma Martin, quoique la paix eût été faite à la Sainte-Madeleine, En même Mieux affers temps, chose bien peu épiscopale, l'archevêque d'York et l'évêque BMtrerai, Dieu a de Londres, se joignant aux autres ennemis de saint Thomas, avaient Mir le Inarty1 envoyé au roi, pour le prier de ne pas le laisser revenir en Angletere du Pape, po

?L. 5, epist, 54, Baron., an. 117%. B Lens.

Av. LXIX. — De 113

’une manière très

pas aux promesy

estitution, dit-il ; À

ul (Ranulfe), qui, publiquement rw

Mans de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 269

qu'il n'eût renoncé à sa légation , qu’il n’eût rendu au roi toutes les lettres qu’il avait obtenues du Pape, et promis d'observer invioiablement les droits du royaume, c’est-à-dire ces coutumes condamnables, première cause de la persécution. Ces prélats courtisans disaient que, sans Ces précautions, son retour serait préjudiciable au roi. Par

de. IL s’est van une autre manœuvre, ils avaient fait appeler de chacune des églises

ongtemps de votre Angleterre, avant rendre participant . Et que peut led | a répondu au ro )ourra le savoir à de Cantorbéri, | de notre tête, fh happe , nous pré.

Ranulfe et à sx us-Christ, mais

igne nous en fair |

ers Vous; mais cette malheureuse être, pour qu'elle me donne promp.

ou que je meure, |, quoi qu’il now

inde ses bénédic. À

'e lettre que now e pour adoucir le

me de novembre. À les biens de l'ar.

jue l’on avait pu-

in des siens pour

oi avaient donné

rcantes six personnes ayant pouvoir d’élire un évêque au nom de la communauté, afin que les élections fussent faites au gré du roi, et que, si Thomas s’y Opposait, il encourüt sa disgrâce 1, $

| Cependant plusieurs seigneurs français fournirent au saint homme l'argent et les autres choses nécessaires Pou" son voyage. Avant de

putir, il vint à Paris pour remercier le roi de France, et logea dans

[l'abbaye canoniale de Saint-Victor, où l’on a conservé jusque dans «es derniers temps un de ses cilices. Comme on était dans l’octave de Saint-Augustin, patron de l’abbaye, on le pria de prêcher, et il ft un beau discours sur ces paroles du psaume 75 : Il a choisi pour sademeure le lieu de la paix. En prenant congé du roi de France, il

Qui dit : Je vais chercher la mort en Angleterre. Le bon roi lui répondit qu'il le croyait de même, et le pressa beaucoup de rester dans ses États, lui promettant de pourvoir à tout ce qui lui serait nessaire. Le saint archevêque, en le remerciant de sa royale bienvillance, lui dit que la volonté de Dieu devait s’accomplir avant tout.

Enfin if vint à Rouen, par ordre du roi d'Angleterre, espérant,

gomme on le lui avait promis, y acquitter ses dettes, et être renvoyé

en Angleterre avec honneur. Mais Jean & Oxford, que déjà nous ayons appris à connaître pour un homme peu loyal, lui apporta une ltre du roi, par laquelle il le priait de retourner incessamment en angleterre, et lui donnait le même Jean pour l’accompagner. Saint Thomas obéit, et apprit en route les mauvais desseins de ses ennemis, qui étaient déjà venus à la mer et attendaient le vent favorable, comme lui-même l'attendait de son côté. Ces ennemis étaient l’ar-

Œccvéque d'York et les évêques de Londres et de Salisburi ; de plus,

pour leur prêter main-forte, il ÿ avait Gervais, vicomte de Cent,

leur retour qu Raoul ou Ranulfe de Broc, et Renauld de Varennes, qui menacçaient

‘uinées ; de plus,

jusqu’à la Saint | eleine. En même Ê York et l'évêque Be pe s Mit lemartyre. La veille de son embarquement, il envoya les lettres

