FEAR
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la honte de rester ainsi sans combattre en présence d'un ennemi qui Maltaqu redoublait à chaque instant ses attaques. Ceux del'arrière-garde re. Msemi, prochaient à Richard de les abandonner; ils appelaient à leur secours Met répé saint Georges, le patron des braves. A la fin, quelques-uns des plus Bfrez le « ardents et des plus intrépides, oubliant l'ordre qu'ils avaient reçu, Bsont di se précipitent sur les Musulmans : leur exemple entraine la valeu. BMeût été reuse milice des hospitaliers. Aussitôt le comte de Champagne avecBleur re sa troupe d'élite, Jacques d’Avesnes avec ses Flamands, Robert de Dans Dreux et son frère, l'évêque de Beauvais, accourent vers le lieu où tren: le péril était le plus pressant. Après eux, s’ébranlent les Bretons, Maille d les Angevins, les Poitevins; la bataille devient générale, et lesrroisés scènes de carnage s'étendent depuis la mer jusqu'aux montagnes Bibles et Le roi, Richard se montrait partout où les Chrétiens avaient besoinPlouvert de secours ; partout la fuite des Turcs annonçait sa présence et ms dués à : quait son passage. La mélée était si confuse et la poussière si épaisse Maravait que plusieurs croisés tombèrent sous les coups deleurs compagnons, qui les prenaient pour des Musulmans. Des étendards déchirés, des lances rompues, des épées brisées jonchaient la plaine. Vingt cha 4 riots, dit un témoin oculaire, n’auraient pu porter les javelots et les traits qui couvraient la terre. :
A chaque moment le combat s'animait davantage et devenait plus sanglant ; toute l'armée chrétienne se trouvait engagée dans la bai taille ; et, rebroussant chemin, le char qui portait le grand étendard ni s'était rapproché du fort de la mélée. Bientôt les Musulmans ndfu si peuvent plus supporter le choc impétueux des Francs. L'historie F arabe Boha-Eddin, témoin oculaire, nous apprend lui-même qu'ayang quitté l’armée musulmane, mise en déroute, il voulut se retirer Mu l'aile gauche qui prenait la fuite, et qu'il se réfugia enfin vers le pa villon de Saladin, où il trouva le sultan, qui n’avait plus autour de lui que dix-sept mameluks. Tandis que leurs ennemis fuyaient ainsi
Durant to *houverai
s'étaient repliés autour de leur étendard, eurent besoin, pour résisé ter au choc de l’ennemi, d’être encouragés par la présence et l'exem À ple de Richard, devant lequel aucun Musulman ne pouvait reste, debout, et qui, selon les chroniques contemporaines, ressemblaiths dans l’horrible mêlée, au moissonneur abattant des épis.
#K morñent où les Chrétiens victorieux se remettaient en marché res rev, les Musulmans, poussés par le désespoir, vinrent enco
(Liv, LXX, — De 1181 Mi 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 489
ice d'un ennemi qui attaquer l’arrière-garde. Richard, qui avait repoussé deux fois l'enlel'arrière-garde re. Mnemi, vole au lieu du combat, suivi seulement de quinze chevaliers laient à leur secours Met répétant à haute voix le cri de guerre des Chrétiens : Dieu, sevouelques-uns des plus Mfrez le saint sépulcre ! Les plus braves suivent le roi : les Musulmans qu'ils avaient reçu, Msont dispersés au premier choc ; et leur armée, vaincue trois fois, e entraine la valeu- Beût été détruite, si les bois n’eussent recuëilli leurs débris et dérobé de Champagne avecBeur retraite précipitée.
lamands, Robert def Dans certe bataille, Saladin perdit plus de huit mille de ses soldats rent vers le lieu où trente-deux de ses émirs. La victoire ne coûta aux Chrétiens que ranlent les Bretons, Mille de leurs guerriers. Ce fut avec une profonde douleur que les nt générale, et lsBroisés reconnurent parmi les morts un de leurs chefs les plus haqu'aux montagnes. BMiiles et les plus intrépides, l’illustre Jacques d’Avesnes. On le trouva
tiens avaient besoinBlouvert de blessures au milieu de ses compagnons et de ses parents
sa présence et mar-Blués à ses côtés. Après avoir eu un bras et une jambe coupés, il
poussière si épaisse Mr'avait point cessé de combattre ; il s’écria en mourant : O Richard,
leurs compagnons, il fut enseveli à Arsur,
dards déchirés, des de la croix assistèrent en
er les javelots et lesB{ Malgré cette glorieuse victoire des Chrétiens, les Turcs restaient raitres de la plupart des villes et des places fortes de la Palestine ; age et devenait plusnais, d’un côté, les forteresses qu'ils venaient de conquérir pou- Muient avoir besoin d’être réparées pour soutenir l'attaque des ennet le grand étendardB is; de l’autre, les soldats musulmans, les Musulmans nel siége de Ptolémais, Francs. L'historienks [lui-même qu'ayan@, voulut se retirer du Lours abattues.
vait plus autour de î Les chefs de l’armée se réunirent en conseil pour délibérer sur le mis fuyaient ainsi rti qu'ils avaient à prendre. Les uns voulaient qu'on marchât sur restent immobile@krusalem, persuadés que la terreur qui s'était emparée des Musulnt de soigner le@nans en-faciliterait la conquête. Les autres pensaient que, pour aschamp de bataille Ærer leur marche et le succès de leur entreprise, les croisés devaient, leur chef avait ral@rant tout, fortifier les cités et relever les places démolies qu'ils Les Chrétiens, quuveraient sur leur passage. Ce dernier avis l’emporta, et l'on se besoin, pour résisguit à relever les murailles de Joppé. présence et l’exem 4 Ce fut à cette époque que le roi d'Angleterre courut le danger de ne pouvait resté onber entre les mains des Musulmans. Étant un jour à la chasse aines, ressemblaitBns la forêt de Saron » il s'arrêta et s’endormit sous un arbre. Tout les épis. Miconp il est réveillé par les cris de ceux qui l’accompagnaient : une ettaient en march@upe de Musulmans accourait pour le surprendre; il monte à oir, vinrent enco aletse met en défense; mais , entouré de toutes parts, il allait
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succomber sous le nombre, lorsqu'un chevalier de sa suite, que les " Au chroniques nomment Guillaume de Pratelles, s’écrie dans la langue@ies n des Musulmans : Je suis le roi! sauvez ma vie! A ces mots, ce gé- BMroubl aéreux guerrier est entouré par les Musulmans » qui le font prison-BMD'apr nier et le *onduisent à Saladin. Le roi d'Angleterre, sauvé ainsi pardque le le dévouement d’un chevalier français, échappe à la poursuite desbnais : ennemis et revient à Joppé, où son armée apprend avec effroi qu’elle Phisser a couru le danger de perdre son chef. Guillaume de Pratelles futôdes che conduit dans les prisons de Damss ; et Richard ne crut point , danshn roi la suite, trop payer la liberté de son fidèle serviteur, en rendant àbdeur de Saladin dix de ses émirs tombés au pouvoir des croisés. Mpaccoi Après avoir relevé les murs de Joppé, l’armée chrétienne fit une db esti marche vers Jérusalem , mais revint sur ses pas, et se remit à rele#areil ver les fortifications d’autres places, notamment d’Ascalon. Quel-ÆMeveu, ques exploits guerriers se mélaient encore aux travaux. Un jour quéMuis q les templiers cherchaient du fourrage à travers les plaines et le Com vallée, is furent surpris par une troupe de Musulmans. Malgré leur ire et bravoure, ils étaient près de céder au nombre, et par leurs cris ildiqude cl appelaient à leur secours leurs compagnons d'armes restés au camphrtenir Aussitôt Richard s’élance sur son cheval et vole au lieu du péril #Mieu ce son escorte était si peu nombreuse, qu’on voulut le retenir en lu Mu je : disant qu'il s'exposait inutilement à une mort certaine. « QuandMouron tous ces guerriers , répondit le monarque en colère, ont suivi undbdles réj armée dont je suis le chef, je leur ai promis de ne jamais les abanMividus donner ; s'ils trouvaient la mort sans être secourus, serais-je digndhi de les commander et pourrais-je encore prendre le titre de roi? » En proférant ces paroles, Richard s’élance contre les ennemis; d toutes parts les Musulmans tombent sous ses coups; son exempl@ relève le courage des guerriers chrétiens ; les bataillons des infidèles se dispersent et prennent la fuite ; les templiers victorieux retour nent à leur camp , traînant à leur suite un grand nombre de captif et célébrant les louanges de Richard. Dans une autre excursion Richard délivra douze cents prisonniers chrétiens qu'on emmenai en Égypte.
