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L'objet de leur institution était la défense des nouveaux Chrétiens, et l’évêque leur donna la troisième partie des biens de l'église de À Riga. Une grande partie des péuples de Livonie se convertirent alors 1 à la foi, et le pape Innocent en reçut la relation de l'archevêque de à Lunden en Danemark, qu'il avait fait son légat pour traVailler à la conversion des infidèles. Et comme entre ces missionnaires il ÿ avait | des moines, des chanoines réguliers et d'autres religieux, le Pape | leur ordonna de se vêtir tous de même, de peur que la diversité de | leurs habits ne causât du scandale aux peuples qu'ils évangélisaient 1, En Espagne, où la croisade durait depuis des siècles, les Chré- L| tiens gagnaient toujours du terrain. Alphonse Henriquèz, premier » roi de Portugal, mourut l’année 4185, âgé de plus de quatre-vingt- L, dix ans, également célèbre par son zèle pour la religion et par ses 2! exploits contre les Maures. L'année 4189 , son fils Sanche er, leur | enlève Silva, capitale des Algarves, à l’aide d’une flotte de croisés
| anglais, que le besoin de prendre des rafraïchissements avait obligés | de relâcher devant Lisbonne. L'année 1191 , la place est reprise avec . quelques autres par le roi de Maroc. Des croisés, allemands ét hol- >| landais, qui avaient relâché sur la côte de l’Aigarve, la font rentrer, N en 1197, sous la domination du Portugal 2. Ainsi les croisades , en ï arrêtant la domination des infidèles en Orient, affermissaient et étendaient la domination des Chrétiens et au nord de l'Europe en
; Livonie, et au midi en Espagne. Ce qui empécha les rois de l'Espagne
l proprement dite, les rois de Castille, de Léon, d'Aragon et de Na- 2] taient pas d’accord entre eux ; et que plus d’une fois, au lieu de | réunir leurs armes contreles Mahométans, qui, versla fin du douzième
À! siècle, firent une nouvelle irruption d'Afrique , ils les tournaient les b, uns contre les autres.
! La grande tâche du chef de l’Église était de les réunir pour la dé-
F fense de la chrétienté. Ainsi, l’année 1196 , le pape Célestin III en-
| lui-même les divers princes, afin de concerter avec eux une expédi- … tion générale : il avait, dans le même but, convoqué une assemblée … de ses états à Perpignan, quand il mourut le 95 avril 1196, fort re-
> gretté de ses sujets.
1 Chron. Cist., an. 1206. Gesta Innocent., n. 127. — ? L'Art de vérifier les dates, Pagi. Hoveden. Dicet.
—— ï S a mi
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Il n'était pas moins distingué par les talents de son esprit que pa ses exploite militaires. Il protégea les poëtes de son temps, les trou badours, et fit lui-même des vers en langue provençale. Il eut pou successeur son fils, Pierre II, qui vint à Rome l'an 1204, et y fu couronné par le pape Innocent III, auquel il s’engagea, pour lui e pour ses successeurs, de payer annuellement deux cent cinquante pièces d’or 1.
Si, à cette époque, le premier prince de la chrétienté, l'empereur d'Allemagne, avait voulu seconder avec intelligence le chef spiritue de la chrétienté entière, la civilisation chrétienne pouvait s'étendre facilement et au nord, et au midi, et en Orient. Les circonstances étaient d'autant plus favorables, qu’à la mort de Saladin, arrivée l'an 1193, ses États furent partagés entre ses fils et son frère, ce qu affaiblit la puissance musulmane. Mais jamais les empereurs alle mands ne comprirent leur office providentiel d’empereur chrétien catholique, et Henri VI le comprenait moins que tout autre.
