EN SILÉSIE. Î
ses violences, détruisit de fond en comble le superbe couvent des Prémontrés sur le mont Elbing [15:29] (1), et fit enlever aux églises leurs riches ornements et leurs pierres précieuses. Les ducs de Silésie et Frédéric II de Liegnitz et de Brieg surtout imitèrent l'exemple de Breslau (2). Frédéric appela du voisinage des prédicateurs luthériens [1524] qui furent placés à Goldsberg et à Liegnitz, et l'ordre fut donné, de la part du duc, de prêcher à l'avenir « évangéliquement. » De l'accomplissement fidèle de cet ordre devait dépendre l'abolition des impôts prélevés par le clergé sur le peuple. On chassa du pays, avec ses frères d'ordre, le Père Antoine, Carme déchaussé, qui continuait à prêcher le dogme catholique. A Grossglogau, les soi-disant évangélistes exercèrent les plus brutales violences contre les catholiques et leurs églises. Ces tristes scènes se renouvelèrent à Schweidnitz et dans les autres parties du pays, et bientôt le luthéranisme triompha dans toute la province.
Le roi Ferdinand 1er [1526-64] était, il est vrai, sincèrement dévoué à la cause catholique, et son caractère énergique promettait un solide appui à l'Église ; mais son autorité, toute nouvelle, était trop faible encore pour s'opposer efficacement à l'introduction des doctrines luthériennes, et son activité était malheureusement trop attirée du côté des Turcs. Quant aux évèques, qui devaient être les vraies colonnes de l'Église, et dont l'influence devrait être d'autant plus prépondérante, que, depuis 1526, ils jouissaient d'une puissance politique plus grande qu'auparavant, impliqués qu'ils étaient, par là même, dans les affaires du siècle, participant à son esprit et à ses passions, ou ils ne portaient point dans leurs fonctions sacrées le sérieux nécessaire à une époque si critique, ou, qui pis est, ils étaient secrètement favorables à la réforme luthérienne, et se seraient volontiers prononcés dans ce sens, s'ils n'avaient craint de perdre parla des revenus considérables (3). Le clergé des
eus cœcusque petens castra haeresis Hessus. » Voyez Fibiger, P. I, p. 83.
(1) Gœrhch, Hist. des Prémontrés, P. I, p. 151 sq.
(2) Fibiger, P. I, ch. 14, p. 118 sq.
(3) Menzel, Nouv. hist. des Allem., t. III, p. 93 sq.
paroisses, en général ou tiède ou corrompu, ne trouvant plus dans ses supérieurs des modèles ou des appuis pour l'accomplissement des devoirs sacerdotaux, était peu disposé à résister aux violentes injonctions des ducs et des magistrats. Il en résultait, par exemple, que, parmi le clergé réuni dans le cercle de Brieg, Ohlau, Strehlen et Nimptsch, il ne se rencontra que trois prêtres dignes de ce nom, deSénitz, Colo et Kupferschmidt, qui préférèrent l'exil à l'apostasie, en refusant de se rendre aux ordres de Frédéric.
Il s'éleva bientôt des dissensions parmi les luthériens de la Silésie, comme partout ailleurs, et plus particulièrement sur la doctrine de la justification et de l'Eucharistie (1). Gaspard Schwenkenfeld, conseiller du duc Frédéric II et chanoine de Liegnitz, esprit vigoureux, habile et méthodique, en fut le principal champion.
§ 325. — Le protestantisme en Pologne. Cf. § 182.
M. Lubieniecki, Hist. reformationis Polonicae. Friest., 1865. Friese, Documents pour servir à l'histoire de la réforme en Pologne et en Lithuanie, P. II, t. I et II. Breslau, 1786. Vicissitudes de la réforme en Pologne. Hamb., 1768-70, 3 part. Ostrowski, 1. cit., t. III. Lochner, Facta et rationes earum familiär. Christian, in Polonia quse ab Eccl. cathol. alienae fuerunt utque ad cons. Sendom. tempora (Acta Soc. Jablonovianae nova. Leipzig. 1832, t. IV, fasc. 2). C.-V.'Krasinski, Historical sketch ofthe rise, progress and décline of the reformation in Poland. Vol. I. Lond., is-38. Lukaszewicz, Essai sur l'hist. des dissidents dans la ville de Posen et dans la Grande-Pologne, pendant les XVIe et XVIIe siècles. Vincent de Balitzski. Darmst., 1843. Jura et libert. dissidentium in regno Poloniae. Berol., 1707, in-fol.
