trait de > sures p
était ob
Liv. LXX. — De11g1 Ma 1198 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 507
s il ne laissa pas Westminster dans la chapelle de Sainte. Catherine, le jour de Saintts qu’en meubles, MM Matthieu, 21me de septembre 1186. ique cette nation PA Le nouvel évêque commença l'exercice de son autorité par fordu désir de servir Mimer un conseil, où il fit entrer ce qu’il y avait dans son clergé de our les imiter, en plus pieux et de plus éclairé. Il rétablit la discipline ecclésiastique, florissante en fort Met réforma les abus qui avaient pu se glisser parmi les clercs. Ses {discours et ses exhortations ranimèrent partout l'esprit de foi. Il saation et de piété, À vait, dans les conversations ordinaires, profiter des circonstances ien lui refuser, et M pour porter les autres à la vertu. Il était gai et affable ; mais il cond servait toujours un fond de gravité qui lui conciliait le respect. Lorsvec son armée de Mqu'il s'agissait de faire quelque fonction importante, il s’y préparait ente tempête. Le ‘ par de longues prières et par un jeûne austère. Il faisait une exacte n de l’art d°« pi- Mrecherche des pauvres, afin de pouvoir les assister ; il les visitait fré- > prière : « Grand ki quemment et les consolait avec bonté. Il affectionnait surtout les lédaignez, par les k. preux, et on le vit plus d’une fois baiser leurs ulcères. Quelqu'un lui in regard de pitié Mayant dit un jour en plaisantant qu'il ne guérissait pas la chair des calme succéda à P{lépreux qu’il baisait, il fit cette réponse : Le baiser de saint Martin igmenta de beau. M guérissait la chair des lépreux, et moi je les baise pour guérir mon | la vertu du saint Pi ime.
L, Il avait aussi une dévotion particulière pour ensevelir les morts. à l'église de Lin- {Un jour qu'il devait diner chez le roi, il se fit attendre. Les officiers du enir devant lui le 4 prince vinrent le trouver qui ensevelissait un pauvre, et lui divent : lise. Après avoir M! Voilà plus d’une heure que le roi vous attend à jeun ; pourquoi ne le prieur de Wi- Mi venez-vous pas ? Le saint répondit : IL vaut mieux que le roi de la de cette élection; terre dine sans moi, que de négliger, moi, chétif serviteur, le comnvoyèrent l’un et M mandement du Roi des cieux. Lorsqu'il voyageait, il était si recueilli, Hugues, qui con- M qu'il ne jetait jamais les yeux sur ce qui se trouvait autour de lui. s’excusa, disant D La ferveur avec laquelle il récitait les psaumes paraissait plus qu'hul'indignité de sa D maine ; aussi les sentiments qu'il y puisait donnaient-ils sans cesse orité du roi et de à son âme.une nouvelle force et une nouvelle vigueur. Sa ponctuaurs, il ne pouvait à. lité à réciter l'office divin était extraordinaire. Tous les ans, il faisait au moins une retraite dans la chartreuse de Witham. Il y suivait alors les observances de la règle, et n’était distingué des autres religieux que par les marques de la dignité épiscopale. Dans cette soli- … tude, comme dans une tour élevée, il considérait la vanité des choses humaines, la brièveté de la vie et les profondeurs de l'éternité. Tourtés notables, qui Bn nant ensuite les yeux sur lui-même, il examinait avec impartialité commandement BP loutes ses actions et tous les mouvements de son cœur. li se pénétère de Witham; B. trait de toute l'étendue de.ses obligations, et prenait de sages meval ses peaux de B sures pourêne pas tomber dans le précipice sur le bord duquel il relâcher de son B\ était obligé de marcher. Le goût qu'il se sentait pour la solitude lui
ondres et sacré à © hisait regretter sans cesse son premier état; il tâcha mêrne d'obtenir
Psel CEE SAN ASSE
ir ces diflicultés, e, s'assemblèrent tout d’une voix; }
508 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De;gt
An à 1198 de du Saint-Siége la permission de quitter le gouvernement de son Bi dévolté diocèse, mais elle lui fut constamment refusée. Bb Line.
Le mépris qu’il avait pour les choses de la terre l’élevait au-dessus D Iléta de toutes les considérations du respect humain. Il ne craignait point h. mantea de donner des avis au roi, quoique celui-ci n’aimât point à être | 1 peuple, contredit. Henri les recevait avec une sorte de respect; et, s’il n’en Hugues
profita pas toujours, ils le disposèrent du moins à faire un bon usage P des afflictions que Dieu lui envoya depuis, et à renoncer à ses passions sur la fin de sa vie. Don subst Quelque grande que füt la douceur de l’évêque de Lincoln, il L'age de savait être ferme dans l’occasion. Les forestiers ou officiers chargés ‘ de l’inspection des forêts du roi exerçaient une tyrannie barbare à À | Quant la campagne. Ils mutilaient et mettaient même à mort quiconque & avait tué ou blessé une bête fauve. Les paysans avaient la douleur de voir périr leurs moissons, sans pouvoir prendre des mesures pour à les conserver. Sur le plus léger soupçon, on leur faisait subir l'épreuve À de l’eau, si fortement proscrite par l’Église, et malheur à tous ceux auxquels cette épreuve n’était point favorable. Les officiers du roi faisaient valoir des coutumes ou plutôt des abus qui se trouvaient Ë lnient va fortifiés par des lois injustes et tyranniques ; car c’est ainsi que les À ence, n caractérise le pieux et savant Pierre de Blois, qui vécut quelque à: A ents. °Le temps à la cour de Henri II. Quelques-uns de ces officiers se saisi- à: rent d’un clerc, et le condamnèrent à une amende considérable. Saint Hugues s’en plaignit ; et, après une triple citation, il excommunia le chef de ces officiers. Cette action déplut beaucoup au roi; il dissimula toutefois son ressentiment. Quelque temps après il demanda au saint évêque une prébende en faveur d’un de ses courtisans, Hugues répondit que ces places étaient pour les clercs et non
1 Line grar ; js affair
Rrications
pour les courtisans, et que le roi ne manquait pas de moyens pour Menri, du , EP . , “ ° (A e. ?
