‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 63 sur 97 · SES · texte numérisé non relu

SES

Re ne

360 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVI, — De 1%ç

Ecrit sur toute sa vie par un homme qui lui était dévoué. « À l'approche du carême de la Saint-Martin, ce saint Pontife résolut de de. meurer seul et de se livrer entièrement à l’oraison ; il s'était fait faire dans sa chambre une cellule en bois, et il commença à y demeurer seul comme il avait coutume de le faire auparavant, Ainsi livré à l solitude, ses idées se portèrent vers le fardeau dont il était chargé, et les moyens qu'il aurait pour s'en débarrasser sans mettre son âme en péril. Au milieu de ses pensées qui le travaillaient, il appela à son aide le cardinal Benoît, homme très-habile et très-estimé, qui, dès qu’il eut appris de la bouche du Pape de quoi il s'agissait, en éprouva une grande joie, et lui répondit qu'il était tout à fait libre d'exécuter son dessein : il Jui cita l'exemple de quelques Pontifes qui avaient abdiqué (saint Clément cité par Célestin dans sa bulle). Dès que Célestin eut vu par là qu’il pouvait renoncer à la papauté, il s'aifermit tellement dans ce dessein, que personne ensuite ne put l'en détourner. »

Voilà ce que témoigne un disciple profondément dévoué à Célestin, dont tout l’écrit prouve une connaissance parfaite des actions de ce Pape, et qui parle constamment de Boniface en termes acerbes, Un autre contemporain, dont nous verrons plus bas les paroles, now apprend que, si le cardinal Benoît assura Célestin qu'il pouvait abdiquer, il l’engagea de ne pas le faire,

Mais ces consultations ne furent pas si secrètes, qu’elles ne vinssent à la connaissance des Célestins, c’est-à-dire des moines de 4 nouvelle congrégation, qui étaient continuellement auprès du Pape. Is firent tous leurs efforts pour lui faire changer de résolution, lui représentant que, s’il les abandonnait, ils seraient insultés de toutes parts et ne pourraient subsister longtemps. Ils excitèrent secrètement

le peuple de Naples à se présenter en tumulte au château où logeait |

le Pape, dont ils rompirent les portes, et vinrent jusqu’à sa celluk, que plusieurs nobles enfoncèrent, demandant à le voir. Il vint à eux. leur parla, et sut si bien dissimuler son dessein, qu'il les apaisa. Cinq jours après, il assembla les cardinaux, et leur re: sent comment il avait passé sa vie dans le repos et la pauvreté, les douceurs qu'il y avait goûtées, les grâces qu'il avait reçues de Dieu, à qui il rapportait tous ses biens sans se rien attribuer. Puis il ajouta avec larmes : Mon âge, mes manières, la grossièreté de mon langage, mon peu d'esprit, le manque de prudence et d'expérience me font craindre le péril auquel je suis exposé sur le Saint-Siège. C’est

pourquoi je vous demande instamment votre conseil ; puis-je céder

en sûreté, et ne sera-t-il pas utile à l’Église que je renonce à un mé-. tier que ie ne sais pas ? Les cardinaux, après y avoir bien pensé, lu

conseil uvais lui pror ils lui ques, P utile à s

On fi Naples , Ptolémé trouvère arrivé à bénédic après qf lui dem du clerg la gloir d'abdiqi ordre, q que aut parlait + retourn:

Saint-N nè SOng

Le bi.

écouté € $e trouv renonça lui adre dant un

| tait de |

lui le ce lui les :

dication

Donc, consisto d'écarla et après lut eu c des cau

E point bi

1 Ubi su

iv. LXXVI, — De 126 évoué. « À l'approlife résolut de de.

