TETE
de Syn-mu, qui fonda cette monarchie l’an 660 avant notre ère,
Vers le milieu du douzième siècle, le soixante-seizième dairi ou empereur héréditaire, voyant les gouverneurs des provinces s'ériger
en rois indépendants, nomma un généralissime des armées de l’em-
pire pour les réduire à la soumission ; mais ce général, qui rappelle le connétable de France et eut le nom du cubo ou cubosama, se servit de son pouvoir pour se rendre indépendant lui-même. Depuis. il y a deux empereurs au Japon, le dairi, empereur ecclésiastique, rési-
dant à Méaco; le cubosama, résidant à Jeddo, empereur séculier, vicaire nominal du premier pour le temporel, mais ayant toute la force réelle, et ne laissant à son suzerain qu’une ombre de pouvoir : de pius, un grand nombre de gouverneurs ou rois, plus ou moins indépendants, ce qui occasionnait souvent des guerres et des révolutions. Tel était le Japon vers la fin du treizième siècle, lorsque les Tartares, maîtres de la Chine sous leur empereur Koubilaï, parurent sur les côtes et furent dispersés par la tempête : tel était encore le Japon au milieu du seizième siècle, lorsque saint François Xavier vint y porter la lumière de l'Évangile. Les Japonais sont d’un beau naturel, d'un esprit vif, d’un cœur sensible. Voici un trait arrivé l’an 1604, et dont le premier historien fut témoin oculaire.
Une femme était restée veuve avec trois garçons, et ne subsistait que de leur iravail; or, con:me ces jeunes gens ne pouvaient pas gagner suffisamment pour entretenir toute la famille, ils prirent, pour mettre ieur mère à son aise, une étrange résolution. On avait publié depuis peu que, quiconque livrerait un voleur à la justice, toucherait une somme assez considérable. Les trois frères s'accordent entre eux qu’un des trois passera pour voleur, et que les deux autres le mèneront au juge : ils tirent au sort, pour savoir qui sera la victime de l'amour filial, et le sort tombe sur le plus jeune, qui se laisse lier et conduire comme un criminel. Le magistrat l’interroge, il répond qu’il a volé : on l'envoie en prison, et ceux qui l'ont livré touchent la somme promise. Leur cœur s’attendrit alors sur le danger que courait leur frère ; ils trouvèrent moyen d'entrer dans la prison, et, croyant n'être vus de personne, ils l'embrassèrent amoureusement et l’arrosèrent de leurs larmes. Le magistrat, qui par hasard les aper-
çut, fut extrêmement surpris d’un spectacle si nouveau : il appelle un 4 tous les jour:
préjugés, et ( ù] conçurent bi faitement de sa commission, et rapporta que, ayant ve entrer ces M
de ses gens, lui ordonne de suivre les deux délateurs, et lui enjoint expressément de ne les point perdre de vue, qu'il n’ait découvert d quoi lui éclaircir un fait si singulic.. Le domestique s’acquitta par-
deux jeunes gens dans une maison, il s’en était approché, et les avait
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605 veur. Le gouvernement de cet empireétait héréditaire dans la famille
à 1650 de 1
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1 Charlevoix
VIT. — De 1605 à 1650 de l’êre chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 21
ins la famille entendus raconter à leur mère tout ce que nous venons de dire; que
t notre ère. : À la pauvre femme, à ce récit, avait jeté des cris lamentables, et qu’elle ne dairi ou : avait ordonné à ses enfants de reporter l'argent qu’on leur avait ices s'ériger donné, disant qu’elle aimait mieux mourir de faim que de se conserées de l’em-
