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v. LXXX VII. — De1605
our le conseil du sométrique les raiiction qui est entre des définitions des s, dix axiomes ou u preuves démonlemande, « en trotositions/qui n’ont les notionsien soiut pas être et n'être efficienté. d'aucune cent cette clarté de , mais que les perd’obscurcir ; qu'ils s préjugés, car par fort évidente. »
ctions, qui sont du e donc ingénument à première méditapres à toutes sortes : de tout le monde.
déclaration ; je l'ai l'occasion: s’en pré-
xpliqués et rectifiés ue de soumettre au éloignées et scienaturelle, mais leurs ès vérités de l’ordre mettre tout cela au es, principalement es qu'ils le seront > de Bossuet, c’est nt les principes de
les explications que ssements intéressés , comme tous leurs le, vraie ou appa- Nous verrons quel-
ques nonnes jansénistes préférer leur évidence féminine au jugement du Pape et des évêques, ainsi qu'aux arguments de Bossuet, dans les matières si ardues de la nature et de la grâce. C'était donc une bonne fortune pour les nouveaux sectaires de trouver dans la philosophie d'un:auteur catholique, embrouillée par son école, un moyen spécieux de justifier leur révolte envers l'Église et son chef. :
Cet embrouillement était d'autant plus facile, que Descartes luimême n'indique nulle part. des moyens sûrs pour distinguer l’évidence véritable de l'évidence apparente. Seulement, il convient que la chose n’est point aisée, et qu'il y en a très-peu qui en soient capables 1, Il nous semble que, d'après le philosophe catholique Boëce, qui a résumé toute la philosophie ancienne, et d’après Descartes luimême, on peut assigner les règles suivantes. Quant aux premiers principes de la raison naturelle et leurs principales conclusions, pour distinguer l'évidence véritable de celle qui n’en a que l’apparence, on peut consulter le sens, commun du vulgaire ; dans les conclusions éloignées et scientifiques du mêrr: ordre paturel, consultez le sentiment commun, des doctes, Mais dans les vérités, principes et conclusions; de l’ordre surnaturel, qui constituent la révélation proprement dite, et même dans les matières de l’ordre naturel, mais qui se lient à l'ordre surnaturel, la règle souveraine et infaillible, c’est la divine autorité de l’Église catholique. Ces trois règles se découvrent dans les écrits et la conduite de Descartes lui-même. Il reconnaît d’abord que les premiers principes de la raison naturelle sont communs et même innés à tous les hommes. Quant aux conclusions éloignées et scientifiques, il ne veut de juges que les plus solides esprits. Mais pour ce qui est de l’ordre surnaturel, des vérités de la foi, ou simplement de ce qui paraît y toucher, comme l'opinion sur le mouvement de la terre, il s'en rapporte à l'autorité de l'Église; et, comme le remarque Bossuet, on lui voit prendre sur cela des précautions dont quelques-unes allaient jusqu’à l'excès ?, On aurait ainsi, suivant le degré des matières, trois règles de certitude pour distinguer l’évidence réelle de l'évidence apparente, et tout le domaine intellectuel fonctionnerait d'accord.
C'est à cette conciliation harmonique de toutes les sciences, principes et conclusions, tant dans l’ordre naturel que dans l’ordre surnaturel, que doivent tendre et travailler tous les hommes à qui Dieu en donne le moyen. A cette marque se reconnait l'esprit de Dieu. €Y a-t-il parmi vous quelqu'un de sage et de savant ? demande l'a
* Te%, p. 525, In-12. - P. 467, in-8, Cousin. — * Bossuet, t. 38, p. 251. Lettre 253 à M, Pastel.
