‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 115 sur 280 · COUP D ŒIL GENERAL · texte numérisé non relu

COUP D ŒIL GENERAL

vint, de fort bonne heure, en Germanie, le centre de la vie religieuse et politique. Lorsque les tribus germaines se séparèrent en nations distinctes, que chaque Etat et bien des Tilles même tendirent à l'isolement, à l'indépendance, la papauté seule, développant l'idée de l'unité cathohque, parvint à les tenir unis dans le lien de la faraillö chrétienne, à les associer dans des entreprises communes. L'alliance de l'Eglise avec l'empire, avec un empire tout chrétien, devait contribuer efficacement à ce but. En effet, l'union des deux pouvoirs ou leur isolement, la ehute de l'un ou de l'autre retentissait aussitôt dans tous les Etats chrétiens et contribuait à leur prospérité ou à leur décadence (1). Mais lorsque l'empereur, au heu d'être le protecteur devint l'oppresseur de l'Eglise ; lorsque celle-ci, par les fiefs qu'elle acquit, tomba sous le servage des princes et des seigneurs féodaux, que ces derniers vendirent les droits et les bénéfices ecclésiastiques ou en récompensèrent leurs créatures, introduisirent ainsi dans la chrétienté un clergé incontinent et dissolu, s'arrogèrent même l'administration des affaires ecclésiastiques, et palysèrent par là l'action et l'influence de l'Eglise ; il arriva, avec l'assentiment des plus nobles esprits, et parce que c'était un véritable besoin du temps, que, peu à peu, non-seulement toute la puissance spirituelle se concentra dans le pape, mais encore que le monde reconnut dans le pape le principe même de la suprématie spirituelle, le représentant de Dieu sur la terre, et, par conséquent, une autorité supérieure à toutes les puissances temporelles.

Le pape seul pouvait en effet relever l'Église de son abaissement, la délivrer de la servitude des princes, de l'insubordination et de l'immoralité d'un clergé simoniaque et servile, lui rendre sa dignité et son autorité bienfaisante, garantir les libertés des peuples et les droits des particuliers, combattre toute espèce d'oppression et de tyrannie, et faire triompher enfin partout 1er. mœurs et la civilisation chrétiennes (2). L'esprit du christianisme se répandit, depuis le chef de la hiérarchie sacrée jusque

(1) Cf. § 184.

{2) Yoy. plus bas § 227.

268 § 213. — sources; travaux; coup d'œil général,

dans-^es derniers membres du corps de l'Église, et donna à cette seconde période du moyen âge la physionomie sérieuse qui la caractérise. Ce ne fut certes point par ambition que les grands papes de cette époque , Grégoire VII, Alexandre III, Innocent III, etc., cherchèrent à s'attribuer la plénitude du pouvoir : leur position leur en fit un devoir, et le résultat couronna leurs efforts ; car non-seulement ils s'appliquèrent avec un noble dévouement à favoriser et à développer toutes les grandes pensées, toutes les tendances généreuses de leur siècle, mais ils parvinrent à les réaliser, pour la plupart, avec un merveilleux bonheur. Cette action des papes sur la société constitue une grande époque , riche en événements mémorables , tels que les croisades, la fondation des universités, le développement de la science théologique , soit scolastique. soit mystique, l'apparition d'une poésie vraiment nationale inspirée par les sentiments les plus religieux, le riche épanouissement de la vie monastique, et enfin le plus magnifique essor des arts dans toutes les branches qui les distinguent.

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