L'ÉGLISE CATHOLIQUE EN FRANCE
côté, les opinions gallicanes ayant été vivement attaquées par un illustre écrivain, comme schismatiques et entachées d'hérésie, des cardinaux, des archevêques et des évèques français remirent au roi [3 avril 1826] une plainte, à laquelle soixante autres prélats donnèrent plus tard leur adhésion. Le ministre des cultes, M. Frayssinous, évêque d'Hermopolis [25-27 mai], repoussa, à la chambre des députés, les reproches d'ambition et d'ultramontanisme qu'on adressait à une partie du clergé, et fit clairement connaître les vues du souverain.
Quelque louables que pussent être ces tendances et les efforts de Charles X pour relever la religion dans ses États, il n'était pas l'homme qu'il fallait pour opérer la régénération de son peuple. Il se vit attaqué, en même temps que les Jésuites et les missionnaires, par l'esprit irréligieux du parti du mouvement, et l'esprit révolutionnaire de ceux que de sanglantes et continuelles guerres, l'absence de l'enseignement religieux, et la lecture des livres impies avaient profondément corrompus. Des symptômes alarmants éclatèrent dans plusieurs villes du royaume (1). Le parti qui, après avoir été, pendant la révolution, la terreur de la France et de l'Europe, avait expié, sous l'empire, dans l'une des huit bastilles impériales, la moindre tentative révolutionnaire, releva la tête sous le faible gouvernement des Bourbons, arbora la bannière de la liberté, tourna en dérision la religion et ses ministres, attaqua la morale par des sophismes mille fois répétés et mille fois réfutés, excita de toutes les manières les mécontents et les gens avides de nouveauté, toujours nombreux, s'empara de toutes les voix de la presse, faussa les faits, répandit des nouvelles controuvées, proclama les doctrines politiques les plus étranges, couvrit de ridicule et de mépris un gouvernement bien intentionné, mais faible, zélé pour le bien, mais incapable de le réaliser avec prudence et énergie, désireux de se maintenir, et, de concessions en concessions, perdant chaque jour du terrain. L'opposition, s'armant des privilèges de l'Université, fondée par l'empereur dans des vues fort peu libérales, réclama et obtint la fermeture des collé-
(1) Boost, Nouv. hist. d« France; 1" édit,., p. 330 et suiv.