récompenser ceux qui étaient attachés à son service. Henri le pressa Me toutes
aussi de lever l'excommunication prononcée contre l'officier , maisil & Mar la fac
déclara qu’ilne réconcilierait le coupable que quand ilreconnaîtrait sa Let, frère faute et qu’il donnerait des marques d’un repentir sincère. Henri en-
au : ; ; ui n’avai voya chercher l’évêque pour se plaindre de son ingratitude et de la hutre à: manière dont il en agissait à son égard. Hugues lui représenta avec Lrince q no ; 2 F à 4 , douceur qu'il n'avait cherché dans toute cette affaire que la gloire de Bt éhoi Dieu et le salut de sa Majesté, et que le roi s’exposait à perdre son î rage, L Ée : ; DRE ie ‘ : 3 ) âme s’il protégeait les oppresseurs de l’Église, ou s’il exigeait que les Lpousser
bénéfices fussent donnés à des personnes qui n’en étaient pas Lise, tou: ; ; : , , “ns Manor EP
dignes. Henri, touché de ses représentations, parut satisfait, L officier hunirent |
excommunié se montra pénitent, et fut absous dans la forme usitée ©
en pareil cas. Il devint depuis fort zélé pour l’accomplissement des à, nr
iv. LXX. — Deiist rnement de son
2111198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 509
À devoirs de la religion, et l’un des plus fidèles amis du saint évêque + de Lincoln.
élevait au-dessus | Il était d'usage que le clergé fit présent au roi tous les ans d’un ne craignait point = manteau précieux, On l'achetait avec les sommes qu'on levait sur le mât point à être D, peuple, et les clercs partageaient entre eux l'argent qui restait. pect; et, s'iln'en » Hugues abolit cet usage, après avoir obtenu du roi qu’il renoncerait ire un bon usage D, présent. Il changea aussi les peines qu'infligeait sa cour ecclésiastioncer à Ses pas- Due, et qui consistaient principalement en amendes pécuniaires. Il n substitua d’autres qui devaient produire plus d'effet pour l’avanage de la religion. Il donnait également ses soins à la décence du D culte extérieur ; il acheva sa cathédrale.
> Quant aux Papes sous lesquels il vécut, ils lui témoignèrent tous Dune grande estime et une grande confiance : tous, ils lui déléguèrent raient la douleur Lles affaires les plus importantes de tout le pays. C'est que le saint des mesures pour D rélst avait reçu de Dieu une telle grâce pour discerner le juste et ait subir l'épreuve Be njuste, que les plus habiles jurisconsultes disaient n'avoir jamais heur à tous ceux D con pareil pour la décision des causes les plus difficiles, quoiqu'il s officiers du roi ht point étudié cette science. Ceux qui avaient de bonnes causes qui se trouvaient int ravis de l'avoir pour juge, ne craignant de sa part ni négliest ainsi que les nce, ni faiblesse pour se laisser ébranler aux menaces ou aux préil vécut quelque ion Les coupables, au contraire, tremblaient ; car ses excommuofficiers se saisi Rctions étaient suivies d'effets terribles, et Dieu autorisait son de considérable. D itenr par plusieurs miracles 1.
ation, il excom- D La ville de Liège vit, vers le même temps, son saint évêque Albert Deaucoup au roi; Ê4, Lorraine terminer son trop court épiscopat par le martyre. Raoul, mps après il de- D, prédécesseur, étant mort l’année 1191, en revenant de la croil'un de ses cour- e, il yeut partage pour l'élection du successeur. La plupart les clercs et non Brent Albert de Louvain, premier archidiacre de Liége, frère de de moyens pour nri, duc de Lorraine et de Louvain : il était digne de l’épiscopat . Henri le PTESSa Bb toutes manières. Quelques-uns, quatre ou cinq contre quarante, l'officier , Mais il Pur la faction de Baudouin, comte de Namur, élurent un autre AIreconnaîtr aa Bt, frère du comte de Réthel, homme sans lettres et sans esprit, incère. Henri en- Buui n'avait d'autre mérite que sa naissance. Ils s’adressèrent l’un et gratitude et de la Be à l'empereur Henri VI pour recevoir l'investiture. Mais ce | représenta EVEC Bhrince, qui haïssait depuis longtemps le duc de Lorraine, et qui F'aus la gloire de Bit choisi d'avance un autre sujet, prétendit que, quand il y avait sait à perdre son age, l'élection était caduque et lui appartenait à lui seul. Pour I exigeait que les D ousser cette prétention despotique et maintenir la liberté de leur d'en étaient pas se, tous les chanoines sans exception, y compris le second Albert,
atisfait, L'officier p'unirent leurs voix sur Albert de Louvain, Malgré cette unanimité, la forme usitée ©
mplissement des
le de Lincoln, il officiers chargés rannie barbare à mort quiconque
D! Surius, 17 novembr, Godescard., item.
510 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LAX. — De 1181 DA à 1198 d
l’empereur donna l'investiture à Lothaire, prévôt de Bonn, homme #4 Person riche et déjà pourvu de plusieurs dignités ecclésiastiques, frère du Bi bon év comte de Horstade, qui avait rendu de grands services à l'empereur Bi 4% con en Italie. Les chanoines, pour défendre la liberté de l'Église contre M mal. Ci l'’usurpation impériale, appelèrent au Pape, soutenant que l'Élection M! vaux se d'Albert de Louvain était canonique. En attendant, Lothaire vint à réalité | Liége, et, par la force, se mit en possession de l'évêché et desforte M Enfir resses qui en dépendaient. «| tint lon, Albert fit le voyage de Rome avec de grandes diflicultés, parce toutes 1 que l'empereur lui avait fe”: tous ls passages. Il fut obligé de | L'après prendre des chemins détou: : : le se déguiser en valet, et on lel | fugiés à présenta en cet équipage au p+. : Célestin HT, qui en fut touché jus-M Quand qu'aux larmes. Il l'embrassa et le consola, le connaissant déjà dei fendirer
réputation. Albert arriva à Rome aux fêtes de Pâques, qui, cet pée et « piquère
Lo
année 4199, fut le 5me d'avril, et y demeura jusqu'à l’octave de 1& Pentecôte. Il produisit les preuves de la régularité de son élection # mais quelques cardinaux étaient d'avis de céder à la violence deg Allemands et à la haine implacable de l’empereur. Enfin le Papd Mais bic ayani pris jour pour le jugement, il le prononça publiquement dangi lâche as le palais de Latran, ‘jugea l’élection d'Albert canonique, et la con: pour en firma par l'autorité apostolique. Le Pape fit plus : il nomma Alber 1 etderic cardinal, l'ordonna diacre et lui fit chanter l’évangile à la messe. I L après d’ lui donna toutes le: bulles nécessaires, entre autres une pour se fair@i crime, i sacrer par Guillaume, archevêque de Reims, en cas que Brunonë Quan archevêque de Cologne, son niétropolitain, le refusât par la craint@ martyr de l’empereur, et il lui fit délivrer toutes ces expéditions gratuite D Reims. ment.
