‹ Histoire universelle de l'Église (volume 2)Chapitre 87 sur 332 · DANS LEGLISE CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

DANS LEGLISE CATHOLIQUE

l'Épître aux Hébreux, moins estimé cependant que celui de Christophe Castro. Ceux de Pinéda sur Job et de Gaspar Sanctius [f 16^8] sur la plupart des livres de l'Ancien Testament sont trop prolixes. Parmi ceux de Cornélius à Lapide [f 1637], que ses explications allégoriques et mystiques allongent aussi beaucoup trop, les meilleurs sont ceux sur le Pentateuque et les Épîtres de saint Paul; tous ses commentaires, d'ailleurs, sont et seront toujours remarquables par les magnifiques idées tirées des saints Pères, dont Cornélius les a enrichis. Le Père Mersenne (1), de l'ordre de Saint-François de Paul, est tout à fait original dans ses célèbres questions sur la Genèse. Quœstiones célèbres in Genesin [1623] dans lesquelles il fait preuve d'un grand savoir mathématique, quoique, dans son ignorance des lois de la pesanteur de l'air selon l'état général des sciences physiques de son temps, il ait combattu le système de Copernic, chanoine de Frauenbourg [f 1643.] La conduite de Rome à l'égard de Copernic et de Galilée [1638], conduite qui fut bien dépassée par celle des protestants d'alors (2), a été enfin exposée dans son véritable jour et vengée des insignes calomnies inventées par les ennemis de l'Église (3). Les explications plus abrégées de toute l'Écriture sainte, rédigées par les Jésuites Tirinus et Etienne Ménochius [-f-1655], obtinrent une grande faveur et sont restées en usage. Il ne faut pas oublier, non plus, les commentaires de François Toleto sur l'Évangile de saint Luc et saint Jean et l'Épître aux Romains, les questions et dissertations d'Alphonse Salméron [f 1585], sur presque toutes les parties du Nouveau Testament, et les commentaires du Jésuite Lorin [f 1634] sur quelques livres de l'Ancien Testament, les Actes des Apôtres et les épîtres catholiques. Mais tous ces travaux ne sont point à comparer à ceux de trois autres

(1) Quœstiones celeberrimae in Genesin cum accurata textus explicatione. In hoc volumine athei et deistae impugnantur et expugnantur, et vulgataeditio ab hœreticor. calumniis vindicatur, etc. Paris, 1G23, in-fol.

(2) Voyez ce vol., § 338.

-(3) Cf. le Saint-Siège contre Galileo Galilei et le système astro nomique de Copernic (Feuilles hist. et polit., t. VII, p. 3»5-94, 449-68, 513-31, 577-93). Cf. aussi Gazette, de Bonn, nouvelle séria 4* année, 2e livr., p. 118 et suiv.

exégètes remarquables, dont les premiers sont encore consultés avec grand profit de nos jours, et dont le dernier, moins connu, le mérite tout autant. Ce sont : 1 ° Le Père Maldonat, Jésuite. Né en 1534, dans l'Estramadure, aussi versé dans la connaissance du grec et de l'hébreu que dans celle de l'histoire, il enseigna d'abord la philosophie et la théologie à Paris. On remarqua surtout ses leçons sur les quatre Évangiles, imprimées pour la première fois à Pont-à-Mousson en 1596. Il mourut à Rome en 1583, après avoir été chargé par le pape Grégoire XIII d'une nouvelle édition des Septante. 2° Guillaume Estius, chancelier de l'université de Douai, obtint le même succès que Maldonat, par le talent avec lequel il commenta les passages les plus difficiles de l'Écriture, et surtout les Épîtres des apôtres (1). 3° Le Père Justiniani, également Jésuite, auteur d'un commentaire sur les Épîtres de saint Paul (Lugd., 1611-14, 3 vol. in-fol.), que de savantes paraphrases, des-dissertations lucides et une érudition consciencieuse placent à côté de l'ouvrage d'Estius.

Enfin, il faut aussi mentionner les nombreuses traductions en langue nationale qui parurent à cette époque. En Allemagne, Emser traduisit le Nouveau Testament [1527], Dittenberger [1534], et Ec& [1537] toute l'Écriture sainte, ainsi qu'Ulenberg [~ 1617], dont la traduction eut un grand succès. En Pologne, le Jésuite Jacques Wujek traduisit toute la Bible ; en France, Véron et d'autres.

Quant aux travaux historiques, les catholiques y furent poussées par la prétention des protestants d'avoir ramen l'Église, par rapport à la doctrine et à la discipline, à la pureté des temps apostoliques et des premiers siècles de l'ère chrétienne. Les historiens catholiques de l'époque, Baronius et ses continuateurs, combattirent victorieusement ces exagérations protestantes. Pierre de Marca [-j-1662] écrivit sur le droit ecclésiastique, mais dans le sens épiscopalien. Le cardinal Duperron [-J-1618] soutint contre Richer le système contraire.

(i) Maldonali, S. J., Coramentarii in quatuor Evangeliarecudi curavit Fr. Sausen. Mogunt., 1841 sq.; Estii Commentarii in omnes Pauli Epistolas, item in catholicas, recudi curavit Fr. Sausen. Mo* gunt., 18-11 sq.

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