LES VAUDOIS
lecture de l'Écriture sainte et des sentences des saints Pères; elle fit tant d'impression sur lui qu'il se dépouilla de tous ses biens, les distribua en aumônes, fit traduire les Evangiles avec des explications tirées des Peres de l'Église, en langue populaire romaine, et se mit, en 1150, à prêcher publiquement comme apôtre des pauvres. L'archevêque de Lyon, Jean, lui ayant défendu la prédication, ses partisans s'adressèrent au pape Alexandre III [1179], et lui fournirent une de leurs traductions commentée de quelques livres delà Bible. Lepapeleurrecommanda la soumission à leur évêque. S'étant de nouveau adressés au successeur d'Alexandre, le pape Lucius III, celui-ci les excommunia au concile de Vérone [1184]. Sans égard à la condamnation qui les avait frappés, ils se répandirent do plus en plus, allèrent jusqu'en Aragon, disant que l'excommunication ne pouvait atteindre ceux qui prêchaient l'Évangile. Alphonse II, roi d'Aragon, les fît chasser de son royaume [1194] « comme ennemis de la croix de Jésus-Christ, profanateurs de la religion chrétienne, du roi et de l'État. » Ils n'en adressèrent pas moins leurs réclamations au pape Innocent III,espérant en obtenir la reconnaissance de leji- conventicule [1212]. Ils échouèrent comme de raison. Cependant les Vaudois de Metz obtinrent de lui la permission de se réunir pour lire les saintes Écritures. Le pape espérait transformer leur pauvreté évangélique en vœux monastiques. Dans l'intervalle ces sectaires s'étaient propagés rapidement dans le midi de la France, le Piémont, la Lom hardie, et jusqu'à l'est de l'Europe. Partout ils attaqua ent la constitution extérieure, l'organisation visible de l'Èj. ise, lui contestaient le droit de posséder, de recevoir la diaie, niaient que l'obéissance fût due au pape et au clergé, tout chrétien étant prêtre. Ils finirent par s'en prendre aux sacrements en général, aux cérémonies comme aux fêtes et aux jeûnes de l'Église: la confession leur était un scandale ; la transsubstantiation, selon eux, s'opérait, non par la consécration du prêtre, mais au moment même et au moyen d'une digne communion. — La secte se composait de parfaits et d'imparfaits^ pratiquant une sorte de communauté de biens. Leurs assemblées religieuses étuient présidées par des anciens, senior es, presbyteri et diaconi, sans