IV. LXXVI, De
| entre les autres, inal, de qui nous clésiastiques, des les grands et des , Qui auparavant . Charles Martel, né à ‘ce spectacle int le lendemain , Où il avait passé jonne. Ce monasde l’ordre fondé oît, et approuvé
: toutes les espéitres sciences, et nouvelle congréastiques ‘et sans gé séculier, et se habileté pour les tiques, qui leur à Pérouse, qu’ ire un si grand cé en âge et acardinaux de ve.
ntention. Cepenhabitée, n'ayant l'empereur Frée, dont la bride ‘icile et de Honeurs de lentré it mieux fait de suivant la cou-
Aquila, il donna re de l’Abruzze.
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, qui le priaient
à 1300 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 365
de venir les trouver, et de considérer le mauvais exemple qu'il donnerait de transférer la cour de Rome, si jamais on élisait un Pape de pays étranger; joint le péril des maladies dans la saison où l'on élait, et la dépense que toute la cour serait obligée de faire pour se rendre auprès de lui. [ls avaient écrit cette lettre avant que de recevoir celle du Pape, après laguelle ils s'expliquèrent plus clairement, en disant : I nous est dur d'être appelés dans le royaume d’Apulie, et nous n'avons pas oublié que le pape Martin IV fut pressé par les Français d'y passer quand les Aragonais menaçaient ce royaume : mais ce sage Pontife aima mieux l'exposer aux ennémis que de sortir de ses terres. Nous voyons bien qu'à votre âge il est incommode de voyager au mois d'août; mais vous pouvez venir en litière.
Le Pape ne fut point touché de leurs raisons, et persista à vouloir être sacré dans Aquila, cédant aux persuasions du roi Charles IF, qui voulait montrer sa puissance à faire de nouveaux cardinaux. Le cardinal Latinus des Ursins devait sacrer le Pape, comme étant évêque d'Ostie ; mais il mourut à Pérouse le dixième d'août, Alors le Pape donna l'évêché d’Ostie à Hugues Séguin, né à Billom en Auvergne, cardinal-prêtre du titre de Sainte-Sabine, et le fit sacrer par l’archevèque de Bénévent; puis il prit lui-même les ornements de Pape élu, savoir, la mitre ornée d’or et de pierreries. Il les reçut de Napoléon, cardinal-diacre, qui était venu à Aquila avec le cardinal Hugues, el en meme temps il changea son nom de Pierre en celui de Célestin ; ce que le cardinal Napoléon ayant publié, tout le monde vint baiser les pieds au nouveau Pontife, les évêques, les rois, le clergé, les seigneurs ; et il monta sur un lieu élevé, d'où il donna la bénédiction au peuple.
Les cardinaux, ayant appris ces nouvelles, vinrent en diligence à Aquila, où Célestin fut sacré le dimanche vingt-septième d'août, jour de la décollation de saint Jean-B. tiste, par les mains du nouvel évêque d'Ostie, le cardinal Hugues. Matthieu des Ursins, le plus ancien cardinal-diacre, lui présenta le pallium, l'ayant pris sur l’autel, et, après la messe, lui mit sur la tête la couronne papale. Ensuite le Pape s’assit sur une estrade dressée dans la campagne, près de | église, pour se montrer au peuple, et rentra dans Aquila en procession , monté sur un cheval blanc ; enfin il mangea en festin avec les cardinaux, suivant la coutume.
Quoiqu'il ne manquât pas de bon sens, ni de discernement pour parler à propos, son défaut d'expérience et de connaissance du monde le rendait incertain et timide. Il parlait peu, et toujours en alien, ne sachant pas assez de latin pour s’exposer à le parler; il ne rendait jamais de sa bouche aucune réponse en public, il les fai-
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sait rendre par d’autres, Comme il ne consultait point les cardinaux, il fit plusieurs mauvais choix d'évêques et d'abbés, soit de lui-même, soit par suggestion d'autrui.
