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Rome. » Grégoire XIE fut appelé de plus, par un autre patriarche d'Alexandrie, Le père du sacerdoce. Ces patriarches disaient dans ieur profession de foi : « Je tiens ei confesse que le Saint-Siége apostolique et le Pontife romain a la. primauté sur tout l'univers, et que le même Pontife romain est le successeur de saint Pierre, prince des apôtres, et le vrai Vicaire du Christ et le chef de toute l'Église ; qu'il est le père et ‘e docteur de tous les Chrétiens, et qu’à lui a été donnée, par Notre-Seigneur Jésus-Christ, dans la personne du bienheureux Pierre, la pleine puissance de régir et de gouverner l'Église universelle, Église dont l'unité est tellement à estimer, que je confesse qu'aucun de ceux qui sont hors de la même Église catholique ne peut obtenir la vie éternelle 1,
C'est dans ces termes que les patriarches coptes d’Alexandrie, pendant le dix-septième siècle, parlaient aux papes Clément VIII, Grégoire XIII, Urbain VIIL. Que ce fût sincèrement ou non, toujours est-il que tel était le langage ofliciel, telle était la créance héréditaire de leur église. Pour réduire ce langage et cette créance en acte, il faudrait dans les villes capitales de l'Égypte des évêques fidèles au chef de l'Église, il y faudrait un gouvernement plus humain de la part des Musulmans, il y faudrait une éducation chrétienne pour la jeunesse. Or, tout cela, nous l'avons vu se réaliser de nos jours.
Nous avons vu le chef arabe de l'Égypte, Méhémet-Ali, recevoir avec de grands honneurs l’envoyé du Saint-Siége, le délégat apostolique, l'archevêque Auvergne d’Icône, faisant la visite de l'Égypte et de la Syrie. Le pape Grégoire XVI venait d'établir un évêque catholique à Alexandrie. L'évêque catholique du Caire, avec trente prêtres, gouvernait un troupeau d'environ vingt mille Coptes ou vieux Égyptiens, troupeau fidèle qui s’augmentait de jour en jour par la réunion d'autres Coptes engagés dans l'erreur d'Eutychès, mais souvent plus par ignorance qu'autrement. Nous avons vu récermment le chef arabe de l'Égypte offrir au chef de l'Église catholique plusieurs colonnes de marbre pour la restauration de la basilique de saint Paul de Rome. Plus récemment encore, nous avons vu ce même chef arabe de l'Égypte construire dans Alexandrie un collége aux prêtres missionnaires de saint Vincent de Paul, des écoles et un autre hôpital aux autres enfants de saint Vincent de Paul, aux sœurs de la Charité, et poser ainsi le fondement de l'éducation chrétienne pour toute l'Égypte, et par là même de son retour sincère et durable à l'unité catholique. Enfin, nous voyons le fils de ce chef arabe de l'Égypte, Ibrahim-Pacha, déclarer libres ses propres
1 Acta SS., 4. 5, junii. Patriarch, Alex. Hist. chronok,, n. 558-566.
Liv. LXXX VII, — De 1606
un autre patriarche es disaient dans ieur Saint-Siége apostot l'univers, et que le it Pierre, prince des ef de toute l'Église ; iens, et qu’à lui a été la personne du biende gouverner l'Église estimer, que je conme Église catholique
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noi. ’ n. 558-566.
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 675
esclaves, pour imiter l'Europe chrétienne, où il vient de voyager.
Et le Turc qui domine à Constantinople et à Smyrne fait comme l'Arabe qui domine en Égypte. Le mahométisme, ce protestantisme armé contre la divinité du Christ, confesse lui-même sa décadence. Il commence d'effacer de son front son caractère originel d'empire antichrétien : il voudrait compter parmi les nations chrétiennes et catholiques, parmi les familles vivantes de l'humanité régénérée, Depuis plusieurs années déjà, les ambassadeurs du vicaire de Mahomet viennent d'eux-mêmes présenter leurs hommages au Vicaire du Christ. Le trois novembre 1839, une constitution impériale du sultan proclame l'émancipation des Chrétiens sur tous les points de l'empire. Et cette constitution s'exécute avec une franchise qu'on souhaiterait quelquefois à certaines puissances chrétiennes. Le catholicisme y est moins gêné que dans bien des villes et des pays d'Europe. La hiérarchie ecclésiastique s'y développe avec toute la discipline et l'efficacité de ses censures; la charité y ouvre ses écoles etses hôpitaux sans qu'une police ombrageuse y descende, et, chaque année, nos processions triomphantes, nos chants sacrés, notre encens et nos fleurs, et notre divine eucharistie, parcourent, sans rencontrer un front qui ne soit incliné, les faubourgs de Constantinople.