L'année 1194 , il vint près de Rome avec des troupes, pour être couronné empereur. Célestin II, qui venait d’être élu Pape, n'étan que diacre, différait de se faire secrer lui-même, pour retarder le
sacre du prince , dont il n’augurait pas beaucoup de bien. Mais led
habitants de Rome allèrent trouver le roi et lui dirent : Faites al liance avec nous, traitez-nous comme ont fait vos prédécesseurs, e faites-nous justice de vos châteaux de Tusculum qui ne cessent poin de nous inquiéter, et nous obtiendrons du Pape qu’il vous couronne Le roi leur ayant promis ce qu'ils demandaient, ils s’adressèrent au Pape et lui dirent : Vous voyez comme il occupe nos terres avec s0 armée, et ravage nos moissons, nos vignes et nos oliviers. Nous vous prions de ne pas différer plus longtemps son sacre, puisqu'il dit qu'il n'a dessein que d’honorer votre ville et d’obéir à votre Paternité. Le Pape se rendit à leur prière ; se fit sacrer, le dimanche de Pâques 14% d'avril; et, le lendemain, couronna empereur Henri VI, et Con stance, sa femme, impératrice. Dans le serment que le pape Célesti fit faire à Henri avant que de le couronner, il lui fit promettre de conserver intacts tous les droits de l’Église, d’agir selon la droite justice, de restituer ce qui aurait été enlevé au patrimoine de Saint Pierre, et de li rendre Tusculum. Ensuite, étant assis dans sa Chaire pontificale, il poussa du pied la couronne impériale qu'il tenait entre les pieds, et la fit tomber à terre, pour montrer qu'il avait le pouvoi de déposer l’empereur, s’il le méritait. Mais aussitôt les cardinau prirent la couronne et la mirent sur la tête de l’empereur. Voilà d
1 Pagi, an. 1196, n. 6, L'Art de vérifier les daies.
Moins « omme ël Le m ulum, ux Ro hrédéce molies.
Dielà .n loute la la jan davoir eux. Li Bins : QU rent de Le nom ‘évêque | Quant Pia dan Qzerain rède. L Putre au Butrice C Mit contr rède re VOA ubles 2, à En 44,
ne CO “ème an Plus cher hard Co Pipe por dini de ] “amie,
Peur que à Vers la ère du à femme bon fils ai Phce Gu
(Liv, LXX. — pe 1e Qi 1198 de l'ère chr] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 525
le son esprit que ” Moins ce que rapporte un auteur anglais, Roger Hoveden; mais, son temps, les tro BF°"M€ il est le seul qui en parle, le fait n’est guère certain 1, vençale. Il eut poux Le mardi de Pâques l'empereur donna au Pape la ville de Tuse l'an 4204, etyfu ulum, comme il L avait promis ; et, le mercredi, le Pape la livra mgagea, pour lui e@l!* Romains, suivant le traité fait avec eux par Clément III, son leux cent cinquante prédécesseur, d'après lequel les tours et murailles devaient être dé- Molies. Mais les Romains, dans leur vengeance, allèrent bien au rétienté, l'empereuy rlelà ‘ non-seulement ils démolirent les murailles et les tours, mais ence le chef spirituel oute la ville ; en sorte qu'il n y resla pas pierre sur pierre, et qu’elle ne pouvait s'étendre la jamais été rétablie. Plusieurs historiens les accusent même t. Les circonstanceg@"* "0!" Maltraité les habitants, jusqu'à les mutiler et leur crever les de Saladin , arrivé" Les malheureux Tusculans se dispersèrent dans les lieux voiet son frère, ce qui ns : quelques-uns, au milieu des ruines d'un des faubourgs, se les empereurs alle B ent des cabanes de feuillage, en italien frasques, d’où est venu empereur chrétien ® °°" de Frascati au bourg, qui est à présent la résidence de > tout autre. prreque. , * :
| troupes, pour ét Quant à 1 empereur Henri VI, à peine couronné par le Pape, ilmar- 1e élu Pape, n'étan@l dans la Pouille, malgré la défense du Pape, qui était seigneur +, pour retarder Id? ee de ce pays, ainsi que de la Sicile, et avait reconnu le roi Tanp dé bien, Mais led 1" L'empereur donc étant dans la Pouille, y prit plusieurs places, Ï dirent: Faites al prtre autres Salerne, qui en était la capitale, et où il laissa l'impés prédécesseurs, e patrice Constance. Mais, son armée étant ruinée par les maladies, il qui ne cessent poin rit contraint de se retirer vers le mois de novembre. Aussitôt Tanwi vous couronne pède reprit la plupart des places ; et on lui Jivra Constance, qu’il ils s’adressèrent au@”"0Yà en Sicile, mais en la traitant avec tous les égards convenos terres avec sondes ?.