Telle était la terreur qe le nom seul de Richard inspirait à tous les Sarrasins, que, plus d’un demi-siècle après, les femmes musul # manes, pour apaiser leurs enfants qui pleuraient , avaient coutum@ de leur dire : Tais-toi, voici !e roi Richard ! De même les cavalier æ* turcs, quand leurs chevaux s’effarouchaient à la vue d’un buisson@i leur demandaient : Penses-tu donc que c’est le roi Richard 1?
1 Joinville, Vie de saint Louis.
(Liv. EXX. — De 11810 1198 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. r de sa suite, quelesMf Au printemps 1199, il vint à s’écrie dans la languelies messagers d'Angleterre, +! À ces mots, ce gé.MMroublé par les complots de
s, qui le font prison-Ml'après les avis qu'il reçut , il annonça , dans un conseil des chefs, terre, sauvé ainsi parque les intérêts de sa couronne le rappelleraient bientôt en Occident ; pe à la poursuite desMnais il déclara en même temps que, s’il quittait la Palestine, il y "end'aveceffroi qu'elleMhisserait trois cents cavaliers et deux mille fantassins d'élite, Tous ume de Pratelles futlles chefs, déplorant la nécessité de son départ , proposèrent d’élire 1 ne crut point , dans roi qui püt rallier les esprits et faire cesser les discordes. Richard rviteur, en rendant äbgkur demanda quel prince pourrait mériter leur confiance ; et tous s Croisés, Maccordèrent à désigner Conrad, qu’ils n’aimaient point, mais dont née chrétienne fit unes estimaient l’habileté et la bravoure. Richard ; qui s’étonna d’un s, et se remit à rele $: pareil cb*ix , n'hésita pas néanmoins à y donner son adhésion ; son nt d’Ascalon. Quel-Mheveu, le comte de Champagne, fut chargé d’aller annoncer au marravaux. Un jour que Muis qu'il venait d’être nommé r2i de Jérusalem.
rs les plaines et le de Conrad, sans qu’on le sût, venai: de contracter une alliance offensulmans. Malgré leu à live et défensive &vec les Musulmans. Quand il reçut donc l’ambas- > et par leurs cris ildMude chrétienne , qui lui déférait la royauté de Jérusalem , il ne put rmes restés au camphitlenir sa surprise ni sa joie ; et, levant les yeux au ciel, il adressa à ole au lieu du péril î Dieu cette prière : Seigneur, vous qui êtes le Roi des rois, permettez
ilut le retenir en luëque je sois couronné si vous m’en trouvez di ne ; sinon, éloignez la ; , 8
t certaine. « Quand ; wuronne du front de votre serviteur, Peu de jours après, au milieu
ère , ont suivi undiles réjouissances publiques, comme il revenait d’un festin, deux inne jamais les aban#ividus l’attaquent et le tuent, en lui disant : Tu ne seras plus ni ur us, serais-je digndnarquis ni roi! C’étaient deux assassins envoyés par le Vieux de la re letitre de roi? Pinontagne : depuis six mois ils attendaient l’occasion. Étant arrivés à tre les ennemis; ddr, pour mieux cacher leur projet, ils reçurent le baptême, s’attacoups; son exempléhèrent au prince de Sidon €t restèrent six mois auprès de lui; ils taillons des infidèle@”"étaient faits religieux et dévots, dit un auteur arabe, et ne parais- 8 victorieux retourhient occupés que de prier le Dieu des Chréïiens. Comme le roi Rid nombre de captif Pihard s'était fait haïr de beaucoup demonde par sa hauteur, plusieurs me autre excursion@ik soupçonnèrent de ce meurtre. Mais un historien arabe, Ibn-Alatir, ns qu'on emmenai@Mllit positivement que Saladin avait offert dix mille pièces d’or au - lieux de la montagne, s’il faisait assassiner le marquis de Tyr et le ard inspirait à tou@Moi d'Angleterre; mais le prince de la montagne, ajoute le même les femmes musul#Mistorien, ne jugea pas à propos de délivrer tout à fait Saladin de la it, avaient coutumdluerre des Francs, et ne fit que la moitié de ce qu’on lui demandait. même les cavalier @Mloilà ce que les Arabes attribuent à Saladin, le plus estimable de a vue d’un buisson Dr sultans. ; ji Richard 1? D} Au milieu du trouble occasionné par la mort de Conrad, le peuple le Tyr, qui restait sans chef et sans Maître, jeta les yeux sur Henri, {rnte de Champagne ; les principaux habitants le supplièrent de
ichard, dans les plaines d'Ascalon, lui annonçant que son royaume était on frère Jean, surnommé Sans-terre.
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prendre les rênes du gouvernement et d’épouser la veuve du princdtielle, qu'ils avaient perdu : Isabelle vint elle-même lui offrir les clefs de Hi ville. Henri s’excusa d’abord , en disant qu’il voulait consulter R: Chard ; mais il céda énfin aux instances qu’on lui faisait, et le mariage fut célébré solennellement en présence du clergé :t du peuple. Ce union convenait également aux Français et aux anglais , parce quai le comte Henri était neveu du roi d'Angleterre et du roi de France ren ne
Richard donna son approbation à ce qui avait été fait, et céda a + lasse |
nouveau roi toutes les villes chrétiennes qu’il avait conquises. Henri Dintes à qu’il appela auprès de lui, ne tarda pas à se mettre en marche avedh para ses chevaliers, et se rendit d’abord à Ptolémaïs, accompagné du dug Gauti de Bourgogneet de sanouvelle épouse. Plus de soixantemille hommes couverts de leurs armes, allèrent au-devant du nouveau roi de Jéru salem; les rues étaient tapissées d’étoffes de soie ; l’encens brûlai sur les places publiques; les femmes et les enfants dansaient ed. Mais, chœur. Le clergé conduisit à l’église le successeur de David et d@acore d Godefroi, et célébra son avénement par des cantiques et des actions crier. de grâces.
“pendant Richard flottait dans l'incertitude : tantôt il voulai s’embarquer pour l'Angleterre, qui réclamait sa présence ; tantôt i voul'it rester en Palestine, où sa présence ne päraissait pas moins nécessaire. Une fois, il conduisit l’armée vers Jérusalem, où Saladir lui-même s'était enfermé. Un jour même, en poursuivant les Musul mans, Richard arriva jusque sur les hauteurs d'Emmaüs, d’où i aperçut les murailles et les tours de Jérusalem. A cette vue, il se mi à fondre en larmes ; et, se couvrant le visage-de son bouclier, il s’a
voua indigne de contempler cette ville sainte que ses armes n’avaien@}s Musu pu délivrer. L'armée revint sur ses pas. Bic pre Au milieu de toutes ces incertitudes, qui excitèrent bien deduine, et
plaintes et des murmures, Richard ne passait pas un jour qu'il ne signalât par quelques exploits contre les Musulmans. ii ne revenai@tipiter jamais au camp, dit un témoin oculaire , l'historien Vinisauf, sand atant la être suivi d’un grand nombre de prisonniers, et sans apporter avedii, sen lui dix, vingt ou trente têtes de Musulmans tombés sous ses coupsuulmar Jamais un seul homme ne détruisit autant de Musulmans dans lesbieux , croisades ; en lisant la relation de ses travaux, on croit lire les pages dranle :
res, re
dans lesquelles l'épopée antique raconte les exploits des héros et des D Alors o: demi-dieux. En voici un exemple. Lloppé,
Un jour Saladin, ayant reçu des renforts considérables, sortit deiétaient Jérusalem pour aller surprendre Joppé. Après plusieurs assauts , las mame
ville est prise ; les Musulmans égorgent tous ceux qu’ils rencontrent, et commettent d’horribles cruantés sur les malades. Déjà la cite taires,
(Liv. LXX. — De 11811198 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, er la veuve du princdliille, où s'était réfugiée la garnison, pro i offrir les clefs de Jichurd, venant par mer de Ptolémais,
oulait consulter RiBwr't avec plusieurs navires montés pa faisait, et le mariage ussitôt il fait tourner ses barques vers
ét du peuple. Cet l'eau Jusqu'à la ceinture, il atteint | Anglais , parce quai multitude de Musulmans. Les plus braves suivent Richard, à qui et u roi de France Men ne résiste : cette généreuse troupe pénètre dans la place, en t'été fait, et céda au lisse les Turcs, les Poursuit jusque dans la plaine, et va dresser ses
ait conquises, Henri tes au lieu même où Saladin avait eu les siennes quelques heures {tre en marche ave Mparavant.