Thomas, avaient

Die lui couper la tête, s’il osait passer. Queiques amis conseillèrent à

saint Thomas de ne 55: ‘exposer à ce passage que la paix ne fût

Enieux affermie, Mers il ‘épondit : Je vois l'Angleterre, et J'y en-

Direrai, Dieu aidant, quoique je sache certainement que je vais y souf-

ir en Angleterre BRdu Pape, portant suspense contre l'archevêque d’York et l'évêque

D LS, epist. 64, 5

PR ee PSS me PL Te re TT

TE en Cr mm men

nication l’évêque de Londres et celui de Salisburi, et portaient sw. pense contre tous les évêques qui avaient assisté au sacre du jeune roi. Ces lettres furent rendues à ces mêmes prélats dans le port de Douvres, où ils croyaient que saint Thomas dût aborder 4,

Le vent étant devenu favorable, il s'embarqua à Witsand, près d Calais, la nuit du second jour de l'avent, jour de Saint-André, der. nier de novembre 4170, la 7me année de son exil. Il arriva heurey. sement au port de Sandwich, pour éviter ceux qui l’attendaient

Douvres. Le vaisseau qui le portait était remarquable par la croit R

archiépiscopale qui y était dressée. Et, dès qu’on l'aperçut, ue multitude de pauvres qui étaient venus au-devant du saint prélat se mirent à crier : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le pèr des orphelins et le juge des veuves ! Ils pleuraient tous, les uns de compassion, les autres de joie ; les uns se prosternaient à terre; le autres, ayant leurs habits retroussés, s’avançaient dans la mer pour le prendre au sortir du vaisseau et recevoir les premiers sa bénédic. tion. Voilà ce que disaient et faisaient les pauvres.

Mais les gentilshommes qui avaient cru qu'il aborderait à Douvres apprenant son arrivée à Sandwich, y accoururent promptement, |k s'approchèrent armés du bâtiment où était le saint archevêque, comme pour lui faire violence. Ce que voyant Jean d'Oxford, ilcrai-

gnit que la honte n’en retombât sur le roi et qu'on ne l’accusäi de È

trahison ; c’est pourquoi il s’avança, et leur défendit, de la part du roi, de faire aucune insulte à l'archevêque ou aux siens, et leur per. suada de poser les armes. Ils demandèrent toutefois que les étranges quiétaient venus avec l'archevêque fissentserment de fidélité au roiet au royaume. Îl ne paraissaitd'autre étranger que Simon, archidiacr de Sens, qui aurait facilement consenti à prêter le serment. Mais saint Thomas ne le permit pas, craignant les conséquences de ce serment pour le clergé d'Angleterre, et dit qu'il était contre les bonnesmœur et le droit des gens d'exiger des étrangers de pareils serments. Or, il voyait bien que les ofiiciers du roi étaient en trop petit nombre pour faire violence, parce que le peuple, qui était ravi de son retour. avait pris les armes et aurait été le plus fort.

Ces officiers, ayant à peine salué l'archevêque, lui demandèrent, en colère, pourquoi, à son entrée dans le pays, qui devait être paci } fique, il avait excommunié et suspendu les évêques du roi, ajoutant que, quand le roi l'apprendrait, il en serait fort irrité, Le prélat répondit doucement qu'il ne l'avait fait que par la permission du roi,

1 Vita, 1. 8, e. 3

de Durham, avec d’autres lettres qui remettaient dans l’excommy.

atist de 1

pour ne p «e du je conséquer à parler | l'absolutio tbéri, où Le lende partit de !

milles. À ]

Les oflicie «rec eux, le olution de :

ouvoir de le sle pressai que, si les «

loierai, s’il @ homas. Ne :

Tel était Îe-

ls digne d'u e Londres et

Liv, LXIX, — Deits

dans l’excomm.

» et portaient sw.

u sacre du jeur ts dans le port de border 1, Witsand, près de Saint-André, der.

