CONVERSION DES OHAZARES, DES BULGARES, ETC
lique, envoya, vers 867, Jes ouvriers évangéliques en Russie. L'empire tout entier ne se convertit au Christianisme qu'au X* siècle, dans les années qui s'écoulèrent entre Photius et Cérularius, et alors que les Églises d'Orient et d'Occident étaient unies. L'œuvre commença sous Oleg, [jusqu'à 912], avança beaucoup sous Igor [jusqu'à 912- 45], dont la bienveillance pour l'Évangile fut due, sans doute, à la sagesse et à la piété de sa femme Olga. Cette princesse gouverna l'empire depuis 945 jusque en 955, sous la minorité de son fils Swatoslaw, et reçut, durant ce temps, à Constantinople, des mains du patriarche Théophylacte, le baptême et le nom d'Hélène. Elle devint, à son retour à Kiew, dit Nestor, « la messagère de l'Évan- » gile, semblable à l'étoile du matin qui annonce le lever » du soleil. )) Elle bâtit, en l'honneur de saint Nicolas, une église à Kiew [vers 956], demanda à l'empereur Othon P% et en obtint en 961 des missionnaires chrétiens (1) et mourut en odeur de sainteté [969], sans avoir vu se réaliser son pieux désir de convertir son fils à l'Évangile. Mais son petit-fils Wladimir P"", dit le Grand ou l'Apostolique [980- 1014], embrassa le Christianisme et assura l'établissement définitif de l'Église dans son empire, malgré les lamentations de son peuple, qui gémissait en voyant jeter dans le Dnieper les images de Pérun et ses autres idoles, et n'en marchait pas moins, dans sa muette soumission, vers le fleuve, pour y recevoir le baptême. « Wladimir, selon le récit de Nestor, à genoux au bord du fleuve, remercia le Seigneur, créateur du ciel et de la terre, et le supplia de bénir et de confirmer dans la foi ses nouveaux enfants. » La conversion générale des Russes fut, pour ainsi dire, complétée par le fils de Wladimir, laroslaw [1019-54]. Ils restèrent dès lors en union étroite avec l'Église de Rome, comme a^ec le patriarche de Constantinople, jusqu'au temps do Cérularius, sous la direction spirituelle du métropolitain de Kiew, que, dans son origine florissante, on nommait la seconde Constantinople. Michel I" [988-92], Léontias [992-1008], Jonas [1008-35], Théopempt [1035-51]
(l) Asclibach, Mission envoyée par l'empereur Othon I, en Russie, à la grande-duchesse Olga (Gazette théol. de Dieringer, 1844, t. I,
§ 211. SECTES DES ÉGLISES ORIENTALE ET OCCIDENTALE. 26i
et Hilarion [1051-72] se succédèrent sur ce siège ; le dernier fut élu d'après les ordres du grand prince laroslaw, dans un concile de Kiew, sans le concours du patriarche de Constantinople. Ses successeurs, malgré les machinations du patriarche Cérularius, demeurèrent également unis à l'Eglise romaine. On voit une preuve de cette union dans rinstitution d'une fête solennelle ordonnée, en 1093, pour toute l'Église russe, par le patriarche Éphraïm [1090- 96], à Toccasion de la translation récente [9 mai 1087] des reliques de saint Nicolas, de Myre en Lycie, à Bari dans la basse Italie, Les livres liturgiques, dont aujourd'hui encore se sert l'Éghse russe, furent aussi composés à l'époque où elle était avec Rome dans des rapports qui, malgré sa subordination hiérarchique au patriarche de Constantinople, ne furent sérieusement troublés et complètement brisés qu'au XV^ siècle. Le couvent des Catacombes ou de Peczera, à Kiew, devint, dès le XP siècle, le siège de la littérature russe, la pépinière du clergé et le foyer de la civilisation : c'est là que le moine Nestor [1036-1111] (1) écrivit ses Annales dans la langue nationale.
§ 211. — Sectes des Églises orientale et occidentale.
L'ancienne secte des Pauliciens répandit dans les contrées voisines des Chazares et des Bulgares, dans laChersonèse Taurique ses erreurs gnostiques et manichéennes. On la vit ainsi, au X*^ siècle, s'étendre dans diverses régions de l'Occident, dans la haute Itahe et en France, plus spécialement, sous le nom de secte manichéenne, quoiqu'elle se distinguât des Manichéens par un mysticisme pratique, un ascétisme exalté et une opposition soutenue contre toute hiérarchie ecclésiastique. On doit probablement ranger parmi les Pauliciens Leuthard (2), homme sans éducation et sans lettres, qui s'éleva parmi les peuples de la campagne de Chûlons-sur-Marne, contre le cultes des
(1) Annales jusqu'à 1110. Pétersb., 1767 sq. 5 t. iii-4, trad. par Sehlœzcr, Gœtting., 1802.
(2) Glaber Radulph. lib. II, c. 2. I ;uthardus in pago Catalauüico, en 1000.
•il n.