Quoique le terrain de la Pologne eût, en quelque sorte, été préparé pour l'œuvre de la réforme par les émigrations des Hussites et des Frères moraves, elle rencontra dans sa marche de graves difficultés. Le roi Sigismond Ier [1501- 48] était, en effet, sincèrement dévoué à l'Eglise catholique, et il s'efforça de tout son pouvoir de repousser l'in-
(1) Cf. Fibiger, P. I, ch. 15. Les mauvais fruits du luthéranisme parurent surtout dans les moines apostats; car, comme dit le proverbe, « Corruptio optimi pessima. »
vasion du protestantisme dans la Pologne, qui, dès lors, avait le sentiment profond et vrai de la catholicité (1). Il prit de sérieuse mesures dès qu'il s'aperçut qu'ici, comme ailleurs, des jeunes gens, après avoir étudié à Wittenberg, en avaient rapporté et répandu quelques traités de Luther. La diète de Thorn [1520] décida que personne ne pouvait garder en sa possession les œuvres de Luther. On établit une commission chargée de la recherche des livres hérétiques. Jean Laski, archevêque de Gnesen [f 1521], André Krzycki, chancelier de la reine Bona, et plus tard évêque de Przemysl [1524], énergiqueraent secondé par Sigismond (2), se montrèrent parmi les plus zélés défenseurs de
(1) Dans l'Agenda secundum rubricam ecclesiast. metropol. Gnesn, edit. 1503, Cracoviœ, employé longtemps avant que Luther vécût, on disait en s'adressantà l'enfant nouvellement baptisé : « Reçois la foi de l'Evangile divin. Sois par tes mœurs un temple de l'Esprit divin. Puisque tu es maintenant entré dans l'Eglise de Dieu, reconnais avec joie que tu as échappé aux embûches de la mort. Foule aux pieds les idoles et jette loin de toi les images taillées. Honore le Père, Dieu tout-puissant, et son Fils, Jésus-Christ qui vit et règne avec lui, ainsi que le Saint-Esprit, dans l'éternité. Ainsi soit-il. » On disait encore au mourant : « Crois-tu que tu ne peux devenir bienheureux ou entrer dans la vie éternelle que par les mérites de la Passion de ton Sauveur Jésus-Christ? — Oui! — Mets donc toute ton espérance, toute ta confiance en cette Passion amère et en cette mort du Christ. Donne-toi tout entier à cette mort, n'aie aucun doute, aucune hésitation sur la miséricorde divine : il ne faut t'appuyer sur aucune autre chose. Il faut te couvrir uniquement de la mort du Christ, t'en envelopper, t'y réfugier. Puis, si le Seigneur Dieu veut te juger, dis-lui : « Seigneur, entre moi et ton jugement, je place la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je t'offre ses mérites au lieu des miens que je n'ai pas et que je ne saurais avoir. »
(2) Il faut surtout consulter les statuts diocésains et la plus ancienne collection publiée par Joh. Laski; la deuxième, par Stanisl. Karlowski, toutes deux éditées et mises en ordre par Wezyk. Crac, 1630; le concile de Pétrikau sous Maciejowski, 1607. Crac, 1630; le concile de Pétrikau sous Gembicki, 1621. Crac, 1624; le concile de Pétrikau sous Wezyk, 1628. Crac, 1631 ; le concile de Varsovie sous Wezyk, 1628. Crac, 1631 ; le concile de Varsovie sous Wezyk, 1630. Crac, 1630; le synode de Varsovie sous Lubienski, 1643. Vars., 1646. — Constitut. et décréta synodi diœcessena Plocensis sub A.-S. Zaluski, Poltaviae 1733 célébrât*, Varsoviae, 1735. Constitut. et décréta synodi diceces. Posnan. an. 1642, sub episc Szoldrzki, sub Stanislao episc 1689; 1738. Quelques autres ont été publiés dans l'Archivum teologiczne du chanoine Jabczynski, à Posen, en 1836 et 1837; il en
la foi catholique. Leurs efforts ne purent empêcher le protestantisme d'être propagé d'abord dans l'université de Cracovie par Martin Glosso ; ensuite à Posen, par Jean Seclusianus, qui, le premier, fit achever l'impression d'une traduction polonaise complète du Nouveau Testament [153 1-52] (1) ; à Dantzig, par le moine Jacob Knade [1518], dont les prédications portèrent les bourgeois à demander la permission formelle d'être instruits d'après les nouveaux principes [1525]. Knade fut, il est vrai, obligé de fuir; mais il fut bientôt remplacé par des hommes qui partageaient ses opinions. Quelques luthériens, les