Albert, étant venu à Reims, fut parfaitement bien reçu par l'arche vêque Guillaume, qui l’ordonna prêtre le samedi des Quatre-Temph\ Le di de septembre, et le dimanche suivant, 20"° du même mois, il le sal cra solennellement évêque de Liége. Le lendemain, on apprit qu l’empereur était à Liége même, extrêmement icrité, et résolu dé perdre tous ceux qui adhéraient à l'évêque Albert. Le duc d'A denne, oncle de ce prélat, qui l'avait amené à Reims, lui proposa de se soutenir par la force avec le secours de leurs amis. Mais pieux Albert lui déclara qu’il ne voulait point user de pareils moyens et qu'il espérait apaiser l’empereur par son humilité et sa patiencdh v Peu de temps après, arrivèrent à Reims trois chevaliers allemande et quatre écuyers, qui se disaient chassés de la cour de l’emperei ï vail et le > l'occasion d’une querelle. Ils vinrent saluer le saint évêque 0 | vaient le Liége, et s’'insinuèrent si bien dans son amitié, qu'ils l'accompà = gnaient ordinairernent et mangeaient souvent à sa table : plusieu,
Gallic
Liv. LXX. — De 1181 À à 1198 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 511
de Bonn, homme M personnes les soupçonnaient de quelque mauvais dessein ; mais le astiques, frère du Pi bon évêque, jugeant les autres par soi-même, ne s’en défiait point ; vices à l'empereur Mi 21 Contraire, il ressentait une peine sensible quand on en disait du de l'Église contre M mal. Cependant les prétendus fugitifs avaient toujours leurs cheant que l'Élection vaux sellés, suivant la coutume de leur pays, disaient-ils, mais en , Lothaire vint à réalité pour frapper plus sûrement le coup qu'ils méditaient. vêché et des forte. Enfin, le 4me de novembre 1199, le saint évêque Albert s’entre- : tint longtemps, avec ses amis, de la mort, comment elle mettait fin à dificultés, parce Ë toutes les choses de la terre, et il témoigna la désirer et s’en réjouir. s. 11 fut obligé de L après-midi, il s’en alla faire une promenade, accompagné des réen valet, et on lel fugiés allemands, et suivi seulement d’un chanoine et d’un chevalier. en fut touché jus-M Quand il fut à cinq cents pas de la ville, les sicaires allemands lui nnaissant déjà ap fendirent la tête par les tempes, et lui donnèrent tant de coups d’é- ’âques, qui, cette À pée et de couteau, qu’on lui trouva treize grandes plaies. Aussitôt ils qu’à l'octave de JM piquèrent des deux ; et, quoique la nuit fût proche, ils firent telle dié de son élection M ligence, qu'ils arrivèrent à Verdun à neuf heures du matin ; ensuite : à Ja violence dei ils allèrent trouver l’empereur, qui les reçut très-favorablement. ur. Enfin le Papdi Mais bientôt la voix des peuples se prononça si fortement contre ce publiquement dangil lâche assassinat, le duc de Lorraine faisait de si grands préparatifs onique, et la con pour en tirer vengeance, que Henri VI lui offrit beaucou p d’honneurs
: il nomma Alberf etde richesses, et qu'il bannit les meurtriers, qui périrent peu de jours igile à la messe. Ib après d’une mort honteuse ; enfin, pour expier la part qu’il avait au s une pour se fair@i crime, il fonda deux autels dans l’église de Saint-Lambert.
| cas que Brunonfi Quant au saint évêque Albert, il fut enterré solennellement, comme usât par la craint martyr de la liberté ecclésiastique, dans l’église métropolitaine de péditions gratuiteds Reims. Plusieurs miracles se firent à son tombeau. Son corps a été ransféré depuis à Bruxelles. L'Église honore sa mémoire le 24m de novembre t,.
Le diocèse de Liége était alors comme une terre de promission ême mois, il le saëi pour la piété et la vertu : les croisés qui venaient de ce pays se faiain, on apprit qu, saient admirer par leur patience et leur charité, Dans le pays même, vrité, et résolu d U on voyait en divers lieux des troupes de vierges qui vivaient dans bert. Le duc d'Arfi la pureté et l'humilité, subsistant du travail de leurs mains, quoieims, lui proposaÿ} que leurs parents eussent de grandes richesses. On voyait des femmes leurs amis. Mais 189 consacrées à Dieu, qui s’appliquaient avec un grand zèle à instruire de pareils moyend® ces filles et à les maintenir dans leur sainte résolution. On voyait des ilité et sa patiencé É veuves plus occupées de plaire à Dieu qu'elles ne l'avaient été de plaire sevaliers allemande à leurs maris, vivant dans les jeûnes, les veilles, les prières, le traour de l’empereÿh vail et les œuvres de charité. Enfin , des femmes mariées, qui élele saint évêque de vaient leurs enfants dans la crainte de Dieu, qui de temps en temps , qu'ils l'accompé,
sa table ; plusieu® * Gallia Christ. Hist, eccl. Surius. Leod., 1, 11, Godescard, etc.
