‹ Histoire universelle de l'ÉgliseChapitre 22 sur 280 · LE CHRISTIANISME DANS LES ILES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME DANS LES ILES BRITANNIQUES

sa victoire les rassura contre les persécutions des ariens. En effet, Chlodwig soumit les Bourguignons et enleva aux A^'isigoths presque toutes leurs possessions des Gaules. Malheureusement le catholicisme devint aussi, entre les mains de Chlodwig, un instrument politique (1). Il mourut souillé de meurtres et de crimes laissant à ses quatre fils un grand empire. La division et la débauche régnèrent longtemps encore dans cette famille royale ; les censures des évêques furent punies de l'exil, et l'Église trop souvent fut privée de ses plus solides colonnes.

§ 156. — Le Christianisme dans les îles Britanniques.

S. Patricii opus. (Max. Biblioth. t. VIII; Galland. Bibliolh. t. X, p. 159 sq.) éd. Warœus. Lond., 1658. Probi Vita Patricii (Bedœ Venerab. 0pp. éd. Bas. 1503, t. III). Columbœ Yita., d'Adamiian (Canisii Lection. antiq. t. I, p. 675-708, et de Cumnineus (Mabillon, Acta SS. ord. S. Beiied. t. I). Bedœ Venerab. Hist. écoles. Anglor. éd. Smitli. Cantabr., 1722, iii-fol. UsserU Britann. Ecclec;. Anliquitates (Dublin, 1639, in-4). Lond., 1687, in-fol. Lmgard, Antiquities of the Anglo-Saxon church. Londres, 1845, 2 t. John Lanigan, Ecclesiastical Ilistory of Ireland, 2' éd. DulDlin, 1829, 4 vol. — Thomas Moore, History of Ireland. Paris, 1835, c. 9-13. Schrœdl, Introd. et affermissement du Christ, parmi les Anglo- Saxons. Passau, 1840.

On a depuis longtemps abandonné les traditions qui prétendaient que l'Évangile avait été annoncé en Bretagne par S. Jacques le Majeur, Simon le Zélé ou l'Apôtre Pierre. C'est en vain aussi que, dans les derniers temps, les théologiens anglicans, pour mettre un apôtre à la tête de leur Eglise épiscopale, ont voulu démontrer que l'apôtre saint Paul fonda l'Église britannique (2). Il est cependant probable que le Christianisme fut de bonne heure prêché dans la Grande-Bretagne (3), et plusieurs Bretons souffrirent

(1) Conî. Lœbell, Grég. de Tours et son temps. Leips., 1839.

(2) Tradit. de l'antique Église brit. (Revue de pliil. et de théol. cathol. de Bonn, XV« livraison, p. 88).

(3) Note de l'éditeur. Nous pensons que, dès le premier siècle, le Christianisme a été prêché dans la Bretagne, dont les Anglo-Saxons chassèreut les habitants, et qui prit dès lors le nom d'Angleterre. ita Gildas, Nicéphore, Mélaphrasle, Dorothée, saint Isidore, etc.

pour l'Évangile dans la persécution de Dioclétien (1). Palladius, envoyé comme évêque en Irlande parle pape Gélestin, y trouva déjà des communautés chrétiennes : il y en a des preuves irrécusables dans l'histoire de Pelage et de Cœlestius. L'activité de Palladius en Irlande fit concevoir d'abord de grandes espérances; mais il lui manquait la connaissance suffisante du pays, et la persévérance chrétienne nécessaire dans une mission aussi difficile. Le véritcible apôtre de l'Irlande fut le Belge Patrice, dès longtemps préparé à cette sainte mission par ses vertus et son expérience chrétienne. Autorisé à entreprendre son œuvre par le pape Gélestin, accompagné d'un certain nombre de Gaulois dévoués comme lui, Patrice fonda d'abord l'évêché d'Armagh, et depuis 432 jusqu'en 463, année de sa mort, il convertit une grande partie des habitants de l'Irlande (2). Le nombreux clergé qu'il forma, les écoles et les séminaires attachés aux monastères qu'il fonda, le couvent de religieuses établi à Kildare [490] par sainte Brigitte, achevèrent la conversion des Irlandais. Bientôt les écoles des monastères d'Érin furent les plus florissantes de la chrétienté ; leur réputation se répandit au loin, et Vile des Saints (3) eut plus tard une grande influence sur le Christianisme du continent.

L'évêque breton Ninian [412] commença la conversion des Pietés du sud (Ecossais), l'Irlandais Golomban celle des Galédoniens septentrionaux [depuis 565]. Ce dernier fonda dans l'île de Hy (lona), une des Hébrides, un monastère dont, après sa mort [597], Pabbé exerça une certaine juridiction même sur les évêques écossais et pietés du nord de la Bretagne (4).

(1) BediB Venerab. Hist. ecclesiast. I, 4. Cf. c. 17, 21, et Lingard, Hist. d'Angleterre, t. I, c. 1.

(2) BoUand. Acta Sanctorum mens. mart. t. II, p. 517; mens, febr, t. III, p. 131, 179.

(3) Usser, I, . p. 913 sq. divise ces saints en trois classes : 1= de S. Patrice, 432, jusqu'en 542, comprenant 350 évêques et fondateurs d'églises, « car tous les évêques irlandais étaient alors saints et remplis du Saint-Esprit; » 2» de 540 à 598, comprenant à peu près 300 saints, la plupart prêtres, abbés et évoques; 3° jusqu'en 665, 100 saints.

(4) Cf. J.-M.-S. Gorini, Défense de l'Église contre les erreurs his-

Page 1