Conversion des Mongols par des Occide^itaux
Assemanni Biblioth. Orient., t. III, P. I, II. Mosheim, Hist. Tartaror, eccles. Helmst., 1741, in-4. Abel de Rémusat, Mém. sur les relations politiques des princes chrétiens avec les empereurs mongols. (Mémoires de l'Institut de France, Acad. des inscript., 1822, t. VI, V^II),
Les Nestoriens furent d'abord poussés ves l'Asie centrale par l'Église d'Orient. Ils réussirent, au commencement du XI* siècle, à convertir unprince tartare du nord de laGhine, dont l'influence étendit le Christianisme dans sa tribu. Ce prince et son successeur sont tous deux connus en Occident sous le nom de prêtre Jean {presbyter Johannes). Les ecclésiastiques et les religieux qui venaient du Levant répandirent des espérances exagérées sur la conversion des infidèles. Eugène III et Alexandre III cherchèrent à rattacher le royaume du prêtre Jean au centre de l'ÉgUse occidentale (d). L'Eglise romaine reçut d'un de ces rois une ambassade dont le chef fut consacré évêque et retourna dans son pays en 1177. Mais, sous le quatrième successeur de Jean, apparut le terrible Dschinggiskan (Gengis Khan), qui s'empara de cette contrée en 1202. Heureusement une épouse chrétienne porta le farouche conquérant à tolérer le christianisme. Les dangers d'une in\ asion dont les hordes mongoles menacèrent l'Europe, en 1241, rendirent encore plus ardent le désir qu'on avait de les convertir. Innocent IV et saint Louis employèrent les Dominicains et les Franciscains à nouer des relations avec plusieurs princes
(1) Ollo Frising, VII. c. 33; Baron, ad ann. 1177, n° 33 sq. Cf. Schlosser, Hist. univ., t. III, P. II, sect. I, p. 266; Gieseler, dans les Études crit. d'UUmann et d'Umbreit, 1837, 2« livr., p. 354.
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njongols. Gajuk seul, dont la mère était Nestorienne, se montra accessible à Tinfluence des Dominicains (1). On fut bientôt convaincu que la foi avait jeté des racines peu profondes parmi ces peuplades, car elles avaient recours tout ensemble aux imans des mahométans, aux borTies du paganisme et aux prêtres chrétiens. Cependant, malgré les efforts infructueux de Grégoire IX, Nicolas IV put espérer un instant de voir se réaliser les vœux de l'Église par l'intermédiaire du vénérable Franciscain Jean deMonte-Corvino [1288-1292]. Des chant» religieux, des images saintes, dontles sujets étaient tirés de l'Ancien et du Nouveau Testament, et enfin des traductions du livre sacré, amenèrent six mille Mongolsà recevoir le baptême. Les consolantes nouvelles que reçut Clément V du Franciscain le déterminèrent à lui envoyer sept compagnons et à le nommer lui-même archevêque de Kambula, aujourd'hui Pékin [1307] (2). Ce prélat, mort en 1330, fut remplacé parle frère mineur Nicolas, dont la mort ou la captivité priva les chrétiens de la Tartarie, qui étaient sans chef spirituel depuis huit années, des secours spirituels qu'ils réclamaient. Lorsque les Chinois se soulevèrent contre la domination mongole, la petite communauté de Pékin fut anéantie [1369]; quelques Nestoriens survécurent seuls au désastre, et l'entrée de la Chine demeura fermée à tout nouveau missionnaire.
Les tentatives faites pour amener les musulmans à la foi portent un caractère particulier. Saint François d'Assise prêcha la pénitence à Damiette en 1219, avec une ardeur extrême, tandis que Raymond Lulle entreprenait à Tunis de convertir les savants mahométans par la voie de la science [1292] (3). Ce dernier écrivain vraiment original au moyen âge, fort versé dans l'étude des sciences naturelles, voulait que la science ne restât pas purement spéculative.
(1) Raynald. ad ann. 1245, n» 16 sq. Sur les Voyages des missionnaires, Vincent de Beauvais, Spéculum histor., lib. XXXI, c. 33 sq. Cf. Raynald. ad ann. 1^54, n» 1 sq.
(2) Waddincj, Ann. minor, ad ann. 1307, n» 7 sq.
(3) Cf. Néander, Hist. ecclés., t. V, sect. I, p. 79-91. Les Œuvres de Raymond Lulle ont paru spul^^ment en partie à Mayence, 1721 42, 10 vol. in-fol.; mais VII et VIII manquent, et il est irnpossible de se les procurer. On ne les cite jamais ; on doute même qu'ils aient été imprimés.
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On doit reconnaître pour la vraie religion, disait-il, celle qui attribue à Dieu la plus grande perfection, qui donne l'idée la plus claire de chacune des perfections divines et qui démontre le mieux l'harmonie des unes et des autres. Afin d'atteindre ce but, Raymond avait inventé un « art » une méthode, qui devait être plus claire, plus facile que celle des scolastiques, mais qui, dans le fait, était encore plus compliquée, et qui, malgré les ambitieuses prétentions de son auteur, trouva peu de partisans. Après de nombreux et vains efforts pour propager son art et convertir les mahométans, il mourut par suite des mauvais traitements qu'il avait subis durant une seconde captivité à Tunis, en revenant dans sa patrie, l'île Majorque des Baléares [1315], oïl il avait fondé un couvent de Franciscains, destiné à former des missionnaires pour les mahométans.
Observation. On trouvera ce qui concerne l'Église gercque dans l'époque suivante.