1 ; il s'était fait faire lença à y demeurer nt, Ainsi livré à}, ont il était chargé, ns mettre son âme aient, il appela à et très-estimé, qui, oi il s'agissait, en ait tout à fait libre elques Pontifes qui dans sa bulle), Dès er à la papauté, il ensuite ne put l'en

dévoué à Célestin, des actions de ce ermes acerbes, Un les paroles, nou qu'il pouvait ab-

, qu’elles ne vinsdes moines de la t auprès du Pape.

de résolution, lui insultés de toutes èrent secrètement

château où logeait |

jusqu’à sa cellule, voir, Îl vint à eux, u’il les apaisa.

t leur re: senta auvreté, les doureçues de Dieu, à ier. Puis il ajouta eté de mon land'expérience me Saint-Siége. C'est | il ; puis-je céder enonce à un mé-.

ir bien pensé, lu

31300 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 361

conseillèrent de s’essayer encore pendant quelque temps, évitant les suvais conseils qui nuisaient aux affaires et à sa réputation ; et ils lui promirent un heureux succès s’il voulait les croire. Cependant is lui conseillèrent &'ordonner des processions et des prières publiques, pour demander à Dieu qu'il fit connaître ce qui serait le plus utile à son Église.

On fit donc une procession solennelle, depuis la grande église de Naples jusqu'au palais du roi, où logeait le Pape, comme raconte Piolémée de Lucques, qui y assista. Plusieurs évêques du pays s’y trouvèrent avec tous les religieux et tout le clergé, et, quand on fut arivé au palais, toute la processicn s’écria, demandant au Pape sa bénédiction. Il vint à une fenêtre, accompagné de trois évêques, et après qu'il eut donné la bénédiction, un des évêques de la procession lui demanda audience ; puis, au nom du roi, de tout le royaume, du clergé et du peuple, il le supplia à haute voix que, puisqu'il était k gloire du royaume, il ne se laissât persuader en aucune manière d'abdiquer. Un de ceux qui étaient avec le Pape répondit, par son ordre, que ce n’était point son intention, à moins qu'il ne v?: aelque autre raison qui l'y obligeât en conscience. Alors l'érésur qui parlait pour le roi et le royaume entonra le 7e Deum, et c:x".2 s’en retourna chez soi. C'était au commencement de décembre, vers la Saint-Nicolas ; et tout le monde, le roi même, croyait que Célestin ne songeait plus à renoncer.

Le biographe anonyme du Vatican dit à ce sujet : «Le Pape ayant écouté ces représentations, et voyant la grande affection de ceux qui & trouvaient présents, différa l'exécution de son dessein, mais n’y renonça point, malgré les larmes, les cris et les supplications qu’on lui adressait. Afin de n’être plus tourmenté, il cessa d’en parler pendant une huitaine de jours, de sorte que l’on croyait qu'il se repen-

| tait de l'avoir formé. Mais au bout de ce temps, il fit venir près de L Q Q A pes , lui le cardinal Benoît, dont nous avons déjà parlé, se fit donner par

lui les instructions nécessaires et même le modèle de l'acte d’abdication 1,

Donc, le 43me du même mois, jour de Ja Sainte-Lucie, il tint un consistoire, où, étant assis avec les cardinaux, revêtu de la chape d'écarlate et des autres ornements de Pape, il tira un papier fermé, et après avoir défendu aux cardinaux de l'interrompre, il Pouvrit et lt eu ces mots : Moi, Célestin, pape, cinquième du nom, müû par des causes légitimes d’humilité, de désir d’une meilleure vie, de ne

| point blesser ma conscience, de la faiblesse de mon corps, du défaut

1 Ubi supra.

362 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 11

pat

s’il n’est point po.

n, faites une constitution qui

porte expressément que tout Pape peut renoncer à sa dignité, et que

le collége des cardinaux peut accepter sa résignation. Célestin l'ac-À

corda : Matthieu dicta la constitution, et elle fut insérée depuis a Sexte des décrétales.

Alors Célestin sortit du consistoire, et les cardinaux, après en avoir délibéré, admirent sa résignation, et, l'ayant fait rentrer, l'ex. hortèrent à demeurer tranquille et à prier pour le peuple qu'il laissa sans pasteur. Mais l’état où ils le virent leur fit encore répandre de larmes ; ear il avait quitté teutes les marques de sa dignité, et avai repris cellés de simple moine. Il avait tenu le Saint-Siége cinq moi et quelques jours depuis son élection, et, depuis son sacre, tro mois et demi.