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pôtre saint Jacques. Qu'il fasse paraître ses œuvres dans la suite d’une bonne vie, avec une sagesse pleine de douceur: Mais si vous avez dans le cœur une jalousie pleine d’amertume et un esprit de contention, ne vous glorifiez point contre la vérité, car ce n’est point là la sagesse qui vient d’en haut, mais une sagesse terrestre, animale et diabolique; car, où il y a de la jalousie et de la contention, il y a aussi du trouble et toute sorte de mal. Mais la sagesse qui vient d’en haut est premièrement chaste, puis amie de la paix, modérée, docile, susceptible de tout bien, pleine de miséricorde et de fruits de bonnes œuvres; elle ne juge point témérairement ni n’est dissimulée f, »
C’est cette sagesse qui instruisit Salomon, et dont il a dit : « J'ai appris tout ce qui était caché et qui n’avait point encore été découvert, parce que la sagesse même, qui a tout créé, me l’a enseigné, Car il est en elle un esprit d'intelligence qui est saint, unique, varié, subtil, disert, agile, sans tache, clair, doux, ami du bien, pénétrant, que rien ne peut empêcher d'agir, bienfaisant, amateur des hommes, bon, stable, infaillible, calme, qui peut tout, qui voit tout, qui renferme en soi tous les esprits, qui est intelligible, pur et subtil; car la sagesse est plus active que toutes les choses les plus agissantes, et elle atteint partout à cause de sa pureté: Elle est la vapeur de la vertu de Dieu et une certaine émanation de la clarté du Tout-Puissant : c'est pourquoi elle n’est susceptible de la moindre impureté, parce qu'elle est l'éclat de la lumière éternelle, le miroir sans tache de la majesté de Dieu et l’image de sa bonté. Une, elle peut tout, et immuable en elle-même, elle renouvelle toutes choses, elle se répand parmi les nations, dans les âmes saintes, et elle forme les amis de Dieu et les prophètes: car Dieu n’aime que celui qui habite avec la sagesse. Elle atteint d’une extrémité à l’autre avec force, et dispose toutes choses avec douceur ?. »
C'est cette sagesse qui a fait l'histoire, la suite des événements que nous écrivons; car « c’est elle qui conserva celui que Dieu avait formé pour être le père du monde, ayant d’abord été créé seul, C'est elle aussi qui le tira de son péché et qui lui donna la force de gouverner toutes choses. Lorsque l’injuste (Caïn), dans sa colère, se sépara d'elle, il périt malheureusement par la fureur qui le rendit le meurtrier de son frère. Et lorsque le déluge inonda la terre à cause de lui, la sagesse sauva encore le monde, ayant gouverné le juste (Noé) sur les eaux par un bois méprisable. Lorsque les nations conspirèrent ensemble pour s’abandonner au mal, c’est elle qui trouva et
1 Jacob., 3, 13-17, — 2 Sap., 6, 21-28, et 7, 1.
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ivres dans la suite uceur. Mais si vous ne et un esprit de é, car ce n’est point e terrestre, animale la contention, il y a gesse qui vient d’en aix, modérée, dorde et de fruits de ment ni n’est dis-
dont il a dit : « J'ai encore été décou- , me l’a enseigné, int, unique, varié, du bien, pénétrant, amateur des hom- » qui voit tout, qui , pur et subtil; car plus agissantes, et t la vapeur de la arté du Tout-Puisnoindre impureté, > miroir sans tache , elle peut tout, et hoses, elle se réelle forme les amis lui qui habite avec avec force, et dis-
es événements que ui que Dieu avait été créé seul. C'est a la force de gou- 18 sa colère, se séir qui le rendit le da la terre à cause gouverné le juste ie les nations const elie qui trouva et
à 1650 de l’èrs chr.] . DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 537
