ROME NES RE
10 HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXVIL. — De 1605
qui ravageaient toute la Hongrie, il indiqua d’abord des prières publiques à Rome, qu'il suivit à pied avec le peuple romain; puis, ayant étendu le jubilé à toute la chrétienté, il excita contre les Turcs tous les rois chrétiens, et même le roi de Perse ; enfin il envoya au secours de l'empereur Rodolphe un corps de six mille hommes, aux dépens du Siége apostolique. Et afin d’avoir à sa disposition des troupes indigènes pour les besoins de la république chrétienne, il fit le recensement de tous les sujets des États ecclésiastiques, restaura l'arsenal, établit des lois militaires, joignit le glaive matériel au glaive spiritueï, pour la défense de la chrétienté 1.
Tout ce qu’on pourrait blämer en Paul V, c'est que, grand et magnifique en tout, il le fut aussi envers ses parents. Ceux-ci du moins ne s'en montrèrent pas indignes ; car la famille Borghèse n'a point encore cessé d’être une des gloires de Rome, par son zèie héréditaire pour les beaux-arts et pour les œuvres de la piété chrétienne.
Paul V canonisa saint Charles Borromée et sainte Françoise, dame romaine, qui tirait son origine de la famille Borghèse, Il béatifia de plus saint Ignace de Loyola, saint François Xavier, saint Philippe de Néri, sainte Thérèse, saint Louis Bertrand, saint Thomas de Ville. neuve, saint Isidore, laboureur, saint Joachim de Sienne. Pour se rappeler à lui-même le souvenir de la mort au milieu ce tant d’affaires, il visitait de temps en temps son sépulcre. Le vingt-quatre jan-
vier 1621, il dit encore la messe : le vingt-huit, il éprouva une petite:
léthargie, reçut les derniers sacrements, et expira. Pendant que le prêtre lui faisait les saintes onctions, il répondit à toutes les prières, récita le symbole de la foi, répétant ces paroles de saint Paul : Je désire ma dissolution, pour être avec Jésus-Christ.
Le neuf février 1621, on élut à sa place le cardinal Alexandre Ludovisio, âgé de soixante-sept ans, qui prit le nom de Grégoire XY, Il fut successivement archevêque de Bologne, où sa famille était une des plus illustres, et nonce en Espagne et en France, pour concilier les démêlés du duc de Savoie avec ces deux royaumes. Dans tous les emplois, il avait montré une grande droiture, de la candeur, de la piété, et une vive inclination à faire le bien. Pendant sa nonciature en France, il eut plusieurs entretiens avec le maréchal de Lesdiguières, alors principal chef des huguenots, et le pressa de se convertir. Le maréchal lui répondit agréablement qu'il se ferait catholique et se Prosternerait aux pieds du Pape lorsque ce Pape serait Alexandre Ludovisio. Ludovisio, devenu Grégoire XV, rappela sa promesse
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à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 11
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Comme son prédécesseur, Grégoire XV contribua puissamment et “avec beaucoup de zèle à la guerre que le roi de Pologne et l’empe- 4 reur soutenaient, le premier contre les Turcs et le second contre les hérétiques d'Allemagne, Il a fait surtout deux constitutions pour le - bien général de l’Église . l’une, du quinze novembre 1641, sur l’élec- “tion du Pape; l’autre, du vingt-deux juin 1629, sur la propagation de la foi.
