LES VANDALES EN AFRIQUE
Vandal. éd. Ruinarti, Paris., 1694, in-8; Venet., 1732, iii-4. Max. Biblioth. PP. t. VIII, p. 675 sq.). S. Fulgentii, episc. Ruspensis, vita (par son élève Ferrandus?) Max. Biblioth. PP. t. IX. ProcopiMs Cœsareensis, Historiar. libb. VIII, éd. gr. et lat. et éd. Claud. Maltreti. Paris., 1662 sq; Ven., 1729, et in Corp. Scriptor. Bonnse. Papencordt, Hist. de la domination vandale en Afrique. Berlin, 1838. Cf. Neander, Mémoires, t. III, P. I, p. 3 sq. Katercamp, t. III, p. 333 sq.
Les Vandales, opprimés en Espagne et appelés par le Romain Boniface, s'embarquèrent sous Genséric [429] pour l'Afrique. Leur nature grossière, leur fanatisme arien mirent le comble aux maux de l'Église africaine, qui depuis lors ne se releva plus. Ces malheurs furent tels que Salvien, évêque de Marseille, se crut obligé de prendre la défense de la Providence divine contre les doutes qui s'élevaient dans beaucoup de cœurs. Aussitôt après avoir soumis tout le nord de l'Afrique romaine, Genséric se mit à opprimer et à persécuter les catholiques. Son fils Hunnéric [477-84], ayant épousé Eudoxie, fille de Valentinien III, fut d'a])ord, par suite de l'intervention de l'empereur Zenon, plus favorablement disposé que son père. Carthage, privé d'évêque pendant vingt-quatre ans, vit monter sur le siège épiscopal le pieux et ferme Eugène [479]. Mais bientôt, attaqué par Cyrille, évêque arien, Eugène fut cruellement maltraité en môme temps que cinq mille catholiques. Enfermés dans un étroit espace, martyrisés dans tous leurs membres, les catholiques de Sicca et de Lara ne cessaient pas de chanter des hymnes à la gloire du Christ; à Tipasa, plusieurs d'entre eux, à qui on avait coupé la langue, parlaient encore et louaient le Seigneur (1). La
(1) Gibbon lui-même, qui ne veut voir partout que des choses naturelles, a été obligé, par la force des preuves historiques, d'admettre ce fait et de le rapporter dans son histoire. Victor Viten. V, Procopius, de Bello Vand. 1,8 (0pp. éd. Bonn, 1,345); Evagr. IV, 4. Le témoignage du platonicien zEneas Gaza, sur la ruine de la domination vandale est rapporté par Théophrast. dans Galland, t. X, p. 636. Justinien dit aussi dans Cod. 1. I, tit. 27, de Ofïicio priefecti prœtor. Afr. : « Vidimus venerabiles viros qui, abscissis radicitus Unguis, pœnas suas mirabiliter loquebantur. » Cf. Tillemont, t. XVI, et Schrœkh, Hist. ecclésiast. P. XVIII, p. 101.
§ 151 . — BJVPPOKTS DES BURGONDES AVEC l'ÉGLISE CATHOL. 23
conférence religieuse qui se tinta Carthage [484], entre le évêques catholiques et ariens, ne fit qu'augmenter les souffrances des fidèles. Les évêques exilés purent peu à peu rentrer dans leurs diocèses, sous Gontamond [494] ; mais Trasamond [496-323] tourmenta de nouveau les catholiques et leur défendit en vain d'élire des évêques : le nombre de ceux-ci ne diminuant point, il en exila cent vingt en Sardaigne ; parmi eux se trouvait le savant et intrépide défenseur de la doctrine de l'Église, Fulgence, évêque de Ruspe. La paix fut rendue à l'Église par Hildéric, que Gélimer, son parent, assassina pour l'en punir. Menacés encore une fois d'une sanglante persécution, les cathoHques furent secourus par Justinien, qui envoya en Afrique Bélisaire. Ce général détruisit l'empire des Vandales et rétablit la domination romaine [333]. Mais dès lors l'Église germano-chrétienne ne put plus se maintenir en Afrique, et, les décrets de la Providence le permettant, dès 670, les derniers vestiges du Christianisme disparurent devant les envahissements toujours croissants de l'islamisme !
§ 151. —Rapports des Burgundes avec l'Église catholique^
Plancher, Hist. de Bourgogne. Dijon, 1739. Collatio episc, praesertim Avili Vienn. episc. coramrege Gundebaldo D'Achery, Spicilegium, t. III, p. 304). Betiberg, Hist. eccl. d'Aîîem., t. I, p. 253 sq.
Les Burgundes avaient de bonne heure abandonné leurs établissements entre l'Oder et la Vistule, et suivi les Goths le long du Danube, où ils se rencontrèrent avec les Gépides et les Romains. Pour échapper à ceux-ci, ils s'étabhrent sur les bords supérieurs du Mein et du Necker. Là ils combattirent les Alémans vers lesquels, dès 406, ils étendirent leur domination en remontant le Rhin à partir de Mayence. Arrêtés à leur tour par le choc d'Attila, ils abandonnèrent le Rhin, se retirèrent au sud-ouest dans les contrées du Jura et fondèrent dans les Gaules, des Alpes au Rhône et à la Saône, un royaume dont Lyon devint la capitale. Selon d'obscurs renseignements, ils auraient embrassé la foi catholique en 417, mais d'une manière