Il arriva heurey.

jui l’attendaient }

able par la croi n l'aperçut, ue du saint prélat w Seigneur, le pèr tous, les uns de naient à terre; le dans la mer pour miers sa bénédi.

rderait à Douvres >romptement, Il; aint archevêque, d'Oxford, ileraine l’accusäi de B lit, de la part du iens, et leur per.

que les étranges e fidélité au roiet mon, archidiacre rment. Mais saint 2 de ce serment es bonnesmœur ls serments, Or, op petit nombre vi de son retour,

ai demandèrent, devait être paci | du roi, ajoutant é. Le prélat rérmission du roi

k Londres et de Salisburi en furent touchés, et ils

à 1181 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 271

pour ne pas laisser impunie l'injure faite à lui et à son église au saae du jeune roi, et empêcher que cette entreprise ne fût tirée à owséquence. Le nom du roi retint es officiers ; ils commencèrent à parler plus modestement , demandant toutefois avec instance labsolution des évêques. L'archevêque remit à en délibérer à Cantbéri, où il serait le lendemain, et les officiers se retirèrent.

Le lendemain mardi, Premier jour de décembre, saint Thomas putit de Sandwich pour aller à Cantorbéri, qui n’en est qu’à six nilles. À peine put-il faire le jour même ce peu de chemin, tant le

ment les pauvres s'empres

ï, il y fut reçu Par les moines avec l'honneur convenable, au son des cloches ét des orgues, et avec les

antiques de joie ; il leur donna à tous le baiser de paix, ayant pris

précaution de faire auparavant absoudre ceux qui avaient comhuniqué avec les excommuniés.

Les officiers du roi vinrent le kec eux, les clercs des trois prél blution de leurs maîtres . Saint Thora pouvoir de lever les censures imp

se pressaient et le menaÇaient de l'indignation du roi, il répondit qe, si les évêques de Londres et de Salisburi juraient, selon la brme de l'Église, d’obéir au mandement du Pape, il ferait, pour la "aix de l'Église, par le respect du roi et par le conseil des autres hèques, tout ce qui dépendrait de lui, et traiterait les trois prélats

ité, se confiant en la clémence êts à accepter la condition et à que d’York les en détourna, et d’argent comptant que j’em- ’arrogance et l’opiniâtreté de Allons plutôt trouver le roi, u'ici. Si vous le quittez pour n'y aura jamais entre eux de ra toujours comme des trans- Que deviendrez-vous alors ?

pain? Au contraire, si vous ‘leurez avec le roi, que peut faire contre vous Thomas plus que ce Tel était je: raisonnement de l'archevêque d'York

» l'AisSonnement ls digne d’un Païen que d'un évêque catholique. L

es deux évêques

nor

Partirent tous les r le roi en Normandie, En même

Os aussitôt Pour aller trouve

Et rm .

AN ut D ET =" -

272 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXIX. — Dett5

temps, par une perfidie qui les déshonore à jamais, ils envoyèren au roi son fils, qui était à Londres, l’excommunié Geoffroi Ride dl quelques autres, pour lui persuader que Thomas voulait le déposer, Mais rien n’était plus loin de sa pensée, comme il l’assure lui. même dans la lettre qu'il écrivit au Pape, contenant la relatin de son retour en Angleterre, et qui est sa dernière au pape Alexandre. .

Peu de jours après son arrivée à Cantorbéri, il envoya à Londres Richard, prieur de Saint-Martin de Douvres, qui fut son successeur donner part au jeune roi de son arrivée et lui fit faire ses excuses tou chant la suspense des prélats. Ce député fut mal reçu par le jee prince, dont les ministres ne regardaient que la volonté du roi sn père. Saint Thomas ne laissa pas de se mettre en chemin peu de jou après, voulant voir le jeune roi, qui avait été son disciple, et ensuite visiter sa province abandonnée depuis si longtemps. Comme il appre chait de Londres, tous les bourgeois vinrent au-devant de lui eth reçurent avec grande joie. Mais il vint deux chevaliers de la part du prince, lui défendre de passer outre et lui ordonner de retourneri son église. Ses ennemis en devinrent plus fiers ; et Robert de Broc, frère de Raoul ou Ranulfe, pour insulter au prélat, coupa la que d’un cheval qui portait quelques ustensiles de sa cuisine.