accompagné du du Gautier Vinisauf nous dit xante mille hommes ‘offrent pas un tel prodige, ouveau roi de Jéru mpêcher de rendre homm ie ; l’encens brülaiff ni d'Angleierre.
nfants dansaient en Mais, quoiqu'il eût mis en fuite
seur de David et d@acore d’avoir triomphé de tous les tiques et des actiondicrriers la garnison de la citad
smbattants.
posait de capituler, lorsque parut tout à coup dans le r des guerriers chrétiens.
la ville; et, se jetant dans le premier le rivage défendu par
que les annales des temps anciens et l'auteur arabe, Boha-Eddin, ne peut age à cet exploit presque fabuleux du
ses ennemis, Richard était loin périls. Après avoir réuni à ses elle, il comptait à peine deux mille
e: tantôt il voulait | présence ; tantôt i äraissait pas moin ‘usalem, où Saladi
> Qui était sorti
la plaine des bataillons mu-
iant : Aux armes ! aux armes! Richard s’éirsuivant les Musul pre en sursaut, endosse s? cuirasse. Déjà les Musulmans accou-
l'Emmaüs, d’où ilfient en foule. Le roi et la plupart des siens marchèrent au combat cette vue, il se mi ambes nues, quelques-uns en chemise. On ne trouva dans l’arson bouclier, il s'a@ke chrétienne que dix chevaux : un d'eux fut donné à Richard. ses armes n'avaien@s Musulmans sont forcés à la retraite. Le roi d’Angleterre profite Lkce premier avantage pour ranger ses soldats en bataille dans la xcitèrent bien dedine, et pour les exhorter à de nouveaux combats. Bientôt les as un jour qu'il ndfres, revenant à la charge au nombre de sept mille cavaliers, se ans. Ïi ne revenai@ripitent ur les Chrétiens. Ceux-ci, prenant leurs rangs et prérien Vinisauf, sansatant la pointe de leurs lances, résistent à l'impétuosité de l’ensans apporter ave@ani, semblables à une muraille de fer Ou d’airain. Les cavaliers és sous ses coups Musulmans reculent d’abord, reviennent ensuite en poussant des cris asulmans dans lesbieux , et s’éloignent encore sans oser combattre : enfin Richard croit lire les pages dranle avec les siens, et fond sur les Turcs étonnés de son audace. ts des héros et des Alors on vient lui annoncer que l'ennemi est rentré dans la ville Btloppé, et que le glaive musulman moissonne ceux des Chrétiens dérables, sortit deictaient restés à la garde des portes. Richard vole à leur secours. sieurs assauts , la mameluks se dispersent à son approche qu'ils rencontrent, Be : il n'avait cependant avec lui que deu les, Déjà la cita-Ælitaires, Quand la ville est délivré
; il tue tout ce qui ré- X cavaliers et quelques e de la présence des ennemis,
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Lrusale l'armée
À 1108 de
il revient dans la plaine, où sa troupe était aux prises avec la cava lerie musulmane.
C'est ici que son historien ne sait quelles expressions employeg pient enr pour rendre la surprise que leur cause un spectacle si nouveau, Aÿprésence seul aspect de Richard, les plus braves des Musulmans frémissaientth guerre et leurs cheveux se hérissaient sur leurs fronts. Un émir, qui se dispecier les tinguait par sa taille et l’éclat de ses armes, ose le défier au combat d’un seul coup, Richard lui abat la tête, l'épaule droite et le bralichard, droit. Au fort de la mêlée, l’intrépide comte de Leicester et plusieur vraie c de ses valeureux compagnons allaient succomber, accablés sous IN Pendar nombre; mais Richard, toujours invincible, toujours invulnérabl@ ämville, les-sauve du péril en renversant autour d'eux la foule des Musule l'île de mans; enfin il se précipite avec tant d’ardeur dans les rangs ennd#rent po mis, que personne ne peut le suivre et qu'il disparaît aux yeux “ le s tous ses guerriers. Lorsqu'il revint au milieu des croisés, qui Bas un c croyaient mort, son cheval était couvert de sang et de poussière; soin de lui-même, tout hérissé de flèches, paraissait semblable à une pelo@hliers du couverte d’aiguilles. C’est la comparaison de Vinisauf,témoinoculair@nt bient Quelques historiens rapportent que Malek-Adhel, plein d’admird@core qu’ tion pour la bravoure de Richard, lui envoya deux chevaux arab@ndue de sur le champ de bataille. Lorsque, après le combat, Saladin reprochdmpliers, à ses émirs d’avoir fui devant un seul homme : « Personne, répotihiteau de dit un d’entre eux, ne peut supporter les coups qu’il porte; sdimbre les impétuosité est terrible, sa rencontre est mortelle, et ses actions soient teni au-dessus de la nature humaine. » Les Chrétiens eux-mêmes ne po@tcœur. L vaient s'expliquer cette victoire extraordinaire qu’en l'attribuant@ée, ils for la puissance divine !. bants. Ils Tant de prodiges de valeur déterminèrent Saladin à conclure litoire, qu négociations pour la paix, qui se continuaient au milieu des combat@sen firen On adopta une trêve de trois ans et nuit mois. On convint que JérMlsie ni salem serait ouverte à la dévotion des Chrétiens, et que ceux-ci polufrères, séderaient toute la côte maritime depuis Joppé jusqu’à Tyr. Les Tuiiarent ar et les croisés avaient des prétentions sur Ascalon, qu’on regard@it ile, ha comme la clef de l'Égypte. Pour terminer les débats, on arrêta qima le de cette ville serait de nouveau démolie. Les principaux chefs des dei qu'il r
armées jurèrent, les uns sur l’Alcoran, les autres sur l'Évangilarte, la d'observer les conditions du traité. Richard £e contenta de donner {tioche. parole et de toucher la main des ambassadeurs. Nine, dép Quand la paix eut été proclamée, les pèlerins, avant de retourniitibua de en Europe, voulurent visiter le tombeau de Jésus-Christ, et voir cel Dipre, qui pi Passa FE 1 Gautier Vinisauf, List, du k
si sc. é
[Liv. LXX, — De 118 prises avec la cava
pressions employe cle si nouveau, À Imans frémissaien ]'n émir, qui se dis e défier au combat le droite et le bra eicester et plusieu er, accablés sous jours invulnérablé a foule des Musu ans les rangs en
sparaît aux yeux dé
des croisés, qui et de poussière ; blable à une pelo tuf,témoin oculair el, plein d’admiré 2ux chevaux arab , Saladin reproche « Personne, répot ps qu’il porte ; sq , et ses actions s0 eux-mêmes ne po qu’en l’attribuant
adin à conclure Il milieu des comba n convint que Jé et que ceux-ci p qu’à Tyr. Les Tu on, qu’on regard bats, on arrêta q aux chefs des de res sur l’Évangi ntenta de donner
avant de retour Christ, et voir cek
4 11198 de l’ère chr.] D krusalem