4 Dans la première, Grégoire XV rappelle l'exemple de Jésus-Christ: Quoiqu'il fût Dieu et qu'il connût toutes choses, néanmoins, quand il “fut question de choisir les douze apôtres, il passa la nuit en prières ; diet quand il voulut confier à saint Pierre le soin de ses brebis, il l’inà terrogea trois fois, et exigea jusqu’à trois fois la profession de sen amour. Par où il nous apprend avec quelle attention nous devons procéder aux choix de tous les pasteurs, mais principalement du pas- «teur des pasteurs; car, quand il est question du chef, il s’agit du salut, non pas d’un membre seul, mais de tout le corps. Les Papes Let les saints Pères ont Pourvu, par divers règlements, à ce que cette élection se fasse bien : que la chair et le sang n'y dominent pas, non plus que la sagesse humaine, qui est folie auprès de Dieu, mais que “tout ysoit dirigé par la grâce de l'Esprit-Saint. Toutefois l'expérience a fait connaître qu’on pouvait y joindre un remède plus salutaire
encore. En conséquence, de l'avis de ses frères les cardinaux, le Pape statue, décrète et déclare que, pour l'avenir, l'élection du Pontife romain ne pourra se faire que dans le conclave, et dans le conclave “fermé, et après qu'on y aura célébré le premier jour la messe, à la- « quelle tous les cardinaux ont accoutumé de communier : cette élec- “tion se fera par les suffrages secrets des deux tiers des cardinaux « présents, si ce n’est que tous ces cardinaux, sans exception, comî mettent l'élection à un ou plusieurs d’entre eux, ou que tous, sans « concert préalable, mais comme par inspiration, s'accordent à élire la . même personne, À chaque scrutin, avant de mettre son bulletin dans . le calice, chaque cardinal, à haute et intelligible voix, prétera le ser- « ment qui suit : Je prends à témoin Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui “me jugera, que j'élis celui que, selon Dieu, je crois devoir être élu,
“et que je ferai de même dans l’accession.—L'’accession alieu lorsque, « le premier scrutin n'ayant donné les deux tiers à aucun des candidats, on procède à un second, également sec”: où les électeurs peuvent accéder à l'un des candidats pour lequel ils auraient pas voté
+ d'abord, et compléter ainsi le nombre nécessaire de suffrages. — La j Constitution de Grégoire XV entre sur tout cela dans beaucoup de
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12 HISTOIRE UNIVERSELLE Liv. LXXX VII. — De 1605
détails : elle est souscrite du Pape, puis de tous les cardinaux, qui ajoutent à leur souscription : Je le promets, j'en fais vœu, et je le jure. Le douze mars de l’année suivante, Grégoire publia une autre constitution, approuvant et fixant le cérémonial du conclave, les usages qu'on doit y observer, jusqu'à la manière dont les bulletins doivent être pliés et cachetés1, L'une et l’autre constitution seront confirmées par Urbain VIIL, successeur de Grégoire XV. Cette législation de l’Église catholique pour l'élection de son chef pourrait servir de modèle aux élections dans les gouvernements représentatifs.
Une constitution également mémorable de Grégoire XV est celle du vingt-deux juin 1629, par laquelle il établit la congrégation de la Propagande, c’est-à-dire une congrégation de cardinaux et de prélats pour la propagation de la foi catholique par tout l’univers. Pour sauver le monde, Dieu a livré son Fils unique : ce Fils, la splendeur de sa gloire, l'empreinte de sa substance, s’est anéanti lui-même, a pris ia forme d’esclave, s’est rendu obéissant jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort de la croix, afin de racheter par son sang de méchants esclaves, lui le souverain Seigneur. Tous les Chrétiens doivent imiter cetle immense charité du Christ; combien plus les pasteurs des églises, principalement le successeur de Pierre à qui seul le Sauveur a dit: Pais mes brebis; à qui seul a été montrée cette nappe mystérieuse, renfermant toute sorte d'animaux immondes, qu’il lui est ordonné d’immoler et de manger; toute sorte de nationsinfidèles, qu'il lui est ordonné de consacrer à Dieu, et d’incorporer à l'Église dont il est le chef! Combien n’y a-t-il pas encore de ces nations ou brebis errantes, où qui n'ont jamais connu le bercail du Christ, ou qui l’ont abandonné ? En Orient, combien de nations, autrefois célèbres par les dons du ciel, ont été abruties depuis tant de siècles par l'extravagance impure des enfants d’Agar! Et dansle nombre, s’il y en a qui soient encore chrétiennes, la plupart sont infectées d'anciennes hérésies, en sorte qu'il y en a très-peu qui reconnaissent la vérité tout entière. Et depuis que, par suite de nos péchés, l'homme ennemi a semé l'ivraie dans les parties du septentrion, il a dérobé au Christ des provinces et des royaumes. Combien d'âmes qui périssent pour l’éternité! Afin de perfectionner l’ensemble des moyens employés par les Papes antérieurs, pour porter remède à un si grand mal et envoyer des ouvriers dans cette moisson immense, Grégoire XV établit donc, le vingt-deux juin 1622, une congrégation de dix-huit cardinaux et de quelques prélats : congrégation de la Propagande ?. Voici comme