Le jour de Noël, le saint archevêque monta en chaire et fit sermon, à la fin duquel il prédit sa mort prochaine, fondant hi. inême en larmes, ainsi que tout son auditoire. Mais il prit un tm d’indignation et parla avec véhémence contre les ennemis de l'Églig et en particulier contre plusieurs courtisans du roi-père. Il ls excommunia, et nommément les deux frères Raoul et Robert de Broc. Après la messe, N tint table, comme il avait accoutumé là grandes fêtes, avee gaieté ; et, quoique le jorir de Noël füt cette année là le vendredi, il mengea de la viande comme les autres. On voit ii l'antiquité de cette dispense de l’abstinence au jour de Noël.

Cependant l'archevêque d'York et les deux évêques de Lond et de Salisburi, étant arrivés en Normandie peu de jours avant k fête, se jetèrent aux pieds du roi, implorant sa justice, et se plaigna amèrement que Thomas abusait de la paix qu’il lui avait accordée,d que, dès qu'il était arrivé, il avait troublé le royaume par les censt: res qu’il avait publiées contre eux. Le roi dit : Si tous ceux quiot consenti au sacre de mon fils sont excommuniés, par les yeuxde Dieu ! je le suis aussi. Et il entra dans une furieuse colère. Excit donc par les trois prélats courtisans, il commença à maudire tou

ua Er

à 1181 de”

ler lui-m saint arct Alors « faire qui ensemble Guillaume frent leur meurtre, | la cour. Il arrivèrent par Raoul six milles sèrent la n Le lende et allèrent déjà diné, ceres. Les saluer, s'as:

AV. LXIX. — Dettss D à 1181 de l'ère chr.) DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE.

is, ils envoyèrent BA ler lui-même de sa di -Geoffroi Ridel a RS saint archevêque.

oulait le déposer, Alors quatre chevaliers de sa chambre e il l’assure lui. RM fire qui lui fût plus agréable

tenant la relation BR ensemble la résolution. Ces quatre étaient : Hugues de Morville, lernière au pape DS Guillaume de T raci, Richard le Breton, et Renaud, fils de l'Ours, Is

firent leur conjuration la nuit de Noël, s’engageant Par serment à ce envoya à Londres DS meurtre, et, le jou r même de la fête,

ils se retirèrent sécrètement de ut son successeur, DS à cour. lis firent telle diligence et eur

ent le temps si favorable, qu’ils "e ses excuses {ot D arrivèrent en Angleterre le lundi, jour des Innocents, Ils fürent joints reçu par le jeune RS par Raoul de Broc, qui les conduisit à son château de Saltwode, à

olonté du roi sn M six milles de Cantorbéri, Ils s’associèrent quelques complices, et pasemin peu de jours BR rent la nuit à Concerter l'exécution de leur forfait.

lisciple, et ensuite Le lendemain Mardi, 29me de décembre, ils vinrent à Cantorbéri, . Comme il appro D + allèrent à l’archevêché le saint prélat c:si avait levant de lui etk Mi diné, et s’entretenait ires avec ses moines etses liers de la part du M pres. Les quatre chevaliers entrèrent dans sa chambre, et, sans le er de retourner i siluer, s'assirent à terre à ses piede, Après un peu de silence, Renaud

t Robert de Bros, But an nom de tous : Nous venons de la part du roi vous t, coupa la quew

1isine.

\ chaire et fitin ne, fondant lui:

ais il prit un ton nemis de l'Église, | roi-père. Il le oul et Robert de ait accoutumé là ël fùt cette année utres. On voit ic

gnité, ajoutant plusieurs reproches contre le

* croyant ne pouvoir rién que de tuer le pontifé, en formèrent

ons donc en secret. L'archevêque hi; mais l'huissier laissa la porte ou

dehors pussent voir ce qui se passait. Après que les chevaliers eurent it ce qu'ils voulurent, le saint prélat dit qu’il voulait que plusieurs

personnes l'entendissent, et fit appeler les moines et les clercs, mais non les laïques.