ver la vie au prix de celle de son fils. Le magistrat, surpris au point qu'on peut imaginer, fait venir son prisonnier, l'interroge de nouveau ama, se Ser- M sur ses prétendus vols, lui fait diverses questions à dessein de l'obli- . Depuis, il À ger à se couper ; et, n'en pouvant venir à bout, il lui déclare enfin stique, rési- M qu'il sait tout. Ensuite, après l'avoir tendrement embrassé, il alla ur séculier, :Æ faire son rapport au cubosama, qui, charmé d’une action si héroïque, int toute la voulut voir les trois frères, les combla de caresses, assigna au plus
qui rappelle
le pouvoir : #4 jeune quinze cents écus de rente, et cinq cents à chacun des deux sou moins NN autresi, t des révo- #
L'on conçoit que la parole de Dieu, tombée de la bouche de Francois Xavier dans une si bonne terre, dut produire des fruits au centu- ! ple. Le saint apôtre avait quitté le Japon le vingt novembre 4554 : il ® était mort le deux décembre 15592, à la vue de la Chine, où il aspi- | rait. L'œuvre sainte du Japon ne se ralentit ni par son départ ni par sa mort. De 1552 à 15892, pendant l’espace de trente ans, les Chré- | tiens se multiplièrent dans toutes les classes, sans essuyer aucune + persécution déclarée. Les nouveaux fidèles devenaient missionnaires 1 à leur tour, et Dieu donnait tant de bénédiction à leur zèle, qu'en
lorsque les ai, parurent it encore le içois Xavier t d’un beau : arrivé l’an
e subsistait
avaient pas 6 1554 on comptait jusqu’à quinze cents personnes baptisées dans le ils prirent, # royaume d'Arima, où aucun missionuaire n’avait encore pénétré. Il n. On avait
| était très-ordinaire de voir des familles entières recevoir le baptême en un même jour. Naytondono, gouverneur d'Amanguchi, ayant © embrassé le christianisme, plus de trois cents personnes, ses alliés ou ses .assaux, suivirent aussitôt son exemple, Mais rien ne contribua davantage à faire entrer un grand nombre d’idolâtres dans le sein de l'Église que ce qui arriva dans ce mine temps dans le Bungo, à deux bonzes fort célèbres dans tout l'empire. © Ils étaient venus exprès de Méaco à Fuchéo pour voir les docteurs Portugais, dont on parlait fort diversement dans tout le Japon, et
à la justice, s'accordent deux autres a la victime e laisse lier il répond ré touchent danger que
prison, et, Pour s'assurer par eux-mêmes si ce qu'on avait publié de leur sainireusement teté et de leur doctrine n'était point exagéré. Ils se donnèrent tout rd les aper- le loisir d'examiner leur conduite et celle des nouveaux Chrétiens ; ils appelle un # se rendirent très-assidus aux instructions que les Jésuites faisaient
lui enjoint -… tous les jours en public; et comme ils étaient sans passion et sans Scouvert de M préjugés, et qu’ils avaient un désir sincère de connaître la vérité, ils
quitta par- M ConÇurent bientôt une très-grande estime pour notre religion. Ils ne : entrer ces 44 et les avait * Charlevoix, Hist. du Japon, livre préliminaire, €, 5,
t-illen s'adressant à l’autre bonze, suivez mon exemple ; et comme nous avons enseigné l'erreur de compagnie, il faut que nous allions
‘au second celui de Barnabé, comme ils l'en avaient eux-mêmes prié, ‘exactement la parole qu'ils en avaient publiquement donnée, Paul
peut dire qu’il était une copie vivante du docteur des nations. Tout
22 HISTOIRE UNiVERSELLE (Liv. LXXXVIL. — De 1605
laissèrent pas d'entrer souvent en dispute avec le père Gago; mais ils le firent toujours avec une modération qui ls fit regarder au “missionnaire comme gens qui n’étaient pas éloignés au :oyaume de Dieu : il espéra même bientôt qu'ils seraient un jour les défenseurs d’une religion qu'ils ne paraissaient combattre que pour mieux ‘s'histruire.
