II
Dans le pays de Passau {Casta Batava), l'Évangile fut prêché aux païens et aux ariens par un missionnaire belge i'évêque Valentin {regionarim) [440] ; repoussé avec mépris, Valentin se dirigea, avec l'autorisation de Léon le Grand, vers leTyrol, où, après une sainte et laborieuse vie, il reçut la couronne de la justice.
Bientôt après saint Séverin apparaît en Pannonie et dans le Norique. Partout la vénération des peuples, le respect des piùnces barbares eux-mêmes l'entourent. Ses travaux sanctifient, ses miracles et ses prophéties étonnent et convertissent les peuples des contrées de Vienne et de Passau [f 482].
Mais de nouvelles invasions ruinent encore une fois les puissants évêchés de Juvanum (Salzbourg), Reginum (Ratisbonne), Quintana (Passau) et d'autres églises (.1). Les Slaves détruisent la métropole de Lorch. Des missionnaires franks paraissent avoir d'abord annoncé la bonne nouvelle, aux Bojares, établis dans le Norique et la Vindélicie. A la fm du VP siècle, leur duc Garibald, père de Théodolinde, était déjà chrétien. Son parent, le duc Théodon, qui régnait sur une partie de la Bavière, étant païen encore, appela auprès de lui saint Rupert, évêque de Worms [v. 580], qui le gagna à la doctrine de la croix, lui et beaucoup de ses sujets, restaura l'Église de Juvanum, et la consoHda en y fondant un couvent (2). Le véritable apôtre de la Bavière fut I'évêque fiiank Emmeram [depuis 652], qui fut retenu à Ratisbonne par le duc Tliéodon pour annoncer l'Évangile aux Avares, païens de la Pannonie, et pour prix de ses longs travaux, fut mis à mort par Landpert, fils du duc, sur d'injustes soupçons (2). Le moine frank
Germ., t. III, refaite par Wahrfried ^»iraoo, vita S. Galli (Mabillon, Acta Sanctorum ord. S. Bened. sasc. IIj. Voyez le sermon de saint Gall dans Constance, lors de la consécration de Jean, dans Galland. Biblioth., t. XII, p. 751. Sur l'année incert. de sa mort, conf. Hefele, p. 296-304; Rettberg, t. II, p. 45 sq.
(1) Cf. Canisii Lection. antiq., t. III, P. II; Schnegraf, Hist. de la cathéd. de Ratisb., 2 P. Ratisi)., 1848.
(2) Conf. sur la vive controverse élevée dans les derniers temps sur la question de savoir si saint Rupert y parut à la fin du VI* ou du VII' siècle, Retlberg, t. II, p. 193; Damberger, t. II, p. 158.
(3) Cf. de Miraculis beati Emmerami, libb. II {Canisias-Basnage,
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Corbinien fonda l'Église de Freisingen et en devint évêque [f 730] (1).
Quelques semences du Christianisme (2) avaient été jetées dans la Franconie actuelle, après le renversement de la puissance thuringienne par les Franks [327], grâce à l'activité de l'évêque irlandais Kilian. Celui-ci convertit près de Wijrtzbourg le duc Gozbert, et prépara les succès de ses compagnons, le prêtre Coloman et le diacre Totnan. Mais ils furent tous trois assassinés lorsque, nouveau Jean- Baptiste, Kilian eut sévèrement blâmé le mariage illégitime de Gozbert avec Geilana, veuve de son frère, et excité par là la vengeance de cette femme coupable [689].
Sur les bords du Rhin florissaient, depuis le IV^ siècle, les évêchés de Cologne, Mayence, Spire (3) et Strasbourg; sur les rives de la Moselle et de la Meuse, ceux de Trêves, Metz, Toui, Verdun ; en Belgique, l'église épiscopale de Tongres, transférée depuis 452 à Maestricht, les évêchés de Tournay et d'Arras (transféré à Caaibray depuis 543). Tous souffrirent de la tourmente des invasions, quelques-uns disparurent entièrement. Vers l'an 600, l'ermite Goar, en l'honneur duquel fut bâti Saint-Goar, travailla efficacement à la restauration du Christianisme, le long du Rhin. Saint Amand, né au pays d'Herbauge, soutenu par la faveur du roi Dagobert [620], propagea l'Evangile en Belgique. Devenu évêque de Maestricht [646], il eut de rudes combats à supporter de la part de son clergé ; il supplia longtemps le pape Martin de l'autoriser à se démettre de l'épiscopat, et, y étant parvenu, il alla mourir paisiblement dans le couvent d'Elnon [684]. Animé de la même ardeur aposto-
loco cit., t. III, P. I, p, 105 sq.). Cf. Dœllinger, Man. de l'hisl eccl., t. I, p. 73.
(1) Aribo (3« évêque de Frib. 764-84), Vila S. Gorhin. (Bolland. Acta SS. d. 8 m. sept.); Sulzbeck, Vie de saint Corbinien, Ratisb.,
(2) Sayitarii Antiquitates Gentilismi et Christianismi. Thuring. Jen,, 1685, in-4; Vita S. K\\ia.m (Canisius-Basnage, loco citato, t. III, P. I, p. 163 sq.).
(3) Geissei, la cathédrale de Spire (dite la cathédrale impériale). <,Monogr. topog. et hist., 3 vol. Mayence, 1826 (renfermant en même
temps une histoire de l'évêché de Spire); Remlinri, les Évoques de Spire. Mayence, 1852; iVerner, la cathédrale de Mayence, 1827.