Onnons, de la part du roi, d'aller | que vous lui devez. Je |

avoir fait, dit l’archevêque. Non, dit Renaud, Puisque vous il | r de Noël. avez suspendu ses évêques ; ce qui fait croire que vous voulez lui 1 ques de LondtS}r là couronne de dessus la tête. Le saint répondit : Au contraire, de jours avant hf voudrais pouvoir lui donner enco

re d’autres couronnes : et; quant

les ai Suspendus, c’est le Pape. 1 que c’est à votre poursuite, Saint ( Fhomas reprit : J'avoue que je ne suis pas féché si le Pape venge les

ce, et se plaignail avait accordée,d ne par les cens tous ceux quioi

par les yeuxde se colère. Exclt à maudire toi

ont aucun 18 Publié l'Église, à lui faire sati

iers, quand censures, ceux qui avaient

sfaction, et je ne puis me dispenser de oulait le dépoulenst.s devoir de pasteur, A ces mots, les chevaliers se levèrent

XVI, 18

en criant : Voilà des, mensees ! et dirent aux moines : Nous vo commandons de la part du roi dele garder ; s’il échappe, on ser prendra à vous. Ils sortirent aussitôt, et Thomes les suivit jusqu'à h porte de sonantichambre, en disant : Sachez que je ne suis pas ven pour m'enfuir,et que je ne crains pas vos menaces. Ils répondirent. IL y aura autre chose que des menaces.

Étant sortis du palais, ils ôtèrent leurs manteaux, et on les vit rs. vêtus de cuirasses. Ceux de leur suite s'armèrent, aussi, et, 0 leurs épées, ils portèrent des arcs, des flèches, des haches et d'autr instruments pour ouvrir les portes ou les briser, Thomas était tran. quille dans sa chamhre. Les gens de sa maison, entendant les Coups de hache contre la porte, le supplièrent de se réfugier dans l'église par un cloître ou par une galerie. Lui, craignant de manquer l'oce. sion du martyre, s’y refuse. On allait l’y entraîner de force, quan un des assistants fit remarquer que l'heure des vêpres avait sonné. « Puisque c’est l'heure de mon devoir, dit l'archevêque, j'irai àl4. glise. » Et, faisant porter sa croix devant lui, il traverse le clottre) pas lents, puis marche vers le grand autel, séparé. de la nef par une grille entr'ouverte. On voulut la fermer quand on entendit le ride assassins. L'archevêque s’y opposa, et dit : L'église de Dieu ne doi pas être barricadée comme une citadelle humaine. C’est en souffrant, non en repoussant les attaques, que nous triompherons. On le sup. plia avec de grandes instances de se mettre en sûreté dans l'églis souterraine, ou de monter l'escalier par lequel, à travers beaucoup de détours, on parvenait au faîte de l'édifice : l'archevêque refun l'un et l’autre. Pendant ce temps, les quatre assassins entrèrent dans l'église l'épée à la main. Le premier s’écria : Où est le traître ? Par. sonne ne répondit. Il cria de nouveau : Où est l'archevêque ? Aussitt l’intrépide pontife descendit les degrés du chœur, et dit à hautevoir: Me voici ! Je suis l'archevêque ; mais je ne suis point un traître. Que voulez-vous ? — Quetu meures!— Je suis prêt à mourir pour Dia, pour la justice et pour la liberté de l'Église; mais je vous défend au nom du Dieu tout-puissant, de faire le moindre mal à aucun de mes religieux, de mes clercs ou de mon peuple. Tant que j'ai vécu, j'ai pris la défense de l'Église lorsque je l’ai vue opprimée. Puiss t-elle, par mon sang, recouvrer la paix et la liberté! Ayant ain parlé, il se mit à genoux, et dit: Je recommande mon âme et} cause de l’Église à Dieu, à la sainte Vierge et aux saints patrons dl ce lieu, aux martyrs saint Denis et saint Elphége. Ayant ensuite pri pour les assassins, il inclina un peu la tête et la leur présenta en i lence. Comme ils voulaient le tirer de l’église, il leur dit : Je ne sort rai point ; faites ce que vous voudrez. Dans la crainte que le peuph

[Liv. LXIX, = De !1ÿ

à 1181 de |

qui s'attrc

Fexect

crivit sa

sque el oux, 8 auparavan deux autre tomba sur près d'exp un exécrab dere, lui p lira la cervi mas, arche:

de son âge, soir, Il reçu hire aucun Pendant « glise, d’autr mures, enlev ks coffres, ] meubles. Ils et les donnè mandie, afin ws prétentio « Chrétien

lice, et je vois Le saint homr

Dites, Thom

Liv. LXIX, = De 1159

oines : Nous vous échappe, on s'en s suivit jusqu'à k e ne suis pas veny , Îls répondirent :

, et on les vit rs.

