MOUVEMENTS THÉOLOGIQUES
cette idée, mentionnons ceux de Hermès, Esser, Elvenich, de Droste, Braun, Achterfeld et Baltzer, d'une part; de Günther, Papst, Veith, Hock et Knood de l'autre. Nous pouvons leur adjoindre Sengler, de Fribourg; Schmitt, de Bamberg; Leopold Schmid, de Giessen; Deutinger, de Munich; Volkmuth, Massmann, Schenach, Katzenberger, Denzinger, de Wurzbourg; Huber, Oischinger, Suing, Uschold, Becker, Kaulich et Charles Werner de Saint-Hippolyte, qui traitèrent différentes questions spéculatives de philosophie et de théologie. Frohschammer, professeur à Munich, s'étant fait le défenseur de théories philosophiques opposées à la croyance catholique, Clément et Stœckl, de Munster, P!assmann, de Paderborn, de Schaezler et Scheeben, unissant leurs efforts à ceux du père Rleutgen de Rome, demandèrent à grands cris, dans le Catholique de Mayence, que l'on revînt à la philosophie scolastique d'Aristote et de saint Thomas, tandis que Michelis de Braunsberg soutenait énergiquement la nécessité de la philosophie de Platon, rendue à sa pureté primitive (1). Nous allons nous arrêter sur ces trois mouvements principaux, en commençant par celui auquel donna naissance Hermèà, professeur à Munster, puis à Bonn.
Georges Hermès, mort à Bonn le 26 mars 1831, méritait bien la couronne que l'on déposa sur son tombeau, et cette épitaphe que l'on y grava : « Dès sa plus tendre enfance, cet homme vraiment grand sacrifia toutes les jouissances de la vie à la soif qu'il éprouvait pour la science sacrée, et au zèle dont il était dévoré pour la religion chrétienne ; jamais maître ne sut inspirer plus de reconnaissance, d'attachement et de vénération à ses nombreux élèves. » Et nous pouvons ajouter, jamais non plus un maître ne sut donner à ses élèves, pour leur conduite, aussi bien que pour leurs études, une direction plus ferme et plus sûre.
(1) P. Kleutgen, La Théologie des temps passés. Munster, 1853, 3 vol Philosophie des temps passés. 13G0, 2 vol. Michelis, Observations sur la philosophie des temps passés, défendue par le P. Kleutgen. Fribourg, 1865. La Philosophie de Platon dans ses rapports intimes avec les vérités révélées. Munster, 1859, 2 part. Dr Beker, Le Syst. philos, de Platon dans ses rapports avec les dogmes chrétiens, envisagé dun point de vue tout différent. Frib., 1862.
Toutefois, trop plein de confiance dans sa manière de voir (1), Hermès ne pouvait souffrir un autre système à côté du sien, et cet esprit exclusif devait, à son insu, l'empêcher de concevoir la doctrine de l'Église dans toute sa vérité. Aussi Rome condamna la doctrine hermésienne [26 sept. 1835], et rien n'a mieux justifié cette condamnation (2) que le professeur Baltzer lui même, le plus indépendant des disciples de Hermès, tirant formellement des doctrines de son maître les principes du semi-rationalisme et du semi-pélagianisme (3).
Après la publication du bref de condamnation, les Hermésiens obstinés, àl'imitation des Jansénistes (t. III, 306), prétendirent que les doctrines condamnées parle pape n'étaient pas celles qu'avait enseignées Hermès et n'étaient pas contenues dans ses écrits. Deux d'entre eux, Elvenich, professeur à Breslau, et Braun, professeur à Bonn, entreprirent, après des pourparlers préalables, de justifier euxmêmes en personne cette prétention devant le Saint-Siège; mais Rome, sans s'engager dans une discussion inutile, rompit les négociations et exigea une soumission pure et
(1) Esser, Souvenirs de Georges Hermès. Cologne, 1832, p. 135 et 136. Ecrits d'Hermès : Sur la vérité intrinsèque du Christianisme. Munst., 1805. Introd. philos, à la théol. cath. Munst., 1819. Introd. positive. 1829. Dogmatique cath., éditée par de Achterfeld, 1831, 3 vol.
(2) Pro memoria dans l'affaire de l'hermésianisme. May., 1837. Meckel, Les Doctrines d'Hermès par rapport à la condamnation du pape. May., 1837. Beringe, Intr. à la dogmat. cath. au point de vue dujugem. du Saint-Siège sur la doctr. d'Hermès. Munst., 1839. On trouve un exposé assez complet de cette controverse dans Niedaar, Philosophiae Hermesii Bonnensis novar. rer. in theol. exordii explicatio et existimatio. Lips., 1S39. Niedner résume en ces termes : « Hermès est bien éloigné d'avoir affermi les bases de la révélation par sa philosophie. » Les premières attaques contre Heran'' [par Windischmann) dans le Catholique; 1825, oct., p. l et suiv., ot surtout nov., p. 156 et suiv. Les Répliques (de Drostef) dans la Revue mensuelle cathol. de Smets. Cologne, 1825, t. I, p. 81 et suiv.; t. II, p. 101 à 107. Krcuzhacje, Des Rapports du système hermésieu avec la science chrétienne. Munster, 1838, note 1, el Feuilles politiques et historiques, t. VII, p. 658 et suiv. Myletor, L'Herniésianismc expliqué au point de vue dogmatique. Ratisb., 18 15.
(3) Ballzer, Tentative pour aider à porter un jugement impartial sur le catholicisme et le protestantisme. 2° livrais., p. 156 et 264, dans les notes. Breslau, 18-10.