La plupart des littérateurs supposent que quand le poëte de Fl rence, Dante Alighieri, dans le troisième chant de son Enfer, pa

de celui qui fit, pr lâcheté, le grand refus, il entend parler de l'ab-hl

dication de son contemporain, le pape Célestin V, La chose n’estpa certaine. Célestin ne refusa point, mais abdiqua. Il est probable qu'l s’agit de quelque chef de faction à Florence, qui refusa le commar. dement suprême de sa patrie !, Ce qui n’est point incertain, c'est que

c’est de l’abdication de ce Pape qu'un autre poëte de Florence, Pé-È

trarque, à dit: Cette action suppose une grandeur d'âme toute di vine, qui ne peut se rencontrer que dans un homme parfaitement

convaincu du néant de toutes les dignités du monde. Le mépris des à

honneurs vient d’un courage héroïque, et non de pusillanimité, M contraire, le désir des honneurs ne possède qu'une âme qui n’a pa la force de s’élever au-dessus d'elle-même 2.

suivant la règie, et, s'étant enfermés en conclave dans ie palais du

1 Artaud, Hist, de La Vie et des OEuvres de Dante, ©. 22, —? Petrac, vie. solit, 1,2, 0,17,

entre Rc L'année Nicolas,

duel ave.

chargea « Denis. Ce dinal Géx de Sicile d'Anglete

E Bourges,

plusieurs

dinal, av.

au pontif tait tenai cardinal .

Cajétan a

Len était

Les me convenar qu'elle éi C'est dan cité plus jétan et à dit-il, les

& saint hon | lièrement Mi au seignc Après l'abdication de Célestin, les cardinaux attendirent dix jours,

précisém

à le trouv.

roi, ils célébrèrent la messe et firent les prières accoutumées, el | le 24me de décembre, veille de Noël, l'an 1294, ils élurent Pape, 1]

Bonif:

cordées }

lEgid, C

n, 23, Lors: 3

[Liv. LXXVI, — De 191 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 363

r trouver le repos aa pluralité &es voix, le cardinal Benoit Cajétan >'alors prêtre du titre irement el libremenMMde Saint-Silvestre et Saint-Martin, qui prit le nom de Boniface VIIT. Il charge et à cette dit né à Anagni, et fils de Leufroi Cajétan. Dès sa jeunesse, il s'ap- S cardinaux la pleïeMpliqua à l'étude du droit, tant civil que canonique, et fut docteur en ur à l'Église unive-MMrette faculté. I fut chanoine de Paris et de Lyon, et exerça à Rome la retenir leurs soupinMionction d’avocat et de notaire du Pape. Son premier emploi fut aus ancien’ diacre, paliprès du cardinal Ottobon, légat en Angleterre. En 1280, le pape Nis’il n’est point pouls IT l’envoya avec le cardinal Matthieu des. Ursins pour le traité une constitution qu'entre Rodolphe, roi des Romains, et Charles Ier, roi de Sicile. r à sa dignité, et que L'année suivante, ie pape Martin IV le fit cardinal du titre de Saintnation. Célestin l'a-MNicolas, puis l'envoya au même roi Charles; pour le détourner du it insérée depuis auel avec Pierre d'Aragon. Nicolas IV le fit légat en Apulie, puis le cargea de l’accommodement entre le clergé de Portugal et le roi Denis. Ce même Pape le fit cardinal-prêtre, ét l’envoya, avec le carint fait rentrer, l'a Mfdinal Gérard de Parme, pour terminer le différend entre le roi Charles : peuple qu’il laissafie Sicile et Alphonse, roi d'Aragon , entre Philippe le Bel et Édouard encore répandre dal Angleterre. Un auteur du temps, Égidius Colonne, archevêque de e sa dignité, et avai Bourges, dit de lui : Il est facile de prouver, par le témoignage de int-Siége cinq mosplusieurs personnes vivantes, que Boniface VITE, lorsqu'il étuit caris son sacre, troMdnal, avait tâché de persuader au pape Célestin de ne point renoncer au pontificat, parce que le nom d’un personnage aussi saint qu'il l'ékit tenait lieu de tout au sacré collége. Un autre contemporain, le œrdinal Jacques, assure que ce ne fat qu'en pleurant que le cardinal ÉCajétan accepia le pontificat, et en faisant connaître qu'il savait quel Len était le poids ?.