qu'ils n’avaient pu délivrer. La plupart des croisés de Richard se parlagèrent en plusieurs caravanes, et se mi- Mrent en route pour la ville sainte. Quoiqu'ils fussent sans armes, leur Présence réveilla parmi les Musulmans les sentiments qu'avait nourris th guerre. Saladin fut obligé d'employer son pouvoir pour faire resecier les droits de l'hospitalité. L'évêque de Salisburi, dont le sultan trait éprouvé la bravoure et qui faisait le pèlerinage au nom de Mlichard, fut accueilli avec distinction. Saladin lui montra le bois de Mi vraie croix, et s’entretint longtemps avec lui sur la guerre sainte. à Pendant que le roi d'Angleterre était devant Ptolémais, Richard mville, l’un des deux seigneurs auxquels il avait confié Ja garde l'île de Chypre, vint à mourir. Les Grecs se révoltèrent et se donkrent pour roi un moine, parent d'Isaac Comnène. Robert de Turnam, le second des deux seigneurs, marcha contre eux, les défit Dos un combat, prit le moine et le fit pendre. Le roi Richard avait loin de ses troupes et manquait d'argent. Il engagea l’île aux che- Mers du Temple pour la somme de vingt-cinq mille marcs. Ils funt bientôt avertis que les Grecs, qui haïssaient les Latins plus toore qu'ils n’avaient haï leur tyran, avaient formé dans toute l’édue de l’île une Conjuration pour les massacrer. Sur cet avis, les mpliers, seulement au nombre de cent, s’enfermèrent dans le Mileau de Nicosie, capitale de l'ile. Les Grecs vinrent en grand ambre les y assiéger. Ces braves guerriers, voyant qu'ils ne pou- Dient tenir longtemps sans mourir, résolurent de périr en hommes Mcœur. Le jour de Pâques 1191, après avoir participé au saint mysbre, ils font une sortie et tombent l'épée à la main sur les assié- Bants. Ils ne cherchaient qu'une mort honorable : ils trouvèrent la toire, qu’ils n’attendaient pas. Cette multitude prit aussitôt la fuite. Ben firent un Carnage qui dura tout le jour, et ne laissèrent dans Rosie ni homme ni femme ; tout fut passé au fil de l'épée. Leurs frères, qui étaient devant Ptolémais, instruits de cette révolution, Milarent au roi d'Angleterre qu’ilsne voulaient pas être les gardiens de Me île, habitée par un peuple aussi perfide que lâche. Richard en na le domaine à Gui de Lusignan, ex-roi de Jérusalem, à condi- Mu qu'il rembourserait les templi: :s. Gui, la trouvant presque Baerte, la repeupla de colons qu'il fit venir d'Arménie et du pays
Rntioche. II ouvrit asile à tous les malheureux habitants de la Paépée des Musulmans, et leur
Nine, dépouillés de leurs biens par habitations. Tel fut le commencement du royaume de
Atibua dec Mipre, qui subsista trois cents ans sous dix-sept rois, jusqu’à ce Bil passa par donation entre les mains de la république de Venise 1,
w Ilist, du Bas-Empire, 1, 92,
M'armée de
SA
496 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX. — De 11818 1198 de
La postérité de Gui de Lusignan donnera même des rois à l'Arménie BMqui se ve
Après la trêve conclue avec Richard, Saladin s'était retiré à Da-BMhomme mas. Il s'y occupait de nouvelles conquêtes : il portait ses regardsäde l'hunr sur l'Asie Mineure, sur l'empire grec, et, par suite, sur l'Occident Bhité chre
dont il avait plusieurs fois vaincu les armées en Syrie. Mais, au mi@N Le pa] lieu de ces projets, il tomba malade et mourut dans l’année. Avantihe, pou d’expirer, il ordonna à un de ses émirs de porter son drap mortuairdiprotectio dans les rues de Damas, en répétant à haute voix : Voilà ce que Sahvec des
ladin, vainqueur de l'Orient, emporte de ses conquêtes !
Saladin était un vaste incendie qui menaçait de réduire en cendres bons que toute la chrétienté. La troisième croisade arrêta cet incendie suout à nc place, et le força de se consumer en lui-même. Certes, ce n'étai pas rien.
Le héros de cette croisade, Richard Cœur-de-lion, après avoilf échappé à bien des périls parmi les Musulmans, devait en rencontre@wus lui « d'autres à son retour parmi les Chrétiens. Comme il avait offens Dur ses te tous les princes, il ne voyait point de terre amie où il pût aborde Sur les côtes de France, il avait à craindre le ressentiment de Phi lippe-Auguste ; sur les côtes d'Italie, il avait à craindre la puissan maison de Montferrat, qui le soupçonnait d’avoir procuré le meurtri du marquis de Tyr;ien traversant l'Allemagne, il avait surtout Bunié qu craindre le due Léopold d'Autriche, qu'il avait traité outrageuseliketerre ; : ment à Ptolémais. Embarqué au mois d'octobre 1192, son navimaunicatio fut ballotté pendant six semaines par des tempêtes, et finit par fai naufrage sur les côtes de Dalmatie. Déjà l’ordre avait été donné dép l'arrêter. Il échappa jusqu’à Vienne, où il fut reconnu et fait prisondunes fur nier par le duc Léopold d'Autriche. Se souvenant de l’injure qu'il éWiuaire, et avait reçue, Léopold se vengea, non point en prince, mais en spéays mou culateur juif ; car il le vendit à un antre spéculateur de même csopold, € pèce, l’empereur d'Allemagne Henri VI. Dissait to
Celui-ci assembla même les seigneurs et les prélats allemands po‘Bdemain le juger en vertu de cette prétention germanique, que l'empereW@i, son teuton était le seul maître du monde, mais en réalité pour trouv@hilht le lui moyen de le revendre plus cher. Il fut revendu à ses sujets au pri fit luide cent cinquante mille marcs d’argent, dont cent mille payables ava@kespéra sa délivrance. Sur ce marché, le duc Léopold reçut vingt mille mar@hi étaient ou même cinquante mille, d’autres princes et évêques d’Allemag Milsolutio: une part moins considérable. Pré luir
A la nouvelle de ce marché royal, le roi de France et Joan, frè@wment de de Richard, offrirent au spéculateur impérial Henri VI un bénéfi( L'agissait plus fort s’il voulait leur vendre à eux-mêmes le roi d'Angleterre. UE croirait assister à une scène de famille parmi les nègres d’Afriqu
Radulph.
Liv, LXX. — De 1181 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 497
s rois à l'Arménie BMiqui se vendent les uns les autres aux marchands d'esclaves. Un seul s'était retiré à Da-BMhomme sut venger sur les princes mêmes J:s droits de la justice et jortait ses regarde l’aumanité : cet homme fut le Pontife romain , le chef de l'humate, sur l'Occident Bité chrétienne. :
yrie. Mais, au mi Le pape Célestin Iil excommunia, dès l’an 1193, le duc d’Autrians l’année. Avantithe, pour avoir pris le roi Richard, qui, comme croisé, était sous la son drap mortuairdprotection du Saint- Siége, et pour en avoir exigé une grosse rançon, + Voilà ce que SaMivec des otages. Le duc témoigna vouloir satisfaire ; et le Pape écrivit quêtes ! Duinsi, le 6 de juin 1194, à l'évêque de Vérone, son légat : Nous vouréduire en cendre@Mbns que vous preniez serment du duc d'Autriche qu'il obéira en a cet incendie sudout à nos ordres. Puis vous lui commanderez de délivrer tous les . Certes, ce n'étailhtages du roi d'Angleterre, de le décharger des conditions qu'il a xigées de lui, de restituer tout ce qu'il a reçu de sa rançon, de satisjare entièrement pour l’injure et le dommage qu'il lui a causé. Alors ous lui donnerez l'absolution, à lui et aux siens, et lèverez l’interdit : r ses terres. Vous leur ordonnerez de plus d’aller au plus tôt à la ue sainte et d'y faire le service de Jésus-Christ autant de temps 4e roi aura été en prison, faute de quoi vous les remettrez dans hexcommunication 1.