connut le juste (Abraham), qui le conserva irrépréhensible devant Dieu, et qui lui donna la force de vaincre la tendresse qu’il ressentait pour son fils. C’est elle qui délivra le juste (Loth), lorsqu'il yait du milieu des méchants qui périrent par le feu tombé sur la Pen pole... C'est elle qui a conduit par des voies droites le juste (Jacob) lorsqu’il fuyait la colère de son frère: elle qui lui a fait voir le royaume de Dieu, lui a donné la science des saints, l'a enrichi dans ses travaux et lui en a fait recueillir de grands fruits. C’est elle qui n’a point abandonné le juste (Joseph) lorsqu'il fut vendu; mais elle l’a délivré des mains des pécheurs ; elle est descendue avec lui dans la fosse. C’est elle qui a délivré le peuple juste et la race irrépréhensible de la nation qui l’opprimait. Elle est entrée dans l'âme du serviteur de Dieu (dans l’âme de Moïse), et il s’est élevé avec des signes et des prodiges contre les rois redoutables. Elle a rendu aux justes la récompense de leurs travaux; elle les a conduits par une voie admirable, et leur a tenu lieu de couvert pendant le jour et de la lumière des étoiles pendant l nuit, Elle les a conduits par la mer Rouge et les a fait passer au travers des eaux profondes. Elle a enseveli leurs ennemis dans la mer et les a atirés du fond des abîmes ; et ainsi les justes ont remporté les dépouilles des méchants 1. »
En un mot, c’est cette même sagesse, cette même lumière véritable qui, ayant éclairé et animé les patriarches et les prophètes, s'est faite homme, habitant parmi nous, envoyant ses apôtres par toute la terre, pour amener toutes ses brebis en un même bercail, promettant d'être avec eux tous les jours jusqu’à la consommation des siècles, et de leur envoyer l'esprit de vérité pour demeurer éternellement avec eux : en un mot, c'est la même sagesse, le même esprit de Dieu qui anime l'Église de Dieu, l’Église catholique, depuis Abel, le premier juste, jusqu'aux justes de ces derniers temps, saint Charles Borromée, saint François de Sales, saint Vincent de Paul. Voilà ce que, dans la suite des siècles, nous 1vons vu et admiré.
Mais nous avons vu en même temps la sagesse d’en bas, la sagesse & l'enfer, l'esprit d’apostasie et de révolte, séduire une partie des anges, séduire nos premiers parents dans le paradis terrestre, pousser le premier né de l’homme au fratricide, pousser tous les peuples à l’adorer lui-même dans les idoles, déchirer l’Église de Dieu par
| des schismes et des hérésies, depuis la grande hérésie de Satan, qui
décima le ciel, peupla l'enfer, infecta la terre, jusqu’à l’hérésie du moine apostat, qui divisa l'Allemagne d'avec elle-même et contre elle-même.
1 Sap., c, 10.
HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVII. — De 1605
& Vr.
ÉTAT DE L'ALLEMAGNE. GUERRE DE TRENTE ANS. PAIX DE WESTPHALIE, CONVERSIONS DE PROTESTANTS,
Cette branche notable du genre humain, naturellement si religieuse, unie et vivifiée par la foi catholique, aurait pu facilement. acclimater la civilisation chrétienne parmi les peuples du Nord et de l'Orient, et M contribuer ainsi puissamment à réunir toutes les branches de la famille humaine dans l’unité divine de la même foi, de la même espérance et de la même charité. Au lieu de cette œuvre glorieuse, nous l'avons vue en commencer et poursuivre une toute contraire ; briser sa propre unité nationale et religieuse, pour briser.et morceler de même toute l'humanité. Au lieu d’une Allemagne, nous avons vu deux A!lemagnes hostiles : l'Allemagne catholique, fidèle à elle-même et à la foi de ses pères ; l'Allemagne apostate, reniant son nom et sa foi paternelle de catholique, pour prendre le nom et les opinions d’un moine défroqué et marié. Nous avons vu cette Allemagne monacale se diviser en luthérienne, du nom de ce moine apostat,.et en zwinglienne ou. calviniste, de Zwingle, curé apostat de Suisse, ou de Calvin, curé apostat et fugitif de France. Nous avons vu ces deux Allemagnes protestantes, vers la fin du seizième siècle, protester, l’une contre l’autre avec plus de violence que contre l'Allemagne catholique, s’anathématiser, se poursuivre, se torturer réciproquement, avec plus de barbarie que n’en montrèrent plus tard les bourreaux de là révolution française.
