MONACHISME OCCIDENTAL. CS
Dojà, vers 400, l'on vit deux mille moines accompagner la dépouille mortelle de saint Martin. Cependant la rigueur du climat obligea d'adoucir Taustérité des règles de l'Orient ; et il en résulta un certain arbitraire qui, au milieu des troubles de l'invasien, Jienaçait le monachisme d'une ruine complète. La Providence suscita alors un homme qui donna à la vie des cloîtres une forme solide et durable, et sauva une institution destinée à rendre plus tard de si éminents services à l'Église. Dès sa plus tendre jeunesse, l'amour de la solitude et le dégoût des choses terrestres avaient conduit Benoît de Nursie [né 480. f 543] dans les déserts de Subiaco. Objet de la pieuse vénéj'ation des bergers de la contrée, Benoît fut bientôt connu et glorifié dans toute la province, et élu abbé d'un couvent. Mais ses moines ne montrant que de la répugnance pour la direction plus haute et plus spirituelle qu'il voulait introduire parmi eux, il fonda sur le mont Cassin un nouveau couvent [529], dans lequel il réunit ceux qui partageaient ses sentiments. Son activité devint le modèle de celle que déploya plus tard son ordre. Sa règle, fondée sur une grande connaisi?ance de la nature humaine, est un mélange de douceur, de sévérité et de prévoyance. L'abbé doit instruire par l'exemple, et diriger chaque moine d'après son caiactère et ses dispositions naturelles ; les moines doivent respecter dans leur supùjiour le représentant de Jésus-Christ, et lui obéir sans restriction. Le novice est soumis à une année d'épreuve, durant laquelle on doit souvent lui rappeler sa sérieuse vocation. Appréciant avec sagesse les dangers de la vie uniforme du cloîtee, Benoît eut soin d'imposer à ses moines, en dehors des heures de prières canoniales, marquées par le psaume CXIX : ((Sept fois le jour j'ai chanté vos louanges,» des occupations continuelles, mais variées, consistant en travaux manuels, lectures, copies de manuscrits et de livres, instructions à donner à la jeunesse. Soixante-douze paroles tirées des saintes Ecritures renfermaient la norme de toute la vie religieuse des moines. La sagesse de sa règle, et la di] ection des esprits de l'époque amenèrent à Benoît, en peu de temps, d'innombrables disciples. Placide et Maur se distinguèrent surtout pai^mi eux, et travaillèrent activement à répandre son ordre dans la Sicile et dans les Gaules. Le