Étant encore dans la ville d'Aquila, il envoya, suivant la coutume, une lettre circulaire aux évêques sur sa promotion au pontificat, où il dit : Cette charge nous paraissait tellement au-dessus de nos forces, que nous en étions épouvantés, d'autant plus que, vivant depuis très-longtemps en solitude, nous avions renoncé à tous les soins des affaires du monde. Toutefois, considérant qu'un plus grand’ retardement dans l'élection d'un Pape attirerait de grands maux à toute l'Église, et pour ne pas résister à la vocation divine, nous avons subi le fardeau, nous confiant au secours de celui qui nous l’a imposé 1, Ces paroles font voir la fausseté de ce qu'on publiait cent ans après, que ce saint homme avait d'abord refusé le pontificat et s'était même enfui pour l'éviter ; car il n'aurait pas manqué dele dire en cette lettre?,
Le samedi des Quatre-Temps, dix-huitième de septembre, il fit une promotion de douze cardinaux, sept Français et cinq Italiens; on voici les noms : Beraud de Gout ou Got, fils du seigneur de Villandrau en Gascogne et frère de Bertrand de Got, qui fut depuis Pape. Beraud était archevêque de Lyon dès l’an 1290, et le pape saint Célestin le fit cardinal-évêque d’Albane. Le second cardinal fut Simon de Beaulieu, archevêque de Bourges dès l’an 1282, Célestin le fit évêque de Palestrine. Le troisième fut Jean Lemoine, natif de Creci, près d'Abbeville, au diocèse d'Amiens, et frère d'André Lemoine, depuis évêque de Noyon. Jean, ayant étudié à Paris et été reçu docteur en droit, passa en cour de Rome, où il: fut auditeur de rote et se fit particulièrement connaitre du roi de Sicile, Célestin le fit cardinal-prêtre du titre de Saint-Marcellin et Saint-Pierre. Le quatrième, nommé Guillaume Ferrier, et prévôt de l'église de Marseille, fut cardinal-prêtre du titre de Saint-Clément. Le cinquième, Nicolas de Nonancourt, natif de Paris, mais d’une ancienne noblesse, fut cardinal-prêtre du titre de Saint-Laurent. Le sixième fut Robert, abhé de Citeaux, cardinal-prêtre du titre de Sainte-Pudentienne. Le septième, Simon, moine de Clugny et prieur de la Charité-sur-Loire, fut
cardinal-prêtre du titre de Sainte-Balbine. Voilà les cardinaux français,
Les cardinaux italiens furent premièrement deux moines du nouvel ordreinstitué par le Pape même, qui les fit tous deux cardinauxprêtres, savoir : Thomas de Teramo, du titre de Sainte-Cécile, et Pierre d’Aquila, du titre de Saint-Marcel. Célestin fit cardinaux ces deux religieux, pour les avoir auprès de lui et continuer avec eux les
1 Raynald, 1294.— ? Petr, Alliac. Apud Acta SS., 19 ma.
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septembre, il fit et cinq Italiens; seigneur de Vil- , qui fut depuis 1290, et le pape cond cardinal fut n 1282. Célestin emoine, natif de ère d'André Lelié à Paris et été L fut auditeur de icile. Célestin le Saint-Pierre. Le l'église de Mare cinquième, Ninne noblesse, fut fut Robert, abhé ntienne. Le sepité-sur-Loire, fut dinaux français.
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exercices de la vie monastique, autant que sa dignité le permettait. Pour cet effet, il fit faire dans son palais une petite cellule de bois, où il se retirait de temps en temps pour méditer et prier avec plus de recueillement. Les trois autres cardinaux n'étaient que diacres, savoir : Landolfe Brancacio, d’une famille noble de Naples, du titre de Saint-Ange ; Guillaume de Longi, né à Bergame, chancelier du roi de Sicile, du titre de Saint-Nicolas, et Benoît Cajétan, du titre de Saint-Côme. Il était d'Anagni, et neveu du cardinal du même nom, qui fut depuis Pape : ce dernier fut le seul tiré des terres de l'Église.
Cette promotion déplut à la plupart des autres cardinaux, à qui Célestin en fit un secret, et ne déclara les noms des nouveaux que le vendredi, veille de l'ordination. De plus, ils étaient choqués qu’on leur donnât des collègues inconnus, comme étaient les Français, inconnus au Pape même, qui avait passé sa vie en solitude ; en sorte qu'on voyait clairement qu'il ne les avait faits cardinaux qu'à la persuasion du roi Charles de Sicile. Il eut encore la complaisance d'aller s'établir à Naples, où le prince faisait sa résidence ; et il l'y attira sous prétexte de procurer la paix de Sicile, au lieu que, les chaleurs de l'été étant passées, on s'attendait avec raison qu'il viendrait à Rome. Il semblait que ce bon Pape ne comprit pas qu'étant évêque de Rome, il était obligé d’en prendre soin par lui-même.