Et, chose merveilleuse, c'est encore les enfants de Vincent de Paul que Dieu appelle d'une manière spéciale à cette régénération de l'Orient. Les prêtres de la mission ont un collége et des écoles à Constantinople, un collége et des écoles à Smyrne; les sœurs de la Charité ont un hôpital, une école, un pensionnat à Smyrne, un hôpital, une école, un pensionnat à Constantinople. Et les enfants des premières familles fréquentent ces colléges et ces écoles; et les junes filles de Constantinople et de Smyrne n'ont pas de plus grand désir que d’être habillées, de parler et d'agir comme on fait dans le pays des sœurs. Pour les détourner ou les corriger de quelque chose, il suffit de leur dire : Les bonnes petites filles de France ne bnt pas comme cela. Le compliment le plus flatteur pour les jeunes drientales sont ces paroles : C’est bien, car c'est comme en France.
Et les pères et les mères ne sont pas moins attirés que les enfants par la charité catholique et française. Le successeur de Vincent de Paul, le supérieur général des Lazaristes, visitant sur les lieux ces divers établissements, écrivait en 1840 : « Ce n’est pas seulement par les soins que nos sœurs donnent à la jeunesse dans leurs écoles de Smyrne et de Constantinople qu'elles ont su rendre leurs établispiments chers à ces contrées et utiles à la religion : un autre avanlge, dont il faut tenir compte à leur dévouement, est de faire briller
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sur cette terre infidèle et au sein des peuples hérétiques les inimitables œuvres de la charité chrétienne. Ii est aisé de reconnaître, en visitant le Levant, que, pour frapper l'esprit des Orientaux et les incliner vers la foi, ce n'est pas assez du zèle apostolique, des ver-tus et des prédications, il faut des œuvres. Les Turcs ne discutent point, mais ils voient ; sourds à un raisonnement, ils sont sensibles à un bienfait : la reconnaissance est la voie la plus sûre pour les conduire à la vérité. Cette observation, fondée sur leur caractère bien connu, vient encore d'être justifiée par l'expérience. Vous le savez, chez les Turcs, un Chrétien est un être méprisé, à qui ils n'accordent jamais l’entrée de leur maison ; une Chrétienne même n'est jamais admise dans l'intérieur de la famille. Eh bien ! à Smyrne, où nous avons établi pour les malades un service de secours à domicile, la sœur de Charité est tout autrement traitée. Non-seulement les portes s'ouvrent devant elle, mais encore sa visite, désirée, sollicitée même, est regardée comme une marque d'honneur à laquelle on attache le plus grand prix, dont on conserve un religieux souvenir. On regarde comme du plus heureux augure les innocentes caresses qu'elle fait aux enfants : c'est à qui pourra les lui présenter, come pour les bénir. Pourquoi cette touchante exception en sa faveur ? Ah ! c'est que la charité l'inspire et que les bienfaits l’accompagnent. Le Mahométan voit quelque chose de surnaturel dans une fille qui a traversé les mers et tout sacrifié pour venir panser ses plaies et soulager ses douleurs. Il est même arrivé à quelques-uns de demander ingénument à ces religieuses si elles étaient ainsi descendues du ciel. La cour de leur maison se remplit chaque jour de malades turcs qui viennent les consulter. Quel est l'étonnement de ces infidèles lorsque, offrant aux sœurs le prix des remèdes qu'elles préparent, ils les entendent répondre qu'elles ne veulent et ne peuvent rien recevoir! Ils restent comme stupéfaits en présence d'un dévouement si pur, de sentiments si désintéressés. Enfin, chose bien remarquable, les imans turcs et les prêtres hérétiques réclament aussi les secours des filles de saint Vincent de Paul, et professent pour elles la plus profonde vénération !, »
En relisant ces paroles et en considérant tout cet enserihie € choses, il nous semble entrevoir le dénoûment mystérieux de l’his-
toire humaine. Nous avons vu le premier homme se diviser entre |
