‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme] (volume 5)Chapitre 68 sur 97 · Coloss, l · texte numérisé non relu

Coloss, l

41311 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 379

« Jean aux sept églises qui sont en Asie : La grâce et la paix soient avec vous de la part de celui qui est, qui était et qui doit venir... et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre ls morts, et le prince des rois de la terre, qui nous... à fait le royaume et les prêtres de Dieu, son père ; à lui la gloire et l'empire dans les siècles des siècles. Amen !, »

« Les dix cornes que tu as vues, dit l'ange au disciple bien-aimé, sont dix rois qui n’ont pas encore reçu le royaume ; mais ils recevront la puissance à la même heure avec la bête (Rome païenne). Ceux-ci ont un même dessein, et ils donneront leur force et leur puissance à la bête. Ceux-ci combattront contre l'agneau, mais l’agneau les vaincra, parce qu’il est le Seigneur des seigneurs et le Roi des rois, et ceux qui sont avec lui sont les appelés, les élus et les fidèles 2, »

« Je vis alors le ciel ouvert, écrit ce bienheureux disciple, et il parut un cheval blanc ; celui qui était dessus s'appelait le Fidèle et le Véritable, qui juge et qui combat justement. Ses yeux étaient comme une flamme de feu ; il avait plusieurs diadèrnes sur la tête etun nom écrit que nul ne connaît que lui. Il était vêtu d’une robe teinte de sang, et il s'appelait le VERBE DE Dieu. Les armées qui sont dans le ciel lesuivaient sur des chevaux blancs, vêtues d’un lin blanc et pur. Et il sort de sa bouche nne épée à deux tranchants, pour èn frapper les nations, car il les gouvernera avec un sceptre de fer ; ct c'est lui qui foule la cuve du vin de la fureur et de la colère de Dieu tout-puissant. Et il porte ce nom écrit sur son vêtement et sur sa cuisse : LE ROI DES ROIS ET LE SEIGNEUR DES SEIGNEURS. Et je vis un ange debout dans le soleil, qui cria à haute voix, en disant à tous les oiseaux qui volaient par le milieu de l’air : Venez et assemblez-vous au grand souper de Dieu, pour manger la chair des rois, la chair des officiers de guerre, la chair des forts, la chair des chevaux et des cavaliers, la chair de tous les hommes libres et esclaves, petits et grands. Et je vis la bête, et les rois de la terre, et leurs armées assemblées pour faire la güerre à celui qui était sur le cheval et à son armée; mais la bête fut prise, et avec elle le faux prophète qui avait fait les prodiges en sa présence, par lesquels il avait séduit ceux qui avaient le caractère de la bête et qui avaient adoré son image, et les deux furent jetés vifs dans l'étang brûlant de feu et de soufre. Les autres furent tués par l'épée qui sortait de la bouche de celui qui était monté sur le cheval, et tous les oiseaux se soülèrent de leurs Chairs 5, »

1 Apocal,, 1, 4-6, — 2 Ibid., 17, 12-14. — 3 Ibid , 19.

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Nous avons vu, avec Bossuet, comment ce passage s'applique à h destruction de Rome païenue.

Enfin « le séptième ange sonna de la trompette, et le ciel retentit de grandes voix qui disaient : Le royaume de ce monde est deveny le royaume de notre Seigneur et de son Christ, et il régnera aux siècles des siècles 1, »

ART. TL. — PARMI LES HOMMES, IL N'Y À DE PUISSANCE OU pnon DE COMMANDER, SI CE N’EST DE DIEU ET PAR SON VERBE.

Cela suit d'abord de ce qui précède ; car, si Dieu seul est propre. ment souverain et s’il a donné à son Fils toute la puissance au ciel et sur la terre, nul homme n’a par lui-même le droit de commander personne ; ce droit ne peut lui venir que de Dieu et par son Vert.

Ensuite l'Écriture sainte proclame expressément l’une et l'autre vérité.

Quant à la première, saint Paul dit aux Romains : Que toute per. sonne sol soumise aux puissances qui sont au-dessus d'elle; car il n'y a point de puissance, si ce n'est de Dieu : et toutes les pu: sances qui existent, c'est Dieu qui les a ordonnées 2. :

Non-seblement la puissance suprême est de Dieu, mais encore h puissance subalterne. Jésus-Christ dit à Pilate : Vous n'auriez aucune puissance contre moi s'il ne vous en avait été donné d'en haut 3, En effet, observe saint Augustin, Dieu avait donné à Pilate une puissance telle, qu'elle était en même temps sous la puissance de César 4.