512 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXX, — De 1181
gardaient la continence pour mieux vaquer à la prière, et plusieurs même qui la gardaient toujours, du consentement de leurs maris. Ces saintes femines souffraient patiemment les mauvaises raille. | ries et les hommes malins et corrompus, qui, ne pouvant leur nuire autrement, s'en moquaient et leur donnaient des sobriquets. Mais elles donnèrent une preuve illustre de leur vertu au pillage de Liége, fait par le duc de Brabant, en 1212 : car celles qui ne purent se sauver dans les églises se jetèrent dans la rivière ou dans des cloaques à: pour sauver leur honneur ; mais Dieu ne permit qu’il en périt aucune, quoiqu'’elles fussent en grand nombre. Outre ces vertus, on admirait dans ces saintes femmes les dons surnaturels. Quelques-unes connaissaient les péchés les plus secrets, et excitaient les pécheurs à à les confesser ; d’autres étaient languissantes par l'excès de l'amour divin ; d’autres avaient le don des larmes, en sorte que le seul souvenir de Dieu leur en faisait répandre abondamment ; d’autres avaient des ravissements et des extases. Le cardinal de Vitri, témoin
oculaire, rapporte des exemples de toutes ces merveilles, et en prend Bauai
à témoin l'évêque Foulque de Toulouse, qui les avait également M vues de ses yeux. À
Ce fut même à la prière de Foulque que Jacques de Vitri écrivit Bui en détail la vie d’une de ces saintes femmes, sainte Marie d'Oignies. BK Née l'année 1177, à Nivelle en Brabant, d’une famille très - riche, les richesses n’attirèrent jamais son âme, même dès sa plus tendre Bt
enfance. Jamais ou rarement on la vit prendre part aux jeux desBès
enfants de son âge, non point par morosité de caractère, mais parce que dès lors la grâce divine l’attirait aux choses du ciel. Dès l’enfance, elle se levait de nuit, se mettait à genoux au pied de son lit, et redisait les prières qu’elle avait apprises par cœur. La miséricorde
et la piété semblaient nées avec elle et croissaient en elle avec les@n'
années. Enfant encore, quand elle voyait passer des religieux cister-lk ciens devant la maison de son père, elle les suivait à la dérobée, & pleine d'admiration ; et, ne pouvant pas faire autre chose, elle mettait ses pieds dans les traces de leurs pas. Ses parents, comme c’est lali coutume des gens du monde, voulurent la parer d’habits précieux ; Bidi elle les repoussait avec chagrin, comme si elle lisait dans son âme cell
que saint Pierre et saint Paul ont dit contre la parure des femmes. Ses parents, surpris, se moquaient d'elle, disant : Mais que sera-ce de notre fille ? Ils la marièrent dès l'âge de quatorze ans à un jeune homme qui lui convenait assez par la douceur de son naturel. Éloignée de ses parents, sa ferveur et ses austérités ne connurent presque plus de bornes. Souvent, après avoir employé une partie de la nuitf à travailler de ses mains et à prier, elle ne reposait que sur des
(Liv. LXX, — De 1181 MN 1198 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, prière, et plusicurs planches qu'elle cachait t de leurs maris. Bberté de disposer ouvertement de son Corps, elle se servait en secret 8 mauvaises raille. Mid'une corde extr: mement rude qu’elle portait sur la Chair. Son mari, pouvant leur nuire qui se nommait Jean, vivait d’abord avec elle comme avec son épouse; s sobriquets. Mais Mnais bientôt, gagné Par son exemple, il ne la regarda plus que au pillage de Liége, nomme sa sœur et sa compagne dans la piété. Dès lors, non-seuleii ne purent se sau. À ment il mena ur.e vie chaste, mais il fut le gardien fidèle de la chasdans des cloaques BMkté de son épouse, prit soin de tout ce qu’il lui fallait, afin que rien ‘ilen périt aucune, Be la détournât de la contemplation et des exercices de piété qui s verlus, on admi- BXCupaient toutes les heures de sa vie. Comme elle,: il donna aux Is. Quelques-unes uvres, pour l'amour de Jésus-Christ, tout ce qu’il possédait, et il ient les pécheurs à M joignit à elle dans la prière et dans toutes les œuvres de charité l'excès de l'amour Buxquelles il pouvait Prendre part, De sorte que, plus il était séparé
rte que le seul sou- elle Corporellement, en renonçant à toute affection charnelle, plus
amment ; d’autres BA lui était uni par les liens d'une société toute spirituelle. Ils ne se
al de Vitri, témoin rntentèrent pas de crucifier leur chair dans une si grande jeunesse;
veilles, et en prend Bis, s'oubliant eux-mêmes, ils s'employèrent à servir les lépréux les avait également BMans la ville de Nivelle.
»| Les hommes du siè ues de Vitri écrivit Buui leur paraissait sis e Marie d'Oignies, Be nel amille très - riche, Binspiration générale dans le pays pour se moquer d’eux et en faire dès sa plus tendreBf matière de la raillerie publique. part aux jeux desBfspectait quandils étaient riches, actère, mais parceäient volontairement rendus du ciel. Dès l’en-Bh les regardait comme des P 1 pied de son lit, etBambles et patients, plus on cherchait à les
. La miséricorde Bnssi bien que son époux, les recevait avec nt en elle avec les
Melle avait de Participer aux humiliation es religieux cister-
buffertes sur la croix.
ait à la dérobée, f chose, elle mettait
. Le principe de sa conversion parfaite, jurs plus fervent pour Dieu, fut la croi , comme c’est laBéditation de ses souffrances la touc d'habits précieux ; fdinaire, que’ sa place à l’égli it dans son âme cells. Depuis elle demeura fo rure des femmes.Bhige de la croix, ni parl Mais que sera-ceelle ne tombât da ze ans à un jeune son naturel. Eloi-
ait reçu de Dieu le don des larmes àuntel point connurent presqueli
> partie de la nuit sait que sur des
Sous son lit, Comme elle n'avait Pas la li-
S que Jésus-Christ avait
lle disait même à ceux qui craignaient qu'elle n'en fût affaiblie, que à XVI, 33
514 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — Dettgy Ni 1198 d
ces larmes étaient sa nourriture ; que, loin de lui faire du mal, elles ouvert la soulageaient dans ses peines. C'était presque toujours la vue de M bei P ce que Jésus-Christ a souffert pour les péchés des hommes qui les n'allat lui faisait répandre. De son côté, elle tâchait de ne rien faire qui pût # Jours q l’obliger à en verser sur elle-même. Elle veillait avec tant de soin sur Ba Cette é son âmeet .r tous ses sens, elle conservait son cœur dans une si ‘ ort ma grande pureté, que son directeur spirituel ne put presque jamais re- BAIUS, m marquer en elle ni une parole indécente, ni un regard mal régié, ni # NB du: une action tant soit peu libre, ni un ris immodéré, ni un geste qui à un A
leurs fc
ne fût modeste. Lorsque le soir elle examinait sévèrement tout ce qu’elle avait fait durant le jour, si elle croyait avoir failli en la moindre chose, elle s’en confessait sur-le-champ au prêtre, avec la plus vive conirition. Mer au s
L'amour du Sauveur lui faisait aimer la croix. Elle avait fait à fire un Dieu le sacrifice de ses biens , elle lui faisait perpétuellement le sa- douchait crifice de son cœur, elle cherchait encore à lui faire le sacrifice deflearni d’
Maubour a perm
son corps par une mortification continuelle. Elle n’usait de la nour-* En cc riture que pour ne pas mourir ; elle ne mangcait qu’une fois le jour saints, M ations.