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à 1650 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 13
en parle l'historien protestant de la papauté, dans les scizième et dix-septième siècles :
« A vrai dire, l’origine de la Propagande se trouve déjà dans une
ordonnance de Grégoire XIIE, par laquelle un certain nombre de carà dinaux furent chargés de la direction des missions dans l'Orient, et L qui décréta aussi l'impression de catéchismes dans les langues les 7 moins connues. Cependant cette institution n'était ni solidement fon- “ dée, n pourvue de moyens nécessaires ni assez vaste. Alors (sous Grégoire XV) florissait à Rome un grand prédicateur, Girolamo de Narni, qui, par la sainteté de sa vie, mérita la vénération générale et {la réputation d'un saint; il développa en chaire une grandeur de « pensées, une pureté d'expressions, une majesté d'exposition qui en- . traînaient tous ses auditeurs. Bellarmin, venant un jour d'entendre un de ses sermons, disait : Je crois que, des trois souhaits de saint { Augustin, il m'en a été accordé un, savoir : celui d'entendre saint © Paul. Le cardinal Ludovisio, neveu de Grégoire XV, fut son protec- “| teur ; il se chargea des frais d'impression de ses sermons. Ce Capucin € conçut la pensée d'étendre cette institution de la Propagande. Suivant “son conseil, une congrégation fut fondée, afin de s'occuper, dans des 1 séances régulières, de la direction des missions dans toutes les par-
4 ties du monde ; elle devait s’assembler au moins une fois par mois, ! en présence du Pape. Grégoire XV assigna les premiers fonds néces- 1 saires pour cette institution; son neveu y contribua de ses propres biens, et comme elle répondait à un besoin réel et profondément | senti, elle prospéra de jour en jour d’une manière plus brillante. Qui
{ne connait les services immenses que la Propagande a rendus à la + philosophie générale ou à la connaissance générale des langues ? | Mais elle s’est surtout appliquée à remplir avec énergie et grandeur © sa mission principale, celle de la propagation catholique; et, dans les premiers temps, elle réalisa les plus magnifiques résultats 1, » Ainsi parle cet historien protestant.
“ L'institution de la Propagande fut achevée par le successeur de { Grégoire XV, par Urbain VIIE, qui, l'an 1628, y réunit le collége ou | séminaire de la propagation de la foi, qui n’était qu’une institution À préparatoire où se formaient les missionnaires. On y voit une bibliothèque renfermant des livres en trente-six langues différentes, autant de presses pour imprimer les ouvrages, autant d'églises où l’on prêche l'Évangile dans ces mêmes langues. C'est une continuation, par la charité, du don des langues communiqué à l’Église, en la première Pentecôte chrétienne. Un ministre protestant termine ses réflexions
1 Ranke, t, 4, p. 115.
pent, de prêcher des doctrines célestes de paix et d'amour 1, »
Grégoire XV mourut le huit juillet 1623, à l’âge de soixante-neuf ans, après avoir tenu le Saint-Siége deux ans quatre mois et vingt-neuf jours. Comme il était vieux, consumé de travaux, quoique l'esprit toujours vif, son neveu, le cardinal Ludovisio, gouvernait la plupart des affaires, pour laisser à son oncle le loisir de se récréer dans des conférences académiques avec des savants; car il aimait beaucoup les sciences. Le neveu en profita pour enrichir sa famille, mais sans nuire à l'État; car il sut y maintenir une exacte justice, avec l’abon-
dance des vivres, même dans un temps de disette. Grégoire XV, sentant à la défaillance de ses forces que Dieu l'appelait, il se déclara prêt à suivre, fit une confession générale de sa vie, et reçut les derniers sacrements. Son neveu le pressait de compléter le nombre des cardinaux : il s’y refusa, espérant un successeùr qui remédierait aux maux de la république chrétienne. Car, disait-il souvent, on n'en peut élire aucun, qui ne soit plus digne que moi du pontificat. Il avait canonisé saint Isidore de Madrid, saint Ignace, saint François Xavier, saint Philippe de Néri et sainte Thérèse?.
