MALHEURS DE L'ÉGLISE EN ALLEM., EN ITALIE, ETC
XVIIIe siècle, allait s'éteignant et dépérissait de plus en plus. Cependant, au milieu de cette décadence générale, il y avait d'éclatantes exceptions : François de Fürstenberg (1) administrait avec une pieuse sagesse son diocèse de Münster : autour de lui Overberg, Gaspard Maximilien et Clément Auguste de Droste soutenaient et vivifiaient la foi catholique, et y attiraient par leurs exemples et leur parole de nobles esprits, comme la princesse de Gallitzin, le comte de Stolberg, Hemsterhuys. L'école théologique de Mayence exerçait aussi une influence bienfaisante, et conservait du moins un des foyers de la saine doctrine.
L'Italie et TEspagne, soumises à la domination de la France, virent prendre chez elles les tristes mesures qui avaient ébranlé l'Eglise de cette contrée, savoir : la suppression des couvents, des congrégations, et la confiscation des biens de l'Église ; les empiétements journaliers sur la juridiction et l'administration ecclésiastiques ; la réduction du nombre des évêchés, consentie, à force d'obsessions, par le pape. Ainsi, en Piémont, le cardinal Caprara réduisit [bulle du 1er juillet 1803] le nombre des évêchés de dix-sept à huit. Dans les États pontificaux, on supprima dix-sept évêchés. Le concordat conclu avec la république italienne [16 septembre 1803] fut plus avantageux à l'Église que celui de la France (2) : les évêques continuèrent à jouir de la liberté de communiquer à leur gré avec le Saint- Siège. Mais ces avantages furent singulièrement diminués [février 1804] par un décret du président Melzi, qui donnait une fort grande extension aux articles favorables au gouvernement, et restreignait de beaucoup ceux qui touchaient à l'autorité légale de l'Église. L'Espagne, maltraitée comme l'Italie (3), vit réduire à un tiers le nombre de ses couvents, et, bientôt après, le clergé ayant pris part à l'insurrection des Espagnols contre les Français, Joseph
(1) Esser, Franc, de Furstenberg, sa vie, ses œuvres. Munst., 1842. Katerkamp, Méra. de la vie de la princ. de Gallitzin. Munst., 1828. Nieolovius, Fred. Leop., comte de Stolberg, Mayence, 1846. Menzel, t. XII, P. I.
(2) Nouvelle hist. de l'Eglise chrétienne, liv. II, p. 261 et suiv. ; liv. III, p. 574 et suiv.
(3) Nouv, hist., etc., liv. III, p. 462 et suiv., 570 et suiv»