oliviers. Nous vous! E 1192, Henri VI approuva, du moins momentanément, si même ;, puisqu'il dit qu’il ne commanda, le meurtre de saint Albert, évêque de Liége. La votre Paternité, Late année, il acheta de Léopold, duc d'Autriche, pour le revendre anche de Pâques bus cher aux Anglais, le héros de la troisième croisade, le roi Rir Henri VI, et Con ard Cœur-de-lion. En 1194, le duc d'Autriche, excommunié par le ue le pape Célestin "pe pour une action si avilissante, meurt en misérable, visiblement i fit promettre dei de Dieu. L'empereur, menacé de la même peine pour la même igir selon la droite Mamie, n'en est point touché : l’avarice est plus forte dans son trimoine de Saint-M'ur que la crainte de Dieu et l'honneur de la dignité royale. ssis dans sa Chairdli Vers la fin de l’année 1193, le roi Tancrède de Sicile, qui, à la e qu'il tenait entre bière du pape Céiestin, avait renvoyé généreusement à l’empereur il avait le pouvoir: femme Constance, sans aucune condition, perdit lui-même Roger, itôt les cardinaux" fils aîné, qu’il avait fait couronner roi, et fit couronner à sa mpereur. Voilà d Place Guillaume, son second fils. Mais Tancrède ne survécut pas
M'Roger Hoved., p, 689, Arnold, }, 4, c, 4, — *Muratorl, Annali d'Italia, 1191.
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longtemps à cette perte; et, tombé malade d’afliction, il mourut avant le mois de mai de l'année 1194, laissant pour successeur Guil. laume IIL, encore enfant. L'empereur Henri VI entra, l'été même, dans Ja Pouille; et passa en Sicile, où il se fit reconnaître roi et couronner à Palerme, le dimanche 23me d'octobre.
Ainsi finit le règne des Normands en Sicile, après avoir duré cent ans, depuis la conquête du comte Roger, et trente-quatre depuis que Roger II prit le nom de roi. |
L'empereur célébra les fêtes de Noël 1194, à Palerme : voici de quelle manière. Il y tint une cour générale où il fit arrêter la reine Sibylle, veuve de Tancrède, le jeune Guillaume, son fils, et un grand nombre d’autres, tant évêques que comtes, sous prétexte de trahison. Il fit crever les yeux aux uns, fit noyer, brûler ou pendre les autres, et envoya les autres en exil en Allemagne. Il avait engagé les Génois, par de magnifiques promesses, à lui aider dans la conquête de Sicile. Quand il en fut maître, non-seulement il ne leur accorda pas ce qu'il leur avait promis, mais il leur ôta même les priviléges dont ils jouissaient auparavant.
Cependant le pape Célestin faisait prêcher la croisade, afin de profiter des circonstances favorables qui se présentaient, après la mort de Saladin, pour reprendre Jérusalem et le reste de la terre sainte.
Il envoya pour cet effet des légats et des lettres dans les divers À
royaumes de la chrétienté. Vers la fin de novembre 1194, l’empereur Henri tint à Worms une diète à cette occasion, avec les prélats et
les seigneurs, dans l’église cathédrale, pendant huit jours. Là se À trouva le cardinal Grégoire, légat du Pape, pour précher la croi- |
sade. Les plus éloquents de l'assemblée parlèrent aussi, chaque jour, sur le même sujet, et si efficacement, qu’un grand nombre de
pereur voulait aussi prendre la croix ; mais on lui représenta qu'il était plus avantageux pour l’entreprise même qu’il demeurât chez lui et qu’il pourvût à la subsistance de l’armée des croisés et aux recrues. D'ailleurs il étaitexcommunié par le Pape pour avoir acheté, emprisonné, revendu et rançonné le chef de la dernière croisade, le roi d'Angleterre. On préparait donc une grande croisade d’Allemands et d'Italiens. L’empereur manda à son chancelier, l’évêque de Wurtzbourg, qui était en Italie, de travailler avec tout le soin possible à tenir toutes choses prêtes pour l’année suivante : l'argent, les vivres, les vaisseaux. L'empereur passa lui-même dans la Pouille, pour yidonner ses ordres. Mais ce qui l’occupait, c'était bien moins de vaincre et de repousser les Musulmans que d’écraser les malheu-
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Av. LXX, — De 1181
