LES HUNS EN AILEMAGNE, ETC
passag-êre ; car, en 450 (1). sous Gondebaud, ils embrassèrent l'arianisme. Convaincu par les enseignements de l'évêque Avitus de Vienne, Gondebaud eut le dessein secret de rentrer dans le sein de l'Église catholique, mais il fut arrêté par la crainte que lui inspirait l'arien Théodoric. Son fils Sigismond, plus résolu, et influencé par les Francs, revint au catholicisme avec beaucoup de Burgundes [depuis 517]. L'arianisme disparut entièrement parmi ce peuple, lorsqu'il fut soumis à la domination franke, sous Godoraar [534].
§ 152. — Les Huns en Allemagne, dans les Gaules, en Italie.
Rosier, De magna gentium migrationeejusque primo impulsu. Tubiugae, 1795, in-8.
Les peuples dont nous venons de parler furent la plupart inquiétés et poussés en avant par les mouvements des Huns, les plus rudes d'entre les peuples slaves connus jusqu'alors. Attila, leur chef, dont le souvenir rappelle la dévastation et les ruines, marcha à le tête d'une multitude de peuples soumis à son joug, à travers la Germanie^ et attaqua, dans les Gaules, le royaume uni des Visigoths et des Franks [444]. Les villes rhénanes de Cologne, Mayence, "Worms, Spire, Strasbourg, les villes voisines. Trêves, Metz, etc., furent presque entièrement détruites, ainsi que leurs églises. Après la bataille indécise de Châlons [451], Attila se tourna contre l'Italie, pour anéantir ce pays déjà si affligé [452], Cependant l'apparition de Léon le Grandie détourna de Rome (2) : — glorieuse victoire de l'esprit sur la force matérielle ! » Bientôt après Attila meurt. Son innombrable et affreuse armée, sans chef pour la diriger, se répand par bandes, pillant, saccageant, mettant tout à feu et à sang. Dieu seul pouvait sauver la chrétienté d'un
(1) Oros. Hist. adv. paa:an. VII, 32, 38; Socrat. Hist. ecclesiast., VII, 30; III, 30. Cf. Pagi Grit, ad aaa. 413, n. 13, et Prosper, ia Chron. ad ann. 435.
(2) Voy. § 130.
§ 153. — LES OSTRO(iOTHS ET LES LOMBARDS EN ITALIE. 25
si terrible fléau ! Et, en effet, il sembla qu'à cette époque la grâce se déversa plus abondante sur l'Église que les péchés (1) et les crimes qui désolaient et dévastaient le monde. On vit alors dans l'Eglise des lumières et des colonnes de la vérité, telles que Léon le Grand, saint Loup de Troyes, saint Germain d'Auxerre (2), saint Séverin (3), dont l'apparition resta aussi mystérieuse que l'origine, saint Honorât et saint Hilaire d'Arles, qui tous exercèrent une invincible autorité sur Attila et d'autres hordes barbares.
§ lo3. — Les Ostrogoths et les Lombards en Italie,
Procopii Cees. Hist. lib. IV-VIII; Pauli Warnefredi de Geslis Longol.ardor. lib. VI, dans Muratori Scriptor. rer. liai. t. I. Cf. Gregor. Max. epp. in ejus 0pp. Paris., 1705, t. II. Manso, Hist. du roy. des Ostrog. Bresl., 1824. Sartorius, Hist. des Ostrog. Hamb. Koch- Sternfeld, le Royaume des Lombards en Italie, etc. Munich, 1839.
L'apparition merveilleuse de saint Séverin fit courber également la tête à Odoacre, le Hernie (4), conquérant de l'Italie et destructeur de l'empire d'Occident [476], Quoique arien lui-même, il assura quelque paix à l'Église catholique, durantles onze ans de son règne, qui se termina quand les Ostrogoths, partis de la Pannonie sous la conduite de Théodoric [488], eurent conquis l'Italie, la Sicile, laRhétie, le Norique, la Vindélicie, la Dalmatie, et y eurent fondé leur immense empire. Théodoric et son peuple se déclarèrent ariens; néanmoins, grâce aux sages conseils de son savant chancelier Cassiodore, ce prince eut pour l'Église cathohque des égards et souvent de l'impartialité. Ce ne fut qu'à la fin de son règne de trente-six années qu'ayant conçu de l'ombrage contre elle, et étant irrité par une loi de l'empereur d'Orient, Justin, dirigée contres les ariens, il commit des actes de cruauté, fit mourir en prison le
(1) Rom. V, 20.
(2) Cf. Stolberg-Kertz, P. XVII, p. 421.
(3) Eugippii Vita S. Severini (BoUand. Acta Sanctorum mens, j an,, t. 1, p. 483).
(4) Stulberg-Kerlz, P. XVII, p. 474. Eugippii Vita, c. 14, p. 488. IL 2.