Les meilleurs amis de Célestin, loin de croire son abdication inconvenante et arrachée à sa faiblesse, regardèrent comme une preuve qu'elle était approuvée du ciel les miracles qu’il opéra dans la suite.

D Cest dans ce sens qu'en parle son biographe inédit, que nous avons té plus haut. Il dit, en outre, que Célestin prédit au cardinal Cajétan et à un autre cardinal quel serait son successeur. « Après cela,

D dti, les cardinaux s’assemblèrent pour élire un autre Pape, et ce

K saint homme prédit celui qui serait nommé, et l’affirma plus particu-

A lèrement au seigneur Thomas, qu'il avait lui-même fait cardinal, et

A au seigneur Benoît, qui fut élu Pape. Le Pape étant élu, et c'était

à précisément celui qu’il avait annoncé, le saint homme alla aussitôt D le trouve: e, lui baisa les pieds 3.

s accoutumérs, & D Bonifice commença son pontificat par la révocation des grâces ac-

ils élurent Pape, 1 cordées par Célestin, de la simplicité duquel on avait abusé, et cette

ardinaux, après a

ind le poëte de Flo:

de son Ænjer, pal:

tend parler de lab.

+ La chose n’est pa Il est probable qu'l

refusa le commar.

incertain, c'est que te de Florence, P:| ur d'âme toute di mme parfaitement nde. Le mépris des e pusillanimité, Au ne âme qui n'a pà

endirent dix jours, e dans ie palais du}

—? Petrac, vit, solit, lEgid. Columna lib. de renuntiatione Pape, ce. 23.— 2 Apud Raynald., 1294,

‘& 23, — 8 Cod. arm. VII. Capsula $, n. 1, fol. 41.

RSS

SRE

rot) a Î

364 HISTOIRE UNIVERSELLE «Liv. LXX VI, — De 19181300 de l

révocation se fit de l'avis des cardinaux » dès le jour de la Saint-Je

barles, l'évangéliste, 27me de décembre. Ensuite il se mit en chemin »

pnme un

} aller à Rome, nonobstant la rigueur de la saison, et partit de Napjii! de 507 au commencement de janvier 1293. Il passa par Anagni, sa villendMe, il le tale, où il fut reçu avec des danses et d’autres marques de réjouiguanges, | sance publique. Là vint une grande partie de la noblesse romaine jppeurer au offrir la dignité de sénateur, qu’il accepta. Rome le reçut comme Qi Li il éta eût été délivré de la prison des ennemis ; la noblesse faisait des coul! six Che

ses à cheval ; le clergé marchait en procession avec l’encens et au ns Choses lieu des hymnes et des cantiques. Le nouveau Pontife aHa d'abord Meme abs Saint-Jean-de-Latran ; puis il vint loger à Saint-Pierre, où il fut aux frère cré solennellement le dimanche 16m° de janvier, puis couronné à JB lui accc porte de l’église, au haut des degrés, de la couronne que l’on croyait priso: alors avoir été donnée au pape saint Silvestre par l’empereur Codient. Le Stantin. Ensuite le Pape marcha en cavalcade à Saint-Jean-de-LatraMint, avai accompagné de deux rois à pied, Charles, roi de Sicile, tenant la brdisnt la r de son cheval à droite, et son fils, le roi de Hongrie, à gauche : diitement: même princes le servirent à table au festin solennel, la couronne irgea m tête. Boniface, avant sonsacre, fit serment, sur l’âutel de Saint-Pierre était de conserver la foi et la discipline de l’Église, particulièrement douvent il huit conciles généraux. : ce qui montre que cette formule de srlilité : Je ment était au moins du dixième siècle. ANT Cependant Boniface veillait avec une attention particulière sur Après qu conduite de Pierre de Mouron, son prédécesseur, craignant, noie, 13e sans quelque raison, qu'on n’abusât de sa simplicité pour lui pedlers qui le suader de reprendre la dignité qu'il avait quittée, ou pour lerdivant. E connaitre Pape malgré lui, sous prétexte qu’il n'avait pu abdiquei demanda comme en effet quelques-uns le prétendirent. Malgré son désir due planch retourner à la solitude, Célestin, après son abdication, demeur@onme il a quelques jours auprès du nouveau Pape, et cela pour lui faire hit, âgé de confession générale. Aussi Boniface le traita-t-il avec humanité, réfortèrent € solu de le mener avec lui à Rome. Il l'avait envoyé devant, av@iredi jusqu quelques personnes pour l'accompagner et l’observer; mais en pat leur d’ tant de Naples, le premier ou le second jour de janvier, il appi vdinal, er avec étonnement que Pierre Célestin s'était dérobé de nuit à héme célél compagnie et s'était échappé, suivi seulement d’un jeune religieu Son COrF de son ordre, voulant retourner à sa celiule près de Sulmone. Boruie à Aqu face, alarmé de cette nouvelle, fit courir après lui, et on le troudilt. On re près de Viesti, ville maritime de la Capitanate ; car, sachant qu'on k eu, qui î cherchait, il avait résolu de passer en Grèce pour se mettre en sifff En 1297 reté ; mais le vent contraire je retint, et il fut reconnu, quoiqu'il 4 =. fût déguisé, On l'arréta par ordre du pape Boniface et du mi: \oir les:

Liv. LXXVI, — De 901300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 365

arles, mais avec grand respect ; car le peuple leregardait toujours mme un saint, coupait des morceaux de son habit, et arrachait du il de son âne comme des reliques. Quand on l’eut amené à Boniwe, il le reçut avec beaucoup d’honnéteté, lui donna de grandes uanges, l’envoya d’abord à Anagni, et le: fit enfin convenir de deeurer au château de Sulmone en Campanie. ai Là il était enfermé dans une tour très-forte, gardé jour et nuit ar six chevaliers et trente soldats. On lui fournissait abondamment choses nécessaires, dont il usait très-sobrement, gardant son aneme abstinence’; mais on ne le laissait voir à personne. Il demanda t-Pierre, où il fut alex frères de son ordre pour célébrer avec eux l'office divin ,eton Puis couronné à /l lui accorda ; mais ces frères ne pouvaient supporter longtemps onne que l’on croylte prison siétroite ; on les eatirait malades, 'et d'autres leur succé- : par l’empereur Coint. Le lieu était si serré, que le saint homme, la nuit, en dor- Saint-Jean-de-Latrniunt, avait la tête au même endroit où il posait les pieds le jour en Sicile, tenant la bridsnnt la messe. IL souffrait toutes ces incommodités et les mauvais ngrie, à gauche : diitements de ses gardes sans donner aucun signe d’impatience. Il nnel, la couronne dargea même deux cardinaux qui le visitèrent de dire à Boniface autel de Saint-Piem@uil était content de son état et qu'il n’en désirait point d’autre.

particulièrement duvent il répétait les paroles suivantes avec une merveilleuse tranette formule de sillité : Je ne souhaitais rien au monde qu’une cellule, et cette cel-

AE, on me l’a donnée.

on particulière sur Après qu’il eut été dix mois en cette prison, le jour de la Penteeur, craignant, note, 13e de mai 1296, ayant dit la messe, il fit appeler les chevaplicité pour lui pellets qui le gardaient, et leur dit qu’il mourrait avant le dimanche ttée, ou pour lerghivant. En effet, il fut attaqué le jour même d’une fièvre violente : n'avait pu abdiqueW demanda l’extrême-onction ; et, l'ayant reçue, il se fit mettre sur Malgré son désir d@eplanche, couvert d'un méchant tapis, et le samedi, 19me du mois, bdication, demeu@onme il achevait de dire vêpres avec ses religieux, il rendit l’esela pour lui faire it, âgé de soixante-quinze ans. Quelques-uns de ses gardes rapavec humanité, rfortrent ensuite au pape Boniface et à d’autres que, depuis le venenvoyé devant, ar@di jusqu'à l'heure de sa mort, ils avaient vu une petite croix de server; mais en pa@uleur d’or suspendue en l'air devant la porte de sa chambre. Un le janvier, il app@fadinal, envoyé par Boniface, assista à ses funérailles, et Boniface lérobé de nuit à ième célébra pour lui à Rome une messe solennelle.