et en très-petite quantité : l'été, à l’heure des vêpres ; l'hiver, à la première heure de la nuit. Elle ne buvait point de vin et ne mangeait point de viande ; sa nourriture la plus ordinaire était quelques fruits, des herbes et des légumes ; elle fut longtemps à n’user que d’un paï:1f@ noir, qui était si sec et si dur, qu’il lui écorchait le palais à resurek qu’elle en prenait. Trois ans de suite, elle jeüna au pain et à l'eau, depuis l'Exaltation de la sainte croix jusqu'à Pâques, et cela sans rien diminuer du travail de ses mains. Quelquefois même, pen dant trente-cinq jours, elle se reposait affectueusement avec le Sei gneur dans un doux et bienheureux silence, ne prenant aucune nour riture corporelle, et ne pouvant proférer que cette parole : Je veux le corps de Notre-Seigneur Jésus-Christ. L'ayant reçu, elle demeurai@” en silence avec le Seigneur. Ces jours-là, elle sentait son esprit comm séparé de son corps, et s’y trouvant comme dans un vase de boue | tant elle était détachée des choses sensibles, et ravie au-dessus d'elle® * même. Enfin, après les cinq semaines de ravissement, au grand éton@l' nement de tout le monde, elle revenait à elle, parlait aux assistants et prenait de la nourriture. al
Plus elle affaiblissait son corps par les jeûnes , plus son esprit sie morte fortitiait dans la prière. Elle priait le jour et la nuit avec une assi » Jacque duité infatigable ; elle priait sans cesse, ou dans le silence de s0 précher 1 cœur sans l’entremise de la parole, ou en exprimant par la bouch@ les sentiments de son cœur. Lors même qu’elle filait ou qu’elie faif
sait quelque autre travail des mains, elle avait toujours le psautie@f? testar
Hbiograpl liscerne MW'avec c:
Elle d jrant plu h voir d
qu'il étai
Liv, LXX, — Dettsi
faire du mal, elles ujours la vue de hommes qui les e rien faire qui pôt ec tant de soin sur cœur dans une si Jresque jamais regard mal régié, ni é, ni un geste qui évèrement tout ce avoir failli en la au prêtre, avec la
. Elle avait fait à étuellement le saaire le sacrifice de n’usait de la nourqu’une fois le jour pres ; l'hiver, à la vin et ne mangeait ait quelques fruits,
"user qe d’un pa;:f le palais à rmesurek au pain et à l'eau,B
iques, et cela sans
1efois même, pen
ement avec le Sei enant aucune nour
parole : Je veux le
ecu, elle demeurai
it son esprit comme
un vase de boue ie au-dessus d'elle ent, au grand éton rlait aux assistants
, plus son esprit sd nuit avec une assi#
le silence de 50
sant par la bouch@
filait ou qu’elie fai oujours le psautie
à 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 515
ouvert devant elle, pour chanter les louanges de Dieu et lavoir tou- .jours présent à sa pensée. Il ne se passait point d'année qu'elle n'allât en pèlerinage à Notre-Dame d'Oignies ; elle y obtenait touljours quelques grâces de Dieu par l'intercession de la sainte Vierge. Cette église était à une petite lieue de Nivelle, et ?e rüemin en était 1ort mauvais en tout temps : Marie ne laissait pas de le faire pieds
À aus, même dansles plus grandes rigueurs de l'hiver. Elle ne mangeait “rien durant tout ce jour, passait toute la nuit en prières dans cette
Lcglise, et ne mangeait qu’à son retour, après vêpres, Elle était d'ail- [leurs fort accoutumée à veiller ainsi dans l’église de Willenbrok,
Paubourg de Nivelle, où elle demeurait; elle y Veillait en prières, par
ÿ L . . . L .h permission des sacristains, jusqu’à ce que, ne pouvant plus résis-
ler au sommeil, elle appuyait la tête contre la muraille pour pren- “ire un instant de repos. Le lit qu’elle avait chez elle, et où elle ne srouchait presque jamais, ne valait guère mieux, sinon qu'il était barni d'un peu de paille.
: En communication perpétuelle avec Dieu, avec ses anges et ses juints, Marie eut un grand nombre de visions surnaturelles et de révé- Lhtions. Le cardinal Jacques de Vitri, son directeur spirituel et son Jhiographe, en cite plusieurs. Elle avait recu de Dieu un merveilleux
Jiscernement pour distinguer ce qui venait réellement de Dieu,
(l'avec ce qui venait de la nature ou de l'ange des ténèbres.
Elle demeura quelques années recluse à Willenbrok ; mais ne pouant plus supporter la multitude de ceux qui venaient par dévotion a voir de Nivelle, elle pria Dieu de lui faire connaître un lieu plus hvorable pour ne s'occuper que de lui seul. Elle n’en trouva point lle plus propre à ce dessein que le village d’Oignies, tant à cause juil était fort écarté des routes que parce qu'il était pauvre: de lus, elle y avait déjà vu quelques servantes de Dieu, avec lesquelles rtlle espérait le servir avec plus de ferveur encore. Ze y alla donc vec la permission de son mari, et de Gui, son beau-frère, qu’elle hvait choisi pour son père spirituel, auquel elle joignit le célèbre
l'acques de Vitri, qui fut depuis cardinal-évêque de Tusculum. Elle y
fécut sans obstacle dans la perfection où elle aspirait. Enfin Dieu,
on:
jayant comblée de ses grâces avec une profusion continuelle, la fit
4 river au terme qu'il lui avait marqué pour finir les travaux de sa tie mortelle.