procuré le meurtr@t Le duc d'Autriche, aveuglé par l'avarice, aima mieux être excom: il avait surtout Munié que de rendre l'argent qu'il avait tiré de la vente du roi d’Antraité outrageusdlikterre ; mais la Providence appuya par des effets sensibles l’excom- > 1192, son navi@aunication et l’interdit du Pontife romain. La même année, toutes 8, et finit par fais villes du duché d'Autriche furent brûlées sans que l’on en sût la avait été donné dause ; le Danube en inonda une partie, où plus de dix mille pernn et fait prisonènnes furent noyées ; il y eut pendant l’été une sécheresse extraorde l'injure qu'il eWhaire, et des vers consumèrent les herbages ; les pius nobles du nce, mais en sp#ays moururent de maladie. Tous ces fléaux ne touchèrent point teur de même emopold, et il jura qu'il ferait mourir les otages, si Richard n’accom- Bissait tout ce qu'il lui avait promis ; mais la même année 1194, le Hidemain de Noël, jour de Saint-Étienne, le duc d'Autriche étant Mi, son cheval tomba sur lui et lui rompit le picd, en sorte qu'il ut le lui couper; et, comme personne n’osait faire cette opération, Dh fit lui-même, aidé de son valet de chambre, mais si mal, qu’on Psespéra de sa vie. Alors il fit appeler les évêques et les seigneurs Mi étaient venus célébrer avec lui la fête, et demanda aux premiers hsolution des censures portées contre lui par le Pape. Tout le Drgé lui répondit qu’il ne serait point absous, s’il ne promettait par ance et Joan, frèBment de se soumettre au jugement de l’Église pour les faits dont nri VE un bénéfi@hagissait, et si les grands de son duché ne faisaient avec lui le oi d'Angleterre. URR s nègres d'Aftiqu@ Ruiph. Dicet., p. 675.
lion, après avoi levait en rencontre me il avait offens où il pût aborde ssentiment de Phi aindre la puissan
ats allemands po e, que l'empere alité pour trouvé ses sujets au pr nille payables ava it vingt mille mar êques d’Allemag
498 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXX. — De 19/0 à
mêm serment et ne promettaient de l'accomplir, si la most Id ne prévenait. Dr
Voilà commele Pape et le clergé catholique maintenaient les drot£ $o de la justice et de l'humanité entre les princes et les rois, contre les
tio!
princes et les rois eux-mêmes. : ï Le duc d'Autriche, ayant reçu l’absolution à ces conditions, com2N l'in manda de délivrer les otages du roi d'Angleterre et Jui fit remise ddl ou l'argent qu'il devait encore. Il mourut ainsi; mais le duc, son suc pro cesseur, s’opposa, avec quelques seigneurs, à l'exécution de ces orÿ gnit
dres. En conséquence, le clergé ne permit point que son corps füli la d enterré, et il demeura huit jours sans sépulture, jusqu’à ce qu'on et D c délivré tous les otages. On leur offrit même quatre mille marcs d’ar
D vous gent pour reporter en Angleterre, de ce qui avait été payé de IBM glige rançon; mais eux n’osèrent s’en charger, à cause des périls du voyage poux
Nous verrons le pape Célestin user de la même sévérité cont D poin l'empereur même, et cela pour faire droit aux plaintes juridiqudi de ré du peuple et de la reine d'Angleterre. Dès que la nouvelle de Ja ca dor tivité du roi Richard fut parvenue en Normandie, l’archevêéque dà empe Rouen et les évêques de sa province en écrivirent au souverain Poil de PI tife, se plaignant que ce prince eût été pris en revenant du pèler D do ve nage de Jérusalem, contre le privilége de la croisade, qui mettal, qu'on les croisés sous la protection spéciale du Saint-Siége, et exhortant Banc! Pape à employer, en cette occasion, le glaive de Saint-Pierre? Ü
La reine Éléonore, mère de Richard, écrivit jusqu’à trois lettr@ . au Pape sur le même sujet. Elle le prie d’avance d'excuser sur î comm douleur maternelle la vivacité des plaintes et même de certains L. leu de proches qu'elle lui adresse. Vous ne pouvez dissimuler sens cri 1 Père, : et infamie, étant le vicaire du Crucifié, le successeur de Pierre, établi | pontife du Christ, le christ du Seigneur, et même le dieu de Ph D'empo raon. Que le jugement procède de votre face, Ô Père, et que wi Consta yeux envisagent l'équité. C’est de votre volonté et de la cléme } puissar de votre Siége que dépendent les vœux du peuple ; et si votre ma l Fous ane saisit bientôt le jugement, toute la tragédie de ce malheur 1 Lerre se
tombera sur vous : car vous êtes le père des orphelins, le juge de veuves, le consolateur des affligés, et à tous une cité de refuge. milieu de tant de calamités, l’unique et commun secours qu'on tend, c'est l’autorité de votre puissance. — Où est donc le zèle d'É contre Achab? le zèle de Jean contre Hérode? le zèle d'Ambr contre Valens? le zèle d'Alexandre IIF, qui a retranché le père d prince de la communion des fidèles ? — Ce qui contriste l’Églisdét
>| ! Apud =.t0 vobis à Deus, qui
1 Roger Hoveden, p. 748 et 749, — ? Petr. Bles., epist. 142,
E (Liv.LXX. — De 11918
4 1198 de l'ère chr.] complir, si la mort Je
DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, ne nuit pas peu à votre réputation,
à pressante vous n'avez Pas même envoyé un nonce à ces princes. D Souvent, pour des affaires médiocres, vos cardinaux vont en légation, même chez des nätions barbares : et, pour celle-ci, vous n'avez | pas encore envoyé un sous-diacre ou un acolyte, C'est qu'aujourd'hui N l'intérêt fait les légats, non l'honneur de l'Église, la paix des royaumes Lou le salut du peuple. Et toutefois, quel intérét plus puissant, quel mais le duc, son suc à profit plus glorieux que de déployer l'autorité, de rehausser la di-
l'exécution de ces or L'gnité de souverain Pontife, le sacerdoce d’Aaron et de Phinéès, par oint que son corps füll la délivrance d’un roi 1?
'e, jusqu’à ce qu'on ei jatre mille marcs d'ar k I i avait été payé de IR e des périls du voyage même sévérité cont ux plaintes juridiqué Ë > la nouvelle de Ja cat ndie, l'archevêque di ‘ent au souverain Por n revenant du pèler croisade, qui metts Siége, et exhortant
c’est qu’en une occasion aussi
maintenaient les droits s et les rois, contre Je
à ces conditions, com erre et lui fit remise dé
Onde que vous avez le volonté? N’est-ce
autorité de Pierre? où est celui qui dit : Le zèle
{de votre maison me dévore? Faites voir que ce n’est pas en vain
Mqu'on vous a donné, à vous et à vos Coévêques, des glaives à deux Biranchants 2.
de Saint-Pierre?, fn
A Enfin, renouvelant ses plaintes plus vives encore dans sa troisième rit jusqu’à trois lettr@ kttre, la reine Éléonore s’écrie : Mais le prince des apôtres règne et ance d’excvser sur s le Siége apostolique, et il est établi au mimême de certains Il reste donc que vous, 6 dissimuler sens cris Père, le glaive de Pierre, qui a été ccesseur de Pierre, B/stabii pour cela sur les nations et les loÿyaumes. La croix du Christ 1ème le dieu de PH D'emporte sur les aigles de César, le glaive de Pierre sur le glaive de , à Père, et que MConstantin, et la Chaire apostolique sur le trône impérial. Votre ité et de la clémen} issance est-elle de Dieu ou des hommes? Le Dieu des dieux ne uple ; et si votre mous a-t.il pas dit dans l’apôtre Pierre : Tout ce que tu lieras sur la lie de ce malheur re sera lié dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre orphelins, le juge @vra délié dans les cieux? Pourquoi donc différez-vous depuis si ne cité de refuge. Pongtemps avec tant de négligence, ou plutôt avec tant de cruauté, un secours qu'on Mi} délier mon fils? ou plutôt, Pourquoi n'osez-vous pas ? Vous direz est donc le zèle d'H ue cette puissance vous est donnée sur les âmes et non sur les ? le zèle d’Ambrok®
oorps. Soit; il nous suffit que vous liiez les âmes de ceux qui tientranché le père delle
ii contriste l'Églisé ët
!Apud Petr, Bles., epist. 144. —2 Ibid, epist, 145. Nonne Petro apostolo et in
0 vobis à Deo omne r'eégnum et omnis potestas regenda committitur ? Benedictus eus, qui dedit talem potestatem hominibus !