Son successeur fut Urbain VIII : Maffco Barberini, d’une famille ancienne et noble de Florence, où elle avait occupé des places considérables. Né l’an 1568, il perdit de bonne heure son père et sa
mère, et fut élevé par les soins d’un oncle. Il étudia les premiers »
éléments de littérature à Florence, la philosophie au collége romain, la jurisprudence à Pise, où il reçut le grade de docteur à l'âge de vingt ans. À l’âge de dix-neuf ans, il fut fait prélat. Sixte-Quint le nomma référenduire. Clément VII lui donna le gouvernement de Fano, à l’âge de vingt-quatre ans ; ensuite la charge de protonotaire apostolique, et depuis l’archevêché de Nazareth; enfin Paul V le nomma cardinal. Il fut envoyé nonce en France, pour complimenter Henri IV sur la naissance du dauphin, depuis Louis XIII.
Urbain VIIL ou Maffeo Barberini entendait si bien le grec qu’on l'appelait l’Abeille attique. Il eut de grands succès dans la poésie latine. Il corrigea les hymnes de l'Église. Ses vers latins ont été imprimés à Paris, au Louvre, 1649, in-folio, avec beaucoup d'élégance, sous ce titre : Maffei Barberini Poemata. Les pièces les plus considérables sont: 4° Des paraphrases sur quelques psaumes et cantiques de l’Ancien Testament ; ® des hymnes et des odes sur les fêtes de Notre- Seigneur, de la sainte Vierge et de plusieurs saints : ses odes surtout
? Pierre de Joux, Lettres sur l'Italie, lettre 20, p. 252. — ? Pallat, Greg. XY.
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605
à ce sujet par ces paroles : « Ainsi, Rome moderne a pour but uni- 4 que de glorifier Dieu, de bannir de la société les vices qui la cor:om.
à 1650 de l’èr
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XVIL. — De 1605 MMA 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 15
our but uni- Misont très-estimées; 3° des épigrammes sur divers hommes illusai la corrom. "itres. Or a de lui des poésies italiennes, qui se composent de soixante jui à dix sonnets, deux hymnes et une ode. Sa douceur et sa facilité à par-
soixante-neuf onner les injures ont fait chérir sa mémoire 1.
et vingt-neuf À A la mort de Grégoire XV, les cardinaux se trauvérent au conique l'esprit A lave au nombre de cinquante-quatre. On croyait qu'ils s’accordeit la plupart aient difficilement sur l'élection d'un Pontife, à cause du secret des éer dans des suffrages récemment ordonné, et que d ailleurs ils paraissaient fort ait beaucoup 4 divisés entre eux. Cependant, dès le premier jour, à la suite de l'ace, mais sans fession, toutes les voix se réunirent sur le cardinal Barberini. Mais avec l’abon- “"#en vérifiant les bulletins, il s’en trouva un de moins, sans qu’on pût régoire XV, pavoir ce qu'il était devenu. Le cardinal Farnèse Opina qu'il fallait le il se déclara enr pour opposé, et ratifier l'élection, qui subsistait sans cela. Mais cut les der- Barberini, pour prévenir toutes les dificultés, voulut qu’on réparât nombre des fete erreur, et qu’on recommençât le scrutin, suivant la teneur de la édierait aux "@ulle. Le nouveau scrutin donna la même unanimité. Le nouveau Pape nt, on n’en.
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Greg. XV.
@e prosterna aux pieds de l'autel, et pria Dieu avec larmes de ne pas de laisser sortir vivant du lieu s’il prévoyait que son pontificat ne dût as être utile à l’Église. C'était le 6 août 1623, fête de la Transfiguation de Notre-Seigneur. Ce jour-là même, le nouveau Pape tomba alade ; il ne fut couronné que le 29 septembre, fête de saint Michel rchange, qu'il honora toujours d'une dévotion particulière, Il Avait cinquante-cinq ans, une santé robuste et un aspect véné- Table.
