‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 107 sur 332 · LES MONOPHYSITES ET LES NESTORIENS · texte numérisé non relu

LES MONOPHYSITES ET LES NESTORIENS

le Jésuite Antoine Possevin (1); on établit une conférence, à laquelle le czar lui-même prit part. Mais la paix avait été conclue d'une manière désavantageuse pour la Russie : la tentative d'union n'eut pas d'effet. Les provinces lithuaniennes, échues aux Polonais, furent plus heureuses.

La métropole de Kiew, toujours maltraitée par les patriarches de Moscou, ne devait pas être très-désireuse de rester sous leur dépendance. Rakosa, métropolitain de Kiew, ayant été outragé par les patriarches Jérémie et Job, invita les évoques de sa métropole à s'unir à Rome, dans un synode tenu à Breczc, où en effet l'union fut projetée [2 décembre 1593]. A la suite d'un second concile, on envoya une députation à Rome, et l'union fut conclue d'après les bases du concile de Florence (2), et avec tous les ménagements possibles pour les usages de l'Église réconciliée. Clément VII annonça cet heurenx événement, auquel applaudit toute la catholicité, dans sa bulle Magnus Dominus et laudabilis (3) ; il confirma au métropolitain d'alors la possession de ses droits de juridiction [23 février 1596], à savoir : l'élection et la confirmation des évoques de ses diocèses, à condition que le métropolitain lui-même demanderait sa confirmation, par le nonce de Pologne, à Rome. Cette union se consolida sous le métropolitain Jos. Velamin Rudski [1613-35], et Paul V accorda au métropolitain le privilège d'envoyer quatre jeunes gens au collège grec de Rome [1615],

§ 360. — Les Monophysites et les Nestoriens.

Renaudot, Historia Alexandrinor. patriarchar. Jacobitar. Paris., 1712, in-4. J. /. Assemanni Diss. de Syris Nestorian. Cf. Raynald. ad. ann. 1553, n° 43 sq.; ann. 15G2, n° 28 sq. Voyez le journal Morgenland, 5e année, 1S 42.

Les sectes qui, à la suite des controverses nestorienne et monophysite, s'étaient séparées de l'Eglise d'Orient, Iraî-

(1) Ant. Possevmi Moscovia. Viln., 1586; Antv., 1587.

(2) Voyez t. II, § 272.

(3) Cf. l'ouvrage important du jésuite polonais Piolr Skarga, o jednosci Kosciola Bozego pod jednyrn Pastcrzem : i o Greckicm i Ruskiem od tej jednosci odstapieniu (dédié à Sigismond III). Warz., 1590 , et aussi Theiner, 1. cit., P. I, p. 95 sq., et dans les pièces justif., n- 4-8, p. 12-36. .

286 § — 3G0. LES M0X0PHYSITE3

riaient une misérable existence. Les communautés des Monophysites, communément appelés Jacobites, se répandirent en très-grand nombre en Syrie, en Mésopotamie et dans la Babylonie. Elles furent et sont encore soumises à un patriarche particulier, auquel sont subordonnés un primat et plusieurs archevêques et évêques. Il y a, en outre, encore des Jacobites en Egypte ; on les y nomme Coptes, et ils sont dépendants du patriarche de Constantinople ; enfin, il y en a en Abyssinie (1) et en Arménie. L'Église catholique fit aussi, à diverses reprises, des efforts pour ramener ces enfants égarés ; mais elle ne réussit qu'auprès des Abyssiniens, lorsque l'appui qu'ils obtinrent des Portugais contre les Mahométans [1525] eut produit un premier rapprochement. Le zèle du Père Bermudez et des Jésuites parvint à faire renoncer à la dépendance du patriarche copte d'Alexandrie l'empereur Seltam Seghed [dep. 1607], qui embrassa solennellement, avec son beaufrère et les grands de sa cour, le catholicisme [1626], Il reconnut le Jésuite Alphonse Mendez comme patriarche, et l'évoque de Rome comme chef de toute l'Eglise. Mais les moines et les ermites soulevèrent le peuple contre le rite romain ; le patriarche et les missionnaires furent obligés de quitter le pays, sous le successeur de l'empereur, Seghed Basilides |dep. 1632], et tout rapport avec l'Église romaine fut sévèrement interdit [1634],

L'Église catholique fut aussi heureuse avec les Arméniens, parmi lesquels s'étaient toujours conservées une foi plus vive et une ardeur plus grande pour la science que parmi les autres sectes de l'Orient. Aux Arméniens-unis appartiennent les Méchitaristes, ainsi appelés du nom de leur abbé Mechitar (c'est-à-dire consolateur). Celui-ci., né en Asie Mineure [1676], élevé par un prêtre arménien, montra de bonne heure un grand goût pour la science et une prédilection marquée pour la vie silencieuse du cloître (2). Son désir de s'instruire le poussa en Europe, où,

(i) La Croze, Hist. du christ. d'Abyssinie. La Haye, 1739. Dantzig, 1740; Schnurrer, de Ecoles. Maronitica. Tub., 1810 sq., P. II, in-4. Cf. Ami de la religion, nouv. série, 1S41, p. 750.

(2 1 Voyez la description d'une visite faite à l'établissement de Saint- Lazare des Méchitaristes, et la vie de Mechitar, dans la Gaz. histor. et tbéol. d'Illgen; 1S41, p. 143-1CS.

Page 1