d’un jeune religieu Son corps, qui avait été enterré à Ferentino, fut transporté ens de Sulmone. Bonuite à Aquila. Il est encore dans l’église des Célestins, près de cette lui, et on le trou lle, On rapporte plusieurs miracles authentiques du serviteur de ar, sachant qu'on lien, qui fut canonisé, en 1313, par Clément V1. our se mettre en si En 1297, Boniface VIII termina lui-même une affaire glorieuse econnu, quoiqu'il

Boniface et du rh Voir les vies de saint Pierre Céles'in, Acta SS,, 19 mai,

jour de la Saint-Je e mit en chemin py on, et partit de Napk ar Anagni, sa villen S marques de réjon : noblesse romaine ne le reçut comme blesse faisait des cou vec l’encens et au mi Pontife aHa d’abord

360 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXVI. — De 19] 1300 de

pour la France;/savoir, la canonisation du roi saint Louis. Elle avi Martin été commencée sous le pape saint Grégoire X, trois ans après [porte SO1 mort du saintroi, c'est-à-dire l’an:4273. Dix Papes se succédèrenMecherch durant les vingt-quatre ans qu’elle dura: L'information secrète delibhes ap miracles, qui rrécède, suivant l'usage, l'information juridique, aviMits, l’a: été confiée au cardinal Simon de Brion, qui l’envoya au saint pay Auxerr

Grégoire X ; mais, celui-ci étant mort, les procédures ne purent éPalma, d suivies par aucun de ses trois successeurs, qui n'occupèrent que paul soin, & de temps le Saint-Siége. pen sur

Le pape Boniface VIIE, dans le premier de ses deux discdurs à el Le bon sujet, nous apprend tout cela et le reste sommairement. Comme af.Mprélats al faire singulière et importante, qu'il n'appartient qu'au Pape de tour enq miner, le Saint-Siége a voulu apporter la plus grande maturité danMn me me celle du roi Louis. Quoiqu’on eût vu durant sa vie quantité de rmireMiprès qu’ cles manifestes, quoique les rois, les barons et les prélats eussenMit porté : réitéré plusieurs fois leurs prières, et qu'on eût fait plusieurs inf Mape) et 1 mations particulières, on a jugé à propos d'employer encore wi lui firer temps considérable pour les informations solennelles. Cette affaire ont gran

duré vingt-quatre ans et plus. Le pape Nicolas HI avait dit que li vie du saint lui était si connue, que, s'il eût vu deux ou trois mi cles constatés, il l'aurait canonisé. La mort ne lui a pas permis d'afuvres ne chever ce qu’il avait commencé. Ainsi parle Boniface VIII 1. gnage, q En effet, le roi Philippe le Hardi avait fait prier le pape Nicolas Iira que le d'ordonner l'information publique, Les trois ambassadeurs du riMfaiseté 1. étaient Guillaume de Mâcon, évêque d'Amiens; Guillaume, doyul Ces par d'Avranehes, et Raoul d'Estrées, maréchal de France. Nicolas avatislation fi chargé le cardinal de Sr’ ate-Cécile, Simon de Brion, de recommer-Mine histo

and hon ire ; et g

cer avec soin les perquisit'ons secrètes. Il les ft ; et son information Fille, saint plus ample que la première, fut donnée par le pape Nicolas IIS Boniface Gérard de Parme, cardinal-prêtre du titre des Douze-Apôtres, etilermon, « Jourdain, cardinal-diacre du titre de Saint -Eustache. Simon de Brion, Bémoins su successeur de Nicolas IE, sous le nom de Martin IV, nous apprenti ans s ce détail, et ce qu'il avait fait auparavant, par sa lettre datée d'Or. D Rome de viète, le 23me de décembre 1281. Il fut sollicité lui-même, étaient Jacq Pape, à reprendre cette affaire. Les archevêques de Reims, de Sens elle Bayeux de Tours, cutre plusieurs prélats de l’église de France, l'en prièrent rois cardit instamment, persuadés qu'il était plus en état que personne de fini Mile tomba

un projet qu'il avait avancé comme légat sous ses prédécesseurs, àchever le commencer par Grégoire X. Les deux députés qu’on lui envoya furent Mure fut cc Simon, évêque de Chartres,son neveu, et Guillaume, évêque d'Amiens Mers étaie

