INCRÉDULITÉ. SUPERSTITION
de nombreux interprètes, parmi lesquels nous citerons le Jésuite Pohl, Stœger, à Vienne, Dannenmayer, d'abord à Fribourg et ensuite à Vienne ; et Gaspard Royko, à Prague. Le Bénédictin Lumper (voyez 1. 1, §) 32 publia d'excellentes recherches sur la vie et la doctrine des Pères de l'Église et des écrivains ecclésiastiques des trois premiers siècles. Si tous ces travaux ne contribuaient guère encore au progrès de la théologie spéculative proprement dite, c'est qu'en général on ne songeait qu'au côté utile et pratique des choses, et qu'on cherchait surtout à étayer les réformes nouvelles par des faits anciens. Cette direction priva l'histoire ecclésiastique de son imposante dignité, la rendit partiale, exclusive, la fit dégénérer en une polémique amère contre le pape et les institutions de l'Église. L'esprit vraiment religieux disparut de plus en plus, et la tendance négative du protestantisme, prévalant chaque jour davantage, s'empara même des théologiens catholiques, qui ne s'abstinrent trop souvent d'attaquer directement et ouvertement le dogme que pour ne pas compromettre leur position officielle. Blau, professeur de théologie à Mayence, alla jusqu'à contester l'infaillibilité des représentants de l'Église réunis en concile (1). Laurent Isenbiehl (2), envoyé par son évêque à Gœttingue pour y perfectionner ses études des langues orientales, en rapporta, des leçons du professeur Michaelis, des doutes sur la prophétie de l'Emmanuel (Isaïe, 7-14). Il prétendait ne rien trouver dans ce passage qui eût rapport au Messie, et fut d'abord emprisonné pour cette proposition [1774], que les facultés de théologie censurèrent, tandis que Pie VI condamna son Nouvel Essai sur la prophétie de l'Emmanuel, qui avait paru sans nom d'imprimeur et sans autorisation légale, comme renfermant des doctrines et des propositions erronées, téméraires, dangereuses, favorables à l'hérésie, et même hérétiques. Isenbiehl alors se rétracta, et reçut de son archevêque un bénéfice à Amœnebourg. Steinbiihler se moqua des cérémonies de l'Église, et ses
(1) Cf. Huth, t. II, p. 358-369. Walch, Nouv. hist. religieuse, P. VIII, p. 9-88.
(2) Hist.é critique de l'infaillibilité de l'Église comme base d'une plus large 'démonstration du catholicisme. Francf., 1791.