‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 186 sur 332 · RESTAURATION · texte numérisé non relu

RESTAURATION

Bonaparte supprima tous les couvents réguliers et ceux des ordres mendiants, ainsi que les confréries du tiers ordre (Tertiaires), confisqua leurs biens et n'accorda aux religieux supprimés que des secours insuffisants. Les évoques et les chapitres furent invités à protester, par des adresses publiques, de leur attachement aux principes de l'Églisegallicane. Un petit nombre seulement se laissèrent séduire : c'était surtout des évêques français nommés par Napoléon à des diocèses espagnols ou italiens. Les prisons de l'Italie se remplirent alors de cardinaux, d'évêques et de prélats, uniquement coupables d'être restés fidèles aux principes de l'Église catholique, et soumis, dans leur captivité, à des traitements aussi cruels (1) que ceux dont, plus tard, leur persécuteur fut à son tour victime, quand, déchu du plus beau trône du monde, le puissant monarque qui avait tenu dans ses mains les destinées de l'Europe alla expier, sur un rocher au milieu de l'Océan, sa gloire et ses fautes. Là une lumière plus pure éclaira ce haut génie, si longtemps ébloui par la fortune, et réveilla dans l'âme de Napoléon la foi et l'attachement à la religion, qu'il avait eu le malheur de persécuter durant les dernières années de son règne (2).

§ 394. — Restauration.

Les terreurs de la révolution et les douleurs enfantées par les longues et sanglantes guerres qui la suivirent, avaient fait renaître dans tous les cœurs le besoin de la religion ; la foi reprit ses droits, la religion son empire, et la fausse philosophie céda pour un temps le terrain au Christianisme victorieux, à l'Église triomphante. Les princes comprirent que la religion est le plus ferme appui du trône, que l'un s'écroule avec l'autre, et ils rendirent leur faveur à l'Église, qu'ils avaient méconnue, abandonnée ou

(1) Pacca, Mém. sur Pie VII, t. II, p. 68 et suiv.

(2) Cf. Sentiment de Napoléon sur la divinité de Jésus-Christ; pensées inédites, recueillies à Sainte-Hélène par M. le comte de Monlholon et publiées par M. le chevalier de Beaulerne, 2e édit. Paris, '043

Page 1