# Jacques de Vitri, ayant reçu ordre du pape Innocent I d'aller rècher la croisade contre les manichéens de l’Albigeois, fut obligé Le la quitter l’année même où arriva sa mort, Elle lui prédit qu’il
ne la reverrait que pour l’assister en ce dernier passage: et elle fit on testament, lui laissant sa ceinture usée et le méchant mouchoir
516 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 1181
avec lequel elle essuyait ses larmes. Elle se consola de l’absence d'un tel directeur par la vue de sa transmigration prochaine et par la présence de l’évêque Foulque de Toulouse, qui, chassé de son siége par les albigeois, était venu se réfugier au pays de Liége.
Sa dernière maladie fut extrêmement longue et accompagnée de douleurs fort vives. Mais les consolations spirituelles égalaient, surpassaient même les douleurs. Pendant les trois derniers mois de sa vie, elle ne prit que onze fois de la nourriture : sa répugnance ne cessait que quand on lui faisait recevoir la sainte eucharistie. Elle marquait néanmoins la joie de son cœur par les hymnes et les cantiques qu’elle chantait continuellement en langue romane et en rythme ou rime. Peu de jours avant sa mort, elle fit transporter son lit dans l'église, au pied de l'autel, afin que les objets de sa piété lui fussent plus sensibles, Elle continua de chanter ses cantiques de joie, le Magnificat et le Nunc dimittis, au milieu de ses douleurs, jusqu'à ce que le dimanche, 23me de juin 1213, elle rendit paisiblement son âme à Dieu, à l’âge d'environ trente-six ans.
Pendant que la bienheureuse Marie d'Oignies édifiait le pays de Liége, saint Homme-Bon édifiait la ville de Crémone en Italie. Le nom de sa famille était Tucinge; celui d'Homme-Bon ou homme de bien, qu’il reçut au baptême, présageait ce qu'il devait être un jour. Son père, marchand de profession, n'était ni riche ni pauvre. Le jeune Homme-Bon fut élevé dans les sentiments de la piété et dans la pratique des vertus chrétiennes. Lorsque l’âge le lui permit, il fut appliqué au commerce, sans passer par l’étude des lettres. L'Esprit de Dieu fut son guide dans tout le cours de sa vie, et il le préserva de tous les écueils où l’on voit trop souvent échouer l'innocence. Dès son enfance, il montrait une grande horreur pour l’apparence même d’une injustice, et il aurait mieux aimé perdre toute sa fortune que de commettre le moindre péché. Il voyait dans son état une occupation que Dieu lui avait donnée; il en remplissait les devoirs par obéissance à la volonté du ciel, par justice pour luimême, pour sa famille et pour la société dont il était membre. Ses
femme vertueuse et capable de l’aider dans le gouvernement de la maison. Il vécut avec elle dans la crainte de Dieu et dans l’observation de ses commandements, suivant les préceptes que l’Apôtre donne aux personnes mariées.
Sa charité envers les pauvres ne connaissait, pour ainsi dire, point de bornes. Après la mort de son père, qui lui laissa des biens consi-
1 Acta SS., 23 junii.
dérab vres d leur r une y ches « famill de pl par là mis. ( souvel de mu
A la la moi de la] sait di:
Dieu p il se t
| assista
nuit, et Sa ferv tous ce
M votion.
“| tendan
conver!
à la pié
4 Dieu l’:
Le 1:
À resta à
äâtlar
| croix.
{ le viren
| quand ( M de lui, parents lui ayant proposé de se marier, il leur obéit, et s’unit à une M
Sicar:
N ses vert:
1 sieurs pe
Innocen Le corps dans la
à de Saint à en l’hon
1 Suriu:
, LXX. — De 1181
e l’absence d'un haine et par la ssé de son siége iége.
ccompagnée de égalaient, suriiers mois de sa répugnance ne ucharistie. Elle nes et les cantine et en rythme rter son lit dans piété lui fussent ques de joie, le eurs, jusqu'à ce
lement son âme
lifiait le pays de M
1e en Italie. Le on ou homme 1 devait être un riche ni pauvre.
s de la piété et ge le lui permit, ide des lettres.
e sa vie, et il le nt échouer l'inrreur pour l'apmé perdre toute voyait dans son n remplissait les istice pour lui-
ait membre. Ses MM de lui, et on remarqua qu'il ne vivait plus.
TA
DE RNE
| de la prière. Il y
À 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 517
dérables, il augmenta encore ses aumônes. Il allait chercher les pauvres dans leurs cabanes; et, en même temps qu'il les soulageait dans leur misère, il les exhortait à se repentir de leurs fautes et à mener une vie plus chrétienne, Sa femme lui faisait quelquefois des reproches sur ce que, par ses aumônes excessives, il appauvrissait sa famille ; mais il lui répondait avec douceur que la meilleure manière de placer son argent était de le donner aux pauvres, qu'on lui faisait par là produire le centuple, comme Jésus-Christ lui-même l’avait promis. On lit dans l’auteur de sa Vie, que ses immenses charités furent souvent accompagnées de miracles, et que Dieu lui accorda le don de multiplier ce qu'il avait destiné au soulagement des malheureux.