plus ardents, furent mis à mort; d'autres reçurent l'ordre de quitter la ville dans le délai de quinze jours ; vingt-quatre heures seulement furent accordées aux moines, et aux religieuses mariés. Toutes ces mesures ne firent qu'exaspérer les habitants, qui se prononcèrent avec une telle frénésie pour les nouvelles doctrines, que le roi, de peur de perdre la ville, fut obligé d'agir avec plus de prudence. Ue Dantzig, le luthéranisme se répandit à Thorn et à Elbing. Le synode de Pétrikau, pour prévenir la propagation de l'erreur dans le pays, fit rechercher les partisans de Luther, et prendre toutes sortes de mesures contre les fauteurs de l'hérésie. Ainsi, quiconque aurait étudié à Wittenberg [1534] ne pourrait remplir de fonction publique en Pologne.
Malgré cette vigoureuse résistance, à la mort de Sigismond Ier, le protestantisme s'était répandu dans beaucoup de parties de la Pologne, sous le patronage des nobles et des prétendus libres penseurs ; sous le successeur de Sigismond, Auguste II [1548-72], une troupe de Frères bohémiens, chassée par le roi Ferdinand, arriva en Pologne. On ne les y toléra point, et ils furent contraints de se diriger vers Marienwerder. Cependant le nouveau roi se mon-
a été de même pour le diocèse de Cracovie et pour les autres diocèses polonais.
(l) Nous disons fit achever l'impression, car déjà, dans le XIVe siècle, les auteurs mentionnent des traductions polonaises du Psautier et de la plus grande partie des livres de l'Ancien et du Nou Testament. Cf. surtout le Long, Bibliotheca sacra in binos syllabos distincta, etc. Paris., 1823, in-fol., sectio III. Biblia Polonica, p. 439 sq.
trant moins décidé contre la nouvelle doctrine, la Pologne devint le rendez-vous de presque toutes les sectes : bohèmes, luthériens, unitaires (sociriiens), venus de Suisse et d'Italie, réformés, parmi lesquels se distinguaient le confesseur de la reine Bona, le Franciscain Lismanin, et Jean de Lasko, qui avait joué un rôle en Angleterre. Le prince Radzivill, de la Lithuanie, dévoué à la secte des réformés, fit, à l'instar des luthériens, que les catholiques avaient imités [depuis 1536] (1), traduire la Bible, dans le sens de la secte, en langue polonaise [1563],
Dès 1555, un concile national polonais, formé des délégués des provinces, s'était réuni à Pétrikau sous la présidence du roi, et avait résolu de prendre l'avis des évêques catholiques et des théologiens protestants, de convoquer Mélanchthon, Lasko, Calvin et de Bèze, et de formuler un symbole (2). Le roi sanctionna ces résolutions étranges, et pria le pape Paul IV d'autoriser la messe en langue polonaise, la communion sous les deux espèces, le mariage des prêtres, la convocation d'un concile national et l'abolition des annates. Cette demande, comme on devait s'y attendre, fut rejetée. Le danger pour l'Église devenait de plus en plus grave ; car la noblesse polonaise, fort libre dans ses opinions, et toute protestante dans ses dispositions, exerçait une domination presque absolue sur ses vassaux, même sous le rapport religieux; mais les vives luttes qui éclatèrent entre les divers partis religieux firent une impression défavorable sur le pays, et montrèrent clairement aux gens raisonnables que, par le protestantisme, l'unité de la nationalité polonaise serait brisée et le royaume menacé dans son existence. Pour prévenir ce danger, les partis religieux, non r^oins différents entre eux qu'opposés à l'É-
(1) Le Nouveau Testament fut publié par les catholiques d'abord en 1556 à Cracovie chez Scharfenberger; puis la traduction, complétée (par Jean Leopolita?) à Cracovie, en 1561. La traduction du jésuite Wujeck parut de 1593-99, accompagnée du texte hébreu et .^rrec, et de commentaires pour l'entente des passages difficiles et
ioot défendre la foi universelle contre les hérétiques. Cf. Essai sur i'hist. ecclésiastique et politique de la Pologne, P. II, Dantzig, 17G1, où on a traité la question des Bildes luthériennes et réformées,
(2) Lukaszewicz, Histoire de l'église réformée en Lithuanie. Leipzig, 1848. 1 vol.