Dieu et l'enfer, nous avons vu l'un de ses fils tuer l'autre, et toute sa postérité se ‘ivisant en enfants de Dieu et en enfants de l’homme,
1 Lettre £x 25 novembre 1840, de M. Étienne, alors procureur général de Saint-Lazare,
Av. LXXXVIL. — De 1605
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4 1650 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE, 677
jusqu'à ce que, le mal prévalant sur toute la terre, un déluge d'eaux vint la noyer. Nous avons entendu en même temps une promesse divine, qu'il viendrait un Sauveur, à la fois Dieu et homme, pour réconcilier les hommes à Dieu, et les hommes entre eux. Cette réconciliation du ciel et de la terre, cette réunion des esprits, cette pacification universelle, se prépare matériellement par la guerre, par la force du glaive. Les Assyriens de Nemrod et de Nabuchodonosor, les Perses de Cyrus, les Grecs d'Alexandre commencent par Babylone, les Romains achèvent par Rome, de ramener forcément les principaux peuples à l'unité matérielle d'un empire universel. Le Sauveur promis, Dien et homme, les amène à l'unité de son empire spirituel, par la grâce, par la persuasion, par la charité : des milliers d'apôtres et de docteurs, des millions de martyrs et de vierges y travaillent au prix de leur sang et de leur vie. Les schismes, les hérésies, les scandales viennent à la traverse. Le glaive des Barbares, le glaive des Huns, des Vandales, des Turcs, des Arabes, des Tartares, et, à leur défaut, le glaive des guerres civiles, puniront les schismes, les hérésies, les scandales invétérés. Dieu se sert des plus méchants pour corriger les autres. Mais pour opérer le bien même, convertir à soi les cœurs, y répandre sa grâce et sa miséricorde, il se sert de ce qu'il y a de plus petit et de plus humble : il choisit la Vierge de Nazareth pour se donner au monde lui-même ; il choisit de pauvres pêcheurs pour propager cette bonne nouvelle par toute la terre ; et aujourd'hui, pour achever cette œuvre de tous les siècles, pour réunir en son Église les peuples les plus rehelles, il choisit des frères et des sœurs d'école ; il choisit des frères et des sœurs de charité. Ce que n’a pu ni l'épée des croisés, ni la science des docteurs, ouvrir les maisons, ouvrir les cœurs des Turcs et des Arabes à la foi chrétienne, une sœur d'école le fera, une sœur de charité le fera.
Et ce qui n’est pas moins merveilleux, l'instituteur de ces sœurs d'école et de charité, le patriarche de ces humbles conquérantes, Vincent de Paul, leur a prédit que Dieu les appellerait un jour à lui conquérir les nations de l'Orient. Cette prédiction est consignée nettement et à plusieurs reprises dans les conférences qu'il leur faisait, conférences qui ont été mises aussitôt par écrit et se conservent depuis deux siècles dans les archives de Saint-Lazare. Nous avons appris ce fait d'une manière bien inattendue, mais très-certaine, de la bouche même d'un de ses successeurs. Vincent de Paul serait ainsi appelé à compléter, par ses humbles filles, ses humbles missionnaires et ceux qui leur ressemblent, l'œuvre de tous les conquérants spirituels et temporels que Dieu a suscités depuis le commencement des siècles, la conversion des peuples à Dieu et à son Église.
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Pour travailler efficacement à cette fin de toutes choses, Vincent donne à ses missionnaires des moyens immarquables ; ce sont les règles, dont il d'stribua les premiers exemplaires imprimés dans la conférence faite à Saint-Lazare, le vendredi soir, 47 maï 4658. Il avait alors quatre-vingt-trois ans, et marchait avec peine, Vincent parut à la salle de la conférence au moment qu’un frère disait : « Si l’on n'observe pas les règles maintenant, à plus forte raison ne les observera-t-on pas dans cent ans ou dans deux cents ans d'ici. » Vincent lui fit répéter ce peu de mots, et dit lui-même : « Mes-
sieurs et mes frères, Dieu ne m’a pas donné dans sa miséricorde des |
motifs aussi pressants pour nous porter à bien observer nos règles, ni des moyens aussi bons que ceux que je viens d'entendre citer.