À la pratique de l’aumône il joignait celle de l’abstinence et de la mortification. 11 savait allier les devoirs de son état à l'exercice donnait un temps considérable ; et, lorsqu'il paraissait distrait par les occupations extérieures, il unissait son âme à Dieu par des aspirations fréquentes ; en sorte que tous les lieux où
M il se trouvait étaient pour lui des lieux d’oraison. Tous les jours il
1 à la piété les dimanches et les fêtes; et il 4 Dieu l'appela pour récompenser ses vertus.
| tous ceux qui le voyaient se
{ otion. Il restait quelque temps prosterné devant un crucifix, en at- M tendant que le prêtre fût arrivé
assistait, dans l’église de Saint-Gilles, à matines, qui se disaient à minuit, et il ne se retirait que le lendemain matin après la grand’messe. Sa ferveur était si exemplaire, surtout pendant le saint sacrifice, que sentaient pénétrés de la plus vive dé-
à l'autel. Ses exemples et ses discours convertirent un grand nombre de pécheurs. Il consacrait uniquement
était en prière, lorsque
Le 13 novembre 1197, il assista à matines, suivant sa coutume, et
À resta à genoux devant le crucifix » jusqu’à ce que le prêtre commen-
ma IE PRE
, et s’unit à une À
vernement de la dans l’observae l’Apôtre donne
ainsi dire, point des biens consi-
| croix. Peu de temps après,
çât la messe. Au Gloria in excelsis, il étendit les bras en forme de il tomba le visage contre terre. Ceux qui le virent en cet état crurent qu'ils’ y était mis par dévotion. Mais quand on s’aperçut qu'il ne se levait point à l'évangile, on s’approcha
Sicard, évêque de Crémone, après avoir constaté l'héroïsme de
| ses vertus et la certitude de ses miracles, se rendit à Rome avec plu- M leurs personnes respectables, pour solliciter sa canonisation. Le pape
À Innocent III le mit Le corps du serviteur de Dieu fut levé de terre en 1356, et transféré
!! de Saint-Gilles. Le célèbre Vida,
au nombre des saints, et publia sa bulleen 1198. dans la cathédrale de Crémone. Mais son chef est resté dans l'église de Crémone, a composé un hymne en l'honneur de saint Homobon, patron de sa patrie,
! Surius, Baillet, Godescard, 13 juin.
518 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXX. — De 1191 M * !!°
Dans le temps où ce saint marchand donnait à Crémoné l'exemple pris de la piété et de la charité, un noble Vénitien, le biénheureux Aco. è prad tanto, donnait à Venise l'exemple d’une piété et d’une charité non M *! ja moins admirables. Pierre, qui était riche, n'avait ni femme ni en- à von fants : sa famille, c'étaient les pauvres. Leur nombre et leur misère M sant augmentaient pendant les froids et les tempêtes de l'hiver. Pierre een Acotanto fut pour eux un père tendre, mais longtemps ihconnu. Chr # Comme, pendant la saison mauvaise, un grand nombre de pauvres M trail à Venise demeuraient enfermés dans leurs misérables cabanes, expo- M 165 Pi sés à mourir de faim, Pierre conduisit lui-mêmé une barque chargée M touck de vivres, de bois et de vêtements : il allait les déposer devant les le pè portes des malheureux, en frappant doucement pour qu'on ouvrit, Bi velles et disparaissait aussitôt. Cette bonne action, réitérée souvent au mi-B VOYA£ lieu des ténèbres dela nuit, finit par exciter la curiosité des pauvres : M les sa ils se mirent en embuscade pour surprendre et connaître l'homme À la ! généreux quisoulageait ainsi leur infortune. Pierre, se voyant pris sur ; le fait, exigea cependant le plus grand secret de la part de ces mal-8 heureux. Ce n’est qu’à sa mort que l’on apprit une foule de détails non moins intéressants qu'ingénieux, touchant les œuvres de miséri corde pratiquées par ce saint homme. Sa bienheureuse mort, arri vée vers la fin du douzième siècle, priva de leur protecteur les pau vres de cette populeuse cité ; mais les miracles qui furent opéré près de son tombeau prouvèrent que ses charités lui avaient ouverth: les portes du ciel. Son corps repose dans la belle église de Saint Basile. Le pape Clément VIII a approuvé son culte 1.
Antioche de Syrie vit deux descendants des chevaliers de la cr donner les mêmes exemples de piété et de charité : c’étaient sain Guillaume, et son fils, saint Pérégrin. Guillaume, issu d'une nob famille, mena d’abord une vie vertueuse, au milieu de la dissipatio et des dangers de l’état militaire. Ayant eu un fils unique, il mit tous ses soins à l’élever chrétiennement. Persuadé que l'exemple est pou les enfants la leçon la plus sûre et la plus efficace, il se fit une loi ne jamais le perdre de vue ete ne lui rien montrer, dansses discours dans sa conduite, dans tous ses sentiments, qui ne füt parfaitement conforme aux règles et à l'esprit de l'Évangile. Dieu bénit son zèle et le jeune Pérégrin fut bientôt un modèle de toutes les vertus. |
norés t
Cependant, au sortir de l'adolescence, il se sentit inspiré de faire Dieu le pèlerinage de Jérusalem. Guillaume, qui l’aimait tendrement, ne consentit, mais avec peine. Parti d’Antioche avec la bénédiction dé Ans son père, Pérégrin échangea ses vêtements de soie contre un habi 1 perdit |
! Acta
1 Acta SS., 23 sept, Godescard, 6 sept.
(Liv.LXX. — De 1181 à 1198 de l’èêre chr.] DE L'ÉGLISE CAT HOLIQUE. 519
bhénidhe l'exemple À pauvre, sa ceinture d’or contre une corde, et fit le chemin pieds nus, e biénheureux Aco. M P'atiquant ainsi la pauvreté volontaire, Arrivé à Jérusalem, il y fut t d’üne charité non h si touché de l'amour de Jésus-Christ, il se sentit une si grande déait ni femme ni en- À votion pour le saint sépulcre, qu'il résolut de ne plus quitter la ville mbre et leur misère à sainte. Il entra donc dansun hôpital pour s’y consacrer au service s de l'hiver. Pierre à des pauvres et des malades. Là il servait tous les pauvres de Jésusongtémps ihconnu, M Christ avec la même affection que s’il les avait conçus dans les ennombre de pauvres Bi trailles de la charité. Ceux qui étaient pleins d’ulcères, les lépreux 1bles cabanes, expo- ë les plus dégoûtants, il les touchait, il les embrassait, comme s’il une barque chargée Bi touchait et embrassait en eux Notre-Seigneur lui-même. Cependant déposer devant les le père, ne voyant pas revenir son fils, en faisait demander des noupour qu'on ouvrit, É: velles par tous les pèlerins. N’en recevant aucune, il fit lui-même le rée souvent au mi. M VOYage de Jérusalem pour le retrouver. Il visita soigneusement tous riosité des pauvres es saints lieux, s’informa de tous côtés, mais ne put rien découvrir. connaître l’homme À la fin il tomba malade et fut conduit précisément dans l'hôpital
où se trouvait son bien-aimé fils. Pérégrin reconnut aussitôt son la part de ces mal-i Père, lui prodigua les soins les plus tendres ; et, ayant appris de sa ne foule de déta ouche la cause de son chagrin, il le consolait en disant que son fils s œuvres de miséri-Wi vivait encore et que Dieu le lui rendrait bientôt. Le fils, voyant la ureuse mort, arri- M Maladie devenir mortelle, se fit enfin connaître à son père et lui raprotecteur les pa onta toute son histoire. Le père eut tant de joie de retrouver son
Is et de l’embrasser, qu'il se leva aussitôt de son lit : il n’était plus malade.
