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raient le christianisme [Varianisme). Cette conversion s'accomplit surtout par l'activité de leur évêque Ulphilas [entre 360-80], l'inventeur des caractères gothiques et le traducteur de la Bible en goth (1).

Lorsque Théodose ordonna à tout l'empire romain de se soumettre à la foi de Nicée, les Goths, par opposition aux Romains, persistèrent dans l'arianisme. Des Visigoths l'arianisme passa aux Ostrogoths, aux Vandales, aux Bourguignons, aux Suèves, qui obligèrent souvent les catholiques eux-mêmes d'embrasser l'hérésie , là où ils s'établirent (2).

Après la mort de Valens, Gralien asservit les Goths [379-80], et alors Jean Chrysostôme, patriarche de Gonstiintinople, travailla énergiquement à répandre de plus en plus le Christianisme parmi eux. Il forma à Constantinople même des missionnaires goths, disposa une église dans laquelle le culte se fît en langue gothique, et qui fut l'occasion d'un de ces discours éloquents, si familiers au grand orateur, et dans lequel, exposant la miraculeuse conversion de ces peuples barbares, il démontra par ce lait la vertu civisatrice de l'Évangile (3) et la réalisation de la prophétie d'Isaïe (4). Surpris de leur conversion, saint Athanase s'écrie avec la même joie : « Qui a réconcilié, par une paix « solide, ceux qui se haïssaient mortellement, si ce n'est le e-. bien-aimé du Père, le Sauveur de tous les hommes, « Jésus-Christ, qui, par amour pour nous et pour notre sa- « lut, a tout souffert? La prophétie d'Isaïe (11, 4) s'est réa- « lisée, et, chose incroyable ! ces peuples dont les mœurs « sont naturellement barbares, et qui, tant qu'ils ont été

(1) Sacral. Hist. eccl. III, 33; Sozom. VI, 37; Theodor. IV, 33 Trad. de la Bible d'UIphilas par Chr. Zahn, Weissenfeis, 1805; Ulfilas, V. et N. Testam. fragm. éd. de Gabelenlz et Lœbe, t. I, Altemb., 1836; t. II, Lipsiae, 1842-47 (avec un vocab. comp, et une grammaire de la langue gothe) ; Hug. Introd. au Nouveau Testament, P. I, p. 492. Cette traduction de la Bible n'est pas entachée d'arianisme, tandis que cette hérésie se trouve déjà dans le symbole d'UIphilas. Conf. Waith, Vie et doct. d'UIphilas. Fragm. d'un ouvr. du IV* siècle. Hanov., 1840.

(2) Cf. Walch, Hist. des hérésies, P. II, p. 553-69.

(3) Homil. VIII. 0pp. Chrysost t. XII, éd. Montfaucon.

(4) Isaïe, LXV, 25.

20 § 149. — LE CHRISTIANISME PARMI LES VISIG0ÏH3.

« idolâtres, se sont rués les uns contre les autres et sont « toujours restés les annes à la main, dès qu'ils ont admis « la doctrine de Jésus-Glirist, ont abandonné la guerra « pour se livrer à Fagriculture ! » Saint Jérôme fut bien plus surpris encore, lorsque, dans sa grotte de Bethléem, il reçut une lettre des deux Goths Sunnia et Frétella (i), qui lui demandaient conseil sur les différences des traductions latines et gréco-alexandrines. « Qui l'aurait cru?dil- » il ; les Goths au langage barbare s'enquièrent des textes » de la langue hébraïque originale, et les Grecs dorment » et ne s'en inquiètent pas ! »

§ 14.9. Le Christianisme parmi les Visigoths, m Gaulç et en Espagne (2).

Rome même avait été prise par les Visigoths ariens sous Alaric [410]. Jamais ville n'était tombée plus honteusement entre les mains de ses ennemis, et jamais ville conquise n'eut moins à souffrir de ses vainqueurs. Cette douceur et cette humanité révélaient sans doute la nature et les mœurs du peuple germain ; mais elles étaient en même temps des preuves de la puissante action du Christianisme. Alaric quitta Rome, et il n'est pas facile de bien indiquer les motifs de son départ. Trop faibles pour se soutenir en Italie, les Goths se retirèrent, sous la conduite d'Astolphe [412], vers les Gaules, et y fondèrent, sous le roi AVallia, entre la Loire et la Garoane, un royaume, dont Toulouse devint la capitale, et qui s'étendit bientôt sur une grande partie de l'Espagne. Ce fut le premier d'entre les royaumes établis en Europe par les Germains, qui présenta peu à peu un caractère chrétien, quoique bien défiguré encore par des traits de barbarie. Parmi les premiers conquérants de l'Espagne, Vandales, Alains et Suèvcs, ces derniers furent

(1) Hieronym. ep. 106 : « Quis hoc crederet ut Barbara Getarum lingua Hebraïcam quœreret veritatem, et dormitantibus, immo coiitendentibus Grœcis, ipsa Germania Spiritus saucti eloquia scrutaretur? » (0pp. t. I, p. 64i.)

(2) Aschbach, Hist. des Visigoths. Francf. 1857.

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