‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 147 sur 280 · HENRI DE LAUSANNE, LES CATHARES ET LES CIRCONCIS · texte numérisé non relu

HENRI DE LAUSANNE, LES CATHARES ET LES CIRCONCIS

ange, le Christ, est descendu du ciel, sans prendre cependant véritablement la nature humaine. Cette théorie ruinait par le fait tous les principes du Christianisme; et en effet, les Cathares niaient les sacrements, la résurrection, et déclaraient le mariage un contrat institué par le dieu du mal. Toute responsabilité morale tombait par la distinction des hommes en deux classes, dont l'une participait sûrement à la rédemption et arrivait infailliblement au salut ; dont l'autre, en vertu de son origine mauvaise, était fatalement incapable d'arriver jamais à la vertu et à la sanctification. De là leur maxime : un enfant qui n'a vécu qu'un jour est puni comme Judas le traître ou un brigand de grande route. Les péchés se remettaient chez eux d'une façon magique, parce qu'ils appelaient \e consolamentum ou l'imposition des mains, sans que le repentir fût exigé, mais sous la condition que l'initié, admis par là même au rang des parfaits, s'obligeât à une vie austère et exempte de tout péché. Comme il n'était pas facile d'obtenir cette force et cette persévérance, et que d'après l'opinion de la secte, la grâce du Saint-Esprit était inamissible, la chute après le consolamentum^ prouvait que celui-ci avait été nul dès le principe ; comme cependant les chutes fréquentes des consolés ébranlaient la théorie, ces fanatiques finirent par ne plus accorder le consolamentum, sauf de rares exceptions, qu'à des malades en danger d'une mort prochaine, ou sous la condition de se mettre m endura, c'est-à-dire de se donner lentement la mort on se privant de nourriture ou en se faisant tirer beaucoup de sang(l). Ils s'estimaient les successeurs immé-

(1) On trouve même dans l'Histoire de l'inquisition du protestant Limborch, Amst., 1619, in-fol.. beaucoup d'exemples de personnes, qui, après avoir reçu le consolamentum, furent provoquées par les parfaits à se donner lentement la mort. Ainsi il est dit dans le livre Sententiarum hiquisitioais Tulosaiiœ, p. 138, d'un certain Hugo R,ubei : Dictus Hugo quadam iiifirmitate, de qua convaluit, fuit hieieticatus per Petrum haereticum, et receptus ad sectam et ordinem dicti hseretici, quam aliquibus diebus indicta infirmitate tenait et servavit, stando in endura ; sed postmodum ad instantiam matris suœ comedit et convaluit. Item isto anno Petrus Sancii hfereticus invitavit ipsum, quod vellet se ponere in endura et facere bonam finem; sed ipse non consentit tune, sed quando esset in ultimo vitae siue.

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