Enfin, un jour qu'il préchait dans une Elace de la ville, les deux bonzes vinrent à leur ordinaire lui proposer de très-bonnes difficultés ; il y répondit d'une manière qui les satisfit parfaitement. Après quoi, continuant son discours, comme il eut cité un passage de saint Paul, un des deux docteurs lui demanda qui était ce Paul, sur l’autorité duquel il s’appuyait si fort ? Le Père commença par lui raconter en peu de mots l’histoire de l’apôtre des Gentils ; et il avait à peine fini, que le bonze, prenant la parole et se tournant vers l'assistance, s’écria : Écoutez, Japonais, je suis Chrétien! et puisque j'ai imité P ul en combattant contre la doctrine de Jésus-Christ, je veux l’imiter en la préchant aux infidèles. Et vous, mon cher compagnon, ajouta-
ensemble annoncer la vérité à ceux qui ne la connaissent pas. Ils se jetèrent aussitôt l’un et l’autre aux pieds du prédicateur, et le supplièrent de les baptiser au plus tôt. Le Père ne crut pas devoir différer de leur accorder cette grâce, et il donna au premier le nom de Paul, et
Ils furent bientôt en état de travailler au salut des âmes, et ils tinrent surtout s’étudia tellement à se former sur son saint patron, qu'on
ce que la pénitence a de plus austère n'était pas trop rigoureux pour iui; on le voyait sans cesse avec Barnabé, parcourant les bourgs et les villages, et semant le grain de la parole divine avec des fruits d'autant plus abondants que le ciel y concourut plus d’une fois par des prodigest,
Dans le royaume de Firando, un prince de la maison royale fut baptisé avec sa femme et un de ses frères : il reçut au baptême le nom d'Antoine. Il était seigneur de deux îles: aussitêt après son baptême, il y mena un missionnaire, et l’y seconda si bien, prêchant lui-même et ne dédaignant aucune des fonctions du ministère évan-
gélique, qu’en moins de deux mois on y Compta jusqu’à quatorze M cents Chrétiens et plusieurs églises bâties à ses frais. Le bonze Paul 4
1 Charlevoix, Histoire du Japor.. Paris, 1754, in-19, t. 2,1, 2,p. 113-115,
a 1650 de l'è
eut grande ces, et il fu «\ geant que I 0 mourir ent:
2 qu'il paraiss “] aurait eu d 4 ment qui al © l’avertirent une joie qui l'Église ave “bles; et per “1 pense due à ! risée par plu Cette moi Chicugen, a 4 Gaspar Vilé dans une sit:
clarer pour .
l'on ne pouv Le père Vilé enfant qui ac fut à portée lui répondit — Ce sera di faut savoir pc il voulait po qu'il ne boug haitait, et il fut fort étonn sa mère, ses “ instruits den Le premier . de Firando :
d'une des po:
À leurs prières :
était idolâtre lui eût défend porta fort con nuait dans sa pas peur aux fidélité dont « mais qu’elle r
(VIE, — De 1605 Gago ; mais regarder au coyaume de les défenpour mieux
le, les deux nes difficulent. Après age de saint 11, sur l’aului raconter vait à peine l'assistance, e j'ai imité eux l'imiter lon, ajouta- ; et comme aous allions | pas. Îls se , le supplièr différer de de Paul, et nêmes prié, tils tinrent nnée. Paul ron, qu’on tions. Tout ureux pour s bourgs et ce des fruits ne fois par
royale fut baptême le | après son ), préchant tère évan- |
à quatorze onze Paul
à 1650 de l’ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 23
Jeut grande parët à ces succès ; mais il ne ménagea point assez ses for-
ces, et il fut bientôt la victime de son zèle. Il tomba malade, et ju-
* geant que Dieu le voulait appeler à lui, il témoigna qu’il souhaitait |mourir entre les bras du père de Torrès. Il n'y avait encore, à ce ! qu'il paraissait, aucun danger à lui accorder cette consolation, et il y aurait eu de la dureté à la lui refuser : on l'embarqua sur un bâti 4 ment qui allait à Fuchéo; à peine y fut-il arrivé, que les médecins
l'avertirent qu’il n'avait plus que peu de jours à vivre. Il en témoigna
: une joie qui ne se peut exprimer ; il reçut les derniers sacrements de | l'Église avec des transports d'amour dont les saints sont seuls capa- “ bles; et pen de temps après, il alla recevoir dans le ciel la récom- ! pense due à ses travaux et à son éminente vertu, que Dieu avait auto- ! risée par plus d’un événement miraculeux.
Cette mort et le départ du père Gago, qui avait été appelé dans le Chicugen, avaient laissé Fernandèz seul dans le Firando. Le père Gaspar Viléla fut envoyé à son secours, et trouva cette chrétienté dans une situation à faire espérer que le royaume entier allait se déclarer pour Jésus-Christ. Tous les néophytes étaient catéchistes, et l'on ne pouvait suflire à baptiser ceux qu'ils gagnaient à l'Évangile.