Îl en est de même de la puissance du père sur les enfants, du maître sur les serviteurs. Aussi est-il dit : Serviteurs, obéissez à va maîtres selon la chair, comme à Jésus-Christ 5. Et encore : Soyx soumis pour Dieu à toute créature : au roi, comme à celui qui est a dessus ; et aux gouverneurs, comme étant envoyés de lui pour la ripression des malfaiteurs et la louange de ceux qui font bien : car telle est la volonté de Dieu 5.

Quant à la deuxième vérité, savoir, que Dieu communique « puissance par son Verbe, la sainte Écriture n’est pas moins formelle. « À moi est le conseil et la constance, dit l’éternelle Sagesse ; c'est à moi l'intelligence, c'est à moi la force. C’est par moi que les roi règnent et que les consuls décernent la justice. C'est par moi que règnent les princes, les puissants et tous les juges de la terre”. »

Ce Verbe fait chair a dit à ses apôtres : Toute la puissance au ciel sur la terre m’a été donnée 8. Et si, pendant sa vie mortelle, il a bien

1 Apoc., c. 11, vers. 15, — ? Rom., 13, — 3 Joan., 19. — * Tract, in Joan. 116. — 5 Ephes., 6. — 61 Petr., c. 2, 13. — 7 Prov. 8, 14-16, selon l’hébreu. — 8 Matth., 28.

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à Tract, in Joan., 16, 16, selon l’hébreu. —

1311 de l'ère chr.]

wulu payer à César le didragme pour lui et pour Pierre, il a eu soin de faire remarquer qu'ils n'v ‘aient pas tenus 1,

Aussi les premiers chrétiens dataient souvent les actes des mar-

is en cette manière : « Ces choses ont eu lieu sous les consuls ou empereurs N. N., comme disent les Romains ; mais, pour nous, sus le règne, sous l'empire de Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qui wient l'honneur et la gioire aux siècles des siècles. Amen. » C’est

insi que se terminent, entre autres, les actes de saint Pionius et de

«s compagnons, qui souffrirent l'an de Jésus-Christ deux cent cin-

quante. L'empereur Justinien a placé à la tête du code des lois romines ces paroles : Zn nomine Domini nostri Jesu Christi : Au

on DE NOTRE-SEIGNEUR JÉsus-Curisr.

On lit au commencement des capitulaires de Charlemagne :

«Notre-Seigneur Jésus-Christ régnant à jamais : Moi, Charles, par hgrâce et la miséricorde de Dieu, roi et chef du royaume des Francs, dévot défenseur et humble coadjuteur de la sainte Église de Dieu : itous les ordres de la piété ecclésiastique et à toutes lés dignités de h puissance séculière, le salut de la perpétuelle paix et béatitude au Christ, seigneur Dieu éternel 2, »

Les successeurs de Charlemagne commencent souvent leurs ordonnances par ces paroles : Au NOM DE NOTRE-S&IGNEUR DIEU Er SAU- EUR JÉSUS-CHRIST ?,

Dans les actes des particuliers pendant le moyen âge, on trouve fréquemment, avec l’année du règne des princes, cette formule des premiers chrétiens : Regnante Jesu Christo : JÉsus-CHRIST RÉGNANT. Souvent, à la mort d’un roi, on lit : Fait dans l'année que mourut le ri N., sous le règne de Jésus-Christ, et tandis que nous attendions de lui un nouveau roi 4.

Suivant le protestant Blondel, nos ancêtres apposaient cette sorte de formule à leurs actes pour nous rappeler sans cesse que tout cequi lous regarde est administré sous la royauté du Christ, dépend de lui, doit être rapporté à lui ; que les rois eux-mêmes, maîtres des affaires sous lui, sont, avec les peuples, ses heureux serviteurs, qu'avec leurs sujets ils se reconnaissent les sujets de ce roisouverainÿ.

Ce dogme de la royauté temporelle du Christ était empreint, jusqu'à ces derniers temps, sur les monnaies publiques. On lisait sur les pièces d'or : Christus vincit, Christus regnat, Christus imperat. AU CHRIST EST LA VICTOIRE, AU CHRIST LA ROYAUTÉ, AU CHRIST L'EMPIRE.

!Matth., 17, — 2 Baluz. Capitul. reg. franc. t. 1, col. 209.— 31bid., col. 549, #73, etc. — » Ibid., t. 2, col. 1535 et 1536, — 5 Blondel, De formula, Regnan'e Christo, p.371.

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