ART, IV. — LA PUISSANCE EST DE DIEU, MAIS NON PAS TOUJOURS À
L'HOMME QUI L'EXERCE NI L'USAGE QU'IL EN FAIT. « Ils ont régné par eux-mêmes, dit le Seigneur, mais non pas par moi; ils se sont faits princes, mais je ne les ai point reconnus. » Au-
trement, selon l'hébreu : «Ils ont établi des rois, mais non par moi; |
ils ont fait des princes, mais je ne les ai point connus !, »
Sur ces paroles de saint Paul, que toute personne soit soumise aux À
puissances qui sont au-dessus d'elle, saint Chrysostôme s'exprime ainsi: «Le premièreraison de cette ordonnance, raison conforme aux princi. pes de lg foi, c'est que c’est l'ordre de Dieu ; car il n'est point de puis. sance, st ce n’est de Dieu. Que dites-vous ? Tout prince est-il ordonné de Dieu? Je ne dis pas cela, répond-il, Je ne parle pas maintenant de chaque prince, mais de la chose même ; car, qu'il y ait des gouvernements, que les uns commandent et que les autres obéissent, afin que le monde n’aille pas au hasard, les peuples se laissant pousser Çà et Ià comme les vagues de la mer, je dis que c'est là l'œuvre dela divine sagesse. Il ne dit donc pas : Il n'ya de prince, si ce n'est de Dieu ; mais il parle de la chose même en disant : // n'est point de puissance, ,si ce n'est de Dieu. De même quand le sage dit : C'es Dieu qui unit la femme à l'homne ?, il parle de cette sorte parce que
c'est Dieu qui a institué l'union conjugale, et non point parce qu'il |
unit quiconque prend une femme ; car nous envoyons beaucoup qui s’unissent mal, et non point suivant la loi du mariage : ce que
nous devons bien nous garder d'imputer à Dieu, Mais ce que le Christ à
lui-même a dit : Celui qui a fait l'homme dès le commencement, les fit l'un mâle. l'autre femelle, c'est pourquoi l'homme quictera son père et sa mère et S'attachera à sa femme ; voilà ce qu'expliquait le sage,
« Attendu que l'égalité d'honneur produit souvent la guerre, Dieu a fait en grand nombre les supériorités et les subordinations, comme celles entre l'homme et la femme, entre le fils et le père, entre le vieillard et le jeune homme, entre l'esclave et l'homme libre, entre le magistrat et son subordonné, entre le maître et le disciple 3, »
D'ailleurs, cette vérité est de sens commun. Toujours on a distin-
gué la légitimité de l'usurpation, l'usage légitime de la force de son À
abus. Or, sitout homme qui, par la permission divine, obtient le pouvoir de la force, recevait en même temps de Dieu la puissance ou le droit de commander tout ce qu'il lui plairait ; en un mot, si tout souverain élait de Dieu, ainsi que l'usage qu'il fait de son pouvoir, i n’y aurait plus ni usurpation ni abus possible : tout serait légitime;
! Osée, ce. 8,— Prov., 19, 14, suivant les Septante, — 3 Chrysast, in Epist, ad Rom., homil, 28, t. 10, p. 686, édit. Bencd.
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