Cette division de l'Allemagne protestante ne cessa point. au commencement du dix-septième siècle. Au contraire, les calvinistes de Hollande se divisèrent encore entre eux, et cela jusqu’à s'anathématiser et se tuer les uns les autres. Nous avons vu que Calvin détruisait Je libre arbitre de l'homme, faisait Dieu auteur du péché, et soutenait que la foi justifiante ne se perdait point au milieu des plus grands crimes. Avec le temps, quelques calvinistes eurent horreur de ces excès, et revinrent à des opinions plus modérées, qui se rapprochaient de la doctrine catholique. Leur principal docteur fut Jacques Arminius, ministre d'Amsterdam, puis professeur à l'académie de Leyde : de là, ces calvinistes modérés furent appelés Arminiens et WE
[Lv. LXXXVIL, — De 1605
PAIX DE WESTPHALIE, Se
ellement si religieuse, facilement. acclimater Nord et de l'Orient, et es branches de la fafoi, de la même espéeuvre glorieuse, nous oute contraire ; briser briser ,et morceler de lagne, nous 4vons vi ue, fidèle à elle-même reniant son nom et sa m et les opinions d’un Allemagne monacale apostat, et en zwinde Suisse, ou de Calns vu ces deux Alleiècle, protester. l’une l'Allemagne catholiréciproquement, avec d les bourreaux de li
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seur à l’académie de Be appelés Arminiens et WE
à 1650 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 539
aussi Remontrants, d’une remontrance où ils demandaient la liberté pour leurs opinions et pour celles de tout le monde. Dans leur nombre, on distinguait Barneveldt, grand pensionnaire ou premier magistrat civil de la Hollande ; Hogerbets, magistrat de Leyde, et le savant Grotius, syndic de Rotterdam. Les calvinistes rigides formèrent contre eux un parti nombreux et formidable : leur principal docteur était François Gomar, professeur de théologie à Leyde : de À le nom de Gomaristes et aussi de Contre-Remontrants. Ils soutenaient les
| impiétés et les blasphèmes de Calvin dans tonte leur crudité. Une
lutte s’ensuivit entre les deux partis, qui faillit dégénérer en guerre civile. Les Gomaristes avaient pour eux Maurice de Nassau, stathouder ou capitaine général de la Hollande, qui trouvait leur doctrine plus propre à seconder son ambition militaire. Tout d’un coup, l’an 1617, il fait arrêter et mettre en jugement Barneveldt, Hogerbets et Grotius : le premier ent la tête tranchée, le 43 mai, à l'âge de soixantedouze ans, après avoir été le principal fondateur de la nouvelle république ; les deux autres furent condamnés à une prison perpétuelle,
Après ces arguments à coups de hache et par la main du bourreau, les Gomaristes s’assemblèrent en synode à Dordrecht, le 44 novembre 1618, y condamnèrent les Arminiens, et confirmèrent tous ls blasphèmes de Calvin, entre autres que Dieu réprouve les pécheurs par un décret absolu et immuable, indépendamment de leur impénitence prévue ; que Dieu ne veut pas sincèrement le salut de tous les hommes ; que Jésus-Christ est mort pour les seuls prédes- ‘nés; qu’à eux seuls il donne la foi justifiante ; qu’elle est inamissible pour eux malgré tous les crimes, et qu’on ne peut résister à la grâce. Enfin, les Gomaristes exilèrent les prédicants des Arminiens, destiluèrent leurs savants, et dispersèrent leur assemblée par la violence ét avec effusion de sang,
Au synode de Dordrecht avaient assisté les députés calvinistes de plusieurs pays, notaminent du Palatinat, de la Hesse, des Suisses et de Genève. Les décisions du synode hollandais exaspérèrent les théologiens luthériens d'Allemagne: ils traitaient de blasphème la doctrine de Calvin, et de tyran le Dieu des calvinistes, qui condamne les hommes pour le mal qu’il opère lui-même en eux, et qu'ils n’ont pu éviter. Mais, comme l’observe fort judicieusement le protestant Menzel,
| les docteurs luthériens avaient tort de traiter les calvinistes avec tant
de rigueur, puisque Luther commença par les mêmes blasphèmes, et qu'il ne les révoqua jamais?. La réflexion est bonne : les luthériens ne la firent ni avant ni après. Ainsi, l’astronome Kepler, étant
! Menzel, t. 6, p. 123 et seqq. - Bossuet, Variat., 1, 14. — ? Menzel, p. 125.