Étant encore à Aquila le vingt-septième de septembre, il donna une bulle en faveur de la nouvelle congrégation de moines qu'il avait formée, lui attribuant toute sorte de priviléges. La bulle est adressée à Onufre, abbé du Saint-Esprit de Sulmone, et aux autres abbés, prieurs et supérieurs des couvents soumis à ce monastère et de l’ordre de Saint-Benoît. Le Pape les exempte de toute juridiction des évé-
. ques, et les prend sous la protection particulière du Saint-Siége ; il les
exempte de dimes et décimes ; il leur permet de recevoir les religieux des autres ordres, mais non pas aux leurs de passer à d’autres. Il leur permet de prêcher et d'ouir les confessions ; enfin il accumule en leur faveur tous les priviléges des autres religieux : mais ils ont été depuis restreints par diverses constitutions des Papes. C’est cette congrégation qui a pris le nom de Célestins, à cause de son fondateur.
Il prétendait y réduire tout l'ordre de Saint-Benoît, et, comme il allait à Naples au mois d'octobre, il passa au Mont-Cassin, dont était alors abbé Thomas de Rocca. Le pape Célestin persuada à la plupart des moines de cette maison de quitter leur habit noir et de prendre celui de ses disciples, qui était gris et d'une étoffe très-grossière ; il leur envoya environ cinquante des siens, et nomma leur supérieur prieur, au lieu de doyen. Il exila même un des anciens moines, pour
358 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXVI. — De 1976 lui avoir résisté en cette occasion. Mais cette réforme du Mont-Cassin finit avec son pontificat.
Charles, roi de Sicile, voulut aussi profiter du pouvoir qu'il avait sur Célestin pour ses intérêts particuliers. 11 obtint de lui la confir. mation du traité qu’il avait fait avec Jacques, roi d'Aragon, dont les principaux articles étaient : 40 Charles procurera la réconciliation de la maison d'Aragon avec l'Église, et Ja révocation de toutes les sen. tences prononcées contre le roi Pierre » Alphonse, Jacques et Frédéric, ses enfants. 2 Jacques d'Aragon rendra au roi Charles ses fils Louis, Robert et Raymond Bérenger, et tous les autres qu'il tient comme ôtages ou prisonniers, ainsi que toutes les terres et les places
qu'il tient en deça du Phare. 3e Trois ans après la Toussaint pro. |
chaine, 1294, il rendra l'ile de Sicile à l'Église romaine, qui la tien-
dra un an en ses mains, et ne la restituera à personne sans le consente.
ment du roi Jacques. Le pape Célestin approuva et confirma ce traité, Pourvu que le roi de France et son frère Charles y consentissent. La bulle est datée d'Aquila le premier d'octobre 1294, :
Saint Louis, second fils du roi Charles et prisonnier du roi d’Aragon, n'avait que vingt-un ans et n’était pas encore tonsuré : seule. ment il témoignait sa résolution d’entrer dans l’état ecclésiastique, Le Pape ne laissa pas de lui donner l’archevêché de Lyon, vacant par la promotion au cardinalat de Beraud de Got, évêque d’Albane, et donna à ce jeune prince l'administration de cet archevêché tant au spirituel qu’au temporel. La bulle est datée de Sulmone, le neuvième d'octobre; mais elle fut sans effet, et le siége de Lyon ne fut rempli que deux ans après.
Ainsi, quoique les intentions de Célestin fussent très-pures, la simplicité dans laquelle il avait passé sa vie, le défaut d'expérience, la faiblesse de l’âge lui firent commettre bien des fautes, par les artifices de ses officiers et des autres, auxquels il était livré; en sorte qu'on trouvait quelquefois les mêmes grâces accordées à trois ou quatres personnes, et des bulles scellées en blanc; on trouvait des bénéfices donnés avant qu'ils fussent vacants. Il en donnait plusieurs sans consulter les cardinaux et en leur absence, même des évêchés. Enfin les cardinaux furent extrêmement indignés de ce qu'il renouvela l'ordonnance du conclave, publiée vingt ans auparavant par Saint Grégoire X, mais demeurée sans exécution. Célestin fit trois constitutions sur ce sujet : par la première, il leva la suspense de l'exécution ordonnée par de ses prédécesseurs ; par la seconde, il releva le roi Charles du serment que les cardinaux avaient exigé de lui, de ne les point enfermer ni de les retenir dans son royaume, si Célestin y venait à mourir; par la troisième, il ordonna que le dé-
cret d renon avait des pl de Re allait :
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1 Co Bonifa
iv. LXXVI. — De 197ç ne du Mont-Cassin
Jouvoir qu'il avait t de lui la confird'Aragon, dont les réconciliation de de toutes les sen- Jacques et Fréroi Charles ses fils autres qu’il tient terres et les places la Toussaint pro.