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nant avec lui la reine Sibylle et le jeune roi, son fils ; il les tint l'un et l’autre dans une prison perpétuelle, et fit crever les yeux au jeune D'roi. Il envoya en Allemagne les trésors et les notabilités de Sicile sil fit déterrer les cadavres du roi Tancrède et de son fils Roger, pour leur arracher la couronne de dessus la tête. Tel était l'empereur Henri VI. Le pape Célestin, voyant qu’au lieu d’expier sa conduite {cruelle envers le roi Richard il ajoutait des cruautés nouvelles sur : d'autres rois et d’autres peuples, l'excommunia de nouveau. Cependant ceux des croisés d'Europe qui arrivèrent les premiers jen Palestine y remportèrent une victoire signalée sur le frère de » Saladin, et reprirent toutes les villes de la côte de Syrie qui apparte- Anaient encore aux Musulmans, entre autres Sidon, Laodicée, Giblet, à Beirouth ; ils eurent surtout le bonheur de délivrer neuf mille captifs. à Mais la division se mit ensuite parmi les vainqueurs, faute d’un chef : dont l'autorité pût les réunir. Pour comble de malheur, le roi titu- Llaire de Jérusalem, Henri, comte de Champagne, se tua par acci- L dent. Toutefois, les croisés commençaient de nouveau à s’entendre : À pour consolider leur bonne intelligence, la reine Isabelle , veuve en |secondes noces du dernier roi, épousa en troisièmes noces Amauri de }Lusignan, roi de Chypre, et frère de Gui de Lusignan. On célébrait Îles noces après toutes ces funérailles, lorsqu'on apprit la mort de L'empereur Henri VI et les troubles de l'Allemagne. L'empereur Henri VI, mettant sa confiance dans ses trésors et le {nombre de ses troupes, se riait des foudres de l’Église. Son plan à était de rendre l'empire héréditaire dans sa famille, de se rendre
D maitre de l’empire de Constantinople, de réduire les Papes mêmes hi n'être plus qu’un instrument docile de la volonté impériale, et de
hréaliser ainsi cette maxime fondamentale de la politique de sa dynastie : L'empereur allemand est le seul propriétaire et le seul souverain du monde: les autres ne sont que ses vassaux; l’empe- Jreur allemand est la loi vivante, de laquelle seule dérivent les droits
Plsubalternes des rois et des peuples. C'est dans cette vue qu'il achetait,
Mqu'il vendait, qu’il rançonnait et les peuples et les rois, lorsqu'il mourut à Messine le 28 septembre 1197, haï de toute la Sicile pour Ases cruautés, haï même de sa femme Constance.
D Comme il était encore excommunié, à cause de la capture et de
L'emprisonnement du roi Richard et de la rançon qu'il en avait exi-
…sée, le pape Célestin défendit de lui donner la sépulture chrétienne, Det l'archevêque de Messine fut obligé d’aller à Rome en demander Dh permission. Le Pape ne l’accorda qu’à condition que le roi d’An- Lileterre y consentirait, et que l’argent déjà payé lui serait rendu.
Le pape Célestin IIf, chargé d'années et d'infirmités, tomba lui-
528 HIST. UNIV. DEL'ÉGL.CATH. [Liv. LXX. — De 1181 à 1198 de l'ère chr,
même malade vers les fêtes de Noël de la même année 1197, et mourut le 8ve de janvier 1198. Pour clore dignement cette série de morts illustres : le sultan Saladin; le roi de Chypre, Gui de Lusignan ; le roi de Jérusalem, Conrad de Montferrat ; le roi de Jérusalem, Henri de Champagne ; l'empereur allemand des Romains, Henri VI; le chef spirituel de toute la chrétienté, Célestin III; pour clore dignement cette suite de funérailles, le roi Richard Cœur-de-lion mourut l’année suivante 1199. :
Au fond, qu'est-ce que l’histoire , surtout l'histoire des royaumes et des empires, si ce n’est un registre de la mort, un vaste registre de funérailles, où la mort nous fait voir les rois et les peuples, les hommes et les choses se précipitant les uns sur les autres dans la tombe de l'éternité ? Qu'est-ce que le monde, surtout.ce qu'on appelle le grand monde, sinon un immense théâtre de la mort; un immense théâtre où la mort fait jouer la vie à des êtres d’un jour, qui vont mourir ; où tous les personnages, acteurs et spec.ateurs, tombent et meurent, excepté la mort, qui seule y demeure toujours vivante, afin de distribuer aux nouveaux mortels qui arrivent sur la scène les rôles et les costumes des morts qui les ont précédés dans la tombe”? ‘