4 { Le père Viléla, passant un jour dans une rue de Firando, aperçut un 1 enfant qui accourait pour lui parler ; il l’attendit, et dès que l'enfant
fut à portée de se faire entendre, il demanda le baptéme. Le Père lui répondit qu’il le baptiserait dès qu'il serait suffisamment instruit. — Ce sera donc tout à l'heure, dit l'enfant : car je sais tout ce qu’il faut savoir pour cela. Le Père l'interrogea et trouva aw’il disait vrai: il voulait pourtant le remettre au lendemain ; ms:. enfant protesta
7 qu'il ne bougerait point de la place qu’il n’eût obtenu ce qu’il sou-
haitait, et il fallut le contenter. Quelques jours après, le père Viléla
2: fut fort étonné de voir son petit néophyte qui lui amenait son père, #1 sa mère, ses frères et ses sœurs, qu'il avait convertis et parfaitement … instruits de nos mystères.
Le premier martyr du Japon fut une pauvre femme. Les Chrétiens de Firando avaient dressé une nouvelle croix à quelque distance
« d'une des portes de la ville, et ils y allaient tous en commun faire ! leurs prières à certaines heures. Une femme esclave, dont le maître ! était idolâtre zélé, y allait fort régulièrement, quoique son maître le { lui eût défendu. Un jour qu'il apprit qu’elle y était retournée, il s'em- | porta fort contre elle, et lui jura qu'il lui coûterait la vie si elle continuait dans sa désobéissance; elle lui répondit que la mort ne faisait 1 pas peur aux Chrétiens, qu’elle continuerait à le servir avec la même | fidélité dont elle lui avait donné jusque-là des preuves certaines ; | mais qu’elle ne devait pas manquer à ce qu'elle devait à Dieu, qui
courut après elle; il n’était pas encore bien loin, qu'il l’aperçut qui revenait ; il tira aussitôt son sabre et l’attendit. La généreuse Chrétienne s’approcha de lui sans s'émouvoir, se mit à genoux, et lui pré.
senta sa tête, que le barbare lui abattit d’un seul coup. Les Chrétiens k enlevèrent son corps, et lui donnèrent une sépulture honorable, en A rendant grâces à Dieu de la constance qu'il lui avait inspirée et s’ani- #
HISTOIRE UNIVERSELLE {Liv. LXXXVIL. — De 1005 était son premier maître ; et dès le lendemain elle se rendit comme
les autres à la croix. L'idolâtre entra en fureur dès qu'il le sut, ed M allé demanc
" prêté une s } dono, un de } homme plai
à 1650 de l’èr Or,unp
à un chapel rompant, de
pond le pays
mant à imiter son exemple, 1 le bonze. —
Par suite d’une révolution politique dans la province ou le. le Chrétien, royaume de Chicugen, les missionnaires furent obligés de s’en retirer bon. Ximaxi dans celui de Bungo. Sur le chemin, ils rencontrèrent un grand nom- ct le Seigner bre de Chrétiens qui accouraient les délivrer et leur apporter les" pour en tire | choses nécessaires. Quand ils furent à cinq ou six lieues de Fuchéo, ; geois, qu'il | qh) ils commencèrent à rencontrer des troupes nombreuses de fidèles qui 2 culte qu'il ex venaient au-devant d'eux, et à chaque fois il fallait entrer dans des 47 nos divins m tentes, que ces bonnes gens avaient dressées à côté du grand chemin, 2 termes, qu'il et s’y rafraîchir ou s’y reposer. Plus ils approchaient, et plus la foule + surtout l’éco: gr'ossissait; on aurait dit qu’il n’était resté personne dans la ville, #tÆMS rien dire, pu toutes les campagnes retentissaient de cris de joie et d'actions de Æ Allez, dit-il grâces au Seigneur Dieu, qui sait délivrer ses serviteurs des plus # ciples sont si grands dangers, par des voies qui ne sont connues que de lui. Les{Æ revint à Méac missionnaires entrèrent ainsi dans Fuchéo comme en triomphe ; et #4 commissaire Parce qu'on savait qu'ils avaient tout perdu, il n’y eut pas un Chré-# 8 gneur de la c tien qui ne leur offrit son présent. Les uns leur apportaient de l’ar-@$ de la religion gent, les autres de l’étoffe et du linge, ceux-ci de la vaisselle de por- M Leur exemple celaine, ceux-là de petits meubles à leur usage; il n'est pas reçut le bapt concevable jusqu'où on portait l'attention ; mais rien ne les touchait à Ucondono, ill au prix de l'affection avec laquelle tout cela se faisait 2. à place distingu
En 1560, le cubosama ou empereur séculier ayant permis de pré. ses vertus et F cher l'Évangile, il y eut jusqu'à quinze bonzes des plus célèbres qui mina pour le demandèrent le baptême. Les néophytes composent un traité de h! M De 1565 à ! supériorité de la religion chrétienne sur les sectes du Japon. En 1562, ! #4 sama ou empe le prince d'Omura reçoit le baptême avec trente gentilshommes ; son "#4 les rebelles n exemple est suivi par sa femme #, En 1564, un orage s'élève à Méacol# mains, est mi: contre la religion chrétienne : l’empereur nomme deux bonzes hos- | Nobunanga, r tiles pour l’examiner, et pour la proscrire s’ils la trouvent mauvaise. À# des missionna | Les deux examinateurs se nommaient, l’un Ximaxidono, et l’autre 0 grès, éprouve | Cicondono : le grand juge de la ville impériale, Daxandono, devait 4 prince de Xé | rendre l'édit sur leur rapport. enfants donnai
l * Charlevoix, Hist. ‘du Japon. Paris, 1154, in-12, t. 2, 1. 2, p. 140-145, — 4 | 2 Ibid, p. 150. — 3 Ibid., 1, 2,