1 m0]; 1 Duchesne, t. 5, p. 485. Recueil ç

«ral

Liv. LXXVI, — De y 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉG'ISE CATHOLIQUE. 367

aint Louis. Elle avai Martin IV fit voir en cette conjoncture jusqu'à quel point l'Église

X, trois ans après porte son attention quand il s'agit de canoniser un saint. Malgré les Papes se succédèregecherches qu'il avait faites lui-même sur saint Louis et les démarrmation secrète dAlhes auprès des Papes précédents, il chargea de nouveau trois préation juridique, aviMts, l'archevêque de Rouen, Guillaume de Flavacourt ; l'évêque nvoya au saint pydAuxerre, Guillaume de Grès; et l'évêque de Spolète, Rolland édures ne purent étfalma, de la commission dont il s'était acquitté lui-même avec tant r'occupèrent que peuliie soin, savoir, d'aller à Saint-Denis et ailleurs faire un nouvel exapen sur les articles qu'il leur envoya.

Le bon sire de Joinville nous dit dans son langage naïf que ces élats allèrent à Saint-Denis en France, et là demeurèrent longtemps ur enquérir de la vie, des œuvres et des miracles du saint roi. Et mme manda que j'allasse à eux, et ils me tinrent deux jours. Et près qu'ils eurent enquis à moi et à autrui, ce qu’ils eurent trouvé ht porté à la cour de Rome; et diligemment virent l'Apostoile (le pe) et les cardinaux ce qu'on leur porta ; et selon ce qu'ils virent, slui firent droit, et le mirent au nombre des marty.s confesseurs ; ont grande joie fut et doit être à tout le royaume de France, et pand honneur à toute sa lignée qui à lui voudront ressembler de bien ire; et grand léshonneur à tous ceux de son lignage qui par bonnes vres ne le voudront ensuivre ; grand déshonneur, dis-je, à son gage, qui mal voudront faire ; car on les montrera au doigt et l’on ia que le saint roi dont ils sont extraits rend plus odieuse leur mauaiseté 1,

Ces paroles de Joinville méritaient d’être écrites en tête de la lélation française. ILest étonnant qu'on ne les trouve citées dans aune histoire de France. Pour nous, comme pour le sire de Joinile, saint Louis sera la règle pour juger les rois ses descendants. Boniface VII, reprenant toute cette affaire dans son premier "mon, continue en ces termes : « Les trois évêques écoutèrent les imoins sur soixante-trois miracles, qu’ils examinèrent et vérifièrent. Kize ans se passèrent encore, durant lesquels la France eut toujours Rome des personnes chargées de solliciter l'affaire, particulièreent Jacques de Samoïs. (C'était un frère Mineur, qui devint évêque eBayeux.) Le pape Martin commit l’examen des informations à rance, l'en prière Mrs cardinaux ; mais le rapport n’ayant pas été fait de son vivant, le personne de fini le tomba entre les mains de son successeur Honorius, qui ne put es prédécesseurs, ithever l'exacte discussion, commencée sous Martin IV. La procéon lui envoya furet @Btre fut commise à trois autres cardinaux, parce que les trois pree, évêque d'Amiens tiers étaient morts. Ces nouveaux commissaires étaient les évêques

s deux discours à rement. Comme at.

qu'au Pape de to.

rande maturité dans rie quantité de mir.

; les prélats eusser fait plusieurs infor.

mployer encore elles. Cette affaires HI avait dit queh deux ou trois mir ui a pas permis d'a iface VIIF 1,

r le pape Nicolas nbassadeurs du ri ; Guillaume, doya rance. Nicolas avai ion, de recommenet son information, pape Nicolas Ilà Jouze-Apôtres, età he. Simon de Brion, n IV, nous appren a lettre datée d'Or-h té lui-même, étant le Reims, de Senset

Recueil des historiens de France, t. 20, in-fol., p. 303.

«ral

Page 1