500 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXX, — Deiist
nent mon fils en prison. Il vous est facile de le délivrer, pourvu que Bi
la crainte de Dieu chasse la crainte des hommes !,
Dans le même temps, une autre reine invoquait plus humblement, &
mais avec non moins de succès, la protection du Siége apostolique
contre un roi, son époux.
Le roi de France Philippe-Auguste avait perdu sa première femme, à Isabelle de Hainaut, dont il avait un fils, qui fut Louis VIIL. Voulant M
se remarier, il envoya Étienne, évêque de Noyon, à Canut IE, roi de
Danemark, lui demander sa sœur Ingeburge, que ce prince lui ac-B
corda volontiers; et il la fit conduire en France par Pierre, évêque de Rotschild, avec une suite convenable. Le roi Philippe la reçut à Amiens, où il l’attendait ; il en fut si content, qu'il l’épousa le jour
même, qui était le 44me d'août 1193; et le lendemain, fête de l’As-b
somption, il la fit couronner reine par son oncle Guillaume, archevêque de Reims, et ses suffragants, avec quantité de seigneurs de France. Mais pendant la cérémonie, le roi, regardant la princesse, commença d'en avoir horreur ; il trembla, il pâlit et fut si troublé, qu’à peine put-il attendre la fin de l’action. On parla dès lors de les séparer, sous prétexte de parenté ; mais d’autres conseillèrent au roi d'essayer à vaincre son aversion. Il fit amener la reine à Saint-Maur, près de Paris, où elle assura qu’ils avaient consommé leur mariage; mais le roi n’en convenait pas, et avait un tel éloignement pour elle, qu’à peine pouvait-il souffrir qu’on en parlât en sa présence. Ce que l’on attribuait à quelque maléfice ; car la princesse était belle et vertueuse, et le roi l’avait longtemps désirée. Deux ou trois semaines
après ce mariage, il tint un parlement à Compiègne, avec les évêques
etles seigneurs de son royaume, où présidait son oncle, l’archevêque
de Reims, légat du Saint-Siége. Là, se trouvèrent des témoins quil.
assurèrent par serment qu’il y avait parenté entre la défunte reine Isabelle et Ingeburge; et cette parenté se prenait du chef de Charles le Bon, comte de Flandre, fils de saint Canut, roi de Danemark. Les prélats jugèrent cette parenté suffisante pour empêcher le mariage; et l'archevêque de Reims, oncle du roi, prononça la sentence par laquelle il fut déclaré nul.
Dans fcette circonstance, les Français oublièrent surtout d’être
Français, c’est-à-dire polis, et de l'être envers une femme; car ils
Ja jugèrent et la condamnèrent présente, sans lui parler et sans l'en-
tendre. En effet, la pauvre reine ne savait ce qui se passait, parce
1 Apud Petr. Ples., epist. 146. Porrd princeps apostolorum adhuc in apostolicâ sede regnat et imperat..… Illudque restat, ut exeras in maleficos, Pater, gladium, Petri, quem ad hoc constituit super gentes et regna.
? Scripto:
11198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 501 (Liv. LXX, — Deiisi
; qu'elle n'entendait pas le français, et, qu'ayant renvoyé les Danois élivrer, pourvu que njqui l'avaient accompagnée, elle était demeurée presque seule. Un 1. {interprète lui ayant donc fait entendre ce que l’on venait de faire, plus humblement, Bee extraordinairement surprise, et, tout en pleurs, s’écriacomme 1 Siége apostolique “elle put en français : Male France! male France ! et elle ajouta : k Rome! Rome ! mot sublime de l'innocence opprimée, qui en appelle sa première femme, M protecteur que Dieu lui a donné dans le Siége de Saint-Pierre. Louis VIII. Voulant { Le roi Philippe-Auguste, se conduisant d'une manière peu royale , à Canut HI, roi de, peu française, la quitta aussitôt, et voulut même la renvoyer en ie ce prince lui ac x ; mais elle, plus généreuse que le roi, ne voulut pas y reir Pierre, évêque dep burner, et demanda à s'enfermer dans un monastère, aimant mieux Philippe la reçut à msser le reste de sa vie dans la continence, que de contracter un lil l'épousa le JU Mutre mariage. Le roi l'envoya dans une communauté de religieuses emain, fète de l'A] lors de son royaume.
> Guillaume, arche-N E : gardée quelque temps à l'abbaye de Cisoin, au diocèse de ité de seigneurs dei L'évêque de cette ville était Étienne, auparavant abbé de rdant la princesse, ainte-Geneviève de Paris, homme savant et vertueux, en qui le roi itet fut si troublé, Philippe-Auguste avait beaucoup de confiance. Cet évêque ayant été parla dès lors delesh princesse en écrivit ainsi à Guillaume, archevêque de Reims, | conseillèrent T0 Mncle du roi : Je plains le sort de cette princesse, et je laisse à Dieu reine à Saint-Maur, événement de sa cause; car quel serait le cœur si dur qui ne fût mmé leur mariage; ouché de l’adversité d’une jeune personne de sang royal, plus reignement pour elle, ommandable par sa vertu que par sa naissance ? Elle passe les jours sa présence. Ce que prier, à lire ou à travailler de ses mains, et ne connait point le jeu. se était belle et ver-W,, prie avec larmes, depuis le matin jusqu’à midi, moins pour elle x ou trois semaines, pour le roi. Jamais elle n’est assise dans son oratoire, mais toune, avec les évêques urs debout ou à genoux. La pauvreté l'oblige à vendre, pour suboncle, l'archevêque ster, le peu qu’elle a d’habits et de vaisselle. Elle demande des ent des témoins TAiments, et dit que vous êtes son unique refuge, et que, depuis le tre la défunte reine mmencement de sa disgrâce, vous l'avez nourrie et secourue libé- ; du chef de Charles lement. Soyez touché de ses larmes, vous qui donnez si abondamide Danemark. Leg pauvres i, 1pêcher le mariage; Cependant le pape Célestin, ayant appris comment le mariage du a la sentence par là Philippe avec Ingeburge avait été déclaré nul, et touché des hintes du roi de Danemark, frère de cette princesse , envoya en Qrnce deux légats. Arrivés à Paris, ils y assemblèrent un concile de une femme; car IE, je évêques et les abbés du royaume, pour examiner la validité | parler et one les mariage ; mais la crainte les empêcha d'agir, et leur légation ui se passait, parce] ‘sans effet. Après leur retour, le Pape écrivit à Michel, archevêque Sens, se plaignant que, avant de décider une affaire de cette im-
rent surtout d’être
olorum adhuc in apoas in maleficos, Pater,
Î Scriptores rerum Franc., t. 19.
na.