1 Charlevoix, t.
{VIL, — De 160 8 à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 25
ndit comme 4 il le sut, & 4 ’aperçut qui
? Or, un pauvre Chrétien de la campagne, nommé Jacques, était {allé demander justice à Daxandono contre un idolâtre à qui il avait + prêté une somme d'argent et qui refusait de la lui rendre. Ximaxidono, un des deux commissaires, entra dans le moment que ce bon- } homme plaidait lui-même sa cause, et, le reconnaissant pour Chrétien 7 à un chapelet qu’il portait sur lui : Tu es donc, lui dit-il en l’internorable, en A rompant, de la religion des Européens ? — Oui, grâces au ciel, rérée et s’ani- 2 pond le paysan, j'en suis. — Et qu’enseigne de bon votre loi ? reprend le bonze. — Je ne suis pas assez savant pour vous le dire, réplique ince ou le %# le Chrétien, mais je puis vous assurer qu'elle n’enseigne rien que de e s'en retirer M bon. Ximaxidono ne laissa pas de le questionner sur bien des articles, ct le Seigneur, qui dénoue, quand il lui plait, la langue des enfants pour en tirer sa gloire, éclaira tellement en cette occasion le villade Fuchéo, =" geois, qu'il parla sur l'existence et sur les attributs de Dieu, sur le e fidèles qui M culte qu'il exige des hommes, sur l’immortalité de nos âmes et sur er dans des #4 nos divins mystères, d’un: manière si éloquente et même en si bons nd chemin, Æ termes, qu’il ravissait tous les assistants en admiration. Le bonze plus la foule surtout l’écouta fort attentivement ; il fut ensuite quelque temps sans s la ville, 4ËME rien dire, puis, comme s’il se fût éveillé d’un profond sommeil : l'actions de "4 Allez, dit-il au Chrétien, faites-moi venir votre docteur; si les disrs des plus 4 ciples sont si savants, que sera-ce du maître ? Quand le père Viléla de lui. Les Æ revint à Méaco, de Sacai, où il s'était retiré, il trouva que le premier
iomphe; et 4 commissaire avait converti le second, ot tous deux un grand seis un Chré-# gneur de la cour. Les deux bonzes composèrent ensemble un traité ent de l’ar- 5 de la religion chrétienne qui produisit partout des fruits merveilleux. elle de por: Leur exemple fut suivi par lacayama, grand homme de guerre, qui
n'est pas reçut le baptême avec toute sa famille, entre autres son fils Juste
les touchait 4 Ucondono, illustre par ses grandes actions, qui lui ont donné une
place distinguée parmi les héros du Japon, plus illustre encore par
ses vertus et par ses souffrances pour la cause de Dieu. Ainsi se termina pour le moment cet orage !,
mis de préélèbres qui
traité de la De 1565 à 1575, nouvelle révolut'on politique au Japon. Le cubo- 1. En 15692, # sama ou empereur séculier est mis à mort avec sa femme et sa mère : mmes ; son 4 les rebelles n'épargnent qu'un de ses frères, qui s'échappe de leurs ve à Méaco
4 mains, est mis sur le trône par Vatadono, frère de Tacayama, et par Nobunanga, roi de Voari. Le nouveau cubosama se déclare en faveur : des missionnaires, le dairi contre eux : le christianisme fait des progrès, éprouve des persécutions locales, suivant les provinces. Le prince de Xéqui apostasia et se fit persécuteur : ailleurs, de petits enfants donnaient l'exemple de la constance. L'an 1570, un des fils
no, devait =
? Charlevoix, t, 2,1. 3, p. 224 et seqq.