lui avaient ouver j ; rés ri ; le église de Saint Le pieux fils découvrit à son père le désir que depuis longtemps Îte 1, k il nourrissait dans son cœur, de servir Dieu dans la personne des evaliers de la croix Pèlerins et des pauvres. D'un commun accord ils revinrent à Anité : C’étaient sain L tioche; vendirent leur patrimoine, qui était très-considérable ; en e, issu d’une noble À consacrèrent une partie aux pauvres, aux églises et aux hôpitaux de eu de la dissipatio 1 cette ville ; puis, avec l’autre partie, ils revinrent à Jérusalem, où ils unique, il mit tous l'employèrent au soulagement de tous les malheureux > payant les l'exemple est pour dettes des uns, donnant le vêtement ei la nourriture à d’autres, il se fit une loi dd pourvoyant à la sépulture chrétienne des morts. Finalement, après , dansses discours! *V0ir ainsi distribué tous leurs biens, ils vinrent eux-mêmes, en ha-
ne fût parfaitemen . bit de pèlerins et de prires, se réfugier à Poggia, dans le royaume ieu bénit son zèle @ de Naples, où ils terminèrent saintement leur vie et où ils sont ho- © 1 norés tous deux le 26me d'avril 1,
Les les vertus. | Rép + nr
itit inspiré de faird Dieu inspira dans le même temps une abnégation semblable à ait tendrement, Li Saint Drogon, patron des bergers. Il vint au monde dans le village ‘a bénédiction { 4. d'Épinoy en Flandre. Son père et sa mère étaient nobles et riches. Il
le contre un hab! 4 perdit l’un et l’autre avant de naître ; Car il fut tiré du sein de sa
! Acta SS., 26 april, Godescard,
Î 520 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 1191 PA à 19
mère par la section césarienne. On remarqua en lui, dès son en-| sal fance, une piété singulière. A l'âge de vingt ans, il donna une partie & nié de ses biens aux pauvres et céda le reste à ses proches, pour se con- ja sacrer plus librement au service de Jésus-Christ. Ainsi dégagé de M HE tout attachement au monde, il se revétit d’un cilice et d’un habit € 1e . Srossier ; puis, à l'exemple d'Abraham, i) s'éloigna de sa patrie, : nn Après divers pèlerinages, il s'arrêta dans la bourgade de Sébourg À sr en Hainaut, à deux lieues de Valenciennes, et se loua en qualité de | Saxe berger à une dame de piété nommée Élisabeth de la Haire. Il choisit ) ns cet état comme le plus propre à lui fournir les moyens de pratiquer ‘ absti . l'obéissance, l'humilité, la mortification. 11 passa six ans à garder Bi apôtr Son troupeau ; mais sa modestie, son amour pour la prière et ses pi j4 autres vertus fixèrent sur lui les regards de tout le monde. LL était” A singulièrement estimé et aimé de tous ceux qui le connaissaient, et il surtout de sa maîtresse. Les libéralités qu’on lui faisait allaient aux : Fe équ pauvres, et il leur donnait encore tout ce qu’il pouvait retrancher de! ÿ q son nécessaire. i. | 1 pe @e succomber à la tentation de la vaine gloire lui fit Eu prendre le parti de quitter sa place. II visita les lieux célèbres par la î a dévotion des fidèies et alla neuf fois à Rome. : À crois Tous ces pèlerinages, étant faits avec de saintes dispositions, fu- Et rent pour lui une source de mérites. Il revenait de temps en temps Done à Sébourg, mais une rupture d’intestins causée par des fatigues con- Mis tinuelles, l'obligea enfin de rester dans ce lieu et d'y passer le reste | nt . de ses jours. Il se fit faire une petite cellule près de l’église, afin ques He de là il pût à tons moments adorer Dien et se regarder comme au Pi HN pied de ses autels. Il demeura ainsi renfermé l'espace de quarante tête pc cinq ans. Toute sa nourriture consistait en un peu de pa d orge D on pét‘ avec de la lessive. Il ne buvait que de l’eau tiède. C'était unes pour 1 nouvelle espèce de mortification qu'il déguisait, en disant que son bi deux j infirmité exigeait un pareil régime. Il mourut à l'âge de AE corps | vingt-quatre ans, le 16 d'avril, jour auquel l'Église honore sa mé-P ne moire #, : 1 Que Dans le temps, d’autres saints personnages travaillaient à RNPE À gl 6 la foi parmi les Barbares, les Slaves de Livonie. Saint nn cha- D cite b noine de Siegberg, poussé d’un grand zèle pour la conversion e ce : de a peuple idolâtre, y fit plusieurs voyages pendant quelques années, avaient avec des marchands, mais s'appliquant à un plus heureux LR rin. Be merce. Quand il vit que Dieu bénissait son travail et qu'il était écoutéb. CS favorablement, il s’adressa à Hartwic, archevêque de Brême, et au
$ à î Là
i Ârn(
sq [ire
î Âcia SS, Godescard, 16 avril,
(Liv. LXX. — De 1181 Ê
en lui, dès son en- À x DE FE : ; il donna une partie M Pas continuer sa prédication sans autorité et sans conseil. Ils lui
"oches, pour se con- À
t. Ainsi dégagé de cilice et d’un habit À
oigna de sa patrie,
à 1198 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 521