1t, aussi, et, 0 haches et d'autr. homas était tran.

tendant les coups gier dans l'église > manquer l'occde force, quan pres avait sonné, êque, j'irai à lé.

averse le cloître) de la nef par une entendit le cri des » de Diew ne doi est en souffrant, erons. On le sup.

t le traître ? Per.

evêque ? Aussilit dit à hautevoir:

A erté ! Ayant ain mon âme et |

saints patrons dà yant ensuite pri

présenta en sl dit : Je ne sorl.

nte que le peuph

D chcrcque; Édouard Gr, qui était auprès du

à 1181 de l'ère ] DE L'EGLISE CATHOLIQUE,

quis'attroupait ne mit obstacle à L'un des assassins déc

l'exéeut

qui depuis Coup en étendant le bras, qui lui fu en avait été étourdi, tomba sur ses es di mains, resta immobile comme au le sacrifice de sa vie. Alors Chacun un coup d'épée, et il de Saint-Benoît. Comme il était chard le Breton lui enleva le haut du crâne. Enfin,

-diacre, nommé Hugues et surnommé Mauvaisclerc, lui posa le pied sur le Cou, et, avec la pointe de son épée, lui lira la cervelle, qu’il répandit sur le Pavé. Ainsi mourut saint Thomas, archevêque de Cantorbéri, dans Ja cinquante-troisième année de son âge, le mardi 29m de dé ‘embre 1 170, sur les cinq heures du wir, Il reçut tous ces COUPS sans proférer une seule parole et sans hire aucun mouvement des pieds ni des mains.

Pendant que les assassins gentilshommes le Massacraient dans l’église, d'autres pillaient son palais. Ils rompirent les portes et les sermures, enlevèrent ses chevaux, battirent ses domestiques, Ouvrirent ks coffres, partagèrent entre eux l'argent, les habits et les autres meubles. Ils emportèrent même les titres de l'église de Cantorbéri, dles donnèrent à Ranulfe de Broc, pour les Porter au roi, en Normandie, afin qu’il pût supprimer ceux qu'il trouverait contraires à ses prétentions 1.

«Chrétiens, soyez attentifs, s'écrie à cette occasion Bossuet ; s’il Yeut jamais un martyre qui ressembla parfaitement à un Sacrifice, ‘est celui que je dois vous représenter. Voyez les préparatifs : l’évéque est à l’église avec son clergé, et ils sont déjà revêtus. Il ne faut pos chercher bien loin la victime : le Saint pontife est préparé, et ‘st la victime que Dieu a choisie. Ainsi tout est prêt pour le sacrilie, et je vois entrer dans l'église ceux qui doivent donner le coup. Lesaint homme va au-devant d'eux, à limitation de Jésus-Christ ; !, pour imiter en tout ce divin modèle, il défend à son clergé toute tance, et se contente de demander sûreté Pour les siens. « Si ‘st moi que vous cherchez, laissez, dit Jésus, retirer ceux-ci 2, » Ces hoses étant accomplies, et l'heure du sacrifice arrivée, voyez comme Mint Thomas en commence la cérémonie. Victime et pontife tout msemble, il présente sa tête et fait sa prière. Voici les vœux solenls et les paroles mystiques de ce sacrifice : « Je suis prêt à mourir,

: crivit sa vie, voulut parer l. prosque emporté. Thomas, qu oux, Soutint sa tête de auparavant, et offrit à D deux autres ‘assassins lui donni rent mba sur le pavé, près de l'autel près d’expirer, un exécrable so

Dites. Thom, — 2 Joan., 18, 8,

lé

m2 Ré |2 ss ie

#5 CE ss N >

AS €“ Re

Page 1