HISTOIRE UNIVERSELLE (Liv. LXXXVIL, — De 1605 à 1650 de l'ère
‘du seigneur d'Amacusa rencontra dans une rue de la ville un enfant, M Le prince
‘qu'il reconnut pour chrétien ; il lui fit mille questions, qu’il entre- Msa principau mêla de blasphèmes horribles contre Jésus-Christ. L'enfant l’avertit #8 à procurer le de prendre garde à ce qu'il disait ; que le Dieu des Chrétiens n’était M cesse aller di pas ün dieu sourd et impuissant comme ceux du J apon, et qu'il était M bois, pénétre terrible dans ses vengeances. Le prince, choqué de cette hardiesse “ter un morib où feignant de l'être, tire son sabre, et regardant d’un œil courroucé adultes, instr l'enfant, qui continuait toujours à lui parier sur le même ton : Blas: Mchisme aux «€ phémer ainsi en ma présence les dieux que j'adore, lui dit-il, e "vait. Rien ne Manquer à ce point au respect qui m'est dû, ce sont des crimes qui M âme à Jésusne se pardonnent point; tu mourras. Le petit néophyte, sans se Ces insulaire: troubler, repartit : Vous aurez, seigneur, beaucoup de gloire d'ôter divinités bien
la vie à un enfant désarmé ; mais quel mal me ferez-vous en me ne pouvaient
coupant la tête? Vous ne sauriez nuire à mon âme, qui ne sera pas vertueux prir plus tôt séparée de mon Corps, qu'elle recevra une couronne immor: Mples, avant q telle et sera éternellement placée dans le sein de Dieu même, le roi pour achever des rois et le seigneur des seigneurs. En disant cela, il se jette à ge. "Morsque, aprè noux, abat sa robe et se met en posture de recevoir le coup de k MMpour lui faire
mort. Ce Spectacle étonna le prince et l’attendrit ; il releva l'enfant, “Mcieuse que cei lui fit mille caresses et se retira 1, Le christiar Le seigneur d'Amacusa, qui était une île, finit par embrasser lui. "l'empire, et de même la foi chrétienne, et reçut le nom de Michel. Il fut ensuite la faveur cons l'apôtre de ses sujete. La conquête qui lui donna le plus de peine le zèle de que fut celle de la princesse son épouse, qui seule arrétait le progrès de jours le brav l'Évangile. Le Japon n'avait peut-être pas un plus bel esprit que cette AUcondono, sc princesse, ni personne qui eût une plus parfaite connaissance de prosélytes, et
toutes les sectes qui avaient cours dans l'empire ; et les bonzes les soixante-dix g plus habiles ne se croyaient point déshonorés en la consultant sur être baptisés, les points les plus difficiles de la théologie japonaise, Ce ne fut qu'a jours après, il près six années d’un travail qui aurait rebuté tout autre que son Mqu'où allait so époux qu'elle se rendit. Elle fut baptisée avec ses deux fils, dont M avancer l’œi l'aîné, qui reçut au baptême le nom de Jean, a illustré ce nom par partager ses sc ses vertus et surtout par son héroïque fermeté à soutenir la foi dans qui l'empêch les temps les plus difficiles. La princesse sa mère fut nommée Grâce, "Mfermissement ( et répara avec usure le temps qu’elle avait perdu par sa résistance. Etat sur son ! Elle se donna de grands mouvements pour la conversion des bonzes, Navec une gran. et après qu’elle en eut gagné le plus grand nombre et les principaux, #Sque de ce qui elle obligeà le reste à sortir de l’île, Enfin, à la mort du prince Mi-2# Quand il n’a chel, qui arriva l’an 1582, onze ans après son baptême, il ne restait même toutes | plus dans ses États aucun vestige d'idolâtrie 2, Jaux prières et en commun, el Ltiens quatre d
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