540 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv. LXXXVIL. — De 1605 if
professeur à Linz, fut exclu de la communion par le pasteur luthé. rien, parce qu’il refusait d’anathématiser les calvinistes. Ayant ré. clamé auprès du consistoire luthérien de Stuttgard, il reçut pour décision qu’il devait s'en rapporter à l'autorité de l'Église!. Ils ne voyaient pas, ces bons docteurs, que c'était condamner tout le luthé. ranisme, dont le principe est de s’en rapporter à soi-même, et non pas à l'Église de Dieu, toujours subsistante. Il était dangereux pour un prédicant luthérien de parler de vertu et de bonnes œuvres, et d’ex- À horter ses auditeurs à faire le bien, comme s'ils y pouvaient quelque chose : c'était se rendre suspect, et s’exposer à des persécutions? L'électeur luthérien de Brandebourg, Jean Sigismond, s'étant dé. claré calviniste ou réformé, l'an 1613, excita le mécontentement des prédicants et autres luthériens, tant du Brandebourg, dont la capitale est Berlin, que de la Prusse, dont la capitale est Kœnigsberg : on précha contre lui et contre sa profession de foi dans les chaires ; il y
cret tion çois En qu'a obse la fo rer initié parti pour que
n'av:
tem siasti
eut même un soulèvement à Berlin au mois d'avril 1615; on luire- pa prochait, comme une apostasie, d’avoir quitté le luthéranisme pour le calvinisme : tout cela, bien à tort; car, comme il en fit l’observa. I Sa tion, si son grand-père Joachim II et son frère Jean, malgré le ser- 1 ment qu'ils avaient fait à leur père Joachim Ier, de demeurer fidèles À Lu à la foi catholique, ont pu se faire luthériens, pourquoi lui-même, malgré son serment de demeurer luthérien, ne pouvait-il pas se faire L "s Calviniste? D'ailleurs le principe fondamental du protestantisme n’est. tu il point que chacun n’a d'autre règle de foi que son propre jugement? M "Y®" Enfin, autre inconséquence, les protestants reconnaissaient à chaque ne souverain le droit de réformer la croyance de ses sujets sur la sienne: SE plus d'un souverain protestant avait ainsi contraint ses sujets catho- ë AA liques à s’expatrier, ou à renier la foi de leurs pères. Ce que l’on ap- “ prouvait dans les autres, pourquoi le refuserait-on au souverain du tie Brandebourg ? Cependant il voulait bien ne pas user de son droit, ie mais se contenter de pratiquer son culte dans l'intérieur du palais. Il de in y eut bien de la peine, sa propre femme s'étant mise contre lui : i ! k indiqua un colloque à Berlin pour ouir les remontrances, mais sans hi ë succès ; il punit ou réprimanda quelques prédicants, et mourut prématurément en 1619, âgé de quarante-huit ans, après avoir remis le a | gouvernement à son fils Georges-Guillaume, qui, quoique calviniste ps lui-même, prit un catholique pour principal ministre, le comte Adam he ? de Schwartzenberg, que les luthériens voyaient plus volontiers à la des . tête du gouvernement qu’un calviniste ou réformé 3. M Nous avons vu dans l'Église catholique comment, d’après les dé- el Ÿ Menzel, t. 6, p. 10-13, — ? Ibid., p. 18. — 8 Ibid., €. 5, 6, 7, 8 ‘Me
(Liv. LXXXVIL. — De 160
| par le pasteur luthé.