ms pe em GA
502 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv, LXX, — De 1181
portance, on n'eût pas consulté le Saint-Siége, quoiqu'on doive lui MM Céle rapporter toutes les causes majeures, suivant la maxime établie par MM cette les canons et toujours observée par l'église gallicane. Il cite l'exemple É cent II du mariage de Lothaire et de Thietberge, et continue ainsi : Nous 8 Cep avons exhorté le roi Philippe, par un envoyé exprès et par nos lettres, Byleterr à traiter maritalement son épouse, sans écouter les mauvais con- 4 vint à : seils; mais il n’a pas reçu ce légat avec la dévotion convenable, C'est Be mit pourquoi, ayant égard à l'acte public qui nous a été envoyé par sembr l'archevêque de Lunden et ses suffragants, touchant la généalogie de ÿ résolut la princesse et la commune renommée, nous cassons et annulons, deBrellem l'avis de nos frères, cette sentence de divorce rendue contre la formel
I. D de droit, vous mandant et vous ordonnant que, si le roi, du vivant “princip de cette princesse, en voulait épouser une autre, vous le lui défen- lusticie diez expressément de notre part. La date est du 43me de mars 4196
Le roi Philippe ne laissa pas d'épouser, la même année, Marie M Le rc fille du duc de Bohème et de Méranie, autrement le Tyrol. La reine Ingeburge s'en plaignit de la manière suivante au pape Célestin L'angoisse d’une douleur inopinée me force de commencer par unl'assem exorde douloureux, et de raconter tristement mes griefs à votr Apostolat dans le gémissement de mon cœur. Il y a déjà passé troi ans que le roi de Krance m'a épousée en âge nubile, et m’a rendu] devoir marital comme l’ordre naturel le demande. Depuis, à l'insti gation du diable et à la persuasion de quelques princes malveillants Bimplem il a/pris en outre la fille du duc S... et la tient pour femme; mais, et pour moi, il m'a fait emprisonner dans un château, où je vis telle@Mutré de ment proscrite, que je n'ose ni ne puis élever mes yeux vers le cielMM'ie, je t Il n’allègue aucune parenté ni aucune cause pour laquelle je doivé l'est atte être séparée de lui; mais il fait de la volonté une ordonnance , d@Mous ses l'opiniâtreté une loi, et de la volupté une fureur. Je m'en afilige, e royaume ne puis ne pas m'en attrister, mangeant mon pain avec douleur dieds du mêlant mes larmes à ma boisson, et cela, non pour moi seulemen ‘oppose mais pour le roi, qui donne à tous les Chrétiens, particulièrement | Mais q ceux de son royaume, l'exemple de mal faire. Hélas! il ne craint pe à Linco defmépriser les lettres de votre Sainteté, il refuse d'écouter les ordre comm des cardinaux, il dédaigne les paroles des archevêques et des prél lats, il se moque des avertissements des personnes pieuses. Ce qui je dois dire et ce que je dois faire, je l'ignore absolument, parce qu uivies d je suis circonvenue d’angoisses innombrables. C'est pourquoi, # votre miséricorde ne daigne avoir pitié de moi, je succomberai da peu à la mort temporelle 1,
ignation ur lui. C 1 Baluz., Miscell., t. 3, p. 21, édit. Mansi.
[Liv LXX, — De 1181 DNA 1108 de l'ère chr.) DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 503
quoiqu'on doive lui M Célestin II, prévenu par la mort, n'eut pas le temps de faire droit maxime établie par Fri celte lettre si touchante ; mais nous verrons son successeur, Innone. Il cite l'exemple Brent IT, mener à bonne fin et cette affaire et beaucoup d’autres. ntinue ainsi : Nous BA Cependant le roi Richard, ayant recouvré sa liberté, arriva en Anès et par nos lettres, …sleterre le 19me de mars 1194, Hubert, archevêque de Cantorbéri, r les mauvais con- Mrint à sa rencontre près de cette ville. Le roi descendit de cheval et n convenable, C'est Mie mit à genoux devant le prélat, qui en fit autant de son côté, et ils Is a été envoyé par “'embrassèrent tendrement. Par le conseil des évêques, le roi Richard ant la généalogie de MMrésolut de se faire couronner solennellement, comme à un renouons et annulons, deMrellement de son règne ; ce qui fut exécuté à Winchester, le 47me d'adue contre la formeMMril. Depuis ce temps, l'archevêque Hubert eut en Angleterre la si le roi, du vivant principale autorité après le roi, qui le fit son chancelier, son grand , Vous le lui défen-Miusticier, régent du royaume en son absence, et obtint pour lui du 13me de mars 4196.BMpape Célestin la légation d'Angleterre, 1ème année, Marie MN Le roi Richard passa en Normandie et fit la guerre au roi Phit le Tyrol. La reineMippe, qui était entré sur ses terres. Ayant besoin d'argent pour souau pape Célestin AMnir cette guerre, il envoya en Angleterre l'archevêque , avec ordre commencer par unlassembler les évêques et les prélats et de leur demander un submes griefs à vo e. Saint Hugues, évêque de Lincoln, ayant examiné l'affaire atteny a déjà passé troigMivement, et trouvant qu’elle tournerait à la charge du pauvre peuple, ile, et m'a rendu 1dMépondit qu'il ne consentirait point à l'exécution de cet ordre ; et il e, Depuis, à l'insti ù trouva un autre évêque, qui, ayant ouï les raisons qu'il déduisait rinces malveillants # implement, se rangea de son avis. L'archevêque le trouva fort maupour femme ; mai : ais, et retourna promptement porter ses plaintes au roi. Le prince, eau, où je vis telle@Mutré de colère, dit à un de ses courtisans : Autant que tu aimes ma es yeux vers le cielBMie, je te commande de ruiner entièrement Hugues et l'évêque qui ur laquelle je doiv@h'est attaché à lui. Ce dernier évêque fut donc chassé de son siége, ne ordonnance, d@Mous ses biens confisqués, et il demeura quelque temps banni du . Je m'en afllige, doyaume. Enfin, par le secours de ses amis, il fut reçu à se jeter aux ain avec douleur pieds du roi, implorant sa clémence et promettant de ne jamais our moi seulementopposer à ses volontés.
“particulièrement ; Mais quand il vint des gens armés pour traiter de même l’évêque las ! il ne craint paBMie Lincoln, avant qu'ils eussent touché à rien, il les fit tous dénoncer d'écouter les ordreficommuniés , au son des cloches, dans les paroisses voisines. Sa vêques et des pré Ruagnanimité les étonna, et ils se retirèrent sans rien faire ; car on es pieuses. Ce qi raignait terriblement les censures du prélat, qui souvent étaient olument, parce quitivies de morts subites et affreuses , de possessions du démon ou C'est pourquoi, @Mlautres marques sensibles de la vengeance divine. Toutefois, craie succomberai da Dinant en cette occasion d'attirer sur son troupeau les effets de l’in- D lignation du roi, il alla le trouver, quoique éloigné, prenant le péril D ur lui. Comme il approchait de la cour, quelques gens de bien vin-
nt au-devant, le priant de se retirer et de ne pas se présenter au
504 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv.LXX. — De 1181 M à 119
roi, de peur que sa mort n’attirât la colère de Dieu sur le royaume, Pi famil comme la mort de saint Thomas ; mais il n’acquiesça point à cette WA sa fei proposition; et comme un de ceux qui la faisaient s’offrait pour mé. #4 mon: diateur, il lui répondit : Quoi! vous voulez que je m'épargne pour D vous mettre en danger, vous et vos enfants ? Aussitôt il entra chez le roi, et sachant qu'il entendait la messe à la chapelle, il y alla, et, Bi s’approchant du roi, il lui dit avec une sainte confiance : Donnez-moi M le baiser. — Vous ne l’avez pas mérité , dit le roi. — Si fait, je le mérite, reprit l’évêque, parce que je suis venu de loin vous trouver; &n vous me devez un baiser, et il le tirait avec force par son manteau, M Le roi s’inclina en souriant, et lui donna le baiser. Ë
Les évêques et les autres assistants, voyant Hugues triompher M litaire ainsi du roi, étaient hors d'eux-mêmes d’étonnement. Le roi, de son tt CO côté, voyant combien ï était ferme, et que, laissant la place des jvc s évêques, il s'était mis humblement près de l’autel pour prier avec : sein, | plus de liberté, commença à le respecter du fond du cœur; et quand A1 po On lui présenta l’instrument de la paix, il le fit premièrement porter A parfai à l'évêque de Lincoln. On attribua à cet honneur qu'il avait rendu Ljrecu, au saint prélat une insigne victoire qu’il remporta peu de ‘temps Bi fouve après. .|Anthel
La messe étant finie, saint Hugues mena le roi derrière l'autel, M Hugue pour lui parler avec plus de liberté ; et, s'étant assis auprès de lui, -|Hugue il lui dit : Or sus, dites-moi comment va votre conscience ; car vous |
désir!
