DANS L EGLISE CATHOLIQUE
pandu. Les traités mystiques et ascétiques sont indiqués plus bas. Les décrets du concile de Trente (sess. V, De reformat.) les secours fournis par les bibles polyglottes, les travaux des grammairiens et des lexicographes, tels que Pélican, Reuchlin et Bellarmin, sur la langue hébraïque, et ceux surtout de Santés Pagninus, auteur d'un dictionnaire hébreu et d'une méthode d'interprétation des Écritures (J), et enfin le mouvement imprimé par Érasme, firent faire, durant cette période, de rapides et notables progrès à l'exégèse. Le Dominicain Sixte de Sienne [f 1569] (2) composa une introduction à la connaissance des livres sacrés, fort utile pour l'intelligence du texte, à laquelle contribuèrent surtout les Polyglottes d'Anvers [1527], dont le principal rédacteur fut l'Espagnol Montanus, et celles de Paris [1645], plus précieuses encore au point de vue grammatical et lexicographique. D'un autre côté, les progrès de l'exégèse fuient retardés par la manière exclusive et inexacte dont on expliquait l'inspiration des livres sacrés. Car tant que l'on considéra chaque mot de l'Écriture comme formellement inspiré de Dieu, les commentateurs durent se sentir singulièrement gênés et réduits à des interprétations fort subtiles. Les Jésuites Hame] et Lessius de Lou vain combattirent les premiers cette méthode d'interprétation. Ils soutinrent que, pour réputer un livre divin et canonique, il ne fallait ni une inspiration textuelle ni même celle de toutes les pensées ; qu'on pouvait même admettre un livre qui, comme le second des Machabées, aurait été rédigé sur des données purement humaines, pourvu que le Saint- Esprit eût rendu plus tard témoignage à la complète véracité du livre. Les facultés de théologie de Louvain et de Douai attaquèrent ces assertions, et les évêques de Belgique les condamnèrent également. Le pape Sixte-Quint évoqua l'affaire à son tribunal, en retarda la décision de manière à laisser à l'ardeur des esprits le temps de se re-
(1) Isagoge ad sacras Litteras, lib. unus; Isagoge ad mysticos sacrae Scripturae sensus, lib. XVIII. Colon., 1540, in-fol.
(2) Bibliotheca sancta, ex pnecipuis cathol. Ecclesiee auctoribus collecta, etc. Venet., 1566; Francf., 1575, in-fol.; Colon., 1626, et ■surtout lib. III, contenant : Ars interpretandi sacras Scripturas absolutissima, publié à Cologne, 1577, 1588, in-8.
froidir. et d'en arriver à l'opinion modérée qui avait été exposée et adoptée par les meilleurs et les plus anciens interprètes de l'école d'Antioche, tels que saint Chrysostôme. Alors parurent, en même temps, un grand nombre d'exégètes catholiques, dont les travaux s'opposèrent heureusement aux interprétations partiales, particulières, des luthériens et des réformés. Le cardinal Cajetan s'était occupé presque toute sa vie de l'étude de l'Écriture sainte, et ses explications ingénieuses et hardies accusent un véritable tact exégétique (1). Cependant elles furent critiquées, surtout au point de vue philologique, entre autres p.ar'Melchior Cano. Vatable [+ 1547] fit, sous François Ier, unt; nouvelle traduction de, l'Écriture sainte, avec de courte remarques, qu'on a souvent réimprimées, à cause de leur clarté et de leur concision (2). Le célèbre critique Richard Simon considère comme un chef-d'œuvre de commentaire historique et grammatical celui de Josué, par André Masius, un des collaborateurs des Polyglottes d'Anvers. Le cardinal Sadolet, évêque de Carpentras [f 1547], après avoir publié divers ouvrages philosophiques, et essayé de réunir les diverses confessions protestantes, fut par là même porté à faire paraître un commentaire sur l'Epître aux Romains, d'où les réformateurs tiraient leurs principaux arguments. Ce commentaire, en forme de dialogue et d'un style cicéronien, eut un grand succès. Un troisième cardinal, Gaspar Gontarini [f 1542], donna sur les Èpîtres de saint Paul des scolies fort remarquables. Claude d'Espence, docteur de Sorbonne [f 1571], sut, dans ses excellents commentaires, dire d'utiles vérités aux papes, aux évêques et au clergé en général. Jansénius, évêque de Gand [f 1576], qui paraît avoir frayé la route aux Jésuites Hamel et Lessius, se distingua par une Harmonie des Évangiles très-estimée. Agellio, évêque d'Acerno, et Bellarmin commentèrent les psaumes ; le Jésuite Jacques Bonfrère, professeur à Douai [-f-1643], composa un commentaire sur le Pentateuque encore recherché de nos jours, fet Ribéra, autre Jésuite, un fort bon commentaire sur les douze petits prophètes et
(1) Commentarii in V, et N. T. Lugd., 1639. 5 tora. in-fol.
(2) La meilleure édition est celle qu'en a donnée Nicol. Henri. Pari»,