calvinistes. Ayant ré.
uttgard, il reçut pour ité de l'Église. Ils ne ndamner tout le luthé.
er à soi-même, et non ait dangereux pour un )nnes œuvres, et d’'ex- À S y pouvaient quelque à des persécutions?
Sigismond, s'étant dé.
e mécontentement des ebourg, dont la capile est Kænigsberg : on dans les chaires; il y avril 4615; on luire.
Je luthéranisme pour me il en fit l’observa- > Jean, malgré le ser- , de demeurer fidèles À pourquoi lui-même, pouvait-il pas se faire | protestantisme n'est.
on propre jugement?
onnaissaient à chaque s sujets sur la sienne:
aint ses sujets cathoères. Ce que l’on apt-on au souverain du as user de son droit, intérieur du palais. Il 1t mise contre lui : il ontrances, mais sans cants, et mourut pré- , après avoir remis le 1i, quoique calviniste istre, le comte Adam : plus volontiers à la mé 5, 1ent, d’après les dé-
à 1659 de l'ère chr.] DE L'ÉGLISE CATHOLIQUE. 541
crets du concile de Trente, s’établirent les séminaires pour l'éducation du clergé, sous la direction des saints Charles Borromée, Fran çis de Sales, Vincent de Paul : quelle activité déployaient Jes
souverains Pontifes pour envoyer des missionnaires apostoliques jus-
qu'aux extrémités de la terre, Les mouvements du protestantisme, observe le protestant Menzel, n'avaient point pour but de propager l foi ni les mœurs, mais de s’assujettir à soi-même les dogm?s, d'en tirer des formules magiques, dans un latin particulier, entendu des hitiés seuls, afin de dominer sur son propre parti, et triompher du parti contraire. Les écoles et les académies étaient moins calculées pour former des pasteurs et des consolateurs chrétiens du peuple que pour maintenir et satisfaire une corporation théologique qui r'avait d'autre fin qu’elle-même, ou certains intérêts politiques du temps. Les colléges où l’on occupait six ou sept ans les futurs ecclésastiques à développer la doctrine traditionnelle de l'Église luthérienne, à résoudre les questions Captieuses, à réfuter tous les Syslèmes et propositions contraires, ces colléges étaient les résidences d'une férocité et les asiles d’un libertinage dont s’éloignait avec eftroi l sensibilité morale, non moins que le sentiment vulgaire des convenances. Et dans les écoles et dans les universités allemandes, les anciens étudiants obligeaient les nouveaux à porter des habits dégueallés ; ils leur remplissaient la bouche avec de la bouillie faite de boue et de morceaux de pots cassés, les contraignaient à leur netloyer leurs souliers et leurs bottes, et, pour salaire, à imiter l'aboiement des chiens, le miaulement des chats, et à lécher leurs crachats sous la table. Les princes eurent beau proscrire ces mœurs de sau- "ages, tant par des ordonnances générales de la diète que par des lits particuliers, elles n’en continuèrent pas moins. Plus d’un nourrison des muses dut subir l'initiation suivante : Le nettoyeur d’écriloires, ayant un chaudron pour plat à barbe, une brique pour savon,
k rasait ou plutôt l'écorchait avec une vieille épée rouillée, en guise de rasoir : ou bien on le polissait sur une meule, et on lui enfonçait
in grand entonnoir dans les oreilles. Les futurs pasteurs des âmes,
ks futurs prédicatenrs de l'Évangile couraient les rues avec de lon-
gues armes meurtrières, le bas du corps indécemment débraillé,
pévaient leur gîte habituel dans les tavernes, se chamaillaient dans des
duels, et les quatre nations de Leipsick se livraient des combats en drme. C’est ainsi que le protestant Menzel nous dépeint les mœurs
D dés séminaristes protestants, d’après les historiens et les ordonnances
authentiques de l'époque,
! Menzel, t. 6, p. 6-10; t. 8, P. 455.