glise catholique, se réunirent dans un synode à Sendomir [1570], et signèrent un symbole formulé de la manière la plus générale et la plus vague (1). Fortifiés par leur union, ils parvinrent, pendant l'interrègne qui suivit la mort de Sigismond-Auguste, à conclure la paix religieuse de Varsovie [1573, pax dissidentium], d'après laquelle catholiques et dissidents devaient rester perpétuellement en paix et jouir des mêmes droits civils. Le nouveau roi élu, Henri de Valois, dut jurer le maintien de cette paix. Son retour en France fit élire le prince de Transylvanie, Etienne Bathory [1575-86], qui, en rapport avec les théologiens catholiques instruits, se montra plus zélé pour les intérêts de la foi, sans cependant se prononcer d'une manière vigoureuse et décisive, car il ne pouvait refuser la liberté de conscience et de culte, secrètement accordée par Sigismond-Auguste aux villes de Dantzig, Thorn et Elbing, depuis longtemps favorables au protestantisme [1557[. Mais l'Église fut bien plus éprouvée et plus menacée encore lorsque Jacques Uchanski, archevêque de Gnesen et primat de Pologne, osa lui-même publiquement favoriser l'hérésie, et préparer avec Rome. une rupture plus dangereuse que jamais en ce moment, et qui rendait très-difficile la position du légat Lippomani [depuis 1556] et de Commendon. Mais Sigismond III [1587-1632], roi de Pologne et en même temps héritier de la couronne de Suède, releva les espérances de l'Église, fortifia le parti catholique parmi la noblesse, et commença une vigoureuse réaction contre les protestants. Dieu lui suscita d'ailleurs des aides puissants, dans la personne de prêtres éminents parleur foi, leur énergie et leur science, tels que l'évêque d'Ermland [f 1579], Stanislas Hosius (2), dont la vigoureuse résistance aux efforts de l'hérésie, la foi et la piétié surent raffermir les Polonais
(1) Jablonski, Hist. consensus Sendomiriensis, cui subjicitur ipse consensus. Berol., 1731, in-4.
(2) Stan. Hosii, cardin. major, pœnit. et episcopi Yarm. vita. auct. Stan. Rescio. Roms, 1687. Son principal ouvrage est : Confessio fidei, verse christ, catholicaeque doctrinas soiida propugnatio contra Brentium [1557]. Cf. Tliom. Treten, cust. canonici Yarm. De episcopatu et episcoois Eccles. Yarm., opus posthum. Cracov., 1685* Gonstitut. Synodales diœc. Yarm. Brunsb.; 1612, in-4.
