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562 HISTOIRE UNIVERSELLE ([Liv. LXXVII. — De 1300
de les contraindre, s’il le faut, par les censures, à les accorder !.
° Le second chapitre du titre II, dans le premier livre, règle la juridiction des cardinaux, le siége vacant. Ils n'ont pas celle du Pape, mais ils peuvent pourvoir aux charges de camérier et de pénitencier en cas de mort. L'élection du Pape se doit faire dans le lieu où son prédécesseur est mort ; mais, pour obvier aux inconvénients, on se propose deux cas dans le décret : le premier, où les cardinaux sortiraient tous du conclave avant l’élection ; le second où quelques-uns d’eux auraient encouru quelque censure. On déclare que, dans le premier cas, ceux à qui l'exécution de la bulle de Grégoire X appartient doivent les contraindre à rentrer, pour reprendre l'affaire de l'élection où ils l’auront laissée ; et que, dans le second cas, pour éviter tout schisme dans le sacré collége, les censures ne sont point un obstacle qui empêche les cardinaux d’avoir voix à l’élection des Papes. En un mot, le concile lève les difficultés qu'on formait contre la constitution de Grégoire X, et il la confirme ?.
6° Le chapitre unique du titre XVI, dans le livre troisième, regarde la fête du Saint-Sacrement. Urbain IV, ainsi que nous l'avons vu en son lieu, avait établi, l’an 1264, cette fête, qu’il fixait au jeudi après l’octave de la Pentecôte ; mais, soit qu’elle n’eût pas encore été universellement reçue dans toutes les églises, ou qu’elle eût été négligée ou peu célébrée, le concile et Clément V confirment la bulle d’Urbain, qui est rapportée tout au long dans cet article des Ciémentines 3.
To Le concile, animé de l'espérance d’une croisade en faveur de la Terre-Sainte, ordonna la levée des décimes pour dix années. Cette espérance parut aux pères du concile bien fondée, sur le succès récent des Hospitaliers, qui venaient d'enlever aux Turcs l'île de Rhodes, et sur la disposition des princes chrétiens, qui semblaient vouloir concourir au recouvrement de la Palestine, entre autres, l'enpereur Henri VII et les rois Philippe de France, Édouard d’Angleterre, Louis de Navarre, qui s'étaient engagés par vœu à mener en Syrie une armée au bout de six ans. Ainsi l’assure le Pape dans la bulle qu'il promulgua avec l'approbation du concile. En conséquence, la décime fut réglée, ce qui donna lieu à un autre règlement du concile, qui porte défense de faire les levées trop rigoureusement, c’est-à-dire d’enlever les vases et les ornements sacrés, avec les livres d’églises #,
1 Clément. 1. 5, tit. 11, De Pœnit., e. 1.— 2 Ibid. 1. 1,tit. 2, De Elect., c. 2.- Spond. 1311, n. 12.— 5 Ibid., 1. 3, tit. 16, cap. 1. Ibid., n. 11,— * Ibid., tit. 8, De Decimis, c. 2, - Raynald, 1312, n. 21 et 22.
8, à les accorder 1.
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à 1311 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 563
8° Enfin, pour la gloire de la religion et des sciences, le concile écouta les sollicitations que faisait depuis longtemps Raymond Lulle au sujet des langues savantes. On assure même qu'il alla de Paris où il était alors, au concile de Vienne, et qu'il y proposa les quatre articles qu'il avait demandés jusqu'à l’importunité aux princes et aux Papes précédents, surtout à Nicolas IV savoir, d'établir dans toute la chrétienté des écoles pour y enseigner les langues orientales, afin d'en rendre l'usage facile à des missionnaires qui ne craindraient pas de mourir pour la conversion des infidèles ; de réunir en un seul corps tous les ordres militaires pour la conquête de la Terre-Sainte : enfin, de condamner les écrits d'Averroès, qu'il prétendait être pernicieux au point de conduire à l’impiété. Il obtint une partie de ce qu'il demandait, Le concile ordonna qu'on enseignerait publiquement les langues orientales ; qu’on établirait deux maîtres pour l'arabe et autant pour le chaldéen, et cela à Bologne, à Paris, à Salamanque, à Oxford, et dans les lieux où résiderait la cour romain ; le tout aux dépens du Pape et des prélats, excepté à Paris, où le roi Philippe le Bcl fit cet établissement à ses frais en faveur de Raymond Lulle, qui l’en avait souvent pressé 1,
Tandis que le Pape et les évêques unissaient ainsi leurs effurts pour réformer les abus et seconder le bien dans toute l'Église, l'Esprit de Dieu, qui demeure avec cette Église éternellem .at, ne cessait d'y produire des fruits de sainteté et de vie éternelle. C’est ce que nous verrons dans le livre suivant. :
1 Clément. 1, 4, tit. 1. De magist., c. 1.
FIN DU DIX-NEUVIÈME VOLUME