542 HISTOIRE UNIVERSELLE [Liv LXXXVII. — De 1605
Un mandement du recteur et des professeurs d'Iéna, 2 juillet 1664, contient encore quelque chose de pire. Parmi ce que les jeunes étudiants avaient à souffrir des vieux, on y voit qu'ils étaient outragés, maltraités de coups, dépouillés de leur argent, de leurs livres et de leurs habits, contraints à toute sorte de repas, particulièrement à des repas © 2bsolution, à toute sorte de services abjects, souvent honteux, comrne de vrais esclaves. Ceux qui avaient ainsi recu l’absolution traitaient d'une manière semblable les nouveaux venus, non-seulement en secret et hors des villes, mais publiquement, dans les rues el les places, même dans les temples, pendant la prédication et le ser. vice divin, les bafouant. les tiraillant, leur donnant des chiquenaudes et des soufflets. it pour que nul ne pût échapper à ces outrages, ils avaient assigné un certain endroit du temple où tous les nouveaux arrivants devaient se laisser installer, avec de belles cérémonies de ce genre. De là, pendant tout le service divin, des courses, des bavardages, des murmures, des risées, des cris, des disputes qui faisaient pitié. D’honnêtes gens exhortaient-ils ces libertins à respecter la maison de Dieu, ils n’en recevaient que des insultes.
Telles étaient, au dix-septième siècle, les mœurs des futurs pasteurs de la Saxe luthérienne, d’après le témoignage authentique que leur rendent le recteur et les professeurs de l’université luthérienne d'Iéna ; sur quoi il est facile de s’imaginer quelles étaient et devaient être les mœurs du peuple.
Un ministre luthérien de l'époque, Jean-Valentin André, déplore la démoralisation de ses confrères. On ne regardait la théologie, ainsi qne la logique et la rhétorique, que comme une science propre à se faire un nom. On aimait beaucoup mieux rabaisser le mérite des bonnes œuvres que de faire des bonnes œuvres. Quiconque s’efforçait de mener une bonne vie était flétri du num d’enthousiaste, schwenkfeldien, d'anabaptiste : dès lors le peuple le regardait comme un athée, un hérétique, un hypocrite, un suppôt du diable?, Un cordonnier de Goerlitz, en Saxe, Jacob Boehm, entreprit de remédier à tant de mal par des écrits. Il avait du zèle, de la piété, et un certain talent pour écrire : s’il eût été catholique et sous la direction d’un Vincent de Paul, il aurait pu faire grand bien ; mais protestant, n’ayant d’autre règle que soi-même, il mêla de prétendues révélations et les réveries de l’alchimie à des choses d’ailleurs bonnes : ce qui augmenta la confusion. Des pasteurs luthériens prêchèrent contre lui, et il mourut en 16243.
Un autre homme du même caractère se posa plus tard comme ré-
1 Menzel, t. 8, p. 455 et 456, not. -— ? Ibid. t. 6, p. G-10, — 3 Jbid., p. %.
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été « à St Jaco que plus ques luth piété pour celle la co
Le médi heure remp dans loris:
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1 Bio
Liv, LXXXVIE, — De 1605
l'Iéna, 2 juillet 1661, e que les jeunes étu.
"ils étaient outragés, de leurs livres et de articulièrement à des ts, souvent honteux, isi reçu l’absolution x venus, non-seuleent, dans les rues et srédication et le ser.
nt des chiquenaudes er à ces outrages, ils ù tous les nouveaux elles cérémonies de des courses, des ba.
des disputes qui failibertins à respecter nsultes 1.
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