naine, qui la tien- | sans le consente-
confirma ce traité, s y consentissent, 294, :
nier du roi d’Ara- > tonsuré : seuleat ecclésiastique, Lyon, vacant par que d’Albane, et chevêché tant au none, le neuvième yon ne fut rempli
nt très-pures, la faut d'expérience, S fautes, par les il était livré; en accordées à trois anc; on trouvait l'en donnait pluence, même des dignés de ce qu'il L ans auparavant ition. Célestin fit | leva la suspense ; par la seconde, Lux avaient exigé ins son royaume, donna que le dé-
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cret du conclave serait exécuté soit en cas de mort, soit en cas de renonciation du Pape. Elle est datée du 9me de décembre, lorsqu'il avait déjà pris la résolution d’abdiquér. En effet, sa conduite excita des plaintes de quelques cardinaux, qui trouvaient l’Église et la ville de Rome en danger sous un tel gouvernement; et, pendant qu'il allait à Naples, quelques-uns lui insinuèrent qu'il devait renoncer à sa dignité, et qu’il ne pouvait demeurer Pape en sûreté de conscience.
Le temps de l’Avent étant proche, Célestin voulut se mettre en retraite, suivant sa coutume, et s’enfermer dans la cellule qu'il s'était fait faire au palais, laissant cependant à trois cardinaux le pouvoir d'expédier en son nom toutes les affaires. Leur commission était déjà dressée, mais non encore scellée, quand le cardinai Matthieu des Ursins revint de Rome à Naples, et fit voir au Pape les inconvénients de cette commission, qui semblerait faire trois Papes, et l'obligea de la suspendre. Alors Célestin, méditant dans sa cellule, et voyant combien il était déchu de la perfection dont il approchaït auparavant, disait en pleurant : On dit que j’ai tout pouvoir en ce monde sur les âmes ; et pourquoi ne puis-je donc pas assurer le salut de la mienne, et me décharger de tous ces soins, pour procurer mon repos, aussi bien que celui des autres ? Dieu me demande-t-il l'impossible, et ne m’a-t-il élevé que pour me précipiter ? Je vois les cardinaux divisés, et j'entends des plaintes contre moi de toutes parts : ne vautil pas mieux rompre mes liens, et laisser le Saint-Siége à quelqu'un qui sache gouverner l'Église en paix ? si toutefois il m'est permis de quitter cette place, et de retourner à ma solitude.
Dans ce doute, il eut recours à un petit livre qu’il consultait dans son désert pour suppléer à la science qui lui manquait, et qui contenait en abrégé les maximes du droit. Il y trouva qu'il est permis à tout ecclésiastique de renoncer à son bénéfice ou à sa dignité, pour cause valable et du consentement de son supérieur. Mais il douta si le Pape, qui n’a point de supérieur, était compris dans la règle générale ; et, sur cette difficulté, il consulta un ami, qui lui dit : Vous pouvez sans doute renoncer, pourvu que vous en ayez une cause suflisante. Je n'en manque pas, reprit Célestin, j’en ai plusieurs; et c'est à moi à en juger. Il consulta encore une autre personne, qui décida de même : ainsi il s’affermit dans la résolution d’abdiquer.
Cette autre personne était le cardinal Benoît Cajétan, depuis Boniface VIIL. Car voici ce qu’on lit dans une vie anonyme de Célestin, conservée dans les archives secrètes du Vatican !, et qui a pour titre :
! Cod. arm. VII Capsula 1, n.1. Voir la Défense de divers points de la vie de Boniface VIIT, par monseigneur Wiseman. Université catholique, t. 12, p. 59.