SOUS LES BOURBONS
ges des Jésuites (ordonn. royale du 16 juillet 1828). Pins hardie à mesure qu'on cédait davantage à ses exigences, elle étendit son influence de Paris sur tous les départements, dirigea les électeurs, se rendit maîtresse des élections par ses affiliations, et vit grossir de plus en plus ses rangs dans les chambres. La lutte éclata sous le ministère de M. de Martignac, qui sut ménager encore et conserver en partie la confiance publique. De nouvelles exigences excitèrent une résistance inaccoutumée, et Charles X, las de céder, déclara qu'il ne ferait plus aucune concession, et n'agirait désormais que dans l'intérêt du trône et de la religion. Affermi, encouragé dans ses idées par ceux qui entouraient sa personne, il renvoya le ministère Martignac, qui seul pouvait concilier les partis et maintenir la royauté chancelante. Des mesures nouvelles, prises dans le sens de la résistance, irritèrent tous les partis et les unirent contre le gouvernement royal. Les combinaisons ministérielles se succédèrent rapidement les unes aux autres, et vinrent aboutir à celle que le prince de Talleyrand nomma ironiquement le ministère impossible, présidé par le prince de Polignac. Ce ministère chercha à la fois à se concilier et à intimider l'opinion publique (expédition d'Alger, etc.); mais la presse, que rien n'arrêtait plus, continuait ses attaques, de jour en jour plus violentes et pluspersonnelles. L'adresse des 221 [2 mars 1830] fit ajourner les chambres. Une ordonnance du 16 mai prononça la dissolution de la chambre des députés; les 221 furent réélus, et alors parurent les fameuses ordonnances du 26 juillet. La lutte passa de la presse dans les rues [27 juillet], des paroles aux faits ; le 29 juillet, Charles X perdit sa couronne, et la branche aînée fut remplacée par une dynastie nouvelle, dans la personne du duc d'Orléans, qui prit le nom de Louis-Philippe Ier.
Les protestants se hâtèrent de proclamer qu'une ère nouvelle commençait pour le protestantisme en France. Les faits, heureusement, ne confiriuèrcut pas leurs espérances prématurées.