MORT DE LUTHER; SON CARACTÈRE
pas moins (c'était méconnaître l'autorité du concile déjà ouvert) une nouvelle tentative pour apaiser les discussions religieuses, par une conférence tenue à Ratisbonne [27 janvier 4546], qui, dans la disposition actuelle des protestants, ne pouvait pas avoir d'effet () I . Alors l'empereur fut obligé de prendre une attitude menaçante, et il le pouvait désormais, ayant conclu un armistice avec les Turcs. Il fit ses préparatifs de guerre et déclara ouvertement aux princes protestants, qui l'interrogeaient à ce sujet, qu'il prouverait son bon vouloir aux Etats qui lui obéiraient, et se serviraient de son autorité impériale contre les récalcitrants. Il déclara aux États de l'Empire que ce n'était point une guerre de religion qu'il entreprenait, mais qu'il s'agissait de soumettre les perturbateurs de la paix publique, qui, sous l'apparence de la religion, avaient commis tant de violences. Il fit mettre au ban de l'Empire le landgrave de Hesse et l'électeur de Saxe, qui tous deux s'avançaient, avec des armées considérables, vers le Danube
§ 319. — Mort de Luther ; son caractère Cf. Sources en tête du § 299. Dœllinger, les Réformateurs, t. I, p. 278.
Luther, contrarié de tous côtés, était depuis longtemps mécontent, morose, chagrin. Peu satisfait, d'après son pro-
parceque les laïques en sont exclus; 6° le lieu de l'assemblée est suspect; 7» on ne saurait attendre rien de bon des évêques qui s'y trouvent, car ils entendent tout aussi peu la doctrine du Christ que les ânes sur lesquels ils sont montés. »
(l) Les représentants des catholiques étaient Malvenda, dominicain espagnol, Eberh. Billik, carme de Cologne, Jean Hoffmann, provincial des augustins, et J. Cochlœus. Le plus distingué des protestants était George Major. L'assemblée avait pour président l'évêque Maurice d'Eichstaedt et le comte Fréd. de Furstenberg. Actor. colloquii Ratisbonen. ultimi verissima relatio (imprimée par ordre de l'empereur). Ingolstadt, 1546 in-4. Relation de George Major. "Wittenb., 1546, in-4 {Hortleder, P. I, liv. I, c. 40); Bucer, ibid., c. 41, et dans Walch, t. XVII, 1529.
ni. i.