Béni soit Dieu ! messieurs et mes frères; que son saint nom soit À
à jamais béni ! »
Après une petite pause, il ajouta : « Un motif qui doit nous porter, messieurs et mes frères, à bien observer nos règles, c'est que toutes,
par la grâce de Dieu, tendent à nous retirer du péché et même des |
imperfections, à nous faire travailler au salut des âmes, servir
l'Église et procurer la plus grande gloire de Dieu. Telle est, il me à
sembie, la fin de nos règles. En sorte que quiconque les observera comme il faut, sera exempt de vices et de péchés, utile à l'Eglise et
rendra à Dieu Notre-Seigneur la gloire qu’il attend de lui. Quel | motif pour nous, pour le compagnie, d'observer exactement nos & règles! Étre exempt de défauts, autant que l'infirmité humaine le}
peut permettre, glorifier Dieu et faire qu'il soit aimé et servi de toute la terre ! Quel bonheur ! quel bonheur ! je ne puis assez le considérer.
« Un autre motif qui doit nous porter à observer exactement nos |
règles, c'est qu'elles sont toutes tirées de l'Evangile, comme vous
le verrez: c'est qu'elles tendent toutes à conformer notre conduite |
à celle de Jésus-Christ, qui, envoyé par son Père, vint pour porter l'Évangile aux pauvres. Zvangelisare pauperibus misit me. Pauperibus L'aux pauvres ! aux pauvres ! messieurs, comme tâche de faire la petite compagnie, — Quel sujet de confusion pour la compagnie
en voyant le choix qu’en fait le Seigneur ; puisque jusqu'à présent à il n'y en a pas encore eu de semblable, et, disons-le à la honte du
temps où nous vivons, qui eût pour fin de faire ce que Notre-Seigneur est venu faire au monde ; annoncer l'Évangile aux pauvres abandonnés , n'a été qu'un objet de mépris à ses yeux. Cependant
telle est notre fin: faire ce que Jésus-Christ ect venu faire sur la
terre. Ævangelisare pauperibus misit me. Notre partage, messieurs et mes frères, sont donc les pauvres. Quel bonheur faire ce que
+ tout mm Où tom © on ‘Om En tem it M © D En ES
[Liv. LXXXVIL. — De 1605
joutes choses, Vincent ariquables ; ce sont les res imprimés dans la | soir, 47 mai 4658. Il it avec peine, Vincent nt qu'un frère disait :
, à plus forte raison ne deux cents ans d'ici. » dit lui-même : « Mesans sa miséricorde des À n observer nos règles, iens d'entendre citer.
1e son saint nom soit À
f qui doit nous porter, ègles, c'est que toutes, lu péché et même des | alut des âmes, servir
Dieu. Telle est, il me à
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server exactement nos | Évangile, comme vous former notre conduite | Père, vint pour porter ribus misit me. Paupe- , comme tâche de faire ion pour la compagnie uisque jusqu'à présent disons-le à la honte du | aire ce que Notre-Seil'Évangile aux pauvres à ses yeux. Cependant
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à 1660 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 679
Notre-Seigueur, descendu du ciel, est venu faire sur la terre ; et nous, par ce moyen, aller de la terre au ciel : continuer l'ouvrage du Dieu sauveur, qui fuyait les villes, pour aller chercher les pauvres dans les campagnes; en un mot, aider les pauvres, nos seigneurs et nos maîtres, voilà nos règles. Oh ! pauvres, mais bienheureuses règles de la mission, qui nous engagent à servir les campagnes à. l'exclusion des villes! Vous voyez donc que, quoi qu'en dise le monde, bienheureux seront ceux qui les observeront, parce qu'ils conformeront toutes les actions de leur vie à celles du Fils de Dieu. Quel motif pour la compagnie de bien observer les règles ! faire ce que le Fils de Dieu est venu faire au monde ! qu'ii y ait une-compagnie, et que ce soit celle de la mission, composée de pauvres gens, qui, chargée du noble emploi d'aller, çà et là, de village en village, quitte les villes, ce qui ne s'était jamais fait, pour voler annoncer l'Évangile, aux seuls pauvres voilà ce qui étonne, et telles sont cependant nos règles !
« Nous les distribuerons dès ce soir à la compagnie. Vous les avez longtemps attendues, messieurs, et nous avons beauconp tardé à vous les donner, pour de bonnes raisons que voici : Premièrement, pour imiter Notre-Seigneur, qui commença à faire avant d'enseigner. Cœpit Jesus facere et docere. Les trente premières années de sa vie furent employées à l'exercice et à la pratique des vertus, et les trois dernières à prêcher et à enseigner. Aussi la compagnie s’est-elle etforcée de l'imiter, non-seulement en faisant ce qu'il était venu faire sur la terre, mais encore en le faisant comme il l'a fait. Ainsi peut-elle dire qu’elle a premièrement fait et ensuite enseigné. Cœpit facere et docere, — I y a bien environ trente-trois ans qu'elle commença de naître, et depuis ce temps on y a toujours, par la grâce de Dieu, psatiqué les règles que nous allons donner aujourd'hui. Aussi n’y trouverez-vous rien de nouveau, rien que vous n'ayez pratiqué depuis plusieurs années avec beaucoup d’édification.
