ET LUS NESTORIENS
au milieu de continuelles traverses, il fut soutenu par son amour de l'étude, et le projet qu'il avait dès longtemps formé de fonder une académie littéraire pour la nation arménienne. La guerre des Turcs et des Vénitiens l'ayant obligé de quitter le couvent qu'il était parvenu à établir à granci'peine dans la presqu'île de Morée, il en fonda un nouveau dans la petite île de Saint-Lazare près de Venise [1717-70]. Ses moines vivant sous la règle de saint Benoît, encouragés par l'exemple de leur supérieur, se mirent à traduire dans les langues occidentales la littérature arménienne, et réciproquement à traduire en arménien les ouvrages de l'Occident, fis ont continué ces utiles travaux après la mort de leur fondateur [1749], et se sont depuis établis à Vienne [1811] et à Paris.
Les Maronites du Liban (Monothélites?) qui, dès le X1P siècle, se rapprochèrent de l'Église romaine, s'y rattachèrent complètement dans la seconde moitié du XVIe siècle, lorsqu'on leur eut accordé un patriarche, l'usage de leur langue pour l'office divin, le mariage des prêtres, le calice et quelques autres usages. Le collège des Maronites, à Rome [dep. 1584], a toujours cultivé avec zèle, et dans un humble silence, la langue syriaque et les sciences de l'Occident. En 1736, un concile national des Maronites adopta, en présence d'un légat du pape, comme preuve de leur union avec l'Église latine, les décrets du concile de Trente.
Les Nestoriens ou Ghaldéens, nommés chrétiens de saint Thomas dans les Indes-Orientales, sont soumis à deux patriarches, dont l'un réside dans un couvent près de Mossoul, en Mésopotamie, l'autre à Ormia, en Perse. Ils avaient autrefois des églises en Tartarie, dans les Indes et jusqu'en Chine. Les papes Pie IV et Paul V essayèrent de les unir au centre commun de la catholicité ; il en résulta une division parmi les Nestoriens, dont la partie soumise au patriarche d'Ormia rentra seule dans le giron de l'Église latine