‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 205 sur 280 · RN PRUSSE · texte numérisé non relu

RN PRUSSE

abbéde Lukioa, entreprit à son tour de répandre la foi dans ces contrées [1207]. Mais le véritable apôtre des Prussiens fut le Cistercien Christian, qui appartenait au monastère d'Oliva [1209-I2i0]. Ses prédications s'étendirent de la Courlande aux confins de la Poméranie. Christian fit connaître à Innocent III le fruit de ses efforts, et celui-ci le consacra évêque de Prusse en 1215. Aucune partie du monde n'échappait à la vigilance de ce grand pontife : il recommanda ces missions éloignées d'une manière toute spéciale à l'archevêque de Gnesen. Innocent exhorta en même temps les ducs de la Poméranie et de la Pologne à ne pas faire servir la conversion des Prussiens à leur asservissement et à ne pas leur rendre par là le Christianisme odieux. Christian, s'étant vu attaqué et pressé par les Prussiens non convertis, pria Honorius III de consentir aune croisade. Le pontife l'accorda, et avec elle la faculté d'établir de nouveaux diocèses [1217]. En vain l'armée chrétienne fortifia Culm, résidence de l'évêque ; à peine les croisés se furent-ils retirés, que les Prussiens s'emparèrent de la ville. Alors Christian fonda, pour défendre les chrétiens, l'ordre des chevaliers de Prusse, dont le costume était un manteau blanc sur lequel étaientbrodés un glaive et une étoile . Ils périrent presque tous peu de temps après au combat de Strasbourg, et Oliva fut détruite. Cette défaite porta l'évêque et Conrad, duc deMasovie, à appeler les chevaliers teutoniques, qui apparurent bientôt sous la conduite de leur grand maître Hermann de Salza [1226]. Avec ce puissant secours, on put élever un grand nombre de villes, et, après l'entière soummission du pays. Innocent IV le partagea en trois évêchés, ceux de Culm, de la Poméranie et de la Wiarmie ou Ermeland [1243]. On ajouta celui delà Samogitie, après la croisade entreprise par Ottocar de Bohême. Le pape voulut que le tiers du pays conquis devint la libre propriété des évêques ; cependant ils restèrent complètement dépendants de l'ordre, qui fit mourir de faim, dans sa prison, l'évêque de Samogitie, pour avoir essayé de résister (1). D'après le conseil d'Ûttocar, on

(1) Gebser, Hist. de la cathéd. de Kœnigsberg et de l'évêché de la Samogitie. Kœnigsb. 1835. p. 404.

466 § 264. — CONVERSION des mongols

construisit la forteresse de Kenigsberg [1255] ; mais elle n'empêcha pas une nouvelle insurrection des Prussiens contre Tordre teutonique [1260-1275]. On ne parvint aies dompter complètement qu'en 1283, et pendant une lutte de cinquante-trois années on fit nécessairement peu de progrès dans l'œuvre de leur conversion proprement dite.

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