# ki
êtes de mon diocèse, et je rendrai compte de vous au jugement de Là que le Dieu. Le roi répondit : Ma conscience est en assez bon état, si cehtraints
tout le Levez- Yous a
n'est la jalousie qui me tourmente contre les ennemis de mon? royaume. Que dites-vous là? reprit saint Hugues d’un ton de re proche. N’opprimez-vous pas chaque jour les pauvres? N'afiligez vous pas les innocents ? ne chargez-vous pas votre peuple d’exactions? bi le tem] De plus, le bruit court que vous avez violé la foi conjugale. Ces : dans s: péchés vous paraissent-ils légers? A ces paroles du saint évêque, leMiprocur roi fut tellement épouvanté, qu’il n’osa ouvrir la bouche ; et le prélatBmême ayant continué de lui faire une forte réprimande, il s’excusa hum- à Le tr blement sur quelques articles, demanda pardon des autres, et pronit H mais le de s’en corriger. Ensuite, l’homme de Dieu représenta au roi, devant . bien, à toute l'assemblée, que, pasteur comme il était, il n’avait pu consentir Diler du 1 à la vexation de ses ouailles. Le roi reçut sa justification, se tenant pour ge encore bien heureux que le saint ne poussât pas plus loin la correction. Quand il fut parti, le roi, se tournant vers les siens, dit : Si tous les évêques étaient tels, ni les rois ni les seigneurs n’auraient aucunbiliions et pouvoir contre eux. pourrai
Saint Hugues, évêque de Lincoln, était né en Bourgogne d’une Blham, il
, puis:
[Liv. LXX. = De 1181 À
jeu sur le royaume, Hs famille noble : son père, brave et vertueux chevalier,
juiesça point à cette A sa femme, l'offrit à Dieu dès l’âge de huit ans , et le nt s’offrait pour mé. M4 monastère de chanoines réguliers , qui était dans le vois je m'épargne pour À
à 1198 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 505
ayant perdu mit dans un inage de son château : il s’y retira plus tard lui-même, et y servit Dieu le reste de ssitôt il entra chez Je MN ses jours. On mit d’abord le jeune Hugues sous la conduite d'un apelle, il y alla, et, 4 sage vieillard, qui, l'instruisant des bonnes lettres, formait aussi ses fiance : Donnez-moi M mœurs, l’accoutumant dès lors à une vie sérieuse. Il fut ordonné roi. — Si fait, je 1e M diacre à l’âge de dix-neuf ans ; et, quelque temps après, on lui donna e loin vous trouver; M le gouvernement d’une paroisse, quoiqu'il ne fût pas encore prêtre. e par son manteau, M Son prieur, allant par dévotion à la grande chartreuse, le mena avec L, L | lui. Le jeune religieux fut tellement édifié de la vie de ces saints so- Hugues triompher Militaires, qu’il conçut un ardent désir d'être admis en leur compagnie, ment. Le roi, de sont commença de les en solliciter secrètement. Il retourna toutefois
{avec Son prieur ; et les chanoines ses confrères, ayant appris son des-
issant la place des : :
atel pour prier avec M sin, lui firent de si vives instances, qu'il leur promit par serment de du cœur; et quand È ne point les quitter. Mais il ne put résister à l'attrait d'une vie plus remièrement porter M parfaite : il s'enfuit secrètement , et vint à la chartreuse, où il fut ur qu'il avait rendu PArecu, et ses scrupules s’apaisèrent. Cette sainte maison était alors orta peu de ‘temps ‘ gouvernée par Basile, son huitième prieur, successeur de saint
Li) Anthelme, mort évêque de Belley. Le temps étant venu d’ordonner oi derrière l'autel, L Hugues prêtre, l’ancien qu'il servait lui demanda s’il le voulait. assis auprès de lui, 4 Hugues répondit avec simplicité qu’il n’y avait rien en cette vie qu’il onscience ; car vous PA désirât davantage. Et comment, dit le vieillard, osez-vous désirer ce
us au jugement de M que les plus parfaits même ne reçoivent que lorsqu'ils y sont conssez bon état, si ceMtraints ? Hugues, épouvanté de ce reproche, se prosterna à terre de ennemis de monbitout le corps, demandant pardon avec larmes. Le vieillard lui dit : s d’un ton de re- MiLevez-vous, mon fils, ne vous troublez point ; je sais par quel esprit pauvres? N’afiligez- PM vous avez parlé. Vous allez être prêtre, et vous serez évêque quand peuple d’exactions? 4 le temps prescrit de Dieu sera venu. Après qu'il eut passé dix ans foi conjugale. Ces D dans sa cellule, le prieur de la chartreuse lui donna la charge de du saint évêque, leMMprocureur. Il s’en acquitta si dignement, que sa réputation s’étendit bouche ; et le prélat même hors de la province.
, il s’excusa hum-PM Le roi d'Angleterre avait déjà fondé la chartreuse de Witham ; es autres, et promit mais les deux prieurs qu'on y avait envoyés n'avaient pu faire aucun senta au roi, devant prier, à cause de l’insolence des gens du pays. Le roi, ayant oui par-
d'avait pu consentir Bikr du mérite de Hugues, envoya à la grande chartreuse le demander
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ification, se tenanth pour gouverner cette maison, Le prieur et les moines eurent grande plus loin la correc-Bpeine à le donner, et lui encore plus à y consentir. Car, leur disaitsiens, dit : Si tousBIl, puisque depuis tant d'années je n’ai point profité de vos instrucn'auraient aucunBulions et de vos exemples pour me conduire moi-même, comment
Pourrai-je gouverner une nouvelle communauté ? Etant allé à Wi- F: ham, il trouva les moines dans une grande pauvreté, et les consola,
| Bourgogne d'une
506 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXX. — De 1181 les exhortant à la patience et à la douceur. Mais il ne laissa pas d'augmenter bientôt cette maison, tant en bâtiments qu’en meubles, ayant gagné l'affection du roi et du peuple, quoique cette nation
n'aimât pas les étrangers. Plusieurs même, touchés du désir de servir :
Dieu dans leur solitude, renoncèrent au monde pour les imiter, en sorte que la communauté devint nombreuse et florissante en fort peu de temps.
Saint Hugues parlait au roi avec tant d’insinuation et de piété,
que ce prince, tout habile qu'il était, ne pouvait rien lui refuser, et *
avouait qu’il avait trouvé son maître.
Les historiens rapportent que le roi, revenant avec son armée de |
Normandie en Angleterre, fut assailli d’une violente tempête. Le danger était si pressant, qu’on n’attendait plus rien de l’art d°« pilotes. Tous s'étant adressés au ciel, Henri fit cette prière : « Grand Dieu, que le prieur de Witham sert avec vérité, daignez, par les mérites et l’intercession de votre serviteur, jeter un regard de pitié sur notre triste situation. » Cette prière faite, le calme succéda à
l'orage, et le trajet fut heureux. Cet événement augmenta de beau. } coup la confiance que le roi et ses sujets avaient en la vertu du saint
prieur de Witham.
L'année 1186, le roi Henri II, voulant pourvoir à l'église de Lincoln, vacante depuis près de dix-huit ans, fit venir devant lui le doyen et la meilleure partie du chapitre de cette église. Après avoir
longtemps délibéré, ils élurent pour leur évêque le prieur de Wi- #
tham, saint Hugues. Le roi eut une grande joie de cette élection ; l'archevêque de Cantorbéri la confirma, et ils envoyèrent l’un et l’autre au prieur Hugues, l'exhortant à l’accepter. Hugues, qui con-
naissait les difficultés et les périls de l’épiscopat, s’excusa, disant À que l'élection était nulle non-seulement à cause de l'indignité de sa |
personne, mais parce qu'elle avait été faite par l'autorité du roi et de
l’archevêque, hors de l'église vacante ; que, d’ailleurs, il ne pouvait £ y consentir sans la permission du prieur de la grande chartreuse, ! son supérieur. Il renvoya ainsi les députés, exhortant le chapitre à À
faire un meilleur choix, et éspérant les rebuter par ces difficultés, Mais les chanoines, pour ne lui laisser aucune excuse, s’assemblèrent de nouveau dans l'église de Lincoln, et l’élurent tout d’une VOix ; puis ils envoyèrent à la grande chartreuse des députés notables, qui rapportèrent non-seulement la permission, mais le commandement d'accepter. Saint Hugues fut donc tiré de son monastère de Witham ; mais, en sortant, il portait lui-même sur son cheval ses peaux de
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mouton et ses habits monastiques, ne voulant rien relâcher de son à observance avant lépiscopat. Il fut ainsi amené à Londres et sacré à a isait r