« Secondement, en les donnant aujourd'hui, nous avons, par ce retardement, évité, grâce à Dieu, quelques inconvénients bien difficiles. En effet, si on avait donné d’abord à le compagnie des règles inconnues, que de difficultés n'y aurait-elle point trouvées ? Mais en lui donnant ce qu’elle a fait et exercé depuis tant d'années avec édification, rien ne doit lui faire redouter l'avenir, puisque le passé a été si heureux pour elle, semblable en cela aux Réchabites dont parle l'Écriture, qui, par tradition orale, gardaient les règles de luurs ancêtres. Nous aurons nos règles écrites et imprimées, il est vrai, mais la compagnie n'aura qu'à se maintenir où elle est et à continuer toujours ce qu’elle a pratiqué jusqu’à cette heure.
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« Troisièmement , si nous avions donné les règles dès l’origine, c'est-à-dire avant que la compagnie eût confirmé par la pratique les préceptes qu'elles renferment, on aurait pu voir en cela pis de l'homme que de Dieu ; mais, messieurs, toutes ces règles, tout ce que vous voyez s’est fait, je ne sais comment, car je n'y avais jamais pensé ; tout cela s’est introduit peu à peu, sans qu'on puisse dire qui en est la cause. Or, c'est une règle de saint Augustin que, ° quand on ne peut trouver la cause d’une chose bonne, on doit la rapporter à Dieu, et l'en reconnaître le principe ct l’auteur. D'après cette règle, messieurs, Dieu n'est-il pas l’auteur de toutes nos règles ?
— Y avais-je jamais pensé ? Point du tout. Non, messieurs, jamais je |
n'avais pensé à nos règles, à la compagnie, au mot même de mission ; c'est Dieu qui a fait tout cela, les hommes n’y ont point eu de part. Quand je considère la conduite de Dieu pour faire naître la compagnie dans son Église, j'avoue que je ne sais où j'en suis... il
me semble que je rêve. Semblable au pauvre prophète Habacuc, |
qu’un ange trunsporta au loin pour consoler Daniel dans la fosse aux lions, et qui, reposé au même endroit où on l'avait pris, croyait avoir rêvé touticela.
Vincent rappeia succinctement de quelle manière avait commencé l’œuvre des missions, les retraites des ordinands, les confréries de la charité, l’œuvre des enfants trouvés... je ne sais comment tout cela s’est fait, jene peux pas vous le dire. Voilà, monsieur Portail, qui peut vous dire que nousne pensions à rien moins qu’à tout cela. Et les exercices de la communauté, comment se sont-ils introduits ? Je ne saurais vous le dire. Les conférences, par exemple, (hé! n'est-ce pas la dernière que je fais avec vous!) nous n’y songions pas. La répétition d'oraison, qui était auparavant une chose méprisée, et qui se pratique maintenu t avec bénédiction dans plusieurs communautés bien réglées, était-ew jamais venue dans notre pensée? Comment avonsnous pensé aux autres exercices et emplois de la communauté? Je n’en
sais rien, Cela s'est fait peu à peu, l'un après l’autre. Le nombre de |
ceux qui se joignirent à nous s'augmenta, chacun travailla à la vertu, et les bonnes pratiques s'introduisirent insensiblement, afin de vivre dans une union parfaite et d'agir avec uniformité dans tous nos emplois. Telles sont, Messieurs, ces pratiques qu'on a jugé à propos, avec la grâce de Dieu, de réduire en règles. C'est Dieu seul, oui..c'est Dieu seul qui les a inspirées à la compagnie ; car, si j"y ai contribué, je crains que le peu qui sera sorti de moi ne soit un obstacle à leur exacte observance et au bien qu'elles devraient produire!
« Enfin, messieurs , il ne me reste plus qu’à imiter Moïse , qui, après avoir donné la loi de Dieu à son peuple, promit à ceux qui l'ob-
hene r
PAR PRNIPREP ONRE R E > PAR - -