dans la croyance de leurs pères, et lui valurent une telle considération dans l'Eglise universelle, qu'il sut l'honneur de présider pendant quelque temps, en sa qualité de cardinal, le concile de Trente, dont il devint une des principales lumières. Ses écrits polémiques appartiennent aux meilleurs travaux de l'époque ; et le lycée Hosien de Braunsberg rappelle encore aujourd'hui ses nobles vertus et son zèle apostolique. Tel fut encore Stanislas Karnkowski [-J- 1603], archevêque de Gnesen et primat de Pologne (1), qui écrivit, avec une noble liberté, à Sigismond-Auguste : « Efforce-toi surtout, à l'exemple de ton père et de tes » pieux ancêtres, de conserver intacte dans ton royaume, » aussi bien que dans ton coeur, la vieille foi, l'antique re- » ligion catholique. » Ces hommes furent eux-mêmes heureusement secondés par les Jésuites, dont l'ordre s'était rapidement et solidement établi en Pologne et possédait déjà un assez grand nombre de collèges. Parmi les Jésuites polonais, l'un des plus actifs et des plus méritants dans la lutte contre le protestantisme fut Jacques Wijeck (Vangroviecensis). Après avoir fait de fortes études philologiques et scientifiques dans les universités de Gracovie et de Vienne, et avoir appris les mathématiques à Rome, il était entré dans l'ordre des Jésuites ,[1565], et déploya un rare zèle comme écrivain et prédicateur, dans les collèges de Posen, de Clausenbourg et de Cracovie (2). Il traduisit, sous le patronage spécial de l'archevêque Stanislas Karnkowski, la Bible en langue polonaise, et eut un tel succès, qu'aujourd'hui encore sa traduction est la seule que l'Église catholique de Pologne approuve [f 27 juillet 1597]. Ces travaux furent partagés par trois autres religieux, dont l'un, le Père Pierre Skarga, Jésuite [1612] (3), théologien
(1) Outre ses statuts diocésains et ses efforts en faveur d'une traduction du catéchisme romain en langue vulgaire, on estime encore ses sermons sur l'Eucharistie, Cracovie, 1602, et sur le Messie, 1597.
(2) Potilla major et minor (en polonais). De missa et Deitate Verbi divini contra consens. Sendom. Vita et doctrina Salvator. ex quatuor Evangel. De Eccles. cath. Hymni.
(3) Sermons, nouv. édit. Leipzig. 1843. Extraits de Baronius Rocznedzieje Koscielne, etc. Cracov., 1603, in-fol., continués de 1198-1645, par Kwiatkieivicz. Kalisch, 1695, in-fol. — Vies des saints;
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d'un esprit clair et méthodique, d'une pensée forte, d'une érudition solide, orateur adroit, éloquent et vigoureux, est resté le plus grand prédicateur de la Pologne ; dont l'autre, le savant Dominicain Fabien Birkowski (1), successeur de Skarga comme prédicateur à Cracovie, a laissé de nombreux sermons pour les fêtes et dimanches, qui sont encore cités comme desmodèles de mouvement oratoire ["fl636]; le troisième enfin, Martin Bialobrzeski (2), abbé du couvent de Mogilno et évêque sufi'ragant de Cracovie, devint, par ses homélies imitées de saint Chrysostôme, l'orateur populaire de la Pologne, et sut, par un grand catéchisme, rédigé avec une profonde habileté, encourager le clergé dans l'enseignement si fructueux de la jeunesse [f 1585].
Les protestants, qui furent cependant accueillis en Pologne avec une rare générosité, et qui, excités par leurs théologiens et des princes étrangers, se conduisirent souvent avec la hauteur d'un parti victorieux, ont dépeint sous le jour le plus odieux, et comme des cruautés inouïes, les mesures sévères ordonnées par Sigismond II, -et les procédés parfois âpres des Jésuites. Aussi la division entre les catholiques finit elle par être complète. Vladislas IV [1632-48], un des meilleurs princes de son siècle, s'en plaignit avec la douleur d'un père attristé parla désunion de sa famille. En vain il appela les Polonais à l'union dans la conférence religieuse de Thorn [1644] ; sa voix fut méconnue, et ne put détourner de la Pologne les malheurs qu'il pressentait.
§326. — Le protestaniime en Livonie, Courlande, Hongrie et Transylvanie.
La Livonie s'était détachée de l'ordre Teutonique, sous le grand maître Walter de Plessemberg [1521]. Walter,
de la réunion de l'Eglise latine et de la grecque; Libb. III dissertation, de Eucharistia.
(1) Sermons pour les dimanches et les fêtes, en deux séries, 1620 et 1628.
(2) Postula orthodoxa, 1581, 2 vol., traduite peu après en allemand. Catech. Cracov., 1666, in-4 de 387 p. Ces deux ouvrages sont en polonais.