‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 44 sur 332 · PROGRÈS DU PROTESTANTISME, ETC · texte numérisé non relu

PROGRÈS DU PROTESTANTISME, ETC

le cardinal Granvelle un écrit qui devait servir de base à la conférence, qui avait été probablement rédigépar Gropper, et qui reçut le nom & Intérim de Ratisbonne (1).

Si la réduction en était sagement calculée sous le point de vue politique, il n'en était pas de même sous le rapport de la foi. Aussi fut-elle blâmée par les théologiens catholiques, notamment par Eck. Cependant la conférence semblait, cette fois, promettre une heureuse issue. Les exigences ie l'Intérim étaient si modérées qu'elles rapprochèrent plus que jamais les parties adverses. On n'était arrêté que sur l'article fondamental de l'Église et sur le dogme de la satisfaction. Les protestants ne se montraient pas, non plus, disposés à admettre la confession auriculaire et la transsubstantiation, surtout depuis que l'électeur de Saxe avait envoyé, pour renforcer le parti, l'orthodoxe et strict luthérien Amsdorf. Peu à peu ils en revinrent aux vieilles objections, et demandèrent le rejet des pratiques de pénitence, des vœux monastiques, des indulgences, de l'invocation des saints, toutes choses qui amoindrissaient, à leur dire, les mérites du Christ. Les théologiens catholiques refusèrent, on leva la conférence. Comme toutes les précédentes, elle n'avait amené aucun résultat.

Le recez de la diète déclara en conséquence que les deux partis s'en tiendraient aux articles sur lesquels on s'était entendu, jusqu'au concile ou à la diète tenus avec le consours du pape ; qu'on maintiendrait la paix de Nuremberg dans tous ses points ; qu'ainsi les églises des couvents resteraient intactes. En même temps l'empereur adoucit le décret de la diète d'Augsbourg, suspendit tous les procès dépendants de la chambre impériale, et que jusqu'alors on avait hésité à faire rentrer dans la paix de Nuremberg (2). Malgré cela, les protestants, peu satisfaits, firent le nouvelles demandes dont, malgré leur étrangcté, F empereur fut obligé d'accueillir une partie, pour obtenir les >ecours nécessaires contre les Turcs.

(1) Walch, t. XVII, p. 723 sq.; Riffel, t. II, p. 551-571; pour l'opi* lion d'Eck sur l'intérim, ibid., p. 571, note l.

(2) Cf. Walch, t. XVII, p. 962-1000.

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