‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 191 sur 332 · SOUS T,ES BOURBONS · texte numérisé non relu

SOUS T,ES BOURBONS

tions relatives à un nouveau concordat. Deux difficultés entravaient la conclusion de l'affaire : le serment que les membres du clergé devaient prêter en vertu de la Charte, et le refus de plusieurs anciens évêques de renoncer à leurs évêchés. La première difficulté fut levée par le comte de Blacas, qui déclara que le serment n'avait rapport qu'à l'obéissance dans l'ordre civil, et n'engageait le clergé à aucune obligation contraire aux lois de Dieu et de l'Église. La seconde disparut devant la noble déclaration des évêques [Paris, 8 novembre 1816], qui consentirent à faire tout ce qui semblerait utile ou nécessaire au Saint-Père et au roi, pour le bien de l'Église de France (1). Le nouveau concordat [1 1 juillet 1817] rétablit'celui qui avait été conclu jadis entre Léon X et François Ier, et abroge celui de 1801. Les articles organiques sont rapportés en tout ce qui est contraire aux doctrines et aux lois de l'Église. Une partie des églises supprimées par la bulle du 29 novembre 1801 est rétablie, en même temps que les églises archiépiscopales et épiscopales instituées par cette bulle restent intactes avec leurs titres actuels. Une nouvelle circonscription, plus avantageuse, sera donnée aux diocèses anciens et nouveaux, avec le consentement des évêques, ou, en cas de vacance, avec celui des chapitres. Les églises seront dotées convenablement en biens-fonds, ou en rentes sur l'État, et un soin particulier sera apporté à l'organisation des séminaires. Le pape, empressé de mettre à exécution ce concordat si favorable à l'Église, allait publier la bulle relative à la nouvelle circonscription des évêchés, lorsque le concordat fut rejeté par les chambres, qui trouvèrent le nombre des évêchés trop considérable et plusieurs dispositions contraires aux libertés de l'Église gallicane. Plus tard toutefois [1822] il y eut entre le pape et le roi, avec l'approbation des chambres, un arrangement provisoire qui portait le nombre des évêchés à quatre-vingts. On organisa de même les chapitres des cathédrales, les grands et les petits séminaires, les facultés de théologie. On manquait toujours de prêtres, et

(l) Voyez cet écrit, dans la Nouvelle hist. de l'Église chrét., 1. IV, p. 714 et suiv., et le concordat de 1817. Cf. la pièce originale en latin dans Robiano, t. III, p. 403-20.

56 § 397. — l'église catholique en France

quoiqu'en 1823 le nombre des prêtres ordonnés dépassât de 200 celui des prêtres morts dans l'année, il aurait fallu encore 13,000 ecclésiastiques pour occuper toutes les places et pourvoir à toutes les fonctions vacantes. Le roi porta également son attention sur les revenus ecclésiastiques, et les chambres accordèrent un supplément de 3, 900, OOOfrancs, qui rendit la position du clergé plus supportable. M. de Chateaubriand , dans un discours chaleureux , et après une lutte vive, obtint pour le clergé le droit d'accepter des dons en biens-fonds, et ces dons en immeubles s'élevèrent, au bout de quelque temps, à la somme de 2 millions de francs. Le clergé, du reste, se montrait plein de zèle et de dévouement. Il recueillit et réunit dans un établissement spécial les petits Savoyards, jusque alors abandonnés à tous les vices et grandissant sans la moindre instruction religieuse. L'abbé Loewenbroek, Lorrain d'origine, se voua à l'instruction des ouvriers allemands, qui se trouvaient parfois jusqu'à vingt-cinq mille à Paris, et qui, jusque alors, avaient été privés de tous secours spirituels. L'abbé Arnoux fonda un établissement de pénitence et de correction pour les criminels. Les prêtres de la Mission, rendus à leur destination par une ordonnance du mois d'octobre 1816, se hâtèrent, ainsi que les prêtres de la Société du Saint-Esprit, de prêter leur assistance spirituelle, sous le contrôle des évêques, aux communes privées de leurs pasteurs. Les Trappistes revinrent en France, prendre possession de l'antique abbaye de la Meilleraye, et ranimer, par leur fidélité à une règle sévère, l'austérité des mœurs parmi leurs compatriotes. Les Frères des écoles chrétiennes et les Ursulines se chargèrent avec joie de l'instruction et de l'éducation de l'enfance. Les laïques pieux se réunirent à leur tour pour former de saintes associations, ayant pour but l'instruction de la jeunesse, la propagation des bons livres, la prospérité des missions, la visite des malades, etc., car le besoin religieux se prononçait de plus en plus. La plus importante de ces associations fut la Société de la Propagation de la Foi, créée à Lyon en 1822. On n'osait plus afficher, dans la société, l'incrédulité des temps passés. La littérature, de païenne et d'impie qu'elle était au XVIIIe siècle, était redevenue spiritualiste et chrétienne, dans les

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