‹ Histoire universelle de l'église catholique [microforme]Chapitre 107 sur 121 · AT LE NP LPS · texte numérisé non relu

AT LE NP LPS

Liv. LXXXVII. — De 1605

règles dès l'origine, rmé par la pratique | voir en cela pis de s ces règles, tout ce Car je n'y avais ja- ‘u, sans qu'on puisse > saint Augustin que, se bonne, on doit la > ct l'auteur. D'après de toutes nos règles ?

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1'à imiter Moïse , qui, Jromit à ceux qui l'ob-

21650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 681

serveraient mille bénédictions en toutes choses. De même, messieurs et mes frères, devons-nous espérer de la bonté de Dieu mille bénédictions pour tous ceux qui observeront fidèlement les règles qu'il nous a données. Bénédictions en leurs desseins, bénédictions en leur conduite, bénédictions à leur entrée, bénédictions à leur sortie, enfin bénédiction de Dieu en tout ce qui les concerne. Mais aussi, messieurs, de même que Moïse menaçait de la vengeance et de la malédiction du Seigneur tous ceux qui ne garderaient pas ses saint$ : commandements ; de même devons-nous craindre que ceux qui n'observeront pas ces règles, ouvrage du Seigneur, n'encourent sa malédiction, et dans leurs desseins et dans toutes leurs entreprises ; en un mot, dans tout ce qui les regarde. O Seigneur! vous qui avez donné tant d'onction à certains ouvrages, par exemple à celui qu'on lit maintenant à table (c'est Rodriguez), en sorte que les âmes bien préparées en retirent de grands profits pour se défaire de leurs défauts et avancer dans la vertu ; donnez, s'il vous plaît, votre bénédiction à celui-ci; daignez, Seigneur, l'accompagner de l'onction de votre grâce, afin qu'il opère dans l'âme de tous ceux qui le liront l’éloignement et le détachement du monde et l'union avec vous! »

il pria ensuite les prêtres, nommément MM. Portail et Alméras, de venir chercher les règles, attendu qu'il lui était impossible de les leur porter à leur place, comme il aurait bien voulu. Chacun les reçut à genoux et avec dévotion ; on baisait avec respect le livre, la main de mousieur Vincent, ensuite on baisait la terre dans le sentiment de la plus profonde humilité. Vincent disait à chacun ce petit mot : Venez, monsieur, que Dieu vous bénisse! La distribution finie, monsieur Alméras se mit à genoux, et lui demanda sa bénédiction au nom de toute la compagnie, qui se mit pareillement à genoux. Alors Vincent, prosterné lui-même, adressa à Dieu cette prière : « O Seigneur, vous qui êtes la loi éternelle et la raison immuable ; vous qui gouvernez tout l'univers par votre sagesse infinie; vous de qui sont émanées comme de leur source toute la conduite des créatures et leurs règles de bien vivre; bénissez, s’il vous plaît, ceux à qui vous avez donné ces règles et ceux qui les ont reçues comme venant de vous; donnez-leur, Seigneur, les grâces nécessaires pour les observer toujours avec une inviolable fidélité jusqu’à la mort. C'est dans cette confiance et en votre nom que je vais, misérable pécheur, prononcer les paroles de la bénédiction :« Que la bénédiction de Notre-Seigneur Jésus-Christ descende sur vous et y demeure à jamais! Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il\, »

1 Conférences inédites de saint Vincent de Paul (1).

682 HIST. UNIVERSELLE DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. [Liv. LXXXVIT.]

Le saint homme fit encore une trentaine de conférences à ses |

missionnaires sur l'esprit et la pratique de leurs règles; c'était son testament, testament d'Élie à Élisée. IL mourut le vingt-septième de septembre 1660, à l'âge de quatre - vingt-cinq ans. Depuis cinq années entières , il souffrait d'une fièvre périodique et d'autres maladies. Il éprouvait toutes les nuits des sueurs qui ache- ,vaient de l'épuiser. Le temps destiné au sommeil n'était point

pour lui un temps de repos. Cela ne l’empêchait pas de se lever |

régulièrement à quatre heures du matin, de dire la messe, et

de donner chaque jour nn temps considérable à l'oraison. Il ne | diminuait rien non plus de ses autres exercices de piété, ni de la

pratique de ses œuvres ordinaires de charité. C'est précisément à cette époque de souffrances qu'il fit pour l'Église et pour les pauvres la meilleure partie des grandes choses que nous avons vues. Une de ses dernières actions fut d'envoyer douze mille livres aux Maronites du Mont-Liban, pour leur donner moyen d'obtenir du grand Turc un gouvernement plus traitable. Plus il sentait approcher son dernier moment, plus il redoublait de zèle pour l'instruction de £es en-

fants spirituels, les prêtres de la mission et les sœurs de la Charité. | La pensée de la mort l'occupait continuellement : tous les jours, |

après avoir dit la messe, il récitait les prières de l'Église pour les agonisants, avec les recommandations de l'âme et les autres actes par lesquels on prépare les fidèles à paraître devant Dieu. Le pape

Alexandre VIE ayant été informé de l'extrême faiblesse où il était

réduit, le dispensa de la récitation du bréviaire ; mais le serviteur de Dieu ne vivait plus quand arriva le bref de dispense. La dispense est du vingt septembre 1660. À cette époque, l'insomnie des nuits et l'extrême faiblesse du corps causaient au saint prètre un assoupissement dont jusque-là il s'était assez bien défendu. Il le regardait comme l’image et l’avant-coureur d’une mort très-prochaine. C'est le frère, disait-il en souriant, la sœur ne tardera pas à le suivre,

Vincent de Paul a'été béatifié lan 1729 par Benoît XII, et canonisé l'an 1733 par Clément XII. Sa vie entière, son nom seul apprennent à tous les siècles et à tous les peuples ce que c'est qu'un prêtre, et ce que c'est que l'esprit de Dieu et de l'Église qui doit l’animer.

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