2 Il visita, tant par lui-même que par ses vicaires, toutes les églises, onastères, hôpitaux, colléges, et renvoya les évêques résider dans meurs diocèses. Le 24 décembre 1624, il ouvrit en personne le jubilé Me 1625, visita plusieurs fois les églises, ainsi que l’hôpital de la Painte-Trinité, où il lavait les pieds des pèlerins. Pendant toute l’an- Née, il défraya libéralement les évêques et les prêtres pauvres, qui Hinrent en pèlerinage à Rome. Il reçut et logea magnifiquement au W'atican même, le prince de Pologne, Ladislas, fils du roi Sigismond, £t l'archiduc Léopold d'Autriche, frère de l’empereur Ferdinand IE : les communia de sa main, eux et leur suite. Il restaura, embellit, jérandit une foule de monuments à Rome. Pour assurer la tranquilté de ses sujets, il bâtit plusieurs forteresses dans les États romains, üxquels il ajouta le duché d'Urbin et quelques autres domaines. Il établit à Lorette le collége illyrien, pour servir de séminaire d’Ilÿrie. Il béatifia ou canonisa plusieurs saints personnages, consola par ès lettres les Chrétiens du Japon, alors violemment persécutés, ct
1 Biogr. univ.,t. 47,
mourut lui-même le 29 juillet 1644, après vingt-deux ans moins huit jours de pontificat 1,
Ce que pensait alors l’épiscopat français de l'autorité du Pontif: romain, on le voit par la recommandation suivante, que les évêques de l'assemblée de 1626 adressèrent à leurs collégues : « Les évêques respecteront notre saint Père le Pape, chef visible de l'Église uni. verselle, vicaire de Dieu en terre, évêque des évêques et patriarches en un mot, le successeur de saint Pierre, auquel l’apostolat et l'épiscopat doivent leur commencement, et sur lequel Jésus-Christ a fondé son Église, en lui donnant les clefs du ciel, avec l’infaillibilité que l’on a vue miraculeusement durer immuable dans ses successeurs jusqu'à aujourd’hui ?, » Nous verrons en 1653 l’épiscopat français professer la même doctrine dans sa lettre à Innocent X sur la condamnation di Jansénisme.
Innocent X fut élu le 15 septembre 1644. Il se nommait le card:
nal Pamphili, était Romain de naissance, d’une famille noble et an
(Liv. LXXX VII. —De 1605 À
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M'Église catho
cienne : il avait été successivement avocat consistorial, auditeur de 6e
rote, nonce à Naples, attaché à la légation du cardinal François Bar. 1
berini en France et en Espagne, et enfin nommé cardinal, en 16%
par Urbain VII. Dans ces diverses fonctions, il s'était montré actif M
irréprochable et loyal ; devenu Pape, il conserva cette réputation. 01 Æ
trouvait son zèle d'autant plus extraordinaire, qu’il comptait déj) soixante-douze ans lorsqu'il fut élu ; « malgré cela, disait-on, le tra vail ne le fatigue point ; après le travail, il est aussi libre et aussi frai qu'anparavant : il parle avec plaisir aux gens, et laisse chacun s'ex. pliquer. » Il opposa un abord facile et une humeur gaie à la fierté d:
la vie retirée d'Urbaïin VIIL Il prit particulièrement à cœur de pro.
curer l'ordre et la tranquillité à la ville de Rome. Il mit son ambi.
tion à maintenir le respect de la propriété et des personnes, pendar 4 “ouvent à leurs
le jour et la nuit; à ne permettre aucun mauvais traitement des ir: férieurs par les supérieurs, des faibles par les puissants. Il força le barons à payer leurs dettes 3.
Parmi ses parents, il y avait sa belle-sœur Olympie, veuve de so frère, femme très-capable, à laquelle il confia le gouvernement (! sa famille. Avec les affaires domestiques, elle prétendit encore got verner les affaires publiques. Il avait un neveu marié, fils d'Olympie
l’honneur du Pape. On cite à cet égard bien des anecdotes, mais qu
1 Pallat et Sponde, — ? La France et le Pape, p. 38. — 3% Ranke, t. i p. 316.
Rene
Paul, deux Jés Plus d'éloquen Maine. On en
dans le palais :
aient peut-être
Innocent Xr mais dont la femme avait des prétentions semblables. De là do 4 brouilleries entre la bru et la belle-mère, qui ne tournaient pas : "8
Dliva, lui ordor
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XXY.